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Tactique : comment le LOSC a éteint San Siro

Au bout d’une semaine qui a vu la France du foot se faire humilier de Leipzig à Prague en passant par Porto, Lille a sauvé l’honneur de la patrie en allant lacérer l’AC Milan à San Siro. Christophe Galtier tient une confirmation : l’objet tactique qu’il possède entre les doigts est le plus riche de sa carrière d’entraîneur.

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San Siro, le 6 décembre 2006. Des souvenirs s’emboîtent dans les crânes. Là, ces mecs qui hurlent comme jamais dans leur vie. Ici, un Claude Puel habité par le souvenir d’une demi-finale de C1 perdue avec l’AS Monaco au même endroit onze ans plus tôt, mais pudique à l’heure de contempler le butin raflé par ses hommes. Il y a aussi ce Carlo Ancelotti touché en plein cœur, face caméra, le menton bas et les yeux remplacés par des fusils, qui souffle : « Je ne crois pas qu’on ait déjà aussi mal joué. On n’a eu aucune idée, aucune lucidité, aucune détermination. Rien. On a été piètres. » Pour la première fois de l’histoire du foot français, un club de l’Hexagone vient de mettre sens dessus dessous l’opéra de Milan. Le LOSC tient entre ses doigts l’exploit d’une vie, et un type est dans toutes les bouches. Il s’appelle Mathieu Bodmer, vient de fêter ses 24 ans et s’est amusé à danser tout au long de la nuit avec grâce au milieu d’un couple Pirlo-Ambrosini en apnée. Comme s’il distribuait les cartes avant une partie de belote, celui qui aurait pu devenir « Pirlo ou Seedorf » selon Ancelotti s’est baladé sur San Siro avec un brin de paille calé entre une incisive et une canine et a rendu une copie solaire. Quatorze ans plus tard, Bodmer a rangé son short et vit désormais en costume. Le LOSC, lui, s’est trouvé un nouvel astre. L’AC Milan, de son côté, vient de voir le club nordiste jouer de nouveau avec les nœuds de l'histoire : jeudi soir, Lille a infligé au monstre à sept C1, invaincu depuis le mois de mars, la plus large défaite de son histoire à domicile en compétition européenne. Rien que ça.

Apprivoiser et réciter


Si les acteurs ont changé et que San Siro a perdu la voix, le plan de Christophe Galtier est, sur le papier, un hommage à celui élaboré par Puel à l’hiver 2006 : un 4-4-1-1, qui assume vivre sans ballon et où chaque boulon est parfaitement pensé. Le coach nordiste a convoqué le culot de ses hommes en avant-match, mais le début de rencontre est un tour d’observation : avant de jouer les avions de chasse en transition, les Lillois apprivoisent le onze de Pioli, où Tonali est planté au milieu plutôt que Bennacer et où un trio Castillejo-Diaz-Krunic est chargé de soutenir Ibrahimović. Le premier enjeu pour le LOSC est de fermer le cœur du terrain à double tour en densifiant le milieu. Consigne est alors donnée à la paire Yazici-David de coincer Franck Kessié là où Ikoné et Bamba sont chargés de cadrer les côtés milanais. Sur ce point, le premier quart d’heure n’est pas positif. Sur les séquences où les attaquants lillois cherchent à grimper d’un cran, le pressing n’est pas toujours bien suivi, et Kessié est d’abord trop facilement touché. Sur d’autres, Ikoné et Bamba laissent trop de possibilités de passes intérieures à Dalot et Hernandez. Sur son côté gauche, le latéral gauche français fait des dégâts et réussit à mettre son nez dans les quelques trous offerts par l’essuie-glace tactique des Dogues.



Pas de panique : Dalot gâche un bon premier décalage alors que le duo José Fonte-Sven Botman s’amuse à casser en deux les flèches envoyées en profondeur par le Milan. Galtier souffle : son LOSC commence à réciter son texte. Renato Sanches se met à faire des étincelles et lance Bamba en profondeur. Un premier souffle, rien de plus. Puis, après un contre-pressing efficace de Bradarić sur Brahim Diaz, Jonathan Bamba chauffe les gants de Donnarumma. À la construction, c’est le LOSC du week-end que l’on retrouve avec un Xeka – c’est normalement le rôle d'André – venant coulisser à droite de Fonte pour former un trois-contre-deux face à la première ligne de pression milanaise (le Milan a la même approche à la construction avec Tonali dans le rôle de Xeka), puis s’insérant avec Renato Sanches derrière une ligne de cinq qui se déploie progressivement sur la largeur de la défense de Pioli. C’est surtout un LOSC incisif, malin dans sa gestion des espaces et qui se met à discuter entre les lignes. Pas de doute : le chevalet est posé.

Renato Sanches, impossible à presser et à passer


Ibra a beau canarder Maignan sur coup franc et Theo Hernandez secouer son compatriote au bout d’une transition parfaitement gérée en fin de première période, Renato Sanches a attrapé sa palette et enchaîne les couches. À chaque pression de Tonali, le Portugais répond par une feinte stupéfiante. Pinceaux au bout des crampons, Sanches contrôle, se retourne, accélère, laisse un adversaire planté dans le sol, repart de l’autre côté, puis revient espièglement. Sans cesse. Jeudi soir, aucun Lillois n’a touché le ballon plus que lui (66 fois) et peu de joueurs sur le terrain n’ont été aussi précis dans leurs transmissions que le milieu de poche (93% de passes réussies, trois échecs seulement), sans compter le reste du tableau : cinq dribbles, un huit sur neuf sur les longs ballons, trois tacles réussis sur trois tentés et sept ballons récupérés. Les mots et les chiffres ne sont rien à côté de l’impression laissée : à Milan, Renato Sanches, parfaitement soutenu par un Xeka pitbull, redevient ce garçon en or et confirme qu’il ne restera plus très longtemps à Lille. Il convient alors de profiter de chacune de ses sorties avec le maillot lillois, de toutes les miettes, de toutes ces nuits où le monstre est impossible à presser et presque impossible à passer. Quand en plus tout s'allume autour de lui, que dire ?


Timide lors du premier quart d’heure, le LOSC monte d’un cran, pose enfin ses circuits et respire, notamment grâce à l’immense boulot de Jonathan David (6 fautes subies sur l’intégralité de la rencontre, plusieurs bonnes déviations) et à un bloc compact au milieu duquel Krunic et Castillejo jouent sur un autre rythme. Devant, Ibrahimović est sous-alimenté et ne va toucher que deux ballons dans la surface lilloise avant de sortir du terrain à la 62e minute. Passé l'observation de début de match, Lille s'exprime, puis pique : David profite d’une remise en retrait casquette de Dalot pour pousser Donnarumma au bon réflexe et, dans la foulée, Yazici ouvre le score sur penalty après une erreur de Romagnoli. Ainsi commence l’autre match : celui qui voit les Lillois fusiller le Milan dans la verticalité. Les séquences s’empilent. 26e minute : Ikoné, soutenu par Xeka et Sanches, vient récupérer un ballon dans les pieds de Krunic, part de son camp et se retrouve huit secondes plus tard à jouer un un-contre-un avec Romagnoli et Kessié. 31e minute : sur un centre de Botman, Xeka prend le meilleur sur Kjær dans les airs et remet de la poitrine vers Çelik, dont la reprise fuse à côté. 32e minute : après une mauvaise transmission sous pression de Hernandez, Renato Sanches trouve Jonathan David entre Tonali et Kessié. La frappe du canadien est contrée. Le reste de la rencontre suit ce schéma, et jusqu’à l’entrée de Bennacer, le Milan n’arrive plus à connecter les pièces entre les différentes lignes.




Vorace, le LOSC s’éclate : à la 55e minute, alors que trois joueurs lillois – Ikoné, Bamba, Yazici – imposent une supériorité numérique au milieu milanais, Jonathan Bamba est trouvé par Renato Sanches une première fois, puis sur une passe de José Fonte, Yazici s’efface, laissant admirer sa science du jeu sans ballon, avant de profiter d’une déviation d’Ikoné pour tromper Donnarumma sans que personne ne vienne lui coller la moindre pression. Trois minutes plus tard, Çelik intercepte une ouverture d’Hernandez et trouve David plein axe : le LOSC profite du faible repli milanais, arrive en nombre et sort les cornes. Milan 0, Yazici 3. Pour la première fois depuis Rivaldo en 2000, un homme a marqué un triplé sur la pelouse de San Siro. L'histoire, toujours.

« Je ne l'avais pas rêvé, non... »


À l’heure de jeu, avec l’entrée d’un Bennacer qui va seulement toucher sept ballons de moins que Tonali alors qu’il a passé deux fois moins de temps que son coéquipier sur la pelouse, le Milan retrouve enfin un poil de variété et surtout d’intensité. L’Algérien fait parler son jeu long et amène le ballon dans le dernier tiers (10 passes sur 24 vers cette zone, 4 sur 30 pour Tonali). Souci : les Milanais ne se montrent pas vraiment plus dangereux, à l’exception d’une belle occasion pour Rebić à l’heure de jeu et d’un Leão maladroit en fin de match. Sur le côté, Stefano Pioli a déjà rangé son carnet, conscient d’avoir probablement trop bousculé son organisation offensive pour un tel rendez-vous. Trop lisible, son Milan ouvre le match à tous les vents, et Isaac Lihadji, entré en jeu à 25 minutes de la fin, n’a plus qu’à ronger l’os (un tir, deux dribbles) au milieu d’une fin de match vidée de tout équilibre. Christophe Galtier prépare alors son discours : « J'avais pensé que nous pouvions l'emporter, oui. Avec une stratégie et la volonté de nos joueurs de se surpasser. Mais 3-0, ici, je ne l'avais pas rêvé, non. On a connu un premier quart d'heure difficile. À partir du moment où notre organisation s'est mise en place, que le jeu s'est un peu plus ouvert, les joueurs se sont approprié le match. Ils ont réussi ce qu'ils voulaient faire. Et ils se sont surpassés. C'était la clé de notre causerie. Je suis fier d'eux. Ils ont réussi une grosse performance. Sur un plan personnel, j'ai connu des grosses victoires avec Saint-Étienne en Coupe d'Europe. Mais battre Milan qui n'avait plus perdu depuis vingt-quatre matchs, c'est sans doute mon plus bel exploit. » La France du foot en avait besoin.



Quelques chiffres de ce Milan-Lille :


66 – Le nombre de ballons touchés par Renato Sanches. Ce qu'il en a fait : 42 passes réussies sur 45, un 8 sur 9 dans le jeu long, 5 dribbles passés, plus que n'importe qui sur le terrain. (Le premier Milanais est Theo Hernandez avec 4.)
6 – Le nombre de fautes grattées par Jonathan David, qui a de nouveau prouvé qu'il n'était pas un buteur pur et qui a mis de la vie aux quatre coins du terrain.
33% – Le nombre de passes réussies par Yusuf Yazici lors des 25 premières minutes (2/7). Puis le Turc, brillant dans son effort défensif, a réussi à exister entre les lignes. Derrière : 10 passes réussies sur 12 tentées, 4 tirs (1er du LOSC avec David), 4 cadrés, 2 passes-clés, 3 buts. Le boss fort.
2 – Le nombre de ballons touchés dans la surface du LOSC par Zlatan Ibrahimović, sous-alimenté jeudi soir. Au total, le Suédois n'a tripoté que 21 ballons.
10 – Le nombre de passes vers le dernier tiers adverse tentées par Bennacer après son entrée en jeu (sur 24 au total). En comparaison, Tonali en a tenté 4 (sur 30 au total).
15 – Le nombre de ballons interceptés au total par la paire Botman-Fonte, auxquels il faut ajouter 13 ballons récupérés.



Par Maxime Brigand
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Le LOSC remet la France sur la carte de l'Europe




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