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Souviens-toi Léonetti

Jean-Louis Léonetti est mort ce lundi 3 août à l'âge de 82 ans. Ce Marseillais de la capitale a notamment participé à une glorieuse page de l'histoire du PSG, en 1974. Il a même eu droit à un jubilé en présence de Maradona. Avant une fin de vie terrible pour sa famille.

Jean-Louis Léonetti. Ce n'est pas le premier nom qui revient à l'esprit au moment de penser aux anciens joueurs du Paris Saint-Germain. Pourtant, il en a lui aussi écrit l'histoire. Lors du dernier match officiel de sa carrière professionnelle, c'est un barrage d'accession en Division 1 contre Valenciennes qui l'attend, ce 4 juin 1974. À l’aller, les Nordistes ont gagné 2-1. La veille du match retour, l’entraîneur du jeune club de la capitale, Just Fontaine, s’adresse à ses joueurs assis, les mains sur les genoux, au milieu du modeste terrain de Saint-Germain-en-Laye. « Le problème est simple, dit Justo. Si on monte, c’est le Parc des Princes avec 45 000 personnes. Si on ne monte pas, bah Saint-Germain avec 1 500 personnes. »



Le lendemain, à la mi-temps, les deux équipes se neutralisent 1-1. À la 48e minute, le milieu de terrain parisien Jean-Louis Léonetti perd le ballon aux abords de la surface, Erwin Wilczek en profite et plante le deuxième but valenciennois. Pour le PSG, la montée en D1 s’échappe. Mais Jean-Pierre Dogliani égalise quelques minutes plus tard, avant un troisième but signé Michel Marella, 3-2 en faveur du PSG. Encore un pion et le club parisien, promu de D3 en D2 l'été précédent, se hissera dans l’élite. Arrive alors la 75e minute. D’une passe lobée lumineuse, Léonetti lance Dogliani à la limite du hors-jeu, qui dribble le gardien et marque dans le but vide. Paris libéré ! Ce sera le Parc des Princes avec 45 000 personnes. Sous le coup de l’émotion, Just Fontaine tombe dans les pommes à la fin du match. Quelques années plus tard, les deux grands amis, Léonetti et Dogliani, auront les honneurs d’un jubilé commun au Parc. Eux, les deux Marseillais de naissance.

Les cheveux longs et les chaussettes baissées



D’origine corse par son père, qui venait de Propriano, Jean-Louis Léonetti est né à Marseille en 1938 et a grandi dans le quartier populaire d’Endoume. Là où il a tapé ses premiers ballons. « Quand son père a vu qu’il avait un potentiel, il était très sévère. Il l’empêchait de sortir pour se concentrer sur le foot. Il ne voulait pas que Jean-Louis aille s’acoquiner avec ceux qui ne tenaient pas droit, alors il l’appelait sous les fenêtres » , retrace Michèle Léonetti, la femme de Jean-Louis, qui a rencontré son futur mari par le biais de l’une de ses amies fiancée avec Henri, le frère de Jean-Louis. « Je ne suis pas sorti avec lui tout de suite, il était un peu froid, un peu sauvage » , se souvient Michèle, petite dame blonde de 78 ans.



Rebelle, le Jean-Louis ? « Oui, tout le temps, embraye Michèle. Toute sa vie, il a joué avec des chaussettes baissées. Son père était désespéré : "remonte les chaussettes !", mais il n’y avait rien à faire. Il ne supportait pas les chaussettes jusque-là, ni les protège tibias, ni rien. » L'homme aura quand même fini avec les chaussettes à mi-mollet, comme en témoigne les images du match contre Valenciennes. Surnommé « Le Gitan » pour ses cheveux longs, il passe pro à l’Olympique de Marseille à l'âge de 17 ans. Un rêve de gosse, qui s’accompagne vite d’un trophée - le seul de sa carrière. En 1957, l'OM de Gunnar Andersson remporte la Coupe Charles Drago (une compétition organisée de 1953 et 1965 qui faisait figure de consolante pour les équipes éliminées avant les quarts de finale de la Coupe de France), en battant le RC Lens 3-1 dans l’ancien Parc des Princes.

Mais Jean-Louis va voir du pays avant d’investir le nouveau Parc, sous la tunique rouge et bleu, en 1971. 

Appelé en équipe de France espoirs contre les Pays-Bas, le milieu - que l’on appelait alors « demi » - vadrouille successivement entre l’OM, l’OGC Nice, le Havre AC, l’OGC Nice à nouveau, le FC Rouen, les Girondins de Bordeaux, l’AS Aix-en-Provence et l’AS Angoulême. « Oui j’ai changé de club souvent. Sur ce point, je dois peut-être figurer comme le leader du changement, dit-il un jour dans L’Équipe. Mais si j’ai quitté tant de clubs c’est qu’on me demandait ailleurs. De toute façon, ce qui me rend assez fier, c’est que je n’ai jamais laissé de mauvais souvenirs. J’ai toujours parfaitement partout - du moins, je le pense - su remplir mon contrat. » 



Jean-Louis, deuxième en haut à droite.

Maradona, le doublé contre le Bayern et la tête de lard

Parmi ses faits d’armes notables, il y a son doublé lors de la victoire 4-2 des Diables rouges du FCR contre le Bayern Munich en Coupe Rappan (ancêtre de la Coupe UEFA), puis un nouveau doublé au tour suivant contre le Standard de Liège, avant que le Slovan Bratislava ne stoppe l’aventure normande en demi-finale. Relégué de D1 en D2 avec Aix en 1968, il prend l’ascenseur dans le sens inverse la saison suivante avec Angoulême. Et signe ensuite au PSG, où il restera deux saisons entrecoupées d'un intermède au PFC suite à la scission entre les deux clubs parisiens. 

 « Exploitant mes qualités athlétiques, je passais pour un joueur physique. J’estime que c’est une grave erreur car je pense avoir été un joueur plus technique que physique, plaide le Marseillais de la capitale à la fin de sa carrière. De plus, j’ai toujours dit tout haut ce que certains pensaient tout bas. Dans ce cas, il était facile de me considérer comme une tête de lard, comme un éternel râleur frisant parfois le mauvais esprit. » Mais le rebelle aura droit à un prestigieux jubilé au Parc en 1981, en présence d’un certain Diego Armando Maradona et de toute l’équipe de Boca Juniors.



À cette occasion, le président Francis Borelli a écrit une lettre dans le programme du match de gala en hommage à ses deux anciens joueurs : « Léonetti et Dogliani méritaient bien de bénéficier d’un tel plateau et j’éprouve une joie sincère à le leur offrir. En regard de leur carrière exemplaire tout d’abord et enfin et surtout en témoignage de reconnaissance pour tout ce qu’ils ont apporté à notre club. » 

Nommé entraîneur adjoint de l’équipe réserve du PSG à la fin de sa carrière de joueur, Léonetti s'est finalement reconverti dans l’immobilier à Marseille. C’est sa femme Michèle qui a voulu revenir à la source avec leurs enfants. « Jean-Louis serait resté à Paris - il allait à la chasse au faisan et au canard en baie de Somme et dans le Val d’Oise » , précise Michèle. Ainsi, Jean-Louis coulait sa retraite entre les sorties en famille au bord de la mer - « dans les calanques, mais Jean-Louis râlait parce que ça fait mal aux pieds. Alors, après, on est allé à la plage, au Prado » - et les parties de pétanque avec les amis. Mais le quotidien s’est assombri il y a quelques années.

Emporté par la maladie



Jean-Louis s’énervait de plus en plus pour un rien. Sa femme s’est rendu compte que quelque chose n’allait pas il y a huit-neuf ans. Le couple était en voiture, avec leur petite-fille Morgane assise à l’arrière. Michèle rejoue la scène : « Il lui dit : "Morgane, arrête de me toucher les oreilles !" Puis,
une deuxième fois. Je me retourne et je surveille la gamine en pensant qu’elle doit l’enquiquiner. Mais non, elle ne faisait rien de cela. » Ce genre de situation survenait de manière épisodique. Dans ces cas-là, Jean-Louis était dans le déni. « On ne pouvait pas faire allusion au fait qu’il avait oublié quelque chose ou qu’il avait perdu la tête. » Et puis un jour, Jean-Louis a passé un scanner qui a révélé une « dégénérescence anormale pour son âge » . 

Un neurologue a conclu ensuite à une forme frontale de la maladie d’Alzheimer. Et les troubles de Jean-Louis ne se limitaient pas à des pertes de mémoire. « Il ne voulait pas aller se doucher, se rappelle Michèle. Il voulait frapper tout le monde, il était violent avec les infirmières. » Alors, depuis la fin de l’été dernier, l’ancien joueur du PSG ne chassait plus le faisan, ne jouait plus aux boules, mais résidait dans un EHPAD. Jean-Louis n’était plus agressif, il avait « la banane » quand Michèle venait le voir. Mais il n’était plus capable de tenir une conversation.





En janvier dernier, Michèle et leur fille, Sandrine, ont accepté de se confier à So Foot sur la maladie de Jean-Louis dans le cadre de notre enquête sur les dangers des chocs à la tête sur les terrains de foot (1). Les spécialistes consultés n’ont pas de certitudes sur les causes de la maladie neurodégénérative dont souffrait Jean-Louis, mais une hypothèse émise par le radiologue qui a chapeauté le scanner initial est devenue l’intuition profonde de Michèle et Sandrine : l’accumulation des coups de tête sur les terrains pourrait être à l’origine de sa démence.

Jean-Louis Léonetti est décédé ce lundi 3 août 2020 à l’âge de 82 ans.



Par Florian Lefèvre, avec Mathieu Rollinger Propos de Michèle Léonetti recueillis par FL et MR, à Marseille.

(1) une enquête à retrouver dans le magazine So Foot #173.
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