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Soner Ertek : « Content que Falcao puisse disputer son Mondial »

En janvier 2014, Soner Ertek, alors défenseur à Chasselay, accroche l’attaquant monégasque Radamel Falcao lors d’un duel en seizièmes de Coupe de France à Gerland. Victime d’une rupture des ligaments croisés, le Colombien doit déclarer forfait pour le Mondial 2014. Quatre ans plus tard, le défenseur amateur se réjouit de la participation du Tigre à la Coupe du monde en Russie.

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Quatre ans après avoir été forfait pour le Mondial au Brésil, Falcao dispute sa première Coupe du monde. C’est un soulagement de le voir jouer cette compétition ?
Soulagement, ce n’est peut-être pas le bon mot.
« Quand on a tiré Monaco, on était tous très contents. »
C’est plutôt un plaisir. Même si ça avait été un geste involontaire de ma part, on se sent forcément coupable de priver un joueur comme Radamel de sa première Coupe du monde. Donc le voir avec la Colombie en Russie, c'est un réel plaisir.

Ce 22 janvier 2014, tu t’apprêtes à affronter l’AS Monaco avec Chasselay en seizièmes de finale de Coupe de France à Gerland. C’est un rêve qui se réalise pour toi ?
Juste avant le tirage, on parlait justement de Monaco, puisque cette année-là, il y avait Ludo Giuly dans l'équipe, qui a un attachement particulier avec ce club.
« Quand on regarde les vidéos, on voit bien que je le déséquilibre. »
Et quand on a tiré Monaco, on était tous très contents. Contents de jouer une Ligue 1 et pas n’importe quelle équipe du championnat. C’était une grande joie.

À la quarantième minute, il y a ce fameux contact. Tu tacles Falcao dans la surface, mais l’arbitre ne siffle pas penalty. C’est quoi ta première réaction ? De se dire : « Ouf, il ne m’a pas vu, il n’a pas sifflé » ?
Non, pas du tout. Sur le coup, je pensais ne même pas l'avoir touché. Je pensais qu’il cherchait le penalty comme tous les attaquants. Mais quand on regarde les vidéos, on voit bien que je le déséquilibre. Mais sincèrement, je ne pensais vraiment pas l’avoir touché.

Blessure de Falcao

Tu as eu besoin de temps pour les revoir, ces images ?
Je les ai revues bien après. C’est lors d’une interview pour Téléfoot qu’on me les a remontrées.
« Je marche deux mètres en sortant du vestiaire et là, je vois tous les journalistes qui me tombent dessus. »
Ça avait pris une tournure tellement extraordinaire, au sens premier du terme, que ça m’avait un petit peu fatigué, je n’avais pas voulu les revoir quelques heures après le match.

Chasselay s’incline finalement 3-0. Comment tu réagis quand tu vois à la fin du match que toutes les caméras sont braquées sur toi ?
Je marche deux mètres en sortant du vestiaire et là, je vois tous les journalistes qui me tombent dessus, je suis pris de court. Il ne faut pas avoir fait l’ENA pour comprendre qu’il y a quelque chose. On se dit alors que la blessure est peut-être plus grave que prévu. Le bruit d’une rupture des ligaments croisés commençait à courir, donc je m’inquiétais sérieusement pour lui.

Après le match, tu es perçu comme un réel ennemi en Colombie. Comment tu réagis face à tout cet acharnement ?
On ne peut pas s’attendre à ça. Après le match, je reçois plusieurs notifications sur Facebook. C’étaient des demandes d’amis de personnes en Colombie. Donc à ce moment, on se dit : « Wow, ils ont suivi le match, ils vont croire que j’ai fait exprès... »
« Le soir du match, je suis rentré, j’ai éteint le téléphone. »
Ce sont des demandes d’amis, donc on ne peut pas voir les messages envoyés. Ce qui m’a surtout chagriné, ce sont les personnes qui se faisaient passer pour moi sur Twitter en racontant n’importe quoi, en étant dans la provocation. C’est pour ça que j’ai vite tenu à mettre les choses au clair en disant que je n’étais pas derrière tout ça.


Comment tu as géré cette épreuve le soir du match et les jours suivants ?
Le soir du match, je suis rentré, j’ai éteint le téléphone. Le lendemain du match, je retourne à l’école et ce sont les parents de mes élèves qui viennent me voir et m’annoncent que je suis numéro un des tendances Twitter en Colombie, qu’on parlait de ça en boucle sur tous les médias... Mais avant ça, je n’étais au courant de rien. Une fois après avoir écouté la radio, j’ai allumé mon téléphone et là, ça n’a plus arrêté, c’était incroyable.

Tu es enseignant en classe de CE2. Tu as dit que tes élèves t’ont fait des dessins qui t’avaient remonté le moral. Ils comprenaient ce qui s’était passé ?
On en a parlé dans un atelier de « vie de classe » où on laisse un temps de parole aux élèves.
« Sur cent courriers, il devait y en avoir 95 qui étaient des lettres de soutien. »
Les parents leur en avaient parlé à la maison, donc on a pu échanger sur ce sujet avec eux et ça a été très touchant. Ils m’ont offert des dessins, des petites lettres. C’est vraiment quelque chose qui m’a reboosté.



Après son opération, Falcao poste un tweet pour te dire de ne pas te sentir coupable. Comment tu l’as accueilli, ce message ?
Là pour le coup, c’était un vrai soulagement. Jusqu’à ce moment-là, le club de Chasselay recevait de nombreux courriers par jour. Mais sur cent courriers, il devait y en avoir 95 qui étaient des lettres de soutien. Il y en avait quelques-uns qui étaient menaçants et insultants. Et après le message de Falcao, ça s’est calmé et les choses sont presque rentrées dans l’ordre. Sauf que ça s’est ré-envenimé après l’annonce de son forfait pour la Coupe du monde.


Comment as-tu vécu les cinq mois qui ont précédé cette annonce ? Tu y repensais constamment ?
On essaie de passer à autre chose. On a une vie privée, une vie professionnelle, d’autres responsabilités, donc on essaie de tourner la page. Mais sans exagérer, il n’y a pas eu deux jours sans qu’on m’en parle. J’allais faire des courses, on m’en parlait.
« Tu te dis que tu as joué un rôle dans cette chute, même si ce n’était pas volontaire. »
J’allais faire un match, idem. Un jour, je me baladais au Parc de la Tête d’Or : j’ai dû croiser sept ou huit personnes qui m’ont reconnu et qui m’en ont parlé. Alors même si tu veux bien passer à autre chose, il y a toujours quelqu’un pour te rappeler ce moment-là.


Les deux saisons suivantes, Falcao est prêté en Angleterre à Manchester United et Chelsea. Deux expériences britanniques qui tournent au flop (cinq buts en deux saisons). Il paraît que ton visage se transformait subitement quand tu entendais son nom à la télé. Tu te sentais encore coupable, inconsciemment ?
Inconsciemment, c’est le bon adverbe. Tu te dis que tu as joué un rôle dans cette chute, même si ce n’était pas volontaire. En plus, je suis de nature à tout prendre sur moi. Donc le fait de le voir pointé du doigt et critiqué à Chelsea ou à Manchester, ça n’a pas arrangé les choses. C’est vraiment quelque chose qui m’a beaucoup touché.


De retour en France en 2016-2017 avec Monaco, il claque 21 buts et termine champion de France devant le PSG. Un sacre qui a dû te réjouir.
Là, j’étais trop content. Les gens me souriaient dans la rue en riant : « S’il est revenu à un tel niveau, c’est grâce à toi ! Il est revenu plus fort, il a retrouvé son niveau d’antan... » J’étais vraiment heureux qu’il puisse revenir de cette manière.

Avec le recul, quel regard portes-tu sur cet épisode et ce déferlement médiatique ?
Aujourd’hui, c’est un sentiment mitigé.
« On me présente comme "Soner Ertek, celui qui a eu l’histoire avec Falcao." »
J’essaie de me dire que j’ai eu la chance de disputer un seizième de Coupe à Gerland contre Monaco, mais c’est contrebalancé par tout ce qu’il s’est passé ensuite. C’est vraiment une expérience incroyable à vivre de se retrouver au cœur de la tempête médiatique. Aujourd’hui, j’ai digéré. Je sais que ce n’est pas forcément de ma faute, je suis surtout content que Falcao puisse jouer sa Coupe du monde.

Quel impact cette histoire a-t-elle sur ton quotidien ?
J’ai l’impression que ça va me suivre encore quelque temps. Dernièrement, je suis parti du FC Vaulx pour le FC Limonest, deux très bons clubs de la région lyonnaise, et là-bas, avec certaines personnes du club, on m’a présenté comme « Soner Ertek, celui qui a eu l’histoire avec Falcao » . Donc ce sera toujours là.







Propos recueillis par Maxime Feuillet
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