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  1. // International – Amical – Kosovo/Haïti

Soir de première pour le Kosovo

Petit événement à l’occasion de cette fenêtre internationale de matchs amicaux : la première rencontre officielle de la toute nouvelle sélection du Kosovo, organisée avec la bénédiction de la FIFA face à Haïti à Mitrovica. Une rencontre qui pose questions et dont voici quelques éléments de réponse.

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Une reconnaissance pleine et entière ?

La réponse est non. Suite à une réunion d’urgence au siège de la FIFA le 10 janvier, Sepp Blatter, le président de la fédé kosovare Fadil Vokrri et le président de la fédé serbe Tomislav Karadžić ont convenu que la sélection nationale masculine de football du Kosovo serait désormais autorisée à disputer des rencontres amicales face à d’autres sélections membres de la FIFA. En l’occurrence, c’est l’équipe d’Haïti qui va disputer cette rencontre inaugurale au stade Adem Jashari de Mitrovica, une enceinte de 29 000 places, la seule du pays à répondre (plus ou moins) aux critères définis par les règlements internationaux. Les équipes de jeunes et la sélection féminine avaient déjà précédemment reçu pareille autorisation. En mai 2012, une première tentative de médiation concernant le cas de l’équipe masculine avait échoué, la Fédération serbe demandant un droit de regard sur l’organisation des matchs de la sélection kosovare (concernant le conflit opposant la Serbie et le Kosovo, se reporter à la notule suivante). Fadil Vokrri avait expressément refusé cette condition. Cette fois, il est donc tombé d’accord avec son homologue serbe. L’équipe du Kosovo peut désormais disputer des rencontres amicales – et seulement des rencontres amicales, pas de compétitions internationales ni d’éliminatoires – à deux conditions : 1/ que les rencontres ne soient accompagnées d’aucun symbole national (hymne, drapeau…) et 2/ qu’il ne soit organisé aucun match contre une autre sélection issue de l’ex-Yougoslavie.

Un pays sous pression ?

La réponse est oui. La République du Kosovo est un territoire d’un peu plus de 10 000 km², coincé entre la Serbie à l’est, l’Albanie à l’ouest, le Monténégro au nord et la Macédoine au sud. Indépendant depuis le 17 février 2008, le Kosovo est habité par 1,8 million d’habitants et a pour capitale Pristina. Encore aujourd’hui, sa reconnaissance internationale n’est pas pleine et entière. Seuls 106 des 193 états membres de l’ONU considèrent le Kosovo en tant que nation souveraine, et parmi eux, 23 des 28 pays de l’Union européenne et 4 pays issus de l’ex-Yougoslavie (Croatie, Slovénie, Monténégro, Macédoine). Sans faire un cours de géopolitique, disons simplement que le Kosovo est un territoire complexe et stratégique, car historiquement serbe et démographiquement albanais. Jouissant pendant un temps d’un statut d’autonomie sous Tito, le Kosovo a été le terrain d’un conflit sanglant entre l’armée de libération du Kosovo (UCK) et les forces serbes, avec Milošević à leur tête. Entre mars 1999, l’OTAN décide d’intervenir sans mandat de l’ONU, avec des frappes aériennes sur la Serbie qui contraignent Milošević à retirer ses troupes du Kosovo, lequel passe sous administration des Nations unies en juin de la même année. Il faut donc attendre près de 10 ans pour que la situation provisoire aboutisse à une indépendance reconnue par une majorité de pays occidentaux, États-Unis, Grande-Bretagne, Allemagne et France en tête. La Serbie et ses alliés, Russie et Chine en tête, refusent toujours cet état de fait, ce qui pose bien évidemment des problèmes diplomatiques à tous les niveaux, sport inclus. D’ailleurs, si la FIFA a fait un premier pas vers une reconnaissance de la sélection kosovare avec l’autorisation de ce match amical contre Haïti ce soir, l’UEFA refuse toujours toute forme d’avancée en ce sens. L’instance européenne de football se range en effet derrière son règlement qui stipule qu’une sélection ou un club peut participer à des matchs officiels sous son égide si et seulement si la nation concernée est membre des Nations unies, ce qui n’est pas le cas du Kosovo (blocage de la Russie et de la Chine notamment).

Une vraie nation de football ?

La réponse est oui, comme dans tous les Balkans en règle générale où l’on vénère tout ce qui est sport collectif. « Une importante relève du foot européen est constituée de joueurs d’origine kosovare » , fait d’ailleurs remarquer Bashkim Iseni, du site francophone Albinfo. Des réfugiés ou fils de réfugiés qui font aujourd’hui le bonheur de leur sélection d’adoption. Citons notamment Emir Bajrami pour la Suède, Lorik Cana pour l’Albanie, la nouvelle sensation Adnan Januzaj (qui n’a pas encore choisi sa sélection), mais aussi et surtout une forte – dans les deux sens du terme – colonie faisant actuellement les beaux jours de la Nati suisse : Xherdan Shaqiri, Granit Xhaka, Valon Behrami… Des joueurs qui ont certes profité du système de formation de leur pays d’adoption pour faire carrière, mais qui montrent aussi combien les jeunes Kosovars savent être d’excellents manieurs de ballon. « Le Kosovo est un pays pauvre et le foot incarne aussi un loisir qui est abordable, poursuit Bashkim Iseni. C’est une passion qui doit être mise au service du dépassement des différences ethniques, culturelles ou religieuses. L’efficacité quant à son effet de rapprochement n’a plus besoin d’être démontrée. » Soutenue financièrement par des homologues étrangères, la Fédération nationale cherche à améliorer les infrastructures en place au Kosovo. Un championnat professionnel existe, mais il ne donne toujours pas accès aux compétitions européennes, l’UEFA de Platini refusant pour l’instant toujours de faire exception à son règlement.


Bientôt les éliminatoires ?

Difficile de se prononcer sur cette question. La Fédération du Kosovo aurait aimé pouvoir disputer les éliminatoires de l’Euro 2016, dont le tirage au sort a eu lieu en début d’année, mais il a donc fallu se contenter pour l’instant de cet accord pour participer à des rencontres amicales. « L’accord avec la Serbie réalisé sous les auspices de la FIFA limite pour l’instant la marge de manœuvre, constate Bashkim Iseni. Mais c’est un premier pas qui marque une nouvelle ère pour l’histoire du sport du Kosovo. C’est porteur d’espoirs pour un pays et une jeunesse qui demeurent depuis des années isolés, notamment en raison du statut politique spécifique du pays, mais aussi en raison des conséquences des guerres dans les Balkans. Les Kosovars ont besoin d’exister et le foot est un ciment pour donner corps à une communauté nationale en pleine construction. » Les Kosovars peuvent espérer que leur cas évolue favorablement avec le temps, comme ce fut le cas dernièrement avec la sélection de Gibraltar, qui a finalement été autorisée par l’UEFA à disputer les prochains éliminatoires de l’Euro, après des années de refus sous pression de l’Espagne. En 2011, le Tribunal arbitral du sport avait rendu un avis favorable que Platini et ses potes ont pris en considération. Autre motif d’optimisme : des instances internationales d’autres sports ont accepté d’intégrer le Kosovo à leur giron, notamment en handball, en boxe, en judo et en taekwondo. Il faudra cette autorisation de l’équipe nationale de football du Kosovo à participer aux grandes compétitions pour convaincre les meilleurs joueurs sélectionnables de l’intégrer. Convoqué, Januzaj a poliment refusé sa convocation. Ce soir contre Haïti, le Kosovo disputera son match inaugural avec pour têtes de gondole le portier de Palerme Samir Ujkani, le milieu de Francfort Faton Toski et les joueurs de Kaiserslautern Enis Alushi et Albert Bunjaku. À eux de jouer.

Par Régis Delanoë
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