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Simone s’ignorait

Alors, il va comment le gars Marco Simone ? Contrairement à ce qui se présageait, il semble disposé à apprendre le métier d’entraîneur patiemment, dans l’ombre, loin de ses années de gosse beau caractériel de la L1.

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S’ils se sont éloignés depuis cette époque de la chose footballistique, les suiveurs de la Ligue 1 au tournant du nouveau millénaire seraient très surpris d’apprendre que Marco Simone est encore aujourd’hui ici, en France, à 46 ans. Qu’il est désormais un entraîneur et qu’il squatte un banc pas franchement sexy, celui du Tours FC en Ligue 2. Parce que du souvenir que l’on garde du Marco Simone joueur, débarquant du grand Milan au PSG en 1997, c’est un gars qui n’avait pas forcément le profil pour occuper le poste qu’il occupe aujourd’hui. L’Italien était du genre flamboyant, assez m’as-tu-vu, volontiers caractériel. Du moins est-ce l’image qu’il renvoyait aux médias à cette époque. Un type doué devant le but, mais pas mal agaçant, le type de Transalpin que les Français aiment charrier comme Ravanelli chez l’ennemi marseillais à la même période. Non, vraiment, on ne l’aurait pas imaginé souffrir sur un banc de la deuxième division française, et lui non plus n’avait certainement pas ce scénario d’avenir personnel en tête. Puis finalement, il y a eu la fin de sa carrière sportive survenue il y a une décennie, et Simone s’est rappelé à notre bon souvenir d’abord comme consultant TV. Et là, déjà, il a fallu admettre que, peut-être, on s’était trompé. Ou en tout cas que la caricature du Simone râleur et beau gosse s’était muée en l’image d’un homme mûr et réfléchi, capable d’analyses posées et doté d’une solide culture de son sport. Culture qu’il a mise en application en relevant le très périlleux premier challenge qu’on lui a proposé, chez lui, à Monaco, de septembre 2011 à mai 2012. Lors de sa nomination, c’est difficile à envisager aujourd’hui, mais l’ASM craignait de descendre en National et Simone l’inexpérimenté a assuré un solide maintien avant de donner les clés de la maison à contrecœur à son compatriote Claudio Ranieri. C’était assez cruel, et ça a fait peut-être encore plus mal au cœur de voir ensuite Marco Simone s’engluer dans une mission plus difficile encore, voire impossible : tenter une nouvelle opération maintien d’un club à la dérive complète, Lausanne Sport en Suisse entre novembre 2013 et mai 2014. L’échec était cette fois-ci inévitable.

À Tours, enfin une mission moins dans l’urgence


Quelle ne fut pas alors la surprise de voir revenir Simone en France en juin dernier, mais cette fois pour s’occuper du destin du très peu médiatique Tours FC. Un choix de carrière surprenant mais avait-il le choix, lui qui n’avait pour seules lignes sur le CV que ces deux expériences : la première frustrante, la seconde éprouvante. « Je suis encore un jeune entraîneur, donc je suis ouvert à toutes expériences » , justifie-t-il dans une interview récente pour So Foot Club. « (…)Je ne suis pas encore en position de choisir mes projets à la carte. Je ne pense pas avoir la légitimité pour faire des caprices et refuser un projet cohérent comme celui de Tours. » Et s’agissant de cette dernière opportunité qui s’est présentée à lui, il ajoute : « C’est la première fois que je prends un groupe dès le début de la saison. J’ai la chance de construire moi-même l’équipe. Et ça, c’est un privilège. Tu peux faire ta préparation sans la pression du résultat, tenter des choses… Auparavant, j’ai toujours joué le pompier de service, où je devais reprendre des équipes à la ramasse. » Clairement posée, sa mission à Tours est également moins urgente que les précédentes : façonner un groupe équilibré la première saison de son contrat et tenter de jouer la montée la seconde avec ce même groupe parvenu à maturité. C’est relativement raisonnable et ce n’est pas complètement insensé ni hors de portée dans cette Ligue 2 tellement homogène dont s’est extrait vers le haut – et plutôt joliment pour l’instant – un club du profil du GFC Ajaccio.

Confronté à des problèmes offensifs, un comble…


Mais alors, près de six mois après son arrivée en Indre-et-Loire, quel est le bilan de Marco Simone ? Il est évidemment mitigé. Le contraire serait trop simple. Le principal aspect positif réside dans le fait que Tours est effectivement stabilisé en L2, comme c’était prévu initialement. L’équipe pointe actuellement à la 13e place, un rang conforme à son budget et qui lui permet d’envisager sereinement le maintien et pourquoi pas de s’imaginer une fin de saison sympa si ça veut bien sourire de nouveau. Tactiquement, c’est bien en place – Simone n’est pas l’élève de Sacchi et Capello pour rien – et dans le jeu, c’est moins vilain que la moyenne de Ligue 2. Comme il était convenu, Simone fait jouer les jeunes et essaie de préparer le terrain pour le futur du club. Parmi les huit joueurs les plus utilisés depuis le début de saison, six ont 23 ans et moins (Miguel, Belkebla, Gradit, Cillard, Maouche et Kamara), encadrés par les darons Bergougnoux, Bouhours et Agouazi. C’est cohérent, assez prometteur, mais est-ce que ce sera suffisant pour réellement jouer les premiers rôles la saison prochaine ? À voir, d’autant que Simone, confronté actuellement à un gros souci d’efficacité offensive de son équipe – un comble –, voit sa relation avec son président Jean-Marc Ettori se rafraîchir considérablement à mesure que la trêve hivernale approche. En cause, d’après le journal local La Nouvelle République, le recrutement manqué d’Alexy Bosetti (2 buts, un choix de Simone), des finances fragiles qui rendent l’avenir incertain à moyen terme et le caractère soupe au lait du président, pas forcément compatible avec celui de l’Italien. Des difficultés susceptibles de lui être fatales ? On n’en est pas encore là, mais il semblerait que, décidément, la carrière d’entraîneur de l’ancien privilégié des terrains à qui tout réussissait doive fatalement se construire dans la difficulté.



Par Régis Delanoë
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