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Sessègnon : « En six ans, la Ligue 1 a bien changé »

Après avoir redécouvert la Ligue 1 au bout de six saisons anglaises, Stéphane Sessègnon est en train de clôturer son premier exercice montpelliérain. À bientôt trente-trois ans, l’ancien crapaud du PSG jette un premier coup d’œil dans le rétroviseur.

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On arrive à la fin de ta première saison montpelliéraine, sur un plan personnel, qu’en penses-tu ?
Le fait d’avoir enchaîné les matchs et d’avoir enfin pu vraiment jouer est une satisfaction. Mais je ne suis jamais vraiment satisfait. Je pense que j’aurais pu apporter plus à l’équipe, notamment en matière de passes décisives ou de buts.

Pourquoi être revenu en Ligue 1 à Montpellier ?
Les discours du coach et du président étaient intéressants. J’avais d’autres propositions, mais ça tardait à se concrétiser, Montpellier m’a appelé et j’ai sauté sur l’occasion parce que j’avais besoin de retrouver les terrains. Pour moi le plus important était d’avoir la possibilité de pouvoir rejouer, et d’avoir le soutien du président et du coach. Montpellier était vraiment une belle opportunité que je ne pouvais pas laisser filer.

Comment considères-tu tes six saisons passées en Angleterre ?
Ça a été une belle expérience. Je suis allé en Angleterre pour découvrir certaines choses. Je pense que j’avais encore les moyens de continuer là-bas, mais bon le destin en a décidé autrement. Dans la vie d’un footballeur, ça arrive de devoir revenir au point de départ. Mais je suis satisfait de ces années là-bas, parce qu’il m’a fallu m’adapter au jeu anglais. Même si ça ne s’est pas toujours bien passé, j’en garde un bon souvenir.


Tu parles de revenir au point de départ, tu as vécu ça comme un retour en arrière, le fait de revenir en Ligue 1 ?
Il ne faut pas voir les choses comme ça. J’ai quitté le championnat, j’y suis revenu, il a beaucoup évolué depuis mon départ, il faut le dire. La Ligue 1 fait partie des plus grands championnats européens aujourd’hui. Donc revenir en France pour moi, ça n’est pas un pas en arrière, au contraire, le fait de rejouer ici m’a fait du bien, ça n’est pas du tout un échec.

Justement, après six ans d’absence as-tu trouvé le championnat changé ?
Oui bien sûr, en six ans la Ligue 1 a bien changé surtout au niveau de l’intensité et au niveau du jeu. Ça a beaucoup évolué, je pense qu’il y a plus de talents aujourd’hui. Quand on voit une équipe comme Nice qui arrive à être dans les trois premiers du championnat, c’est différent de l’époque où j’étais au Mans ou au PSG.


Estimes-tu que ton passage à Paris a été un tournant dans ta carrière ?
Ah oui, bien sûr, ça a été un vrai tournant. À l’époque, jouer dans un club comme Paris, ce n’était pas évident. Ça m’a ouvert des portes au niveau de l’Angleterre. Je ne suis pas resté longtemps dans ce club, donc quand je suis parti, ça n’a pas été une vraie séparation. Mais être à Paris m’a permis d’avoir une certaine notoriété et d’avoir une visibilité dans les championnats étrangers. Même si j’ai eu des hauts et des bas, comme souvent chez les joueurs, j’ai de bons souvenirs de ces trois années parisiennes. Le meilleur reste de loin la victoire en Coupe de France. On n’était pas bien en championnat, et cette victoire nous a permis de sauver notre saison.

Depuis tes débuts, il t’a souvent été reproché ton manque de régularité, comment expliques-tu cela?
Moi, je ne vois pas les choses de cette manière, je ne pense pas avoir un souci de régularité en particulier. On fait tous le maximum pour être performant tout au long de la saison, mais il y a des moments où ça n’est pas évident, où on est moins bien, ça arrive à tous les joueurs. Je ne suis pas d’accord avec ceux qui me disent que je ne suis pas régulier. Je pense qu’on me le reproche parce qu’avec la qualité et le potentiel que j’ai, je suis capable de faire encore plus, et de faire beaucoup mieux. Là dessus, je peux comprendre la critique des gens.


Qu’est-ce qui t’a manqué selon toi pour passer un palier ?
Je ne peux pas répondre à ça, je ne sais pas. Ce n’est que du football, il y a une saison où tu peux flamber, la saison d’après tu peux être moyen, c’est aussi ça qui fait la beauté de ce métier. Pour rester un top joueur, il faut être toujours bien, et ça n’est pas mon cas, c’est dommage, mais c’est comme ça.

Tu as fait quelques conneries plus jeune, est-ce totalement derrière toi aujourd’hui ?
Oui, avec l’âge je les ai laissées derrière. Après, c’étaient des bêtises de jeunesse, qui ne m’ont pas facilité les choses, notamment d’avoir le plan de carrière que j’aurais souhaité. Mais avec l’âge, j’essaye d’être un peu plus parfait, même si on ne peut jamais l’être.


À trente-deux ans, tu es proche de ta fin de carrière, quel regard portes-tu sur celle-ci?
Je suis satisfait. Comme je l’ai toujours dit, on a la chance de faire un métier que d’autres personnes rêvent de faire. Le métier est tellement difficile, il y a tellement de personnes qui veulent jouer au football et qui n’y arrivent pas. Quand on a la chance de jouer et de participer, comme moi dans tous les clubs où je suis passé, à 80% des matchs, c’est une satisfaction. En plus, j’ai eu la chance d’évoluer dans des clubs comme le PSG. Si je regarde mon parcours, je suis satisfait, jamais je ne me dirai : « J’aurais pu. » Je n’ai vraiment aucun regret.

Propos recueillis par Maeva Alliche
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