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Sasha De Laage : « Je retourne ma veste pour boire des coups »

Il y a ceux qui regardent la Coupe du monde depuis leur canapé, et il y a ceux qui ont décidé d'en faire quelque chose d'utile. À vingt ans, Sasha De Laage fait partie de ceux-là : l'étudiant de sciences po a décidé de se rendre à Moscou pour la finale. Sans un euro en poche. Objectif : soutenir les migrants qui traversent la Méditerranée. Entretien avec un supporter engagé.

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Tu es parti de Paris pour la Russie depuis deux semaines sans argent. Où en es-tu ?
Je suis parti depuis treize jours de Paris. Là, j’étais à Varsovie et je suis en route vers Augustów, au nord de la Pologne. Je serai très bientôt en Lituanie. Tout va bien. Je viens de me reposer deux jours à Varsovie, le moral est bon, j’ai mangé chaud. J’ai la patate pour la deuxième moitié de l’aventure.

« Je veux traverser l’Europe de Paris à Moscou sans argent, le but final étant de lever au moins 11 000 euros pour SOS Méditerranée. »

Ton voyage n’est pas juste un périple vers la Coupe du monde. Get him to Moscou, c’est quoi ?
C’est une idée que j’ai eue il y a quelques semaines. C’est un défi personnel associé à une aventure commune. Je veux traverser l’Europe de Paris au stade Loujniki de Moscou sans argent, et pour cela je compte sur la solidarité des gens. Le but final étant de lever au moins 11 000 euros pour SOS Méditerranée. C’est une sorte de Pékin Express plus poussé avec une véritable signification. Le Mondial est un moment de fête. Un symbole d’union, d’espoir, de partage. Je supporte la France à 8000%, mais il ne faut pas oublier les vraies problématiques actuelles, dont la crise migratoire. Le Mondial, c’est l’occasion de s’unir pour tendre la main aux réfugiés et d’attirer la lumière sur eux.

Comment est né le projet ?
J’étais en Colombie à Carthagène, je n’avais plus un rond et je devais remonter à Medellín en moins d’une semaine. Bref, j’étais vraiment dans la merde. J’ai réussi à rejoindre Medellín dans les temps et j’ai passé une super semaine. J’ai voulu revivre ça, mais avec un cadre et surtout un but. Je buvais un coup avec un pote, on parlait de la Coupe du monde et la lumière s’est allumée. J’ai pensé à SOS Méditerranée et tout s’est fait très vite. Le lendemain, le projet était monté.


Comment tu t’y es préparé ?
Hormis mon panneau « Take me to the East » , je n’ai pas grand-chose. En gros, j’ai un sac à dos de trente litres avec une gourde, une thermos, des livres, quelques caleçons. J’ai un hamac portable et un anorak... Vraiment la base de la base pour être le plus léger possible. Psychologiquement, je pense que je suis inconscient. Je ne réalise pas ce que je fais, je réaliserai en rentrant et je pense que c’est tant mieux. Je prendrai une claque en voyant mon voyage sur une carte.

« Jouer le Brésilien, ça m’a permis de me faire payer beaucoup de verres. »

La Coupe du monde, c’est juste un prétexte ? Ou c’est l’occasion d’allier deux choses qui te tiennent à cœur ?
Je suis avant-tout un amoureux de foot, donc je fais d’une pierre deux coups. J’attendais la Coupe du monde depuis quatre ans, et si j’étais resté en France, j’aurais glandé dans mon canapé. Donc ça me permet de combiner deux choses qui me sont très chères et d'être utile. Si j’arrive à voir la finale dans le stade, ce serait fou. Mais le but premier, c’est de lever les 11 000 euros pour SOS Méditerranée.

Quel est ton rapport avec le foot ?
J’adore jouer, mais je suis super mauvais. J’étais le gars que personne ne choisissait dans son équipe. Et puis, comme j’ai grandi aux États-Unis, le football pour moi était d’abord une façon de garder contact avec mon pays. Quand mes potes regardaient la NBA, je matais des replay de la Ligue 1.


Tu as un drapeau du Brésil dans ton sac. Pourquoi ?
Mon père vit au Brésil, j’y ai vécu un peu et j’adore ce pays. Et aussi parce que les Brésiliens étant trop cool, ça me permet de rencontrer des gens facilement vu que je parle portugais. Jouer le Brésilien, ça m’a permis de me faire payer beaucoup de verres. Et ils ont plus de chances d’aller en finale. Je n’allais pas prendre celui du Panama...

Pourquoi pas celui de la France ?
La France c’est une évidence, je les soutiens totalement. Le drapeau n’était pas nécessaire parce que je parle beaucoup mieux français que portugais. C’est plus facile d’être crédible en français, naturellement. (Rires.)

« Entre Stuttgart et Munich, je me suis fait engueuler par des flics parce que je faisais du stop sur l’autoroute. Je leur ai expliqué mon projet et ce sont finalement eux qui m’ont emmené. »

Comment fonctionne ta récolte de dons pour SOS Méditerranée ?
L’objectif est de donner 11 000 euros. Soit l’équivalent d’une journée en mer de l’Aquarius, le bateau de l'association. Je me suis engagé pour SOS Méditerranée avant que le bateau ne fasse la Une des journaux. C’est quelque chose qui me trottait dans la tête depuis longtemps. Pour lever l’argent, je suis sponsorisé par plusieurs marques grâce auxquelles on a déjà levé plus de 7000 euros. En plus de ça, on a une cagnotte en ligne pour que tout le monde puisse donner.


Pourquoi SOS Méditerranée ?
Je suis devenu ambassadeur de cette association parce que la crise des migrants est extrêmement complexe. L’idéal serait de résoudre les problèmes à la source, dans les pays d’où ils partent. Mais ce n’est pas possible, donc on doit les aider là où ils se trouvent. Tous ceux qui ne veulent pas accueillir les migrants et laissent des gens mourir aux portes de l’Europe trahissent nos valeurs humanistes.

Comment ça se passe pour te loger, te déplacer sans le moindre sou en poche?
Au moment où on se parle, je suis dans la voiture d’Adam en Pologne. Il me transporte et vient de proposer de m’héberger. En fait, les gens sont vraiment cool. On est loin de l’individualisme habituel de la société. J’ai dormi quelques nuits dans mon hamac, mais vraiment pas autant que ce que je pensais. Le plus dur, c’est lorsque j’ai dormi dans un arrêt de bus sous la pluie. Là, j’ai douté. Mais hier, j’ai bu de la vodka artisanale à 70° chez une famille polonaise. C’était sympa. Sinon, en Allemagne entre Stuttgart et Munich, je me suis fait engueuler par des flics parce que je faisais du stop sur l’autoroute. Je leur ai expliqué mon projet et ce sont finalement eux qui m’ont emmené.


Tu as quand même pris ta carte, au cas où ?
Non, pour la simple raison que ce serait trop tentant. Ce serait une torture psychologique à la moindre difficulté. Tu ne fais pas de la chute libre avec un filet en dessous. À un moment, il faut sauter. J’ai sauté.


« Le mot d’ordre, c’est de ne louper aucun match de la France. Après, c’est aléatoire. »

Quel pays ou ville a été le plus accueillant ? Et le moins ?
Le pays le plus dur a été la Tchéquie. À un moment donné, au milieu de la campagne, je suis à une station-service perdue. Je demande à un camionneur de me prendre, il me dit qu’il m’emmène en Pologne. On discute. Je lui explique mon projet pour aider les réfugiés. Et là, il a commencé à m’engueuler en polonais... J’ai cru qu’il allait me frapper ! À l’inverse, le pays le plus accueillant a pour l'instant été la Pologne, justement.

Celle où tu as le plus senti la Coupe du monde ?
À Vienne. Je me suis retrouvé dans un bar francophone lors de France-Pérou avec des dizaines de Français qui m’ont payé des coups toute la soirée. En plus, c’était Croatie-Argentine dans la foulée, et j’ai le cœur un peu argentin. Même si on était entouré de Croates, c’était fou. Après le deuxième but, j’ai chanté avec eux. Car selon les pays et le match, je dois retourner ma veste rapidement pour boire des coups.



Comment tu fais pour suivre la Coupe du monde sur le chemin ?
Dès que je vois une TV, je me pose devant. Le mot d’ordre, c’est de ne louper aucun match de la France. Après, c’est aléatoire. Contre le Danemark, j’étais coincé dans le Sud de la Pologne, et il y avait des averses de fou. J’étais encore perdu dans une station-service. Et in extremis, j’ai chopé une voiture pour Varsovie. J’ai fini par regarder le match sur l’iPhone d’un Chinois dans un bus. Mais ça ne valait pas le coup...

C’est comment de vivre la Coupe du monde à travers plusieurs pays ?
C’est la meilleure façon de suivre une grande compétition. On se rend compte que ça dépasse le sportif, que ça réunit tout le monde. Même en Pologne pour le dernier match, alors qu’ils étaient éliminés, c’était dingue !

Ton objectif est d’être à Moscou pour la finale. Tu penses pouvoir obtenir une place ?
Avant que je parte, tout le monde me décourageait. Mais mon voyage se passe tellement bien que j’y crois de plus en plus. Je suis suivi par beaucoup de monde, je porte un message positif, donc ça peut marcher. Ça paraît inatteignable, mais ça pourrait être très cool. Et là, je suis déjà grave en avance sur mon planning, je serai en Russie dès la demi-finale. Ça me laisse plus de temps pour trouver...

Sinon, tu iras où ?
J’aurai une place pour la finale minimum. Voire dans le vestiaire avec les Bleus.

Propos recueillis par Adrien Hémard Pour suivre son périple, c'est ici ou .
Sans oublier la cagnotte.
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