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Santos au top du Hip Hop

Dimanche, Santos a remporté son dix-huitième championnat de l'Etat de São Paulo. Un titre qui couronne le début d'année époustouflant de l'équipe qui a émerveillé tout le Brésil, portée par une génération exceptionnelle : les Meninos da Vila.

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Janvier 2010. Le stade de la Vila Belmiro est en ébullition, prêt à accueillir à bras ouverts l'enfant prodigue. Robinho, en disgrâce du côté de Manchester City, fait son grand retour au Brésil, histoire de grappiller du temps de jeu en vue de la Coupe du Monde. Il débarque en grande pompe, en hélicoptère, accompagné, excusez du peu, du Roi Pelé. Quelques jongles plus tard, il se retrouve sur scène pour rapper aux côtés de Chorão, le leader du groupe Charlie Brown Junior.



Tout le monde se dit : OK, MC Robinho est en vacances, il est parti pour faire parler plus de lui dans les boîtes de São Paulo que sur le pré. Personne n'imaginait qu'en quelques semaines, son équipe se retrouverait au top du hip hop, avec un jeu léché qui émerveille les fans de jogo bonito du monde entier. Loin de monopoliser les attentions, Robinho se contente du rôle de parrain d'une promo de candidats à la Nouvelle Star débordant de talent.



Neymar, André, Paulo Henrique Ganso... Ils ont dix-huit, vingt ans tout au plus et ils prennent un malin plaisir à atomiser toutes les défenses. En Coupe du Brésil, ils ont mis au supplice Navairense (10-0) ou Guarani (8-1). Le championnat de l'Etat de São Paulo est une formalité. En demi-finale, même le São Paulo FC de Ricardo, qui a rapatrié sur les terres des virtuoses de Telê Santana le foot besogneux et ultra défensif qu'il a infligé à Bordeaux et Monaco, n'a pas résisté à l'ouragan Santos (3-2 et 3-0).



100 buts en 30 matchs



Les Meninos da Vila sont drivés par Dorival Junior, coach discret arrivé en début d'année, jeté comme un malpropre par Vasco alors qu'il les avait fait remonter un première division, un peu l'image de Papin à Strasbourg ou Deschamps à la Juve... Son pari : laisser libre cours à la folie d'une bande de gamins délurés qui passent leur temps à faire des blagues pourries dignes du pire Ribéry. Il les laisse semer un bordel monstre sur et en dehors du terrain, au risque d'irriter leurs adversaires avec les interminables chorégraphies qui suivent chaque but... Cinq ou six joueurs se regroupent à chaque fois pour reproduire les danses à la mode ou pour mimer des gestes bizarroïdes, comme l'allumage du barbecue pour rappeler au coach que c'est lui qui régale lors du prochain “churrasco”. Résultat : 100 buts en 30 matchs (3,3 de moyenne et deux buts de plus qu'en 2009 en seulement 4 mois de compétition) et une créativité à faire pâlir Kamel Ouali.



Dorival Junior laisse faire, à une condition : que ses poulains marquent plus de pions que l'adversaire. « Notre équipe ne sait pas défendre un résultat. Notre style de jeu, c'est l'attaque » , répète-t-il sans arrêt. Pour certains matchs, il joue même avec un seul milieu défensif, le brillant Arouca, qui se retrouve d'ailleurs bien plus souvent aux avant-postes que n'importe quel milieu offensif de L1. Sur l'aile gauche, Robinho, qui repique dans l'axe dès qu'il le peut. Sur l'aile droite, Wesley et ses jambes de feu. A la baguette, Paulo Henrique Ganso, numéro 10 à l'ancienne, d'une élégance rare, qui maîtrise à merveille les changements de rythme. Sûrement le meilleur joueur de l'équipe, même si celui qui crée le buzz du moment, c'est surtout Neymar. La terreur de 18 ans affole les défenses par sa vitesse et son sens du dribble. Sa complémentarité avec Ganso est la clé du succès de l'équipe. Des quatre coins du pays, c'est tout le peuple brésilien qui réclame les deux gamins dans la liste de la Seleção pour la Coupe du Monde. De quoi mettre la pression à Dunga.



Le banc est aussi bien fourni. André, 17 ans, clone de Neymar, arbore le même look iroquois, un peu plus de puissance mais beaucoup moins de classe. Sans oublier Madson, 1,58m avec les crampons, qui fait la différence tout en explosivité.



Talonnades à la pelle



Dimanche, ils ont montré qu'en plus de leur virtuosité, les Meninos da Vila sont aussi capables de résister à la pression et de survivre à une véritable boucherie. A huit contre dix pendant pratiquement toute la deuxième mi-temps du match retour de la finale du Paulistão, ils ont réussi à résister aux assauts de la surprenante équipe de Santo André. Avec, au passage, deux petits chefs d'œuvre signés Neymar. Pour le premier, il reçoit une talonnade aérienne de Robinho, avant de mettre sur le cul le gardien et un défenseur adverse grâce à deux crochets supersoniques et de conclure en finesse. Le second part une nouvelle fois d'un amour de talonnade en pleine course de la part de Ganso qu'il conclut d'une frappe seiche du gauche.



Les Brésiliens peuvent dormir tranquilles : même si Dunga snobe la génération dorée de Santos, la relève pour la Coupe du Monde 2014 est assurée.

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Louis Génot, de Rio de Janeiro

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