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Sans Garcia, le LOSC va-t-il au casse-pipe ?

« Je serai l'entraîneur de Lille la saison prochaine. » La sentence de Rudi Garcia remonte au 25 avril 2013. Un mois et demi plus tard, l'entraîneur quitte le LOSC pour l'AS Rome. Mais que peuvent devenir Mavuba et ses coéquipiers sans l'homme qui les a hissés aux sommets ?

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« Comme le dit le dicton, peut-être que je pleurerai en partant, mais je suis content d'être ici. » C'est par ces mots que Rudi Garcia faisait son entrée au LOSC lors de sa première conférence de presse en tant qu'entraîneur. On ne sait aujourd'hui, à l'heure de son départ vers l'AS Rome (où l'attend un contrat de deux ans, plus une année optionnelle, à environ 1,5 million d'euros de salaire annuel, hors primes), si les larmes ont coulé sur son visage, mais on peut d'ores et déjà affirmer qu'un cycle se termine. Malheureusement pour Lille, il s'agissait du plus glorieux depuis le milieu des années 1950. C'est dire.

En cinq années passées au LOSC, Rudi Garcia, l'amateur de guitare à ses heures perdues, a tout connu : la trahison (on ne va pas revenir sur les évènements survenus à l'été 2009), la joie (le doublé championnat/Coupe de France en 2011) et Eden Hazard. Mais plus que le titre ou les individualités, c'est bien le jeu mis en place qui s'inscrit dès à présent dans la postérité. Un jeu à tendance offensive, reposant essentiellement sur une ossature de trois milieux de terrain et deux ailiers. Avec quelques matchs en point d'orgue : comme ces victoires face à Lyon (4-3, en décembre 2009) à Caen (2-5) et Lorient (6-3) en 2010.

À Lille, on est mal !

Si Garcia n'avance pas en terrain conquis à la Roma (où le boulot consiste surtout à être l'adjoint de Francesco Totti), l'inquiétude est aussi de mise pour son désormais ancien club. « Ce qu'on entend entre supporters est franchement très inquiétant. On a l'impression que les dirigeants ne savent plus ce qu'ils font, c'est comme si le bateau était en train de couler, confie Teddy, membre des DVE et administrateur du groupe LOSC French Supporters sur Facebook (11 250 fans). Après cinq ans, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'on est en fin de cycle. Mais le pire, c'est qu'on n'arrive pas à comprendre son départ. Depuis des semaines, on nous répète sans cesse qu'il va rester, et là, on apprend qu'ils le foutent dehors.  »

Et pour préparer l'avenir, Michel Seydoux aurait rencontré trois possibles successeurs mardi, à Paris : René Girard, l'entraîneur du Borussia Mönchengladbach Lucien Favre et le Belge Francky Dury, vice-champion de Belgique avec Zulte-Waregem – on parle aussi avec insistance d'Antoine Kombouaré. Avec des noms pareils, les dirigeants annoncent clairement la couleur : le successeur du désormais nouvel entraîneur de l'AS Rome aura pour principale mission de conserver les acquis, à savoir un jeu offensif, porté par le collectif et une judicieuse cohésion entre jeunes pousses et vieux briscards déjà habitués aux joutes de la Ligue 1. En cela, René Girard (59 ans) fait bien évidemment figure de favori, même s'il préfère calmer le jeu. Ce mercredi, il a ainsi déclaré à la Voix Du Nord : « Je sais car je regarde ce qui se passe. Je ne veux pas en dire plus pour l'instant. Je suis sur le marché, et c'est très calme, même si apparemment on parle beaucoup. Je suis très attentif, je pense que dans les prochains jours, ça bougera. Il faut laisser faire les choses.  » Une arrivée qui, de toute façon, ne semble pas faire l'unanimité chez les supporters : «  Pour nous, ce sera lui. On sait d'ailleurs de source sûre que René Girard était venu rencontrer les dirigeants en avril au Domaine de Luchin. Mais, autant le dire, il ne sera pas le bienvenu au LOSC. Des mobilisations contre sa venue sont en train de se mettre en place (un groupe Facebook, Contre la venue de René Girard au LOSC a été ouvert, ndlr). Lorsqu'il était à Montpellier, il a eu des mots assez durs envers le club, et puis on n'aime pas le personnage, ce qu'il dégage, il n'est pas à l'image du LOSC. » Ça a le mérite d'être clair !

Endettement, départs et manque de perspectives


Le poste d'entraîneur n'est pas le seul motif d'inquiétude pour le club et les supporters. «  Lille a des problèmes financiers, comme l'ensemble du football français, voire européen, confiait ainsi Frédéric Paquet, directeur général adjoint du club, début juin au micro de RMC. On doit donc être vigilant, ne pas faire n'importe quoi. Il n'y aura pas de Coupe d'Europe la saison prochaine et il est difficile de trouver de l'argent dans le contexte économique mondial. De plus, la taxation à 75% qui devrait s'appliquer en 2013 complique la vie de tous les clubs. » Pour Teddy, le problème est ailleurs : « Le départ de Garcia risque de provoquer d'autres départs : De Melo, Rozehnal, Payet, tous vont partir. Même Mavuba, je suis certain qu'il ne sera plus à Lille l'année prochaine. » Et Digne ? « Non, lui, je pense qu'il va rester. C'est dans son intérêt. Il ne partira que si une grosse offre arrive sur la table des dirigeants. »

Voilà, pour les départs. Et pour les arrivées ? Pas grand-chose. C'est bien ça le problème : aucune piste, aucune rumeur, et même si le mercato vient à peine de commencer, les supporters commencent à déchanter. « On attend des investisseurs, s'impatiente Teddy. Si Mavuba part, il ne restera que Balmont et Béria de l'année du titre, c'est très peu. Les jeunes joueurs, c'est bien, et on en a plein, mais pour jouer les premières places, c'est très compliqué. » Espérons pour le LOSC que l'annonce du nouvel entraîneur, qui devrait intervenir d'ici la fin de semaine, amène avec elle quelques gros transferts, de ceux promis il y a trois ans par le président Seydoux pour accompagner l'arrivée du Grand Stade. Ce qui permettrait de donner raison à la phrase de Rudi Garcia, qu'il prononçait en 2009 suite à son (premier) licenciement : « Si ça permet de grandir, ce sera un épisode positif. Il y a des cicatrices qui font avancer. »

par Maxime Delcourt
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