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Comment Saïd Benrahma a mis l’Angleterre à ses pieds

Auteur d’un nouveau doublé décisif sur la pelouse de Derby County ce week-end, Saïd Benrahma est l’un des meilleurs joueurs de Championship cette saison et la pierre angulaire d’un Brentford qui rêve d’atteindre la Premier League pour la première fois de son histoire. Au bout d’une seconde saison anglaise XXL, l’Algérien a surtout une pile de courtisans (dont Chelsea) à ses pieds.

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Chaque fois, le même enchaînement : stupéfaction, incompréhension, adoration. Puisqu’il s’est désormais habitué, Saïd Benrahma préfère tirer la langue en réponse. Samedi, sur la pelouse de Derby, où Brentford est allé chiper une vingt-troisième victoire cette saison qui lui permet de recoller à trois points de West Bromwich Albion, accroché un peu plus tard à Blackburn, l’Algérien a de nouveau joué avec les projecteurs. Les Bees peinaient à faire la différence à la pause ? Pas de problème, Benrahma a alors accéléré, profité d’une faute de main de Ben Hamer pour filer l’avantage aux siens et a ensuite sorti, quinze minutes plus tard, son enchaînement favori. À savoir : prise de balle le long de la ligne de touche côté gauche, conduite du bout du pied droit, crochet court pour s’ouvrir une fenêtre de tir et frappe tendue petit filet opposé. Facile ? On dirait. Dans sa zone technique, son coach, Thomas Frank, a préféré en rire tout en serrant la tête de son numéro 10 entre ses doigts. Quelques jours plus tôt, le technicien danois avait déjà ouvert son cœur : « Je dois avouer qu’il faisait déjà une bonne saison, mais après la pause due au coronavirus, il est clairement passé à la vitesse supérieure... Saïd a étoffé son jeu, il est devenu de plus en plus précis dans ses passes et dans le dernier geste. Il travaille très dur, il est bon, il a juste besoin de continuer comme ça... » Depuis la reprise, Benrahma a déjà planté sept fois en six matchs, ce qui fait grimper son total de la saison en cours à dix-sept buts, auxquels il faut ajouter neuf passes décisives. Simple : ce type vole, si bien que Chelsea serait prêt à craquer un gros chèque pour le faire venir cet été. Oui, rien que ça.

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Double petit pont et arc-en-ciel


Au premier abord, Saïd Benrahma a l’image d’un joueur YouTube, d’un type qui voit le foot comme un exercice d’humiliation de son adversaire direct. En février, lors d’un match face à Middlesbrough, l’international algérien a même poussé le vice en glissant un double petit pont au pauvre Lewis Wing. En janvier, sur la pelouse de Bristol, on l’a vu passer un arc-en-ciel au-dessus de la tête d’Ádám Nagy. Ces images se répètent, semaine après semaine, et ont un jour fait dire à Sam Saunders, entraîneur adjoint au sein de la réserve de Brentford, que Benrahma serait capable de « faire un petit pont à une sirène » . Mais c’est aussi, et peut-être surtout, un peu plus que ça : arrivé en Angleterre en juillet 2018, l’ailier est devenu en Championship un footballeur complet, mature, prêt à grimper vers la Premier League et s’est imposé comme l’un des artistes les plus fins du championnat aux côtés des jeunes Ovie Ejaria (Reading) et Eberechi Eze (QPR).



Il y a trois ans, pourtant, le natif d’Aïn Témouchent a pris une porte, à Nice, son club formateur, où Claude Puel l’avait placé sur un tremplin. Sur l’horoscope, tout allait bien, et au lendemain de sa première apparition chez les pros, sur la pelouse de Toulouse en novembre 2013, Nice-Matin avait titré : « Benrahma a mis de la vie » . Interrogé en novembre dernier par le quotidien niçois, il racontait justement cette première soirée chez les grands : « Lors de ce match, je n’avais que des crampons moulés. La pelouse était très glissante, impossible de jouer avec. Du coup, c’est Alexy Bosetti qui m’a prêté une paire de chaussures. En fait, j’aurais dû garder ses crampons pour réussir à Nice... » Car derrière ce premier saut, Benrahma n’aura croqué qu’une quinzaine d'apparitions chez les pros et aura connu deux prêts mitigés, à Angers et au Gazélec Ajaccio. La faute notamment à un mariage raté avec Lucien Favre, arrivé chez les Aiglons à l’été 2016, et aux yeux de qui le jeune Algérien n’avait pas le profil. « Mais il avait encore l’espoir de pouvoir le convaincre au départ, rembobine Laurent Bonadei, qui aura récupéré le joueur pendant une demi-saison avec la réserve niçoise fin 2016. Saïd, c’est quelqu’un qui aime le football et quand il est redescendu en réserve, je sentais de la tristesse parce qu’il savait qu’il avait les capacités pour jouer chez les grands. Il avait surtout le sentiment de ne pas avoir été observé à sa juste valeur. Mon rôle a juste été de lui faire garder le rythme, d’être franc avec lui, de lui donner aussi de l’affection... En mai, je l’avais vu marquer un but extraordinaire avec Angers contre Toulouse et dès les premières séances, j’ai su que ce n’était pas un coup de chance. Car Saïd a tout. » Pendant quatre mois, Bonadei va alors prendre Benrahma sous son aile, lui apprendre à répéter les efforts à haute intensité, à mieux utiliser ses qualités de dribbleur et va pour ça prendre pour modèle l'un de ses anciens joueurs au PSG : Kingsley Coman. En janvier, c’est alors un Saïd Benrahma en confiance qui part passer six mois à Ajaccio, avec certaines promesses faites par les dirigeants niçois sous le bras. Mais à son retour, Favre ne lui ouvre toujours pas la fenêtre de l’équipe première.

Blessures internes et BMW


Pour rebondir, il va alors saisir une perche, tendue par Jérôme Leroy, directeur sportif de La Berrichonne de Châteauroux, qui va le convaincre de venir se retaper une saison dans le Berry. Un soir, Saïd Benrahma monte ainsi dans sa voiture et part de Toulouse, où vit sa famille. « Je ne comprenais pas ce qu’il se passait... » , soufflera-t-il plus tard à Nice-Matin. Juste la préparation d’une explosion. À son arrivée, Leroy le reçoit dans son bureau et se montre clair : « Je lui ai dit qu’il me faisait plaisir, qu’il fallait faire des sacrifices dans une carrière. Se faire chier à Châteauroux ? Peut-être, mais se faire chier pour quoi ? Cinq, six ans ? Ou un ou deux ans et tu t’en vas ? Ici, les mecs revivent, car en Ligue 1, c’est le monde obscur, c’est chacun sa merde. J’avais prévenu Saïd en lui disant de gagner le respect de cet effectif en ne regardant pas les joueurs de haut. Et c’est ce qu’il a fait. » Présent sur le terrain, Olivier Saragaglia, coach adjoint de la Berrichonne, voit alors débarquer « un feu follet, un mec qui aime bien provoquer, dribbler, se projeter... » « Mais on a surtout vu un joueur hyper déterminé, qu’il a fallu un peu canaliser, enchaîne celui qui était alors assis aux côtés de Jean-Luc Vasseur sur le banc castelroussin. Au départ, à l’entraînement, il pouvait agacer ses coéquipiers, parce qu’il avait tendance à en rajouter. Il dribblait beaucoup, il a fallu lui apprendre à être un peu plus collectif. Il a aussi fallu l’aider psychologiquement parce que c’est quelqu’un de très sensible. »



Alors, le staff castelroussin va s’occuper de Benrahma comme on s’occupe d’un cadeau spécial, afin de « faire sortir la haine qu’il pouvait avoir en lui » . L’Algérien estime à l’époque avoir été trompé par l’OGC Nice et a des becs à fermer. « On a dû faire un gros travail pour libérer ses blessures internes, complète Saragaglia. Mais quand on lui donne de l’affection, c’est un garçon qui vous le rend bien et rapidement, il s’est imposé comme le leader offensif de l’équipe. Ses coéquipiers l’ont accepté, et c’est devenu le Saïd que l’on connaît aujourd’hui. Et des joueurs comme lui, qui ne refusent pas les duels, qui dribblent, qui orientent vers l’avant, qui font jouer les autres, il y en a très peu. » À Châteauroux, Benrahma, « un Ribéry dans le profil » selon Saragaglia, va briller de mille feux, participer à la meilleure saison de la décennie du club (9e) et faire des stats : dix buts, cinq passes décisives.

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Depuis, le joueur le répète dès qu’il le peut : Châteauroux a lancé pour de bon sa carrière, et ce fan d’Hatem Ben Arfa, repéré par le scout de Brentford en France, Brendan MacFarlane, a profité de sa bonne saison en Ligue 2 pour filer les Bees rejoindre son pote Neal Maupay, qui sortait alors d’un premier bel exercice anglais et qui explosera complètement lors du suivant avant de rejoindre Brighton. S’il était venu dans le Berry pour « penser, dormir et manger football » , Benrahma a débarqué en Angleterre pour changer de dimension et devenir un boulon central de deux "BMW" : la Benrahma-Maupay-Watkins la saison dernière, la Benrahma-Mbeumo-Watkins cette saison. « Au début, j’ai halluciné, décortiquait le joueur, toujours dans Nice-Matin. Brentford m’avait acheté, je pensais que j’allais jouer direct. Mais à l’entraînement, je me faisais découper. Le rythme n’est vraiment pas le même. Il m’a fallu deux mois pour m’adapter, pour ne plus être en asphyxie tout le match. » Derrière, pleine respiration : Saïd Benrahma, qui vit avec sa mère en Angleterre, a commencé à sortir ses merveilles et a brillé assez fort pour être convoqué pour disputer la CAN 2019 avant de déclarer forfait sur blessure, mais surtout tomber dans le radar de Chelsea. « Pour un dribbleur, il a surtout un truc en plus : c’est un compétiteur fou, qui est le premier à s’arracher dans les transitions pour récupérer le ballon, complète Saragaglia. Parfois, il taclait comme un malade et il fallait le canaliser. Ça fait quand même de lui un joueur précieux dans un collectif. » Cette saison, sur le terrain, il n’a alors fait que perfectionner son jeu, a affûté sa réputation de joueur « rusé » et est le joueur qui tire le plus de son championnat. Hors gazon, il a perfectionné son anglais et a également dû surmonter le décès de son père en janvier, auquel il a rendu hommage à plusieurs reprises lors de la deuxième partie de saison. À 24 ans, Benrahma a progressivement cousu ses plaies et soigné les éraflures de ses débuts. Le voilà prêt pour le grand saut.



Par Maxime Brigand Propos d'Olivier Saragaglia, Jérôme Leroy et Laurent Bonadei recueillis par MB.
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