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Rizzitelli : « Je me demandais si j'étais vraiment à Munich »

Il y a vingt ans, Ruggiero Rizzitelli était le premier footballeur italien à faire ses valises pour l’Allemagne. Loin des clichés qui veulent que les deux pays se détestent amicalement, il s’intègre rapidement et ouvre la voie à d’autres compatriotes.

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Ruggiero Rizzitelli au Bayern Munich. Comment est né ce transfert ?
Trapattoni me voulait, mais je n’avais pas l’intention de quitter l’Italie, j’étais sous contrat avec le Torino et j’avais des offres en Serie A, seulement voilà, quand un entraîneur et une équipe aussi réputés font appel à vous, c’est difficile de refuser, même si j’avais des doutes.

Et quels étaient ces doutes ?
C’était un championnat qui n’était pas encore au niveau d’aujourd’hui, il passait après celui italien, espagnol, anglais et même français. On parlait aussi d’un jeu très physique, mais le Trap qui avait déjà effectué un premier passage au Bayern deux ans plus tôt m’avait expliqué que ce n’était pas vrai et qu’il fallait l’essayer pour se faire une vraie idée.

Vous saviez que vous étiez le premier Italien à franchir le Rubicon ?
« Luca de Toni m’avait contacté avant de partir au Bayern, je lui avais dit de foncer. »
Oui, l’Italien s’exportait en Angleterre et en Espagne, je ne pouvais pas demander à un compatriote comment c’était là-bas, au contraire de Luca de Toni qui m’avait contacté avant de partir au Bayern pour avoir des informations, je lui avais d'ailleurs répondu de foncer ! Moi j’ai dû me fier du Trap et j’ai bien fait.


Vous vous sentiez l’âme d’un pionnier ?
Ravanelli et Vialli allaient en Angleterre, Panucci en Espagne et j’étais le seul à partir en Allemagne, je me sentais un peu étranger oui. En outre, les Allemands n’aimaient pas beaucoup les étrangers, on m’avait prévenu là-dessus.

Effectivement, comment était perçu le premier Italien de Bundesliga ?
Il n’y avait pas une méfiance envers les Italiens, mais bien envers les étrangers en général. Les Allemands sont très nationalistes, à l’époque, on regardait de travers un nouvel étranger, parce que selon eux, ils venaient seulement pour l’argent, mais j’ai su me faire apprécier assez rapidement.


Et l’intégration ?
« Il faut savoir se rendre sympathique, je me forçais avec mon allemand "macaronique" et ça les faisait marrer. »
J’ai eu la chance qu’il y avait Klinsmann, Rummenigge, Matthaüs qui parlaient italien du fait de leur passé en Serie A. De nombreuses fois, quand je ne réussissais pas à communiquer, je passais par eux. À la différence de Papin qui lui n’avait pas réussi à s’intégrer à cause de ce facteur, il me l’avait expliqué d’ailleurs, cela l’avait empêché d’entrer en confidence avec ses coéquipiers. Je m’étais dit : « S’ils m’acceptent, très bien, sinon je fais ma vie » , mais au final, j’ai été agréablement surpris. Il faut savoir se rendre sympathique, je me forçais avec mon allemand "macaronique" et ça les faisait marrer.

Vous aviez des préjugés sur les Allemands ?
Absolument pas, juste sur la Bundesliga qui ne me plaisait pas.

Ce Bayern n’était pas non plus celui d’aujourd’hui.
Ma foi, c’est vrai que maintenant la différence est notable, le Bayern remporte le championnat à 10 journées de la fin, mais dans les années 1990, s’il ne finissait pas premier, il était au pire second avec quelques points de retard. Le Bayern a toujours été le Bayern.


Vous notez une grosse différence de niveau entre les deux championnats ?
Les faits parlent d’eux-mêmes, tout le monde voulait jouer en Serie A, même les Allemands qui fuyaient la BuLi. Puis ça s’est inversé petit à petit. Au niveau des infrastructures, ce que j’ai vu là-bas il y a 20 ans, je commence à le voir seulement aujourd’hui en Italie, c’est dire.

Quel rôle aviez-vous dans l’équipe ?
J’évoluais en soutien d’un avant-centre, notamment Klinsmann puis ensuite Élber qui est arrivé de Stuttgart. Je n’ai jamais été un grand buteur, j’étais un attaquant moderne capable d’exécuter toutes les tâches, je donnais beaucoup et c’est pour ça que je me suis fait apprécier par mes coéquipiers et les supporters.

Les Allemands et Italiens ne s’aiment vraiment pas ou c'est juste un cliché ?
« Quand je suis venu en Allemagne, tous baragouinaient un minimum d’italien, ils sont nombreux à avoir une maison sur le lac de Côme, ils mangent italien... »
J’ai vu tout le contraire ! Déjà, à la Roma, j’avais connu Völler, Hässler et Berthold qui ne m’ont jamais parlé d’une quelconque haine italienne. Quand je suis venu en Allemagne, tous baragouinaient un minimum d’italien, ils sont nombreux à avoir une maison sur le lac de Côme, ils mangent italien, quand je faisais mes courses dans les supermarchés, il y avait toujours un stand Italie. Cet antagonisme était peut-être vrai une ou deux décennies plus tôt, mais je peux vous dire qu’ils aiment notre nourriture, notre mode, notre culture tout simplement. Aussi parce que l’immigré italien n’impose pas ses us et coutumes et respecte celles dans le pays où il émigre.


Vous aviez fréquenté la nombreuse communauté italienne de Munich ?
Énormément, je me demandais avec ma femme si on était bien à Munich, vous tourniez la tête et vous voyiez une pizzeria, un restaurant italien, etc. C’était même compliqué d’en trouver un allemand (rires).


Au final, ils ne s’intègrent pas non plus énormément, suffit de voir combien de joueurs italiens nés en Allemagne choisissent la Nazionale comme Sansone ou Soriano.
Disons que je trouve tout à fait normal qu'un joueur né en Allemagne choisisse l’Italie, car il a forcément moins de possibilités de jouer avec la Mannschaft. Je pense que c’est la seule explication plausible, un immigré qui émerge va porter son choix sur le maillot azzurro, la concurrence y est plus faible depuis plusieurs années. il fait son propre constat et se dit « à quel moment l’Allemagne m’appellerait » ?

Et cette tradition aussi positive en faveur de l’Italie en compétitions officielles ?
« Les Allemands savent qu’en compétition, on se transforme et on les met en difficulté. Je peux vous dire qu’ils ont peur de nous en ce moment »
Quand vous entrez dans ce tourbillon, il est difficile de s’en sortir. Ils savent que même s’ils sortent un gros match, l’Italie réussira de quelconque façon à exploiter leur côté négatif. Ils ont cette peur et ne sont plus libres de jouer... librement. Le dernier amical qui ne comptait pour rien, les Allemands se sont baladés, ils nous en ont mis quatre, la différence était incroyable. Mais ils savent qu’en compétition, on se transforme et on les met en difficulté. Je peux vous dire qu’ils ont peur de nous en ce moment.


Ça peut influer pour le match de samedi ?
Selon moi oui, suffit de lire leurs déclarations, ils ne sont pas tranquilles, cette peur les freine et elle se transmet de génération en génération. Ils connaissent l’histoire, ils sont en mise au vert, lisent les journaux et ça les travaille. Ils sont rattrapés par une certaine anxiété et c’est là que l’Allemagne n’est plus elle-même.

Et les Unes des journaux allemands à base de pizza et compagnie ?
C’est du chambrage, nous aussi on ne les épargne pas avec les saucisses, les choux. Moi j’aime ça, j’ai vécu six ans à Rome et je devenais fou avec les vannes des Romains. Il faut juste que ça reste dans ce cadre et que ça ne bascule pas dans l’offense.

Propos recueillis par Valentin Pauluzzi
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