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Ribéry, à la vie, à l’amour

Dans un entretien accordé au magazine Kicker, Franck Ribéry s’est confié en longueur sur la onzième saison qu’il entame au Bayern, la dixième à disputer la Ligue des champions. L’occasion de prendre quelques nouvelles d’un homme devenu invisible dans les médias de son pays.

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Malgré des troubles digestifs, Ribéry sera bien du voyage à Lisbonne pour y affronter Benfica. Contrairement à Kingsley Coman, Corentin Tolisso et Rafinha, tous blessés. À 35 ans, le Boulonnais fait plus que jamais partie des plans de son entraîneur Niko Kovač, comme il le fut sous Jupp Heynckes la saison dernière et sous tous ses prédécesseurs depuis son arrivée sur les bords de l’Isar à l’été 2007, faisant de lui le joueur étranger resté le plus longtemps au Bayern. Une longévité qui ne doit rien au hasard, même si, en regardant dans le rétroviseur, on a du mal à imaginer que son histoire d’amour avec le Rekordmeister vient de dépasser une décennie complète.

Une dalle insatiable


Chez Franck Ribéry, tout est une question de mental. Arrêter ? Il n’y a jamais pensé. « Il y a des jours où l’on se dit : "Oh, qu’est-ce que c’est fatigant le programme, l’entraînement, le déplacement, la pression..." Et puis je me dis que le jour où j’arrêterai, tout ça me manquera et que je regretterai ces moments. Alors je me dis : "Reste calme et profite au maximum de ton temps ici et de ce qui va encore arriver" » , explique-t-il à Kicker. Bien entendu, Ribéry garde la tête sur les épaules et sait qu’il vieillit, comme tout le monde. Son palmarès parlant pour lui, on imagine que la question d’un départ s’est déjà posée, surtout quand la Chine est venue poser des mallettes de cash sur la table pour s’attirer ses services. Ou quand les dirigeants de son club ne lui ont proposé une prolongation de contrat qu’en toute fin de saison.


« Mon but a toujours été de continuer avec le Bayern. [...] J’aime la Bundesliga et la Ligue des champions. Et je rêve de la remporter une deuxième fois. J’ai de grands objectifs et je crois toujours pouvoir apporter quelque chose à cette équipe. Si j’avais eu le sentiment d’être vidé, je serais parti. Je ne voulais pas d’un contrat juste pour dire que j’étais là. » Une manière subtile de souligner qu’en dehors de ses blessures, il a toujours joui du statut de titulaire au fil des saisons. Un statut qu’il serait prêt à assumer « jusqu’à 38 ans » . Soit encore trois piges. Si la prophétie venait à se réaliser, il deviendrait (très vraisemblablement) le joueur du Bayern à avoir disputé le plus de campagnes de Ligue des champions : treize. Soit une de plus que les recordmen actuels, Philipp Lahm et Bastian Schweinsteiger, qu’il est déjà bien parti pour rejoindre au Panthéon des monstres sacrés de la Säbener Strasse.


Grandir trop vite


Mais quel est donc le secret de cette longévité à toute épreuve ? Le travail bien sûr, mais aussi le talent de ses entraîneurs successifs pour communiquer avec lui et lui faire comprendre que la concurrence est toujours présente. Ce qui implique parfois de devoir aller s’asseoir sur le banc. Et donc de s’économiser physiquement. Et donc de revenir encore plus fort à la titularisation suivante. Sur son flanc gauche, Ribéry est toujours capable de déposer les défenseurs adverses avec la grâce du jeune premier qui se révèle à la face du monde et qu’il a jadis été. Désormais, il peut légitimement prétendre à dispenser des conseils à ceux qui assureront la relève, à commencer par Kingsley Coman lui-même, son successeur désigné : « Je leur dis : "Profitez du temps qui passe." Car je me rappelle l’époque où les joueurs plus âgés me disaient qu’il passait vite. J’en ai ri. Le monde me tendait les bras et tout à coup, j’ai eu 35 ans. Et me suis dit qu’ils avaient raison. Mon Dieu, comme le temps a filé ! »


S’il affirme n’avoir aucun regret, Ribéry se sent investi d’une mission : celle de faire garder les pieds sur terre à la jeune génération, sur-protégée, sur-encadrée et qui passe beaucoup plus vite dans le monde des grands. « Le caractère, ça se développe. Je suis comme je suis et cela a grandement à voir avec mon passé. Quand tu viens du quartier comme moi, que tu ne connais quasiment rien d’autre parce que ton quartier c’est comme ta maison, que tu ne vas quasiment jamais en centre-ville, ne voyage presque jamais et ne pars pas en vacances, ça te forme. [...] Je devais me faire respecter, mais aussi apprendre à respecter les autres. Peut-être que cette école manque à l’un ou l’autre jeune joueur. J’ai mes erreurs, mais je n’oublie pas non plus d’où je viens, parce que c’est important. »


Français au grand cœur


Ribéry dans le texte, c’est aussi cela. Une réflexion touchante, qui balaye d’un revers de la main les moqueries liées à ses fautes de français et ses hésitations grammaticales, trop longtemps montées en épingle par nombre de médias hexagonaux et qui n’ont eu pour seule conséquence que son silence radio vis-à-vis de ces derniers (exception faite du récent documentaire d’Olivier Dacourt, Ma part d'ombre). Preuve que le gamin de Boulogne-sur-Mer n’a pas oublié ses racines, sa réaction lors de la deuxième étoile de l’équipe de France en est la preuve : « Je m’en suis honnêtement réjoui, je suis français. Et je n’ai pas de problème avec les fans de l’équipe de France. J’ai toujours été très fier de porter le maillot bleu à 81 reprises. Il y a eu de bons moments et, naturellement, de moins bons. Quand la France a gagné, cela m’a pris au cœur. Le plus beau, c’était de voir les gens de tout le pays descendre dans la rue pour faire la fête et oublier tout le reste pendant un moment. Et tout ça grâce au football, c’est formidable en tant que footballeur de pouvoir rendre les gens heureux de cette façon. »

En fait, Franck Ribéry, c’est un mec bien, discret, fidèle et qui n’oublie rien. Ni les ennemis ni les amis, comme il le prouve avec cette dernière anecdote : « Cet été, je rentrais de Sardaigne à Munich, lorsque la femme de mon ancien coéquipier Cédric Vanoukia m’a appelé en panique pour me dire qu’il était à l’hôpital à la suite d'une hémorragie cérébrale. Le soir, on est parti en voiture avec mon frère. 1500 kilomètres jusqu’en Bretagne. C’est ça que je suis. Ces moments avec Cédric et sa famille, on ne peut pas l’acheter. Aucune vacance de luxe ne fait le poids face à ça. »

Par Julien Duez Propos de Franck Ribéry recueillis par Kicker
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