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Rémy Cabella : « Dans les joueurs que j'admirais, il y avait Mickaël Pagis »

Enfant de la Corse, Rémy Cabella a quitté son île à 14 ans pour tenter une carrière professionnel avec Montpellier. Aujourd'hui à l'Olympique de Marseille, il revient sur son enfance de supporter du Gazélec Ajaccio et son adolescence sous la coupe des Bonnes Sœurs de l'Institut de l'Enfant Jésus à Montpellier. Interview pleine de bonne foi et de fromage corse...

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Tu es né à Ajaccio, et gamin, ton univers tournait autour du Gazélec...
J'ai commencé à 3 ans et demi à l'ACA parce que mon père travaillait là-bas. Je suis parti en débutant au Gazélec et ensuite j'ai fait deux ans dans un village, Afa, et après je suis retourné au Gazélec. C'est mon club de cœur, celui que je supportais étant gamin. J'allais au stade avec mon petit sandwich, en compagnie de mon père et mes frères. On était dans la tribune des supporters, j'avais mon maquillage rouge et bleu et cela me plaisait. Une bonne période, quand j'y repense...

Tu faisais tous les matchs et les entraînements aussi ?
Vu que j'habitais à côté... Mais ce n'étaient pas les entraînements des pros que je regardais, plutôt les moins de 16 ou moins de 15. Il me suffisait de traverser la route. Dès que je rentrais de l'école, je prenais mon goûter et si je n'avais pas de devoirs, j'allais sur le terrain. Il y avait des entraînements où je prenais le ballon et tapais contre le mur. Franchement, il n'y a pas mieux que d'habiter près d'un terrain.


À l'époque tu connaissais tous les joueurs du Gazélec...
Oui, ils étaient en National, et on rêvait tous de les voir évoluer en Ligue 2. Mais cela n'a pas pu se faire à cause d'une réglementation qui disait que deux clubs d'une ville de notre taille ne pouvaient évoluer en même temps en Ligue 2. Dans les joueurs que j'admirais, il y avait notamment Mickaël Pagis, qui était sublime à voir jouer.

En métropole, tu devais aussi avoir des joueurs ou équipes préférés ?
Je n'avais pas trop de clubs, c'est plus les joueurs que j'avais tendance à admirer. Après, certains clubs te marquent, comme l'OM. Jeune, je suis allé dans les tribunes l'année où il y avait Didier Drogba. Ce n'était que Metz en face, et j'ai été impressionné par l'ambiance dans les tribunes. Je me suis dit, « un jour j'aimerais jouer là  » . Cela m'avait marqué. Et finalement, j'y ai joué comme adversaire et maintenant comme joueur du club, c'est une tuerie.


Tes joueurs références, c'étaient qui ?
Le tout premier, c'est Zizou. Quand j'étais tout jeune, c'était le modèle. Je faisais tout pour lui ressembler. Il mettait un bracelet rouge, alors je mettais aussi un bracelet rouge. Il jouait en préda, alors je jouais en préda (le modèle de chaussures Prédator ndlr). Il y avait aussi Alessandro Del Piero, pour mes origines italiennes via mon père. Et avec le temps, j'ai apprécié Samir Nasri, Hatem Ben Arfa, des joueurs dans mon registre. Souvent, je ne regarde pas une équipe, mais des joueurs. J'admire aussi Cristiano Ronaldo depuis son transfert à Manchester United. La première fois que je l'ai vu avec MU, je me suis dit « lui il a quelque chose » . Je ne me suis pas trompé, il fait partie des meilleurs joueurs de l'histoire avec Lionel Messi, il est monstrueux.

Mezzavia, c'était donc ton sanctuaire, c'était quoi le nom de ta tribune ?
(Rires) Il n'y a pas de nom. On l'appelait le « côté route » . Il y avait le feu, c'est là qu'il y avait le feu. Mais ils ont enlevé la tribune pour que les bus puissent se garer. Donc après, j'étais souvent derrière les cages. Le « côté route » , ce n'était pas vraiment une tribune, trois sortes d'escaliers en pierre où tu ne pouvais pas t'asseoir. Je ne t'explique pas le juge de touche tout ce qu'il prenait avec tous les fous derrière lui. Mais c'est comme ça que je vivais le foot de l'extérieur. Maintenant, je suis de l'autre côté, je joue, mais à l'époque, c'était quand même énorme pour moi.

La première fois que tu as foulé cette pelouse comme joueur pro, c'était avec l'OM...
La première fois que j'y ai joué c'était en CFA, avec Montpellier. Cela m'a touché parce qu'ils m'ont offert un maillot. Je revenais vraiment sur mon terrain, dans mon club. Avec l'OM, c'était un peu bizarre parce qu'il avait plu, le terrain était mauvais. Toutes les conditions n'étaient pas réunies, mais j'ai été bien accueilli. Il n'y a qu'au Gazélec que j'ai bien été accueilli comme pro. À l'ACA ou Bastia, j'ai toujours eu des problèmes.


Rivalité régionale ?
Oui, mais je reste un enfant d'Ajaccio et un enfant de Corse, il y en a qui ne le comprennent pas.

N'y a-t-il pas une vraie solidarité corse ?
Si, c'est pour cela qu'on a fait une équipe de Corse, je n'ai joué que deux fois car j'étais souvent en équipe de France espoirs ou A. À chaque fois que je pouvais, j'y suis allé, car c'est important pour la Corse et le football corse. Il y a une culture du football corse qui doit être préservée. Il faut faire rêver les jeunes, et peut-être que les jeunes en Corse ont moins de rêves par rapport au foot. À nous de leur dire qu'ils peuvent être à notre place, en Ligue 1, dans de gros clubs, que ce ne sont pas que les gens du continent qui peuvent jouer dans les gros clubs.


J'ai entendu dire que le principal problème de la Corse, c'était le climat et les jolies filles, qui ne motivaient pas les joueurs à s'entraîner...
(Rires) C'est possible, mais surtout pour les joueurs qui viennent de l'extérieur en fin de carrière. Ils se disent « on vient pour le soleil » . C'est pour cela que je préfère que l'on donne leur chance aux jeunes Corses, que de donner leur chance à certains de l'extérieur qui viennent juste se faire plaisir. Moi je suis pour que l'on fasse jouer aussi des Corses en Corse. D'où la sélection de Corse, pour que l'on s'entraide, que l'on soit unis.

Quitter la Corse à 14 ans pour aller à Montpellier, cela n'a pas dû être simple sur le plan humain...
Cela a été la première fois de ma vie où je pleurais autant. Tous les soirs. C'est dur car ma chambre était petite comme ça (il délimite une zone de 10m2 environ ndlr). À 14 ans, je n'étais pas habitué à être loin de ma famille, et là je devais accepter le fait qu'ils soient loin. Il fallait prendre l'avion pour se voir, pas prendre la voiture 30 minutes. Après, c'était soit je pleurais, mais je restais et faisais des sacrifices, soit je rentrais chez moi près de ma famille, mais sans devenir pro. J'ai fait le choix du sacrifice, de dire que ce que je voulais, c'était être footballeur, de rêver. Je suis heureux du choix.

Pour t'aider à tenir, ta mère t'envoyait charcuterie et fromage corses...
(Rires) Ce qui m'a aidé, c'est vrai que c'est mon entourage. Sans eux, cela aurait être plus dur. Quand j'avais un problème, je pensais à eux. Avec le temps, l'éloignement m'a rapproché de ma famille. À 14 ans, tu n'as pas conscience de tout, mais là, vers 16-17 ans, je savais que la famille, il n'y a rien de plus important. Si j'en suis là aujourd'hui, c'est grâce à moi, mais aussi grâce à eux. Concernant la nourriture, cela dépendait des saisons : parfois, ils arrivaient avec un gros jambon, de la tome corse... Cela me rappelait ce que je mangeais plus jeune.


La nourriture peut te rapprocher d'un lieu qui te manque...
C'est vrai, je demandais même de la Saint-Georges, de l'eau corse. À chaque fois, je leur demandais de me ramener mes bouteilles de Saint-Georges, déjà parce que j'aime bien, et aussi parce que cela me donnait l'impression d'être chez moi. La nourriture me faisait penser à mes racines. Même encore aujourd'hui, quand ils viennent, je leur demande de me ramener un peu de produits corses. Pas trop hein, parce que sinon cela se voit dans la masse grasse. Mais c'est vrai que de temps en temps je me fais plaisir, c'est pour cela que je suis bien.

À Montpellier, tu as été « éduqué » par des sœurs...
Avant le centre de formation, j'ai fait un an de pré-formation, j'étais logé chez les Bonnes Sœurs (à l'Institut de l'enfant Jésus, à Montpellier ndlr). Cela m'a fait bizarre au début. On appelait l'endroit « Chez les sœurs » , elles nous ont marqués. Ce n'est pas courant de voir des sœurs, dans le film Sister Act, ok... Il y en avait une, Sœur Philomène, c'était un peu la chef. Je me souviens aussi des autres comme Sœur Immaculée, vraiment immaculée (rires). Elles allaient à la messe juste à côté tous les dimanches, nous aussi de temps en temps. La première fois que l'on a eu la réunion avec tous les joueurs et les parents, je ne connaissais personne, mais certains venaient de Marseille et se connaissaient. Moi, je débarquais avec mon accent et ma mentalité corses, j'étais un peu bizarre pour certains. C'était dur.


Et les bonnes sœurs t'ont directement mis dans l'ambiance ?
Ah ouais, direct. Avec le temps, on en rigole, c'était la meilleure année. Il fallait faire son lit, nettoyer, être poli, bien se tenir à table, rendre son téléphone portable à 21h... Quand on te dit «  il faut dormir » , il fallait dormir. Le portable consigné, c'était obligé. Dire bonjour tout le temps, à tout le monde. Sœur Philomène, on lui serrait la main. À chaque fois qu'un joueur arrivait en retard, on pensait que ce n'était pas grave, mais en fait, elle disait tout au coach. On se disait : « Mais ce n'est pas possible, elle ne laisse rien passer. » Parfois, on essayait de l'embobiner, rien à faire... Des fois, elle était gentille, mais on savait que le lendemain... Tu pouvais avoir été super gentil tel jour, le lendemain au moindre petit truc... Les compteurs étaient remis à zéro chaque jour avec elle.

Ta pire punition ?
Moi, faire une connerie ? Non, je n'ai pas fait de conneries... (Il réfléchit.) Ma plus grosse entorse au règlement, je n'étais pas seul, on était plusieurs. On n'avait pas le droit au ballon, mais parfois on passait à travers, on prenait un ballon et on jouait dans le jardin. Un jour, elle nous a vus et elle est venue en courant – elle courait trop vite (rires) – en commençant à crier : « Donnez-moi le ballon. » Nous, on a fait quoi ? Pour rigoler, on a fait un toro (rires). Elle courait, mais elle ne pouvait pas attraper le ballon. Après, le ballon est arrivé sur un joueur qui était tellement gentil qu'il lui a rendu le ballon. Sur le coup, on lui en a voulu. Le soir même, juste avant l'entraînement, le coach nous a tués. C'était Philippe Périlleux. Elle lui avait tout dit de suite. Quand on est arrivés, il a dit : « Il y a certains joueurs qui ont fait un toro avec la sœur... » On a eu peur que cela soit amplifié. Il nous a engueulés parce qu'on est jeunes, mais je pense qu'au fond de lui, il savait que c'était normal que l'on ait envie de jouer au ballon. Il est obligé de nous engueuler pour l'éducation, mais au fond ce n'est rien. On est là pour s'amuser, on est à l'endroit où l'on vit, il n'y a que nous.


Aucune fille...
Alors là, pas moyen. Cette femme, Sœur Philomène, à l'époque elle était à l'affût. C'est Guy Roux au féminin. L'agent 007. Vous la voyez, vous vous dites : « Ce n'est pas possible, elle ne peut pas être d'un tel endroit à tel autre en seulement une seconde... » Le soir parfois, on se faisait des jeux entre nous, pour rigoler. C'était chacun dans les chambres, on était sorti, on se cachait dans le noir et on faisait du bruit exprès pour rigoler. Elle était tout en bas des escaliers, on était couchés au sol pour l'observer. D'un coup, elle commence à parler, on court tous dans les chambres : en trois secondes, on entend toquer aux portes. On s'est dit : « C'est pas possible, comment elle a fait » . Il y avait quatre étages de 15 marches, elle était dans sa robe de sœur, et il fallait aussi qu'elle ait identifié les coupables... Elle avait une très bonne condition physique.

Ces sœurs t'ont inculqué des valeurs qui ont conditionné ta carrière...
J'ai eu une vie avant, et comme une deuxième vie où elles se sont trouvées au tout début. Dans ma vie, il y a la Corse, et ensuite le début de ma carrière de footballeur, chez les sœurs, pendant la pré-formation.

==> Retrouvez le reste de l'interview de Rémy Cabella dans So Foot Club #32, actuellement en kiosque

Propos recueillis par Nicolas Jucha, à Marseille
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