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Ramelow : « En Allemagne, les gens viendront toujours au stade »

Ancien joueur du Bayer Leverkusen et du Hertha Berlin, l'emblématique Carsten Ramelow dresse le bilan d'une année de championnat allemand marquée par la domination bavaroise. Mais la Bundesliga, c'est plus que le FC Bayern Munich. Beaucoup plus.

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Le FC Bayern Munich va être champion pour la quatrième fois consécutive. C'est un peu ennuyeux à la longue, non ?
Comme les années précédentes, le Bayern est dominant. Il faut dire qu'ils ont un effectif de qualité. Il y a toujours une équipe ou deux qui essaient de tenir tête aux Bavarois, mais ils sont simplement trop forts. Même leurs jeunes joueurs ont beaucoup d'expérience. Le Bayern a construit quelque chose de solide, ils ont un super effectif. Bref, la constance règne.

La Bundesliga, ce n'est pas que la course au titre...
Et non, et ce serait dommage de réduire le championnat à ça. Le football est et restera le sport numéro un en Allemagne. Les joueurs de renom seront toujours attirés par les clubs allemands, et les gens continueront de venir au stade parce que le spectacle proposé est formidable. La lutte contre la relégation (Abstiegskampf) est passionnante, et des fois, il y a des équipes qui n'avaient pas prévu de descendre qui se battent pour survivre, comme ce fut le cas du HSV ces dernières années. Et ça donne de superbes rencontres, pleines d'intensité.

Pour différentes raisons, Jürgen Klopp et Lucien Favre ont quitté la Bundesliga, et Pep Guardiola en fera de même en fin de saison. Le championnat perd de très bons techniciens, mais il y a de quoi voir venir, non ?
En effet, il y a une génération montante qui travaille très bien, dans des équipes très bien structurées. Et comme ça marche, les gens viennent au stade. Je parle de Thomas Tuchel (Dortmund) bien sûr, mais aussi de Markus Weinzierl (FC Augsburg), Roger Schmidt (Bayer), ou encore Dirk Schuster (Darmstadt). Même Christian Streich (Fribourg) fait du très bon boulot en 2e division. Et puis, sinon : Guardiola part, mais Ancelotti arrive. Ce qui reste une très bonne chose.

Comment expliquer que des clubs très bien structurés comme le Borussia Dortmund ou le Borussia Mönchengladbach ont connu des hauts et des bas ces derniers temps ?
C'est une question de cycles. Avant, les entraîneurs restaient dix ans et plus au sein des clubs, comme Thomas Schaaf ou encore Otto Rehhagel au Werder Brême. Aujourd'hui, tout va plus vite, il faut constamment livrer des performances et rester au top niveau quand on accède aux premières places. Et il suffit parfois d'un rien pour que tout s'écroule. Je ne sais pas comment ça s'est passé de l'intérieur, mais j'imagine qu'au sein du BvB tout comme du BMG, à un moment, le discours des entraîneurs ne passait plus. On le voit bien avec Gladbach : dès que Schubert a pu atteindre les joueurs, ça a refonctionné direct. Après tout, il y a des joueurs qui savent quoi faire du ballon !

« Les clubs prennent des entraîneurs qui n'ont pas forcément un nom, mais qui jouissent d'une certaine aura auprès des fans et de l'entourage du club. Et ça marche bien, avec Dardai au Hertha, ou encore Schubert à Gladbach. » Carsten Ramelow

Et comment expliquer que des clubs qui jouissent d'un certain standing, comme Stuttgart et le Werder, n'arrivent pas du tout à s'en sortir depuis quelques saisons ? Tous les ans, on pense que c'est la bonne année, mais on les retrouve vite en bas du classement...
C'est en partie une question financière. Il y a de jeunes joueurs qui sortent des centres de formation, qui ont du talent et qui se retrouvent en équipe première, mais ils ont un peu de mal à s'affirmer. Il faut dire que parfois, le contexte du club n'aide pas toujours. Exemple avec le HSV, qui a connu de multiples changements d'entraîneur au cours des dernières saisons. Ça devient alors compliqué de trouver un équilibre pour l'équipe, il y a beaucoup d'argent de dépensé, de l'argent qui manque ensuite pour renforcer l'effectif. Et c'est dommage, parce que Hambourg, c'est une belle grande ville, avec un stade magnifique. Et puis, d'une manière générale, il y a moins de patience qu'avant. Tout va beaucoup plus vite dans le football, ce qui rend les choses un peu moins faciles.

Il y a aussi de belles surprises ; et en tant que Berlinois de naissance et ancien joueur du Hertha, ça doit vous faire plaisir de voir la « Vieille Dame » aussi haut au classement.

Je suis allé voir Hertha-Mayence dernièrement (2-0, le 20 décembre dernier) et j'ai bien aimé leur manière de jouer, surtout. Cela me faisait plaisir pour Pal Dardai, mon ancien coéquipier, qui a instauré une certaine discipline, une méthode de travail qui porte ses fruits. Ce qui est bien également, c'est que les clubs prennent des entraîneurs qui n'ont pas forcément un nom, mais qui jouissent d'une certaine aura auprès des fans et de l'entourage du club. Et ça marche bien, avec Dardai par exemple au Hertha, ou encore Schubert à Gladbach.

Une fois de plus, l'Allemagne de l'Est n'est pas représentée en Bundesliga, mais les choses pourraient changer dès l'an prochain, avec l'arrivée du RB Leipzig. Vous pensez quoi de ce club ?
Je ne veux pas entrer dans un débat sur le sujet, mais tout ce que je peux dire, c'est que oui, il y a de l'argent, mais il y a aussi beaucoup de travail. Il faut le souligner, ça. Et qui sait, une accession sera peut-être une bonne chose pour la région.

Quel a été votre plus beau moment de l'année ?
Il y a ce match que je suis allé voir à Leverkusen, le Bayer affrontait Stuttgart (le 24 octobre dernier, 10e journée de championnat, ndlr). C'était quelques jours après le 4-4 en Ligue des champions face à l'AS Rome. Là encore, le Bayer était mené au score (1-3), mais cette fois-ci, il s'est imposé 4-3. Il y a eu de tout dans ce match : de l'intensité, des buts, un scénario de fou, de l'ambiance, une atmosphère formidable. Bref, tout ce pour quoi on aime la Bundesliga.


Propos recueillis par Ali Farhat
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