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Radhi Jaïdi : « Il ne faut pas hésiter à donner sa chance à un entraîneur noir »

En Tunisie, Radhi Jaïdi est une légende. Douze années passées à l'Espérance Tunis, 105 sélections au compteur, sept buts marqués et un rôle majeur dans l'unique succès du pays à la CAN, en 2004 : l'ancien défenseur dispose d'un sacré CV. Après s'être fait un nom en Premier League dans les années 2000 (Bolton, Birmingham, Southampton), Jaïdi n'a pas hésité une seconde au moment de lancer sa reconversion comme entraîneur. L'ancien international tunisien raconte son apprentissage, ses rencontres, son opportunité aux États-Unis et son envie de revenir en Europe dans les prochaines années.

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Vous vivez à Hartford, dans le Connecticut, depuis plus de six mois. Comme un peu partout aux États-Unis, la ville s’est-elle mobilisée à la suite de la mort de George Floyd ?
Oui bien sûr, il y a eu des manifestations. Mais sans violences, c’était calme et pacifique. J’ai été très marqué par la vidéo de la mort de George Floyd, c’était très choquant. Il m’a même fallu un peu de temps pour réaliser. C’est inacceptable ce traitement des minorités en 2020. Il faut que ça change tout de suite, mais pas seulement aux États-Unis. Vous savez, en Tunisie, c’est pareil : ce n’est pas facile pour les Tunisiens noirs, il y a de la discrimination. Je sais que ça existe, même si je n’ai pas été directement victime de racisme. La couleur de peau ne doit pas définir le comportement des gens.


Vous n’avez pas encore eu le plaisir de diriger un match officiel avec l'Athletic de Hartford. Comment avez-vous travaillé durant cette période particulière ?
Déjà, ça fait trois semaines qu’on a pu reprendre l’entraînement avec les protocoles sanitaires. C’est vrai que c’était bizarre, j’ai juste eu le temps de préparer la saison, recruter quelques joueurs... Puis, il y a eu le coronavirus, il a fallu tout de suite réagir pour garder tout le monde concerné. On a vite compris que ça allait durer un moment, donc on a mis en place des programmes individuels aux joueurs. J’ai aussi insisté sur le côté psychique, le mental, pour qu’ils gardent l’équilibre nécessaire. C’était aussi pesant personnellement, car ma famille est restée en Angleterre. Ma femme et mes enfants devaient me rejoindre aux États-Unis, mais ça n’a pas été possible. C’est dur de ne pas voir sa famille pendant six mois, c’est quelque chose que j’ai dû gérer, accepter. Maintenant, on attend que les vols reprennent pour se retrouver.



« On a vu quelques entraîneurs faire le même trajet, je pense notamment à Patrick Vieira. Son parcours est inspirant pour moi. »
C’est le club de Southampton, où vous étiez coach des U23, qui vous a envoyé à Hartford pour prendre la tête de l’équipe première, qui évolue en USL. Pourquoi avoir accepté de rejoindre la D2 nord-américaine ?
Pour l’expérience. Et je ne pouvais pas manquer cette opportunité. J’avais atteint le dernier cycle de ma formation d’entraîneur avec Southampton, où j’ai passé dix ans entre mon passage en tant que joueur et ma nouvelle carrière de coach. L’année dernière, je sentais qu’il était temps pour moi de prendre la tête d’une équipe première pour prendre de l’expérience. Hartford était une bonne opportunité, vu qu’il y a un partenariat entre les deux clubs. On a vu quelques entraîneurs faire le même trajet, je pense notamment à Patrick Vieira. Son parcours est inspirant pour moi.

Avez-vous pu échanger avec lui là-dessus ?
On se connaît, avec Patrick, on a joué l’un contre l’autre à plusieurs reprises quand on évoluait en Premier League. On s’est croisés quelques fois quand il était à la tête des U23 de Manchester City, on discutait surtout de la formation des jeunes, mais aussi des certificats à passer pour devenir entraîneur. C’est un personnage important pour moi.

Quand vous terminez votre carrière de joueur en 2012, vous lancez tout de suite votre reconversion pour devenir entraîneur ?
Oui, je n’ai pas attendu. J’ai immédiatement commencé à préparer mes diplômes en restant à Southampton. J’ai eu une période d’observation à l’académie, qui a quand même la réputation d’être l’une des meilleures d’Angleterre et d’Europe. Et j’ai rapidement commencé à entraîner les jeunes, d’abord comme adjoint, puis comme entraîneur principal. C’était enrichissant.

Vidéo

« L'important chez les jeunes, c'est le développement. Pour l'équipe première, c'est gagner. Elle est là, la différence. »
Quelle est la différence entre diriger des jeunes et des professionnels ?
Les jeunes, c’est le développement, l’équipe première, c’est gagner. Elle est là, la principale différence. Chez les jeunes, il faut prendre le temps de les accompagner pour qu’ils évoluent, il faut les aider à progresser. Les seniors, c’est surtout les trois points, gagner des matchs. C’est plus pragmatique comme approche. Il y a aussi plus de pression pour le coach d’une équipe première entre les fans, les médias, etc. C’est un peu le jour et la nuit.


Vous avez dû voir passer quelques pépites à Southampton...
J’ai l’honneur d’avoir vu défiler quelques très bons joueurs, oui. Par exemple, l’année dernière, j’ai eu cinq joueurs à passer chez les professionnels : Yan Valery, Michael Obafemi, Kane Ramsey, Tyreke Jhonson, Marcus Barnes. Je considère que c’est un succès pour moi, surtout qu’on est montés en première division des U23. C’était la double célébration : le développement des jeunes et la gagne. (Rires.)

Et pas de Virgil van Dijk ?
Si, Virgil était avec les seniors quand j’étais à l’académie, mais je l’ai côtoyé et il s’entraînait parfois avec moi. Il était déjà très fort. C’est aussi une personne très gentille, mais c’était aussi un leader : il aidait beaucoup les autres jeunes en les conseillant à l’entraînement. Ce n’est pas surprenant de le voir faire partie des meilleurs joueurs d’Europe aujourd’hui.


« Virgil van Dijk n'avait pas besoin de mes conseils pour défendre. »
En tant qu’ancien défenseur central, lui avez-vous donné quelques conseils vous aussi ?
Oh non pas trop, il n’avait pas besoin de mes conseils pour savoir défendre. (Rires.) En revanche, je me souviens qu’à l’époque, il voulait quitter Southampton, il avait un petit problème politique avec le club, et je lui avais dit d’être un exemple pour les jeunes en gérant sa frustration. En plus, il revenait de blessure, donc je voulais l’aider à gérer cette période mentalement.

Vous avez aussi pu croiser de nombreux coachs, et pas n'importe lesquels, pendant votre apprentissage à Southampton. Pouviez-vous échanger régulièrement avec eux sur votre envie de devenir entraîneur ?
Pour moi, c’est une chance d’avoir pu côtoyer ces entraîneurs au quotidien. On avait des joueurs en commun, donc il fallait échanger. Mauricio Pochettino, Ronald Koeman, Claude Puel, Mauricio Pellegrino, Ralph Hasenhüttl... Chaque coach m’a appris quelque chose. Je voulais m’inspirer de leur philosophie de jeu à chaque fois, j’allais voir leurs entraînements. Les deux qui m’ont marqué, ce sont probablement Pochettino et Hasenhüttl. Deux entraîneurs très particuliers, avec une idée de jeu bien précise. Dès les premiers jours, ils ont réussi à avoir un impact positif sur l’équipe.


Vous avez aussi bien connu Roger Lemerre en sélection (2002-2008). Quel souvenir en gardez-vous ?
Un excellent souvenir, Roger Lemerre. Il a marqué une très belle période de la Tunisie, j’ai beaucoup appris de lui, comme coach, mais aussi comme personne. C’est vrai qu’il nous a emmenés jusqu’à la victoire à la CAN (la Tunisie remporte la seule CAN de son histoire en 2004 avec une victoire 2-1 en finale contre le Maroc, N.D.L.R.), mais au niveau personnel, il m’a aussi apporté. Je suis devenu plus professionnel, et c’était essentiel pour que je puisse tenter ma chance en Europe. Roger est quelqu’un de très spécial dans ma carrière, même si c’est vrai que c’est aussi quelqu’un de particulier. Il faut se rappeler que son background, c’était d’entraîner les militaires, donc la discipline c’était primordial chez lui. (Rires.)

« Dernièrement, j'ai été contacté par la Fédération tunisienne, mais c'est trop tôt pour moi. »
Vous n’avez jamais été approché par la Tunisie pour jouer un rôle dans la direction donnée au football dans votre pays ?
Dernièrement, j’ai été contacté par la Fédération tunisienne pour prendre la tête de l’équipe nationale. C’était après la CAN et le départ d’Alain Giresse. (Le technicien français a quitté son poste de sélectionneur en août 2019, N.D.L.R.) Mais c’était un peu tôt pour moi. J’ai envie de m’exprimer dans les clubs, prendre de l’expérience en Europe... Tout ça va me donner du bagage. Évidemment, je sais qu’un jour, je reviendrai en Tunisie pour être sélectionneur. Mais pour le moment, je veux continuer d’apprendre.



Pourquoi la Tunisie, qui reste un pays de foot important en Afrique, compte seulement une CAN à son palmarès ?
C’est un vaste sujet, ça. Pour moi, c’est un problème de mentalité, de travail d’organisation. On a beaucoup de talents en Tunisie, mais il faut mieux les gérer et les développer. Il y a une planification sur deux ans avec la CAN, ça manque de stabilité et ça n’aide pas pour travailler sur le long terme et avancer avec une philosophie bien établie.

Pour finir, Raheem Sterling regrettait récemment le manque de représentativité des minorités en Premier League, notamment au niveau des staffs et des entraîneurs. Quand on est noir, c’est plus difficile d’être coach en Angleterre ?
(Il réfléchit.) Oui, c’est difficile, bien sûr. Il y a de la discrimination au niveau des entretiens pour avoir le job, on a vu des coachs parler du manque de soutien, c’est un ensemble de facteurs négatifs. On manque aussi peut-être d’opportunités. Il faut que l’approche des clubs, des présidents, des acteurs du foot change. Ils ne doivent pas hésiter à donner sa chance à un entraîneur noir. On a nos diplômes, nos expériences et une intelligence, donc pourquoi pas nous ?

Vous pensez vraiment qu’entre deux candidatures, la couleur de peau peut avoir une influence sur la décision finale ?
Je pense que ça existe, oui. Ça ne m’est jamais arrivé, tout simplement parce que je n’ai pas encore eu la chance d’avoir un entretien avec un club de Premier League. Mais je pourrais peut-être t'en reparler prochainement.

Propos recueillis par Clément Gavard
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