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La folie selon Quique

Avant tout, il est le gourou d'un Betis Séville qui vient de renverser Barcelone. Disciple de Cruyff et potentiel successeur de Valverde, Quique Setién est surtout le coach le plus enthousiasmant du moment en Liga, et ce pour une raison simple : le meilleur compliment que vous puissiez lui faire, c'est de dire que son équipe était belle à voir.

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« Il y a de moins en moins de choses à voir dans le football. La plupart du temps, je préfère jouer aux échecs. » Dans la salle nacrée du club d’échecs de Santander, les habituées opinent du chef. Paraîtrait que les pions et le football ont à se dire, et que le second a même pas mal de choses à apprendre du premier. Au milieu des badauds, un type est donc là, cheveux poivre et sel, chemise impeccable, voûté sur un plateau qu’il domine autant que la partie en cours. Entre deux matchs avec son Betis Séville, Quique Setién adore jouer aux échecs. « En attaque comme en défense, les pièces sont connectées, dit-il un jour, tout est une question d’organisation. Il est vital de dominer le centre de l’échiquier. Jouer aux échecs m’a amené à une capacité d’analyse et de compréhension du football que je n’avais probablement pas avant. »


La légende raconte même que le bonhomme aurait défié les grands maîtres Anatoly Karpov et Garry Kasparov – légende qui en tait les résultats –, et qu’il écrirait régulièrement dans des gazettes spécialisées sur son temps libre, si de temps libre il dispose vraiment. Attention, la passion ne date pas d’hier : Javier Irureta, son ancien entraîneur entre 1993 et 1994 au Racing Santander, se souvenait il y a peu d’un garçon « passionné par la lecture, les livres et les échecs  » , avant d’ajouter que « c’était son passe-temps favori lors de nos rassemblements d’avant-match. Le football ou les échecs, dans le fond, c’est comme les études de droit ou d’ingénierie : il y a des méthodes à comprendre pour devenir meilleur. » Voilà donc les bases du grand high-Quique collé dans les balloches du Barça ce week-end.

Se « couper un doigt » pour Cruyff


Car en s’imposant 4-3 au Camp Nou, l'Espagnol est tout simplement devenu le premier entraîneur depuis dix ans à compter une victoire à la fois là-bas et à Bernabéu dans son palmarès. C’était l’an dernier, déjà avec le Bétis, et le score était cette fois-ci bien moins pléthorique (1-0), mais symptomatique d’un tour de roue qui s’enclenchait, des préceptes inoculés dans le crâne de types qui n’étaient encore qu’en deuxième division deux ans plus tôt, en 2015. Lesquels ? Ceux d’un jeu clairement revendiqué de l’héritage de Cruyff, dont la rencontre sur un terrain a changé la vie du nouveau gourou du Bétis. « J’ai admiré le football de Barcelone tous les jours ma vie depuis la fois où, en tant que joueur, j’étais venu ici, au Camp Nou, pour jouer au foot, et que je n’avais même pas touché la balle » , raconte-t-il. Un traumatisme positif à l’origine d’une fixette quasi fanatique, l’amenant à glisser un jour qu’il « aurait pu se couper un doigt pour être formé par Cruyff » . Et dans ce cadre, la victoire de dimanche dernier revêt presque les habits d’une lettre de motivation envoyée au board blaugrana.



Comment ? En imposant un pressing haut, une construction du jeu depuis l’arrière et Pau Lopez, et une création structurée d’occasions de buts à la conclusion d’un jeu de passe inspiré des premières années Guardiola – et non son ersatz sous Enrique. Conséquence, malgré sa douzième place au classement, le Bétis est l’équipe de Liga qui présente statistiquement le plus haut pourcentage de possession et de passes réussies, juste derrière le Barça et le Real dans chaque catégorie. L’objectif est tel : jouer comme Barcelone, mais sans Xavi et Iniesta... ni Messi. Dans une interview donnée à ESPN qu’il est absolument essentiel de lire dans son intégralité, le bonhomme expliquait ceci : « C’est le football qui me comble. Lorsque l’année passée, Luka Modrić me serre la main et me donne son maillot dédicacé en me disant : "Ce que votre équipe joue bien..." ou quand un collègue coach me dit : "Mon Dieu, à quel point ton équipe joue bien", quand cela arrive, je rentre à la maison heureux. C’est de là que provient ma réelle satisfaction, plus que dans la défaite ou la victoire. (...) Je suis tout autant un "winner" que d’autres, mais je veux gagner via une série de mécanismes et une interprétation du football qui est différente. Je pense le football à travers le ballon. Il y en a d’autres qui interprètent le jeu sans le ballon. »

Un effectif moulé à ses courbes


Lorsque Sergio Busquets offre, de la même manière, un maillot dédicacé au coach espagnol à la suite d’une spectaculaire défaite à la maison, c’est un adoubement. «  Avec toute mon estime et mon admiration, pour ta façon de voir le football » , y est-il écrit. Quique Setién est peut-être le coach de Liga dont la vision est actuellement la plus enthousiasmante, avec, tout de même, son lot de critiques. Pour appliquer une philosophie, il faut disposer des joueurs pour. Et s’il avait réussi à faire remonter Santander en neuf petits mois lors de la saison 2001-2002, l’expérience avait tourné très court à Poli Ejido, en 2003, où il avait été remercié au bout de trois mois, et à Logronès, en 2007-2008, après six mois de vie commune. Avant de réveiller Las Palmas, spectaculairement. « En tant que club, la première chose que vous devez avoir, c’est une idée. "Qu’est-ce que je veux ? De quelle manière je veux jouer ?" Une fois que votre philosophie est établie, vous devez trouver les personnes adéquates pour développer cette idée, la partager et s’y consacrer pleinement, explique-t-il. Le problème, c’est que la majorité des clubs ne savent pas ce qu’ils veulent, ils sont dictés par les circonstances. »


L’homme a ainsi gentiment écarté du revers de la main les rumeurs qui le voyaient comme successeur d’un Valverde en fin de contrat au terme de la saison, façon de calmer les ardeurs. De poser le jeu. Là aussi, on tient quelque chose de l’animal à sang-froid. Il détaille : «  Les échecs m’ont appris à poser les bras sous la table avant de prendre une décision qui paraît être la bonne. Il est souvent plus commode de prendre une seconde de réflexion supplémentaire pour vérifier si ce que vous pensez est réellement la meilleure solution à un problème donné. » Alors, génie sur le tard ? Aux échecs, gardez cela en tête : le fou est toujours juste à côté du roi.

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Par Théo Denmat Propos de Quique Setién tirés de conférence de presse, sauf mention.
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