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Qui es-tu, le derby de la lanterne ?

Sampdoria - Genoa au Luigi-Ferraris, c'est sans doute ce que propose de mieux l'Italie en matière de règlement de comptes entre voisins. Pourtant, le derby de Gênes ne jouit pas de la même renommée médiatique que celui de Turin, Milan ou encore Rome. Dommage, car le derby de la lanterne est l'une des plus belles histoires du football italien.

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Quand le doute existe, l’être humain a toujours le même réflexe, s’en remettre aux anciens. Ainsi, quand on s’interroge sur la place d’un derby de Gênes dans le football italien, le grisonnant Marcello Lippi a le mot juste : « J’ai eu la chance de vivre les plus grands derbys, mais aucun n’a le parfum de la Lanterna, il est moins venimeux que les autres, c’est peut-être ce qui le rend plus beau » , affirme le coach champion du monde 2006 dans des propos rapportés par le site de la FIFA. Au vrai, le match entre la Sampdoria et le Genoa ne porte pas la marque de la haine comme celui de Rome, ni même les échanges de coups du turinois. À Gênes, le derby détermine simplement ce qu’est la ville et où se situe le football dans cette citée portuaire. D’ailleurs, pourquoi le derby de la lanterne ? À cause du phare qui domine la cité et qui a guidé de nombreux navires à travers les siècles, dont celui d’un certain Christophe Collomb, natif de Gênes. Le derby de la lanterne, c’est donc 90 minutes de football entre le club doyen de la santiag’ italienne, le Genoa Cricket and Football Club, et la Sampdoria. Le Genoa joue en rouge et bleu, la Samp’ en bleu et blanc. Deux tuniques classe. Forcément. Le Genoa est né à la fin du XIXe siècle (1893) à la suite d’un coup de foudre de jeunes locaux qui regardaient les marins anglais jouer sur les quais du port lors de leurs passages en ville. D’où la présence de la croix de San Giorgio (symbole de la ville, mais aussi du drapeau anglais) sur l’écusson du club. Un emblème qui porte aussi un griffon, animal mythologique, chimère mélant un aigle, un cheval et un lion.

La Samp' lance le mouvement ultra en Italie


Pendant 50 ans, le Genoa va faire de l’Italie sa chose : neuf Scudetti et une Coupe d’Italie. Mais le club de Ligurie s’ennuie. Il a besoin d’adversité. De folie. En 1946, ce vœu va être exaucé avec la fusion de plusieurs clubs locaux (Sampierdarenese et la Società Andrea Dória) pour donner naissance à la Sampdoria. Une ville, deux clubs phares, les amabilités peuvent commencer. Géographiquement, le Genoa est soutenu par les hommes de la cité, et la Dória par les villages périphériques. Mais le Genoa est en avance, voilà déjà plus de 20 ans qu’il siège au stade Marassi – le nom du quartier – qu’il a rebaptisé en Luigi Ferraris en l’honneur de l’ancien capitaine maison décédé durant la Première Guerre mondiale. Depuis les années 20, la Gradinata Nord (virage Nord) est squatté par les fans du Genoa. En 1973, la « Fossa dei Grifoni » s’y installe pour 20 ans. En Italie, elle va devenir une légende urbaine, au même niveau que la Fossa milanaise, qui a vu le jour en 1968. La renommée des tifosi du Genoa peut s’envoler, tifo, drapeaux, torches, cortèges, tout y est. Le Genoa devient une référence. Même la dissolution de la Fossa n’y changera rien, puisque d’autres groupes ont pris la relève comme « Ottavio Barbieri » , « Teste Marotte » ou encore « Figgi dö Zena » . Renommée, la tifoseria du Genoa se lie d’amitié avec le Napoli, Pise, Catania ou encore Pescara. Mais au fond, la Nord sait qu’elle n’est pas la première dans ce domaine. Et ça, ça énerve. Bien que plus jeune, c’est la Sampdoria qui lancera vraiment le mouvement ultra en Italie.

Nous sommes en 1961, et une bande de jeunes lycéens boutonneux issus du quartier San Pier D’Arena décide de se regrouper derrière une bâche. Sur celle-ci, on peut lire « Ultras Tito Cucchiaroni » , en l’honneur d’Ernesto « Tito » Cucchiaroni, fabuleux joueur argentin du club entre 1958 et 1963. Les UTC sont nés. Ils vont lancer une vague ultra qui va déferler sur toute l’Italie. On peut même parler de modèle qui s’exporte, puisque, depuis janvier 1987 et la visite du noyau du Commando Ultras marseillais à Gênes, les UTC et le CU se sont liés d’amitié. Au départ, les Français s’étaient offert un périple italien pour « prendre des notes » sur le mouvement italien (le mouvement français en était à ses balbutiements). À Gênes, les mecs du CU tombent sur Enzo, le leader des UTC, parfaitement francophone. Le début d’une amitié qui dure encore. Les deux groupes échangent, dissertent, font des matchs en commun. Le savoir-faire s’exporte. D’autant que la Samp va connaître ses heures de gloire dans les années 90 sous les crampons du duo Vialli-Mancini avec un titre de champion et surtout une finale de C1 contre le Barça de Johan Cruyff.

Rambo, Monopoly et les « usurpateurs »


À ce moment-là, la Sampdoria est sous les feux médiatiques. Le Genoa n’existe plus. Peu importe, le Griffon aura toujours un avantage historique. « Même si la Sampdoria est plus "huppée" en Europe, pour nous, Rossoblù, le derby est une façon de se frotter avec les usurpateurs » , balançait Andrea D’Angelo, vice-président des Genoani dans les années 80. « Comme pour leur dire, nous étions là avant, pour leur signifier qu’ils sont irrémédiablement arrivés après. Et nous nous sentons comme l’équipe de la ville, quand ils ne sont que l’équipe d’un quartier. » D’ailleurs, chaque jour de derby, la ville fait son choix. Chaque balcon, chaque rue, chaque quartier est marqué par les couleurs du Genoa ou de la Dória. On appelle ça « la guerre des drapeaux » . Pas de batailles rangées ni de dingueries ingérables en ville. On cohabite presque pacifiquement. On est plus dans la fourberie que dans la haine viscérale et physique. En 1981, les fans de la Samp’ avaient lancé sur la pelouse des lapins vêtus d’un maillot du Genoa. Voilà à quoi peut ressembler l’esprit du derby de Gênes. On fait marcher la tête plutôt que les muscles. Durant l’été 2012, à la suite de la relégation de la Sampdoria en Serie B, près de 30 000 supporters du Genoa avaient organisé une marche funèbre en centre-ville, cercueil et gerbes de fleurs aux couleurs de la Dória, pour « célébrer » l’événement.


Récemment, Luca De Pra, l’entraîneur des gardiens de l’équipe réserve de la Dória, a été pris en flagrant délit d’espionnage de l’entraînement du Genoa peu de temps avant un derby. L’homme s’était caché au milieu des bois. Fair-play et pris la main dans le sac, le club de la Samp avait alors communiqué sur ce fait d’armes, expliquant « qu'il n'avait pas su déjouer les contre-mesures de l'intelligence "blucerchiata". Aucun prisonnier n'a été fait. Pris les mains dans la confiture, le soldat a pu regagner sa base. Il faut toujours pardonner à son ennemi, il n'y a rien qui l'agace plus. » Des petites phrases, le derby en regorge, comme cette citation qui caractérise vraiment l’importance de la victoire dans la lanterne : « À Gênes, seul le derby compte. Si tu le perds, c’est comme si tu cambriolais une banque et qu’en rentrant chez toi, tu te rendes compte qu’à l’intérieur du sac, il n’y a que des billets de Monopoly. » Pour l’histoire, lors du premier derby disputé le 3 novembre 1946, la Dória s’était amusée de son ancêtre 3 à 0. D’ailleurs, c’est la Sampdoria qui mène aux points, 38 victoires contre 28. Le Genoa sait ce qu’il reste à faire, ce lundi soir.


Par Mathieu Faure
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