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Que deviens-tu, le clapping ?

Révélation de l’Euro 2016 aux côtés de Renato Sanches, le clapping a percé plus vite que le milieu de terrain portugais après la compétition. Et a plus confirmé, surtout. Mais la Covid-19 est passée par là, et aujourd’hui, la chorégraphie simplissime popularisée par les Islandais a de grandes chances de manquer l’Euro 2021, en grande partie à cause des jauges en vigueur dans les stades.

Été 2016. La France traverse juin et juillet au rythme de l’Euro. Sans jouer une minute, Will Grigg est on fire et terrifie les défenses, du moins selon les tribunes. Les supporters irlandais dérident l’Hexagone, tandis que les Russes et les Anglais retournent Marseille avant de transformer le Vélodrome en cage de MMA. Serein, Eder s’apprête à écrire sa légende au Stade de France. Et au milieu de tout ça, les Islandais s’offrent une épopée improbable jusqu’en quarts de finale, avant de se faire rouster par les Bleus. Mais au-delà de l'exploit en huitièmes contre les Anglais, ce que l'on retient du parcours islandais, c'est son public et un geste : le « Vikingclap » , une reprise scandinave du clapping. Cinq ans plus tard, l’Euro est de retour, sans l’Islande, et sûrement sans clapping.

Un plagiat, quel plagiat ?


Déjà, remettons les pendules à l’heure grecque, ou turque. Parce que le clapping n’est absolument pas né sur l’île volcanique de l’Atlantique Nord, mais en Turquie ou en Grèce au début des années 2000. En l’absence de test de paternité sans équivoque, les clappingoloques s’appuient sur de vieilles vidéos très pixelisées montrant, au choix, le capo des Gate 4 du PAOK Salonique s’égosiller au milieu de la pelouse, ou celui du Beşiktaş. En France, ce sont les supporters niçois et lensois qui se le sont approprié les premiers au début des années 2010. De quoi donner des idées ensuite aux Irrésistibles Français, comme le raconte Fabien Bonnel, capo des IF : « On connaissait ces vidéos mythiques, mais c’est en voyant la beauté des clappings à Bollaert, la clameur, la communion entre les joueurs et le public que ça créait, qu’on a voulu reproduire ça. Quand on a vu que ça se démocratisait à Nice et Lens, on a décidé de surfer sur cette vague dès 2014. » Non, les supporters français n’ont pas plagié le « Vikingclap » à l’Euro 2016, comme on a pu le lire un peu partout. Il suffit de jeter un coup d’œil aux vidéos YouTube des Irrésistibles Français pour en avoir le cœur net.



La vérité vraie, c’est que les Islandais eux-mêmes ont copié des supporters écossais de Motherwell venus affronter Stjarnan en Ligue Europa en 2014, selon l'Irish Times. « À l’Euro 2016, c’était peut-être nouveau pour ceux qui ne suivent les Bleus que lors des grandes compétitions internationales, mais nous, on le pratiquait déjà depuis deux ans » , clôt Fabien Bonnel, conscient que les Islandais l’ont quand même bien diffusé. « C’est un mouvement collectif popularisé par les Islandais qui formaient un public à l’image positive autour d’une équipe attachante » , simplifie Mehdi Moussaïd, foulologue - ou expert dans l’étude des foules humaines. Dès lors, l’attention du public a été plus facile à avoir et le clapping s’est propagé. Si ça avait été une équipe moins sympa, genre la Russie, ça n’aurait pas eu le même succès. Ça ne l’aurait pas eu non plus pour une chanson compliquée avec des paroles. » Même si les Nord-Irlandais l’ont fait avec Will Grigg's on Fire. « Mais sur l’aire de Gala, un tube déjà ultra connu, c’est plus facile » , nuance le foulologue.

« Le plus beau, c’est celui fait par Hugo Lloris lors des célébrations au Stade de France en 2018, avec la Coupe du monde à 20 cm de mes yeux. » Fabien Bonnel

Quoi qu’il en soit, le clapping cartonne à l’Euro, comme dans les travées du Stade de France depuis 2014. Pourquoi ? « Parce que c’est simple, que ça fait du bruit » , résume Fabien Bonnel, qui va quand même un peu plus loin : « Visuellement, on voit ce qu’il se passe. La pratique veut qu’on impose un peu un silence avant le clap, or un silence c’est marquant dans un stade. » L’absence de mélodie et de paroles contribue également à ce succès, tout comme la possibilité de rattraper le wagon en marche. Cerveau de la chaîne YouTube Foulouscopie, Mehdi Moussaïd développe : « D’une manière générale, dans une foule, les gens arrivent facilement à se synchroniser en quelques secondes. » Le meilleur exemple aux yeux du scientifique, ce sont les standing ovations de fin de concert ou au théâtre : « En quelques secondes d’applaudissements, toute la foule se cale sur le même rythme d’environ deux claps par seconde, sans que personne ne donne le rythme, grâce à l’intelligence collective de la foule. »

Lucioles, Vegedream et question conne


Comme la ola dans les stades, le clapping s’inscrit dans cette logique. Le foulologue explicite : « C’est simple parce que chacun s’ajuste sur ses voisins proches, la synchronisation se fait à chaque clap. Après 2-3 claps, tout le monde est ensemble. On peut comparer ça aux lucioles qui synchronisent leurs lumières dans les arbres pour séduire les femelles. En dix secondes, 10 000 lucioles flashent en même temps, et le tout sans chef qui donne le rythme. » Le succès du clapping tient donc dans ce paradoxe : il impressionne tout en étant très facile à orchestrer. « Celui au Vélodrome après la victoire contre l’Allemagne en demi-finales était assez fou, et puis le tout premier aussi, quand on comprend que ça marche très bien » , revoit Fabien Bonnel. Mais le plus beau, évidemment, c’est celui fait par Hugo Lloris lors des célébrations au Stade de France en 2018, après le tour d’honneur avec Vegedream. Lloris monte dans la tribune pour le faire, avec la Coupe du monde à 20 centimètres de mes yeux. C’est sans commune mesure. »

Pour expliquer son succès, il faut aussi se poser une question conne : pourquoi aime-t-on faire le clapping ? Question conne, réponse intelligente de Mehdi Moussaïd : « L’individu est satisfait parce qu’il sent qu’il est le maillon d’un truc grand, immense qui le dépasse. C’est un peu la même émotion que celle de prendre part à une révolution, si on caricature : on fait quelque chose qu’on n’aurait pas pu faire seul. » Ajoutez à cela l'émotion positive suscitée par le match, et le tour est joué. Pour le metteur d’ambiance qu’est Fabien Bonnel, c’est aussi un outil stratégique à utiliser avec parcimonie. « On s’en sert pour lancer le match quand le soufflé retombe après le coup d’envoi, explique le capo des Irrésistibles Français. C’est un outil pour aller chercher tout le stade et faire chanter les gens avec nous. » Et puis, c’est tout. À moins d’un match à la tournure exceptionnelle, les IF ne lancent jamais deux clappings le même soir, histoire de préserver son charme. « Si on le refait en fin de match, c’est à l’initiative des joueurs » , précise le capo.

« Dans un stade, je pense toujours au petit qui vient pour la première fois. Lui, on doit l’impressionner, le faire rêver avec nos chants. L’ambiance participe au coup de foudre pour le foot, et le clapping est une belle arme de séduction. » Fabien Bonnel

Car comme de toutes les bonnes choses, il ne faut pas abuser du clapping, au risque de s’en dégoûter. D’ailleurs, le public lensois, qui célébrait chaque victoire avec, l’a abandonné en 2018 pour se renouveler. Alors la mode est-elle déjà passée ? « Pas pour nous » , assure Bonnel, « Dans un stade, je pense toujours au petit qui vient pour la première fois. Lui, on doit l’impressionner, le faire rêver avec nos chants. L’ambiance participe au coup de foudre pour le foot, et le clapping est une belle arme de séduction » , image le capo, pour qui les clappings repris à tout-va par la société sont « la rançon de la gloire » . Une chose est sûre, c’est qu’on en verra beaucoup moins à l’Euro 2021 qu’en 2016. Et l’effet de mode n’y est pour rien, le coupable c’est la Covid-19 et les jauges qu’elle impose dans les stades de l’Euro. Certes, un clapping nécessite moins de forces vives pour faire du bruit qu’une Marseillaise, et est sans doute le chant le plus « masque-compatible » , mais quand même.



Plus que le nombre, le vrai problème, ce sont les distances de sécurité, explique Mehdi Moussaïd : « Quand on dilue la foule, ça réduit surtout sa densité et donc les émotions collectives et les actions. Si les gens sont euphoriques, mais espacés, ils seront seuls dans leur bonheur. Si on les rapproche, on donnera vie à une foule beaucoup plus heureuse, ou colérique hein, et qui le montrera plus. Concrètement : 30 000 personnes dans un stade ou dans une ville, ce n’est pas pareil du tout. » Pour bien comprendre, le foulologue pose la notion de masse critique, un nom barbare derrière lequel se cache simplement le fonctionnement d’une tribune de foot : « Dans les stades, il y a ce qu’on appelle un initiateur (le capo, NDLR) qui lance les chants. On n’est pas dans un truc qui émerge de manière complètement naturelle. Il est reconnu comme un leader qui va lancer le mouvement et être suivi. Pour que cela parte, il faut autour de lui ce qu’on appelle une masse critique (un kop, NDLR), soit un petit nombre d’individus importants et coordonnés pour lancer le truc et être suivi par les voisins. Si ça échoue, c’est parce que la masse critique n’est pas atteinte à cause du contexte, du manque d’euphorie. » Tout ça pour dire que « la seule solution serait que tout le monde soit dans la même tribune, mais ce n’est pas possible sanitairement parlant » . Finalement, le clapping est comme tout le monde : la Covid-19 fout tous ses plans à l'eau.

Par Adrien Hémard Tous propos recueillis par AH.
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