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Quand Guy Bedos dégainait son carton rose

Le 10 mai 1986, Guy Bedos, décédé ce jeudi 28 mai à l'âge de 85 ans, parodiait le sport roi sur le plateau de Champs-Élysées, en incarnant un homosexuel qui raconte sa vie de couple avec un footballeur. Un sketch titré Carton rose, qui saupoudrait un peu de légèreté sur une discipline dont Bedos semblait regretter le sérieux nouvellement acquis et le virilisme exacerbé.

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À partir de la fin des années 1970, la France découvre qu'elle peut aimer le football. Saint-Étienne, le mondial 1982 et l'Euro 1984 sont passés par là, et Guy Bedos observe alors la chose avec amusement. Alors que la Coupe du monde 1986 se profile, les Bleus de Platini et d'Henri Michel sont au sommet de leur popularité. Médiatiquement et culturellement, le ballon rond prend soudainement beaucoup plus de place, le jeu d’antan mutant en quelque chose d'autre, plus chargé symboliquement et identitairement. Le football semble comme devenu trop sérieux, voire trop caricaturalement viril pour Guy Bedos, qui décide de prendre le phénomène à bras-le-corps. Le 10 mai 1986, sur le plateau de l'émission Champs-Élysées de Michel Drucker, l'humoriste dégaine son cultissime Carton rose, un sketch où il interprète un homosexuel sorti tout droit de La Cage aux folles, qui détaille sa vie conjugale avec un footballeur professionnel.

« La France est foutue »


Un numéro qui débute par une tirade passée depuis à la postérité : « Ah ! Le foot, le foot, le foot, le foot, il n'y a plus que ça... Le foot, le foot, le foot, le foot... La France est foutue. » La suite se veut volontairement provocatrice et caricaturale. Bedos évoque pêle-mêle la monomanie des footballeurs ( « Mon ami m'a dit : "Quand, un couple arrive à se déchirer comme ça, il vaut mieux se séparer. Transfère-moi ! » ), s'amuse des tensions homo-érotiques qu'il imagine parcourir le vestiaire ( « Je ne peux pas dire les noms, mais le 2 est avec le 5, le 6 avec le 7 - des gens très gentils, très popotes d'ailleurs... Ils se sont connus à l'OGC Nice, ensuite ils sont partis pour le FC Grenoble » ) avant de finir par évoquer caustiquement le foot business ( « Qu'est-ce que je vais faire, quand il va prendre sa retraite, à 31 ans ? Moi, je lui dis : "Ami oui, sponsor non : Ni Crésus, ni Bernard Tapie » ). Si le contenant et le contenu du sketch ne feront plus l'unanimité aujourd’hui, Bedos, dont le texte de Carton rose a été écrit par son vieux pote Jean-Loup Dabadie (décédé ce 24 mai), aura quoi qu'il arrive marqué le coup, en créant un trait d'union encore improbable à l'époque, entre le football et les arts de scène.

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« Il m'est arrivé de marquer des buts contre mon propre camp »


Le ballon ne lui est de fait pas complètement étranger. « Mon père adorait le tennis. Les grands matchs de foot aussi, en Coupe d'Europe et en Coupe du monde, surtout quand ça sourit un peu pour la France » , confiait ainsi son fils Nicolas Bedos à L'Équipe en novembre dernier. Celui qui a vécu les seize premières années de sa vie en Algérie aurait même volontiers tripoté la sphère dans sa jeunesse : « J'ai joué au foot quand j'étais jeune en Algérie. Je jouais arrière. Il m'est arrivé, parce que c'est ma nature, de marquer des buts contre mon propre camp. » Il n'y a rien d'illisible ou de cryptique, en réalité, dans le rapport de Guy Bedos avec le football : anar' de gauche, iconoclaste, provocateur et libertaire, Bedos aime le football pour sa dimension purement ludique, mais se méfie intuitivement des foules qui le regardent : « J'aime bien les joueurs, j'en connais certains, jouer au foot c'est formidable... C'est les supporters qui me rendent fou... C'est ce qui me fait peur dans le fanatisme qu'il y a pour le foot, cet esprit de parti, de soutien inconditionnel à une équipe, qui est le contraire, pour moi, de l'esprit sportif. Ça ouvre la porte à tous les fanatismes. »



En un sens, l'humoriste aura aussi incarné cette gauche intellectuelle et artistique qui se méfie de la figure alors méconnue du supporter, à l'image des caricatures de Cabu dans Charlie Hebdo, qui représente systématiquement le fan de foot moyen en beauf bedonnant et passablement alcoolisé. À défaut de comprendre le public, on pourra reconnaître à Bedos d'avoir su capter la fascination qu'imposent sur les supporters les acteurs qui exercent sur les planches des stades. Qu'est-ce qu'un footballeur après tout, sinon un comédien qui improvise un texte qui s'écrit sur 90 minutes ? On se figure finalement que Guy Bedos aura aimé le football, du moins quand ce dernier faisait l'effort de ne pas trop se prendre au sérieux. Une certaine idée du spectacle vivant, qui entre en parfaite résonance avec cette tirade prononcée lors son numéro au Cirque d'hiver, en 1986 : « La vie est une comédie italienne, tu ris, tu pleures, tu vis, tu meurs ! Comediante ! En piste, en piste les artistes ! C’est notre rôle d'être drôle ! »

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Par Adrien Candau
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