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PSG : un jeune de perdu, zéro de retrouvé

Le PSG vient de voir Claudio Gomes (17 ans), capitaine de l’équipe de France U18 et grand espoir du club, signer à Manchester City, qu'il rejoindra à la fin de la saison. Un nouvel échec qui confirme la difficulté de Paris à conserver ses jeunes.

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Sa nomination a pris tout le monde de court. Le 16 août 2017, l'ancien joueur et entraîneur historique du club Luis Fernandez est nommé en tant que directeur du centre de formation du PSG. Un choix qui divise, pose question pour certains, mais qui répond à une réelle problématique qui gangrène depuis plusieurs années le club de la capitale : empêcher la fuite des talents. « Le PSG est un club qui doit s'appuyer sur la formation pour réussir » , explique alors au quotidien Le Parisien le nouvel homme fort des catégories inférieures. Une collaboration main dans la main avec Antero Henrique, son supérieur hiérarchique, est même mise en avant pour rassurer tout le monde. Au PSG, on en est conscient : ces départs ne sont pas bons pour l'image du club.


En 2016, déjà, Nasser Al-Khelaïfi pointait du doigt ce trou béant dans la façade de la maison PSG. « Plus nous aurons de joueurs issus de notre centre de formation dans notre équipe première, plus je serai un président comblé, assurait le boss à RMC. Cela ne peut que renforcer l’identité parisienne du club à laquelle beaucoup de nos supporters restent très attachés. » Problème : l’exigence imposée par le statut de top club européen du PSG et par sa quasi-obligation de remporter tous les matchs qu'il joue empêche les meilleurs éléments du centre de formation de s'émanciper, à part quand ils s'appellent Adrien Rabiot, Presnel Kimpembe, voire Alphonse Areola.

Claudio Gomes est déjà dans l'Eurostar


Le PSG gagne, continue à gagner, très bien. Mais fatalement, dans le même temps, il voit quelques cracks quitter les terrains de Saint-Germain-en-Laye sans pouvoir les en empêcher, ni même savoir ce qu'ils ont vraiment dans le ventre : Coman en 2014, Méité et Eboa-Eboa en 2016, Zagadou et Doucouré l'été dernier, et surtout Claudio Gomes cet hiver. Comment le PSG peut-il ne pas être en mesure de conserver l'actuel capitaine de l’équipe de France U18 ? L'argent, déjà.


Quand Manchester City vient toquer à la porte des Gomes, le premier contrat professionnel offert à Claudio (17 ans) est bien plus sucré que ce que le PSG – désireux de faire évoluer les salaires progressivement – estime raisonnable. Le jeune milieu de terrain va donc rejoindre les Sky Blues l'été prochain, et ce mouvement ne fera dépenser aux Citizens qu'une simple indemnité de formation à reverser au PSG. Preuve qu'à ce niveau-là, Paris ne fait pas encore partie des plus grands. Autre exemple : Yacine Adli, lui aussi un grand talent de la formation parisienne. Les négociations entre le milieu de terrain de 17 ans et les dirigeants parisiens se poursuivent, mais son intégration à l'effectif professionnel ressemble à un ultime baroud d'honneur. Car pour Adli – pour qui Arsenal a largement dépassé le stade de la simple drague – comme pour Gomes, Luis Fernandez n'a pas grand-chose à faire, si ce n'est constater que le rapport de force entre l'ancienne équipe dirigée par Olivier Létang et les écuries anglaises a de quoi faire rougir le club français.

L'éternelle quête du club satellite


Si le défi est si grand, c'est aussi parce que bien au-delà des questions d'argent, les perspectives sportives ne sont pas rassurantes pour les jeunes du centre de formation. Aujourd'hui, Paris compte véritablement trois joueurs issus du centre qui jouent régulièrement dans son onze titulaire : Areola, Kimpembe et Rabiot. Un quota pas forcément plus faible que les autres grands d'Europe, qui ne peuvent même pas tous se targuer d'en faire autant. Le constat est là : l'équilibre entre l'intégration des jeunes du centre et la quête de titres majeurs est fragile. À son échelle, le Lyon de Jean-Michel Aulas, qui mise clairement sur la formation pour le bien de ses développements économique et sportif, réussit plutôt bien à gérer cet exercice (demi-finale de C3 l'an passé), mais peine aussi naturellement à se qualifier pour la Ligue des champions.


Voilà Paris dans une impasse. Longtemps, et encore aujourd'hui, le PSG a cherché à « acheter » un club satellite, comme Monaco avec le Cercle Bruges ou Chelsea qui soutient financièrement le Vitesse Arnhem. C'est d'ailleurs l'une des missions principales d'Antero Henrique, en plus de trouver des liquidités pour rentrer dans les clous du fair-play financier. Ce mardi soir, face à Rennes, il y a très peu de chances de voir N'Soki ou Adli fouler la pelouse du Roazhon Park. Parce que c'est une demi-finale, et que pour Paris, chaque match compte.

Par Andrea Chazy
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