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PSG-Montpellier reporté : le foot rit jaune

Les gilets jaunes sont-ils en passe de réussir leur plus gros coup, même involontaire : empêcher la tenue normale du championnat de Ligue 1 ? En effet, à l'annonce d'une nouvelle journée de mobilisation sur Paris samedi prochain, la préfecture a demandé de reporter PSG-Montpellier, qui devait se tenir à 16h, bref en plein milieu des probables échauffourées. On comprend que notre police n'ait pas voulu arbitrer un challenge fumis contre lacrymos. La démarche n'a rien de propre à la capitale d'ailleurs, puisque Toulouse vient de subir le même sort, et le choc contre Lyon devra attendre encore un peu.

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Si vous désiriez la preuve que le mouvement des gilets jaunes est exceptionnel et hors norme, et en tout cas que les violences qui ont mis le feu aux beaux quartiers de la ville lumière n'avaient rien de banales, la décision de la préfecture de Paris en constitue une des plus manifestes. Même en plein cœur de mai 1968, la finale de la Coupe de France avait pu se tenir au Parc entre Saint-Étienne et Bordeaux, et les Verts d'Aimé jacquet avaient ramené le trophée à la mairie au milieu des manifs et des usines occupées. Mais ce qui se déroule aujourd'hui ne renvoie ni à une forme classique de contestation ni à un contexte social identique.

Des forces de l'ordre au bord de la crise de nerfs

De même, la demande des autorités – personne n'en doute – n'était pas motivée pas l'éventualité de heurts entre gilets jaunes et supporters, ni d'ailleurs un éventuel ralliement de ces derniers aux premiers, sorte de syndrome de la place Tahrir. Les ultras sont pour le moins et pour le moment relativement absents des actions (hormis les gilets jaunes du Vélodrome), à quelques écharpes près ou d'anciens Parisiens aperçus à l'Étoile, surtout désormais engagés en politique de part et d'autre du spectre. De fait, l'équation tourne d'abord autour de la gestion des forces de l'ordre. Tout le monde a pu observer à quel point elles ont dû encaisser des formes de violence, d'une intensité inédite et frontale, à laquelle elles n'étaient plus habituées depuis longtemps, y compris parfois débordées au regard de la configuration des lieux. En outre, exténuées par une gestion en flux tendu depuis les attentats, elles se révèlent au bord de la crise de nerfs et de l'épuisement. Et rien ne s'avère plus dur à tenir pour le pouvoir – qui redoute évidemment la bavure à la mode Malik Oussekine – que des CRS épuisés et excédés, qui plus est en sous-effectif.


Or un match du PSG, surtout avec les récentes tensions qui ont pu se produire (par exemple contre l'Étoile rouge), peut nécessiter jusqu'à 500 hommes en bleu. Un besoin pas vraiment compatible avec les 5000 policiers qui battront eux aussi le pavé afin d'éviter de revivre, et revoir à la télé, les scènes du week-end passé. Le calcul est vite fait. Le foot redevient un luxe que l'on ne pouvait plus se permettre du côté du ministère de l'Intérieur, l'enjeu politique et en matière de crédibilité du gouvernement se révélant bien trop grand. Il est amusant de remarquer malgré tout que cet argument du manque d'effectifs s'utilise régulièrement, en guise de ritournelle classique, pour justifier les interdictions de déplacement qui se multiplient des fans adverses, que ce soit en raison d'une foire ou de la présence d'un ministre ou un secrétaire d'État. Cette fois, tout le monde – y compris dans les virages et les kops – veut bien gober l'argument...

Toulouse-Lyon également annulé

Le football va aussi surtout permettre, à son corps défendant, de repérer rapidement sur la carte l'ampleur nationale du mouvement. Car la province n'est pas épargnée, loin de là. Déjà lors de Bordeaux-PSG bruissaient de rumeurs de blocage de l'accès au Matmut Atlantique par les gilets jaunes, alors que l'après-midi avait été très tendu en ville la veille. La Ligue a ainsi décidé l’annulation de la rencontre entre Toulouse et Lyon, malgré l'horaire en soirée : « À la suite de la demande de la préfecture de Haute-Garonne, la LFP reporte la rencontre Toulouse FC / Olympique lyonnais, comptant pour la 17e journée de Ligue 1 Conforama et initialement prévue ce samedi 8 décembre à 20h. La commission des compétitions de la LFP fixera ultérieurement la date de la rencontre. » Un type de communiqué que l'on risque de lire souvent.

Pour la suite, les questions restent en suspens. Les reports de match vont-ils se multiplier ? Comment la Ligue va-t-elle ensuite gérer le calendrier déjà bien chargé, sauf à souhaiter des éliminations rapides en Coupe d'Europe ? Le PSG n'a de la sorte que moyennement envie et possibilité par exemple de sauter son stage au Qatar à la mi-janvier, lié à son partenariat avec la Qatar Tourism Authority, et donc à sa crédibilité face au fair-play financier. Pourtant, à suivre strictement le règlement, cette date s'imposerait d'office. De belles négociations en perspective...

Enfin, dernier point, se réclamant « populaires » , les gilets jaunes oseront-ils s'en prendre directement à ce symbole de la France « d'en bas » que représente le foot, notamment après la communion de la Coupe du monde ? Ils auront en tout cas franchi une étape et finalement démontré leur singularité, que l'on aime ou non, si contrairement à juin 1936 ou mai 1968, ils parviennent aussi à arrêter le foot. Même l'Occupation ou les événements d'Algérie n'avaient pas eu un tel impact sur le petit monde du ballon rond. Peut-être aurait-il fallu donner le Ballon d'or à Mbappé pour calmer les esprits.

Par Nicolas Kssis-Martov
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