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Premiers baisers de Russie

À un an de la Coupe du monde 2018, le monde du foot s'offre un avant-goût de Russie pour la Coupe des confédérations. L'occasion de sonder le terrain sécuritaire, alors que la menace représentée par les hooligans locaux n'a cessé d'être pointée du doigt par les médias étrangers. Le pouvoir russe, lui, hurle à la paranoïa occidentale. Mais qu'en est-il vraiment ?

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Après Marseille, le déluge. Mi-juin 2016, des hooligans venus soutenir la Sbornaya sont impliqués dans des violences qui créent un chaos généralisé sur le Vieux-Port. En moins de 24 heures, l'ultra russe devient l'ennemi public numéro 1. Vladimir Poutine et le Kremlin sont accusés de faire preuve de négligence, voire de complaisance, vis-à-vis de ces fauteurs de troubles ultra nationalistes. Et l'inquiétude se diffuse à vitesse grand V quant à la capacité de la Russie à garantir la sécurité nécessaire à la bonne tenue du Mondial 2018. Pourtant, alors que les doutes subsistent à l'Ouest, le pouvoir russe est loin d'être resté inactif et s'attaque aux éléments les plus violents qui polluent son football national.

Surveillance accrue


Le Kremlin s'est d'abord décidé à mettre le paquet pour encadrer étroitement les individus à risques. La section E du ministère de l'Intérieur russe, habituellement dédiée à la surveillance des terroristes et du crime organisé, s'occupe désormais aussi du suivi des groupes de hooligans. Selon le New-York Times, qui a enquêté au sein de mouvements ultras moscovites, certains fans pensent même que leurs communications sont étroitement surveillées. Mi-avril, Vladimir Poutine veillait également à renforcer l'arsenal législatif pour combattre les supporters à comportement violent, doublant le montant des amendes pour ceux qui passeraient outre les interdictions de stade, la sanction pouvant être assortie d'une peine de détention allant jusqu'à quinze jours. La loi introduit aussi la possibilité d'interdire l'entrée en Russie aux hooligans étrangers, s'ils ont déjà violé les règles de manifestations sportives.


Mais pour surveiller de près les fauteurs de troubles locaux, la mesure la plus iconique prise par le Kremlin reste le passeport de supporter ou Fan ID. « C'est sans doute l'initiative la plus importante prise par le pouvoir en place pour sécuriser l'événement » , analyse Danny Armstrong, journaliste anglais vivant en Russie, spécialiste des mouvements ultras moscovites. Le principe ? Toute personne – qu’elle soit russe ou étrangère – qui voudra assister à une rencontre devra se procurer ce document d'identité avant la compétition et le présenter avec son billet à l'entrée des stades. « Ça doit permettre d'identifier les individus ayant déjà eu des comportements violents par le passé et de les éloigner des enceintes sportives » , poursuit Armstrong. Une batterie de mesures globalement saluée par les associations militantes. Piara Powar, le directeur de l'association Football Against Racism in Europe, a ainsi déclaré être « confiant de ne voir aucun trouble majeur survenir pendant le Mondial russe » . « Ils ont aussi veillé à établir une liste noire bannissant des stades les fans jugés dangereux (191 individus sont tenus à l'écart des stades, selon le responsable de l'administration pour la sécurité des événements internationaux de la police russe, Anton Gusev). En fait, très honnêtement, la Russie m'a semblé bien plus proactive pour combattre le hooliganisme ces dernières années que certains pays comme l'Angleterre » , conclut Armstrong.

Réalité des chiffres


Malgré tout, le tableau reste loin d'être idyllique. La nomination d'Alexeï Smertine comme inspecteur anti-racisme du Mondial en février dernier, alors que l'ancien joueur des Girondins de Bordeaux avait déclaré en 2015 « qu'il n'y a pas de racisme en Russie » , pose notamment question. « C'était tout sauf un bon choix et, jusqu'ici, il n'a pas fait grand-chose » , relève Armstrong. De même, le niveau de violence dans les stades russes reste très élevé. La dernière étude menée par SOVA, institut russe de recherches sur la xénophobie, comptabilise 92 incidents racistes ou xénophobes pour la seule saison 2014-2015, contre 83 pour les deux saisons précédentes réunies.


«  On avait besoin de ces chiffres pour convaincre les autorités de la réalité de ce fléau. Maintenant, des mesures concrètes sont prises, il y a eu une réaction, même si ce n'est pas systématique » , relevait Artemiev, un membre de l'institut SOVA au micro de RFI en mai dernier... «  Notre dernier rapport en passe d'être publié relève qu'il n'y a pas d'augmentation des violences... Ce qui est clair, c'est qu'il y a un contrôle des supporters beaucoup plus strict en première division russe. » Reste que le football russe a encore du chemin à faire pour exorciser ses vieux démons : « En revanche, on n'observe pas les même résultats dans les divisions inférieures où nous avons répertorié plusieurs cas de slogans nazis et de croix gammées... » Un bilan contrasté, finalement à l’image de l’état actuel de la Sbornaya. Piteusement éliminée de l'Euro 2016, la Russie entame sa Coupe des confédérations en présentant un bilan équilibré de trois victoires, trois nuls et trois défaites en matchs amicaux : « Ici, les gens sont excités par le Mondial, mais l'année dernière, la sélection avait embarrassé le pays tout entier, explique Armstrong. La seule chose qu'ils espèrent, c'est simplement que l'équipe nationale ne leur fasse pas honte cette fois-ci... »




Par Adrien Candau Propos de Danny Armstrong recueillis par AC.
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