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  1. // Question existentielle

Pourquoi les joueurs commencent-ils toujours leurs réponses par « non » ?

En conférence de presse ou en bord de pelouse, après la rencontre ou en avant-match, le « nan... » est devenu le premier mot obligatoire de toute interview de footballeur, même lorsqu'il s’agit de confirmer ce que vient d’exprimer le journaliste. Mais est-ce la faute des questions ou de ceux qui y répondent ? Décryptage de la négation des footeux, la seule au monde qui veuille un peu dire « oui  » .

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« Oh, Kylian ! Alors ce triplé ? Quelle performance, vraiment... en tout les cas on peut dire que tu le mérites, tu as vraiment fait un beau match. » Avec cette question affirmative, prononcée après la victoire du PSG face à Guingamp (9-0), Laurent Paganelli n'attend de Kylian Mbappé qu'une seule réponse. Un oui franc et massif. Pourtant, quand l'attaquant du PSG prend à son tour la parole, c'est pour prononcer le premier mot de 90% des réponses de footeux aux questions de journalistes : « Un beau match ? Nan, c’est sûr...  »

« Le non libère »


Avocat au Barreau de Paris et enseignant en art oratoire à sciences po et HEC, Bertrand Périer évoque ce « non » systématisé qui torchonne souvent ses fins de soirées canapé. Dans le documentaire À voix haute, sorti en 2017 au cinéma, voilà le genre de tic verbal qu’il se serait éreinté à gommer chez ses élèves de l’université de Saint-Denis, en vue du concours Éloquentia désignant le « meilleur orateur du 93 » . Pour ce qui concerne la Ligue 1, c’est un peu plus compliqué. « J’ai le sentiment que c’est un non qui ne dit pas non, embraye-t-il. Ce n’est pas un non d’opposition, mais un non d’attente et de reprise en main. Un non qui dit : "Je vais vous répondre autre chose que ce que vous voulez que je vous réponde." »


Explication limpide, tout tiendrait d’un ressort psychologique : « Si, à la question que l’on vous pose, vous dites "oui", vous êtes enfermé dans cette réponse et n’avez rien à ajouter, puisque la réponse se limite à la question. Quand vous dites non, vous vous ouvrez tout un champ des possibles : vous pouvez exprimer votre idée, quand bien même elle serait la même. Le oui enferme, le non libère. » Loin du bonhomme l’idée de limiter ce mécanisme de pensée aux simples joueurs de foot, le principe serait également bien connu des bêtes politiques. Dans le monde de ceux qui doivent manier la langue pour faire de même avec les esprits, on appelle cela le « blocage-réorientation » . À savoir : « Je ne pense pas que votre question soit celle qui préoccupe les Français, ce que les Français attendent, c’est...  » Permettant donc de répondre à la question que l’on a soi-même décidé de poser. Avec, en démonstration, ce mot d’esprit d’un éminent dirigeant de l’extrême gauche française, devenu célèbre un soir de Cartes sur table : « Vous êtes venus avec vos questions, moi j’ai mes réponses. »

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« Désolé si ça contredit l’esprit de votre papier, mais moi ça ne m’a pas frappé. » Daniel Lauclair sait de quoi il parle, il facture vingt ans de football sur le service public, et quinze de plus si l’on compte ses commentaires hippiques, ainsi que ceux sur le tennis et la pétanque. Il explique, néanmoins, avoir été frappé de la réponse Kylian Mbappé au questionnement de Mohamed Bouhafsi, après le coup de sifflet final du dernier Manchester-PSG : « C’est parfait ce soir ? » Moment de pause, puis : « Non, c’est bien ! » Il détaille : « Il y a certains footballeurs qui sont plus jongleurs en interview que d’autres, comme ils peuvent être plus techniques sur le terrain. Certains aiment bien affiner. Non pas qu’ils aient forcément l’esprit de contradiction, mais le sportif aime bien mettre sa patte, sa pointe, pour dire "non, mais oui quand même". » Il enchaîne : « J’ai toujours trouvé que certains journalistes posaient une première question puis repartaient en suggérant la réponse. Vous êtes là pour faire briller le joueur, pas le piéger. » Un non en forme de mécanisme de défense, donc, afin de se protéger de paroles que l’on souhaiterait leur faire cracher, « quitte à redire par des éléments de langage qui leur sont propres ce que le journaliste suggère » , comme le théorise Bertrand Périer.

Poupée de sires, poupée de non


L’interview de Tanguy Ndombele – spécialiste du genre – est, à ce titre, assez parlante. « L’équipe de France repose-t-elle les pieds sur terre après cette Coupe du monde ? » « Avez-vous abordé ce match avec trop de confiance ? » « Ils vous ont surpris ou pas, ces Islandais ? » À chaque question, réponse insinuée. Logique : forcer les joueurs à exprimer une opinion est une assurance de pouvoir en retirer, a minima, une phrase intéressante. Quitte parfois à prostituer leur pensée et, par voie de conséquence, à faire se réfugier ces derniers dans « une logorrhée qui se limite à trois phrases qu’ils répètent à l’envi » .

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Répondre par non est donc autant un ressort d’humilité – lorsqu'on les glorifie à la suite d'une bonne performance, par exemple – qu’un moyen pour eux de se protéger de la conversation, laquelle est, et c’est peut-être là le problème, rarement un moment de plaisir. Leur quantité ayant supplanté depuis leur qualité, esquiver les pièges en permanence peut devenir éreintant, ce qui fait déplorer à notre spécialiste de l’éloquence une uniformisation maousse des propos. « Chacun dit la même chose que son voisin à force de formules toutes faites, de sorte que l’on ne connaît pas les joueurs. Sauf quelques-uns qui manifestent une certaine singularité, je pense à Éric Cantona par exemple. Il était un orateur assez incroyable parce qu’il n’hésitait pas à avoir une personnalité. »



Daniel Lauclair, qui a aussi pu tendre son micro aux joueurs de Quevilly lors d’épopées de Coupe de France, confirme d’ailleurs que le contenu est « dans les grandes lignes » similaire entre pros et amateurs. Selon lui, «  on l’a payé cash » ou « on a tout donné » , « c’est un peu des clichetons tout ça. Mais on ne peut pas demander la lune à un joueur qui a 90 minutes d’effort dans les guibolles. On n’est pas au Café de Flore en train de boire un chocolat et de parler de Simone Veil. L’intérêt, c’est d’avoir un ressenti. » Une excuse de la fatigue que ne partage pas Bertrand Périer : « Toute personne qui parle a peur de dire des bêtises, mais je pense qu’à force d’avoir peur de dire des bêtises, on finit par ne plus rien dire du tout. Non, et c’est pour moi une vraie question, je me demande pourquoi on interviewe encore des joueurs de football. Vraiment. C’est le truc le plus stéréotypé et creux du monde. Pourquoi continue-t-on alors qu’ils ne disent jamais rien ? Ma question est : pourquoi est-ce qu’on persiste à leur tendre des micros dont ils ne savent que faire ? »

Par Théo Denmat Tous propos recueillis par TD.
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