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  1. // Angleterre – 6 clubs cultes dans l’ombre – Portsmouth FC

Portsmouth, gloire, décadence… et renaissance ?

Parce que ces tarés d’Anglais continuent de jouer au football même pendant les fêtes, célébrons-les avec un focus sur six clubs cultes du pays qui évoluent actuellement dans les divisions inférieures. Première « rise and fall story » , celle de Portsmouth FC, passé en une poignée de saisons de la Premier League à la D4 et provisoirement sauvé de la disparition par un innovant consortium de supporters.

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En quoi c’est culte ?

Le Portsmouth FC, c’est d’abord un surnom mythique : Pompey. C’est aussi l’historique Fratton Park, une enceinte plus que centenaire, de taille modeste (un peu plus de 20 000 spectateurs de capacité aujourd’hui), mais réputée comme étant l’une des plus bruyantes du pays. Ce sont également des supporters passionnés, dont le plus célèbre, John Westwood, s’est carrément rebaptisé John Portsmouth Football Club Westwood pour prouver son attachement viscéral au club de sa ville (sans compter ses multiples tatouages y faisant référence). Et puis, bien sûr, c’est un palmarès pas vilain du tout, comprenant notamment deux victoires successives en championnat en 1949 et 1950, ainsi que deux FA Cup conquises en 1939 et 2008. Bref, Portsmouth FC est une institution du football anglais. Il n’en a certes jamais été un poids lourd et n’a jamais vraiment prétendu l’être, mais il fait partie intégrante du paysage en sa qualité de sympathique poil à gratter. Les deux championnats remportés après-Guerre l’ont été avec des figures marquantes telles que Jimmy Dickinson, Ernie Butler, Peter Harris, Duggie Reid, Cliff Parker, Jimmy Scoular, Len Phillips and co. Ces joueurs ont permis à l’ennemi juré de Southampton de connaître un éphémère âge d’or, avant de passer les décennies suivantes à osciller entre l’élite et la division inférieure. L’autre époque glorieuse, beaucoup plus récente et bien plus éphémère encore, a lieu en 2008, avec le sulfureux Alexandre Gaydamak comme président et ce cher Harry Redknapp au poste d’entraîneur. Au printemps de cette année-là, « Pompey » domine Cardiff en finale de la Coupe d’Angleterre et remporte son premier trophée en un demi-siècle. Le dernier en date malgré les grosses ambitions d’alors.

Pourquoi ça a merdé ?

La bonne question à poser serait plutôt la suivante : mais pourquoi diable tout a été réuni à Portsmouth pour que ça merde autant ? Car le cocktail concocté après 2008 ne pouvait qu’être fatal à la santé financière et sportive du club : recrutement foireux, joueurs cadres déserteurs, tout comme le faiseur de miracles Harry Redknapp, et surtout une succession de présidents ripoux et/ou incompétents qui ont poussé Pompey dans le précipice plutôt que d’essayer de l’en dégager. Après Gaydamak, il y a eu Suleiman Al Faim (Émirats arabes unis), puis Ali al-Faraj (Arabie Saoudite), Balram Chainrai (Hong-Kong) et enfin Vladimir Antonov (Russie). Criblé de dettes et placé sous administration judiciaire par le fisc anglais, le club n’avait aucune chance de s’en sortir aux mains de tels zigotos. Conséquence des ennuis financiers et de direction : une chute fatale des résultats sportifs et un record de trois relégations en quatre saisons. D’abord en Championship (D2) au printemps 2010, puis en League One (D3) en 2012 et enfin en League Two (D4) en avril dernier à l’issue d’un abominable chemin de croix.

Où ça en est aujourd’hui ?


Passer des affiches européennes (contre le Milan AC notamment) aux joutes de la quatrième division nationale en cinq ans, il y aurait de quoi définitivement assommer n’importe quel club. Pas Portsmouth FC et ses formidables fans, qui ont pris conscience dès 2009 qu’il fallait absolument prendre les choses en main. Ce qu’ils ont fait en créant un consortium, baptisé « Pompey Supporters Trust » . L’idée : fédérer toutes les bonnes âmes, se faire aider par des entrepreneurs locaux et lever suffisamment de fonds pour racheter le club. Une longue bataille a été menée pour, dans un premier temps convaincre les instances du football anglais de la viabilité du projet, et dans un second temps réunir assez de cash pour récupérer l’antique enceinte de Fratton Park à son dernier propriétaire, le Hongkongais Balram Chainrai. Mission accomplie en avril dernier, contre le règlement d’un chèque de 3 millions de livres. Portsmouth FC appartient désormais à 2000 fans et à une poignée de patrons de PME du coin. Il devient le plus gros club du pays détenu par ses fans, un modèle qui commence à essaimer en Angleterre dans les divisions inférieures : AFC Wimbledon, FC United of Manchester, Exeter City FC, Chester FC, AFC Telford United… C’est beau, mais le plus dur reste à accomplir pour Portsmouth, à la peine cette saison en League Two et se trouvant actuellement plus proche d’une énième relégation que d’une promotion. Faute de bons résultats, il a même fallu récemment se séparer de l’entraîneur Guy Whittingham, remplacé par un certain Richie Barker. Heureusement, l’équipe (composée notamment des Français Romain Padovani, Yassin Moutaouakil et Thierry Racon) peut compter sur le soutien de 10 000 abonnés et de plus de 15 000 spectateurs en moyenne à chaque rencontre à domicile. Du jamais vu en D4 anglaise.

À suivre : Sheffield Wednesday

Par Régis Delanoë
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