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Pleymo : « Le foot a inconsciemment été cannibalisé par la scène hip-hop »

C’était l’époque dorée des college movies, des mecs à cheveux longs en T-shirt Korn et skate-boards, des riffs californiens et, en France, de la Team Nowhere. Le foot, lui, était complètement absent du folklore. Vingt ans après leur création et dix ans après la fin du groupe, Pleymo a décidé de se reformer pour remonter sur scène en ce début d’année 2018, histoire de marquer le coup. L’occasion, enfin, de parler ballon avec deux des membres du combo francilien.

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C’est quoi vos premiers souvenirs de foot ?
Davy : J’ai deux cultures foot. Il y a celle de mon papa, portugais, benfiquiste à fond. C’est le foot merguez et main courante. Moi, c’est l’équipe de France 1984-1986. J’ai autour de neuf ans. Pendant l’Euro, dans ma ville – Conflans-Sainte-Honorine –, il y avait un grand quai avec un immense écran. J’ai vu la finale avec mon papa, pro équipe de France ce jour-là. Mais je n’étais pas un vrai footeux. J’ai raccroché le wagon bien plus tard, je me suis pris d’affection pour Arsenal, avec les Frenchies, Thierry Henry avec le duvet. D’ailleurs, là, je souffre...
Fred : Moi, je suis surtout Marseille. Boli 93, la tête, Waddle les années avant... Mais mon joueur préféré, c’était Franck Sauzée, il envoyait de ces pétards... L’équipe de France des eighties, un peu moins. Ouais, Platini c’est cool, j’aime bien la Juve, mais me concernant, c’est vraiment l’OM. J’ai essayé de faire un peu de foot petit, j’étais nul. Je suis défenseur dans l’âme, j’aime bien le contact, donc quand t’es petit, le contact... C’est un peu nul, t’as du mal à t’exprimer. J’ai fait de la boxe après. Bref, Marseille à la fin des années 1980, puis la Coupe du monde 1990. J’ai des origines italiennes par mon père, j’ai regardé tous les matchs que je pouvais, j’étais au taquet. Et pourtant, c’était l’une des coupes du monde les plus horribles de l’histoire. C’était dégueulasse, mais j’ai kiffé, notamment parce que c’était en Italie. La demi-finale à Naples entre l’Argentine et l’Italie, je m’en souviens très bien. Celle de 1994 est bien plus cool, mais je ne la vis pas vraiment. J’étais en vacances au camping à Hossegor avec Mark, le chanteur. On avait 17 ans, on a juste vu la finale. On se trouve un petit bar pour voir Italie-Brésil. Et il y avait deux pro-italiens, Mark et moi. Tout le reste des clients étaient pour le Brésil. Les Français ne sont jamais pour l’Italie. C’est génétique, je pense. Tu nais, t’es anti-italien. Bon, moi, c’est différent. Le soir de France-Italie 2000, j’étais pour la France et j’avais un maillot de la Juve sur les épaules. Je sors voir le match en ville, et je mets le maillot de la Juve, sans réfléchir. Mais j’étais clairement pour la France. Esprit de contradiction.

Vous allez au stade ?
Fred : Je n’ai pas vraiment le temps d’aller au stade, il y a des trucs que je n’ai pas fait et que j’aimerais bien faire. Exemple, j’aimerais bien faire le Classico français, Marseille-PSG. Je trouve ça bien cette rivalité, c’est important. J’ai eu de la chance au début des années 2000 : j’avais une pote qui bossait au Stade de France. Donc j’ai pu voir quelques matchs, un France-Portugal notamment. C’était à l’époque où l’équipe de France, c’étaient les Beatles.
Davy : Pour moi qui suis pour Arsenal, c’est compliqué. J’y suis allé, mais ça coûte un bras. Sinon, j’ai un pote abonné au Parc, de temps en temps il me laisse sa carte d’adhérent et je vais voir Paris. L’hiver, je vais parfois voir Nice ou Monaco, car j’ai un spot là-bas. Finalement, j’en vois assez régulièrement, mais malheureusement, pas l’équipe que je voudrais supporter tous les week-ends. J’ai un maillot d’Arsenal que j’ai mis pas mal de fois à une époque, parce que je n’avais pas d’abonnement à Canal. Mais j’habitais à 500 mètres d’un pub irlandais, qui retransmettait tous les matchs de la Premier League. J’y allais me boire ma bière avec mon maillot, seul dans le pub, à mater le match.


Vous avez une anecdote de tournée liée au foot ?
Davy : J’en ai deux. La première, à Los Angeles. On tourne un clip, pour un morceau qui s’appelle Adrénaline. Une semaine après notre arrivée, il y a la finale de la Coupe du monde 2006. Je chope une intoxication alimentaire, je suis malade comme un chien. Bref, le jour de la finale, on va dans un bar, j’étais en souffrance totale. Il n’y avait pas trop d’ambiance, les Américains s’en foutaient. Dans le groupe, tout le monde est pour la France, et puis arrive le coup de boule de Zidane. Moi, je suis dégoûté. Il y a eu scission à ce moment-là, Mark a clairement pris position pour l’Italie. Les tirs au but, je suis au bout de ma vie. Le peu d’Américains qui étaient là ont choisi leur camp à ce moment-là, à la suite du geste de Zizou, ils étaient tous pour l’Italie. Mais en vrai, le groupe n’est pas très foot. Moi, je lisais France Foot, par exemple. On était en tournée, et je demande à notre régisseur de me les acheter. Il les achète, les met sur la console de notre ingé son. Et lui, il voit ça et il les jette tous, sans se poser de questions. C’est pour te dire à quel point dans le groupe, on n’en a rien à foutre.

Vidéo

Et la deuxième anecdote, c’est quoi ?
Davy : Ben, j’ai échangé quelques passes avec Lizarazu. Quand Pleymo s’est arrêté, j’ai accompagné Claire Keim (compagne de Lizarazu depuis 2006, ndlr) sur son album et quelques concerts. Et toute la préparation s’est faite dans l’une des maisons de Bixente, à Bidart, au Pays basque, et lui, il était là. Il allait surfer le matin et il revenait. Et un jour, c’était son anniversaire, et il a sorti le ballon. On a tapé trois balles comme ça, mais pour moi, qui avait encore les images de 1998, c’était un truc de fou.

Et sur les festivals, vous tapiez le cuir avec d’autres artistes parfois ?
Davy : Ouais, avec les Svinkels et Watcha. On avait fait un foot à Clermont-Ferrand devant la scène. Dans les Watcha, le bassiste, tous ses concerts, il les faisait avec le maillot de 1998. Il s’appelle Pendule. Et à chaque fois qu’on faisait une date avec eux, s’il y avait un ballon qui traînait, forcément on tapait un petit foot.

Vous étiez branchés sur FIFA et PES durant vos tournées ?
Fred : Un peu. À l’époque, quand PES était bien et que FIFA était pourri, on jouait à la cantine, chez Sony, notre label. J’ai joué contre Kerenn Ann à Bruxelles aussi. Elle adore les jeux vidéo, de mémoire. À un moment donné, on collaborait avec Activision, on était parrain du premier Guitar Hero. J’étais allé à la soirée de lancement de PES je ne sais pas combien, et il y avait Mavuba, Henry, Chamakh. Chamakh... Il se plante pas mal Arsène, parfois.
Davy : Mais tellement. Même Lacazette, j’ai du mal. Beau joueur, il a une pure conduite de balle, mais je n’arrive pas à savoir ce que j’aime pas. Je préférais Giroud. J’ai vu une compil des buts de Giroud. Il y en a deux max où il touche deux fois la balle. Il a la rage, il y va. Et Lacazette, je ne sais pas, je n'y arrive pas. J’espère qu’il va me faire fermer ma gueule. Tu vois la diff avec un mec comme Alexis, c’est ouf.

Et Wenger ?
Davy : Faut se rendre à l’évidence. À un moment donné, c’est relou. Il n’y a pas que son recrutement, même en matière de coaching. Pour moi, évidemment qu’il faut passer à autre chose. Pourquoi t’attends autant d’années avant d’acheter un vrai gardien ? Mais ce qui me fait peur, c’est ce qui va se passer derrière. Parce que ça ressemble, même dans les tribunes, à un club de mercenaires, un peu. Ce ne sera jamais aussi fort que MU ou Liverpool.
Fred : Je suis allé à l’Emirates, seulement pour le tournoi de présaison, l’Emirates Cup. Bon, sans intérêt, le match où Sanogo a mis cinq buts (quatre en réalité, ndlr). Aucun intérêt. Le stade est froid. C’est beau. Mais froid. Je n’ai pas trouvé ça prenant. Highbury, c’était plus fort.

Parmi tous les groupes de votre mouvance neo metal français, il n’y a aucune chanson ou presque qui fait référence au foot. C’est parce que votre mouvement était inspiré par les Américains et qu’ils s’en foutent ?
Davy : Je pense, déjà, qu’on n’est pas tant que ça à bien aimer ça. Déjà, dans Pleymo ... Au fond, il n’y a que Fred et moi. Mark y a joué étant enfant et regarde les grosses compétitions, mais c’est tout. Il n’en parle presque jamais, ça ne fait pas partie de sa vie. Nous deux, on se dit : « T’as vu le match hier ? » , mais il n’y a que nous deux.
Fred : Aussi, dans les textes des groupes de l’époque, il y avait un côté « on dénonce la société » , c’est moins compatible avec ce genre de références. Ou alors, c’était le côté inverse, ce qui nous correspondait davantage : le « having fun » , on parlait de choses ludiques, on faisait des références débiles à Groquick ou Goldorak. Et le foot a été cannibalisé par la scène hip-hop aussi, c’est peut-être inconscient. Il y a un côté culturel. Bon, à l’époque, il y avait le groupe Sepultura qui était très branché foot. Ils avaient des maillots. Mais, bon, ils sont brésiliens. C’est une religion là-bas.
Davy : On aurait pu placer du foot, mais c’est vrai qu’on était surtout dans la déconne. Mais par exemple, Enhancer, Aqme, ils ne parlent pas de foot. Certes, Bill d’Enhancer, le chanteur, tu lui mets une baballe et il court... Mais ce serait un ballon de rugby, ce serait pareil. Mais si je lui parle de foot, il ne comprend pas ce que je dis. Le seul avec qui je peux en parler, c’est Fred ou Pendule de Watcha.

Par hasard, est-ce que c’était pas aussi une façon pour les métalleux de se démarquer de la brit pop ?
Davy : Les groupes britons, j’adore, vraiment. Mais par rapport à Pleymo, ce ne sont pas du tout nos références. Et le public qui fait du skate, ce n’est pas trop son délire...
Fred : Aussi, faut savoir que dans la manière d’écrire et de composer, les Anglais, les Français et les Ricains, c’est très différent. Les Ricains, ce qui compte, c’est leur mélodie. S’il faut dire « I Love you » 14 000 fois pour que ça sonne bien, ils s’en foutent. Du moment que la mélodie est catchy, ils sont contents. En français, on s’appuie beaucoup sur les textes, quand même.
Davy : Et pour le coup, les chansons de foot, les reprises qu’on chante en tribunes, ça se rapproche aussi des chansons « à boire » . Et ceux qui maîtrisent ça, ce sont les Britons. Depuis toujours. Les Pogues, Oasis ou Stereophonics, tous ces mecs-là font des références au foot, on sait tous qui ils supportent. C’est complètement culturel. Ils ont tous un club à revendiquer, une ville. Et ils en parlent bien. Et techniquement, c’est ce qu'on appelle des swing fill triolet. C’est une sensation de valse, mais ce n’est pas vraiment une valse, et du coup, ça se rapproche très fort des chansons de marins. Des chansons à boire. Ce que la Californie n’incarne pas du tout.
Fred : Effectivement, le truc populaire et prolétaire du peuple, c’est le foot et c’est le rock. Alors que pour les groupes qui ont influencé notre mouvement, c’est plutôt le skate, les tatouages, le graff.



Est-ce que vous avez senti que si vous parliez de foot, dans le mouvement néo metal, vous passeriez pour des ovnis, ou pire, des beaufs ?
Davy : La question ne s’est même pas posée, je crois. Jamais on ne s’est dit : « Ouais, ce serait bien d’évoquer le foot. » La seule analogie qu’on faisait au sein du groupe, c’est par rapport à notre approche des concerts : c’est une finale de Coupe du monde. Plus je vieillis et plus je me rends compte qu’on n’est pas une nation de foot, en fait. Même si le moment où on a explosé coïncide avec celui où le foot est passé de ringard à cool. Mais par rapport aux Italiens, aux Espagnols ou aux Sudams, on n’est rien. Je pense qu’on est des mauvais supporters. Nous les premiers.

Dans la musique, il y a un postulat qui dit que les petites salles intimistes c’est toujours mieux. Mais le vrai kiff, quand on fait du rock, c’est pas de jouer dans un stade, plutôt ? Si on pense Queen, on pense Wembley...
Fred : Ton exemple est parfait. Queen, c’est typiquement un groupe de stadium rock. Queen dans une toute petite salle, c’est pas pareil.
Davy : T’imagines Bohemian Rhapsody à l’Arapaho ou ACDC dans un pub ?
Fred : Queen, ça a besoin de démesure, 90 000 personnes, du public à perte de vue, un stade qui clape des mains. Donc, oui, Wembley s’y prêtait bien. Après, quand t’as Freddie Mercury qui fait « hey oh » et que t’as 90 000 personnes qui le reprennent, c’est une autre galaxie. Muse aussi, c’est du stadium rock. Voir Muse dans un petit club de 200 places, ça n’a aucun sens, ils ont besoin d’envoyer la grosse artillerie.
Davy : On a joué une fois dans un stade. C’était au Japon, un stade de baseball, c’était monstrueux. On ne voyait plus le public, c’était une masse. Les festivals, c’est kiffant aussi parce que t’arrives sur scène et tu dis : « Waouh, ok, ça va jusqu’à la colline là-bas. » Ton ego est content. Mais tu ne peux pas comparer. Tu as complètement raison sur le son, en festival ou en stade, tu sais très bien que ce n’est pas ça qui compte. En salle, t’as un rendez-vous, tu vas les voir, tu vas passer une soirée avec des gens. Quand tu joues dans un stade, c’est dur d’avoir une relation intime avec les fans, donc tu te cantonnes à faire ton job.
Fred : Un stade, ce n’est pas fait pour un concert. J’ai été voir Guns and Roses au Stade de France il n’y a pas longtemps. Bon, les mecs jouent 3 heures et demie, génial, mais pendant une heure, le son, il est pourri. Le mec, il met une heure pour régler.
Davy : Les fréquences basses et aiguës ne se propagent pas à la même vitesse, donc t’entends les basses avant les aiguës, donc faut des relais. C’est particulier. Mais quand t’es public et que tu prends des tickets pour un concert dans un stade, tu vas voir des icônes, tu t’en fous du son. Si on doit recentrer le débat à l’échelle de Pleymo, notre but, ça a toujours été de faire des riffs et de voir des gens bouger les bras. Dans des zéniths, ils sont là, on va sauter dedans, c’est comme une soirée. Forcément dans un stade, c’est moins le cas. Mais au Japon, t’as pas besoin de leur dire de sauter, c’est la folie, ils sont synchro.

Pleymo sera en concert dans toute la France à partir de ce vendredi 9 mars.


--> Les dates de la tournée ici
La page Facebook ici

Propos recueillis par Marc Hervez
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