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Philipps : « Tu ne peux pas être bluffé par un adversaire »

Arrivé en France il y a dix ans et membre majeur de l’exploit réalisé par le Luxembourg en France dimanche dernier, Chris Philipps attend toujours de faire sauter les barrières de l’équipe première au FC Metz, son club formateur. Entre une étiquette difficile à décrocher et des retrouvailles avec Kylian Mbappé. Entretien.

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Peu importe le PSG, les étoiles, Neymar et Kylian Mbappé, Philippe Hinschberger est clair : « Ça ne nous fait pas trop frétiller, non. » En conférence de presse mercredi, l’entraîneur du FC Metz a tenu à déminer l’arrivée en ville vendredi soir de la version moderne des Hell’s Angels. « Honnêtement, je nous donne entre 10 et 15% de chances de marquer un point » , a même précisé le guitariste. La semaine n’a pourtant pas été tout à fait normale dans un club qui a dansé entre l’accueil de ses nouvelles recrues (Rivière, Wollscheid, Dossevi) et un match amical contre Reims (1-2), disputé vendredi dernier, à propos duquel Hinschberger ne s’est pas caché : « On a été mauvais, ce qui n’est pas illogique puisqu'on a aligné des gens qui ne s’étaient pas fait une passe de leur vie. » Dans la même parenthèse, un exploit : le Luxembourg a arraché un point historique à Toulouse (0-0) face à l’équipe de France avec, sur la pelouse, les Messins Vincent Thill et Chris Philipps. Deux joueurs qui espéraient après la rencontre avoir retenu l’attention des responsables du FC Metz. Première réponse : Thill a été laissé à disposition de la réserve. Philipps, lui, devrait retrouver le banc, malgré une prestation majuscule devant Olivier Giroud. Drôle de destin.



Comment s’est passé ton retour à Metz ?
Je suis revenu mardi, pour l’entraînement du matin. Les réactions ont été vraiment positives. Avec Vincent, tout le monde nous a félicités. Tout le groupe était content pour nous, même les Français qui étaient forcément concernés par le match nul de leur équipe nationale. Les gars étaient aussi surpris, forcément.

À la mi-temps du match contre la France, tu as demandé à tes coéquipiers de « limiter la casse » . Tu as vraiment eu peur de prendre une branlée ?
Je l’avais même dit quelques fois pendant le stage ! On se fait souvent chambrer sur le fait de jouer pour le Luxembourg parce qu’on est une petite nation du football et on nous balance même souvent des trucs comme « ça fait trois ans que vous n’avez pas gagné un match. » (Rires) C’est aussi pour ça que je suis hyper fier de ce nul, comme ça tout le monde voit que l’équipe progresse et on va pouvoir commencer à avoir un peu plus de considération de l’extérieur. Les Français sont des gens très fiers de leur équipe nationale, de leur nation, donc forcément, tout le monde disait qu’on allait prendre une raclée. C’est très bien comme ça.


Après le match, tu expliquais que ton match n’avait pas été parfait à cause de « quelques relances ratées » . Bon, c’était quand même pas mal. Avec du recul, comment tu as vécu ce match ?
On a un logiciel qui nous envoie à chaque fois les vidéos du match avec nos actions, donc forcément, j’ai revu quelques images. Je ne vais pas trop parler de mon match parce que j’ai quand même eu pas mal de messages après la rencontre où on me disait que ce que je venais de faire était quand même pas trop mauvais. Aujourd’hui, après un match, j’arrive à me juger moi-même, je suis le plus honnête avec mes propres performances. Je suis surtout content de la performance de l’équipe. Je suis fier d’avoir vu des gars comme ça sur le terrain pendant 90 minutes. L’état d’esprit a été assez remarquable et je pense que pas mal d’équipes devraient s’en inspirer pour atteindre leurs objectifs. Le plus important, c’est ça : l’image qu’on a renvoyée en tant qu’équipe.


Ta situation reste paradoxale. Au départ, avec la sélection, Luc Holtz t’a souvent utilisé au milieu alors que tu étais défenseur central à Metz. Désormais, tu dépannes dans l’axe en défense, alors que tu as été transformé en récupérateur en club. Comment tu arrives à jongler avec ces deux postes ?
Luc Holtz m’avait envoyé un texto il y a deux-trois semaines pour me dire qu’avec les absents et les suspendus, il y aurait des chances que je retrouve ce poste de défenseur central. En sélection, j’avais déjà dépanné dans cette position, à Metz, moins. J’ai l’habitude d’être dans ce rôle parfois à l’entraînement, donc je suis toujours prêt à pouvoir passer derrière, même en plein match. Ce qui était différent avec ce match contre la France, c’est que je n’avais jamais joué en défense centrale face à des attaquants de ce calibre, donc je me posais forcément quelques questions. Après, je pense que j’ai toujours été meilleur en tant que récupérateur par le passé. C’est deux postes d’axe, qui se ressemblent quand même un petit peu, même s'il y a plus de pressing au milieu et que derrière, tu es plus dans la gestion de la profondeur.

Je suis fier d’avoir vu des gars comme ça sur le terrain pendant 90 minutes. L’état d’esprit a été assez remarquable et je pense que pas mal d’équipes devraient s'inspirer du Luxembourg pour atteindre leurs objectifs.

Dans ton parcours, il y a avant tout ton enfance au Luxembourg, à Wiltz. Qu’est-ce que tu en retiens ?
Je suis né à Wiltz, mais j’ai surtout grandi dans un village à côté, dans le nord du Luxembourg. Après, ville, ici, ce n’est pas 50 000 habitants, c’est aux alentours de 10 000. (Rires) Comme pas mal de joueurs de la sélection actuelle, je viens du Nord, ce qui est une vraie différence par rapport au passé. Avant, l’équipe nationale était quasi intégralement constituée de joueurs évoluant dans les clubs du sud du pays. J’ai commencé dans un petit club, Harlange-Tarchamps, où j’ai fait ma pré-formation. J’étais en sélection U13, donc il fallait que je passe un cap pour grandir : je suis parti à Ettelbrück. Et, six mois plus tard, le FC Metz m’a repéré et j’ai signé là-bas. Je joue au foot depuis tout petit au milieu d’un socle familial très important pour moi. Aujourd’hui encore, j’ai gardé beaucoup de contacts dans ma région de naissance. Mes repères sont là-bas.

Au point d’y retourner souvent le week-end voir des matchs, non ?
J’habite toujours dans le village de mon premier club, donc c’est assez sympa d’aller les voir le dimanche, oui. C’est quelque chose qui me permet de retrouver un contexte complètement différent de celui que je connais habituellement. Les gens sont différents, il y a une autre approche du foot, ça fait du bien.

Tu es arrivé à Metz en 2007, tu as aujourd’hui 23 ans, mais on a l’impression que tu n’arrives pas à décrocher cette étiquette de petit jeune, d'espoir du club. C’est quelque chose que tu aimerais bien arracher ?
C’est surtout l’étiquette du joueur formé au club en fait, même si je pense que c’est le même problème dans tous les clubs. C’est quelque chose que l’on garde jusqu’au moment où l’on quitte le club formateur. Aujourd’hui, je pense que c’est plus difficile pour les joueurs formés dans les clubs de faire leur trou en équipe première. On est souvent considérés comme les petits jeunes, même si je pense qu’avec Hinschberger, mon statut a un peu évolué. Quand j’étais avec Albert Cartier il y a quelques années, j’avais cette étiquette et elle est difficile à enlever. On va dire que quand un joueur arrive d’ailleurs, il a forcément une autre considération que les joueurs formés au club, mais c’est logique. C’est aussi ça la problématique.


Tu as besoin – et envie – d’enchaîner depuis plusieurs saisons maintenant. Cet été encore, il a été question de départ, mais tu as prolongé ton contrat en août. Qu’est-ce qui t’a convaincu ?
Je me suis posé pas mal de questions pendant le mercato, dont une principale : est-ce qu’il fallait que j’aille essayer autre chose ? L’année dernière, j’ai fait une dizaine de matchs de Ligue 1, ce qui n’est pas suffisant à un âge où je dois désormais jouer régulièrement. J’ai démarré la préparation en attendant de voir comment les choses allaient évoluer, et les dirigeants m’ont dit qu’ils étaient contents de ce que j’avais montré. On m’a tendu la main pour continuer cette aventure, alors que je n’étais pas parti pour. Après, il fallait aussi se demander si j’aurais la possibilité de retrouver quelque chose à niveau équivalent, en Ligue 1, et avec les matchs que j’avais fait l’année dernière, ça me paraissait compliqué. Les discours ont changé, l’approche aussi, la suite, c’est l’avenir qui parlera.


Tu as notamment été sifflé la saison dernière contre Dijon. Ça t’a touché d’être pointé du doigt ?
Sur le moment, je n’ai pas compris pour une raison simple : je n’ai jamais parlé en mal contre le club. En plus, je suis formé au club, donc en général, on ne se fait pas siffler par les supporters dans ces cas-là. Naturellement, ça m’a touché, et ça a aussi été l’une des raisons qui m’ont poussé à me poser la question d’un départ. Je ne pense pas que je méritais ces sifflets parce que je suis rentré dans une équipe qui ne tournait pas super bien et qu’on a commencé à prendre des points. Même aujourd’hui, je n’ai pas de réponses.

C’est dur d’évoluer dans une équipe qui subit en permanence, que ce soit à Metz ou avec le Luxembourg ? Tu arrives à t’épanouir dans ce football-là ?
J’ai grandi dans un football comme ça, même avec les équipes de jeunes du Luxembourg, ça se passait comme ça. J’ai connu un football différent quand j’ai été prêté en Allemagne, en troisième division, au SC Preuẞen Münster (durant la saison 2015-2016, ndlr). Là-bas, on jouait, on dominait nos adversaires, on avait le ballon, ça me permettait de mettre en valeur ma qualité de passes, de relances. Entre-temps, j’ai aussi appris à être plus costaud dans les duels, ce qui a longtemps été mon principal défaut. Je devais apprendre à être plus méchant. Je sais que je serais plus à l’aise dans une équipe qui a la possession, mais aujourd’hui, je suis à Metz et je suis international luxembourgeois, donc il faut que je m’intègre à ce contexte.

« J’ai connu un football différent quand j’ai été prêté en Allemagne, en troisième division, au SC Preuẞen Münster. Là-bas, on jouait, on dominait nos adversaires, on avait le ballon, ça me permettait de mettre en valeur ma qualité de passes, de relances. »

Tu as la réputation d’être un mec qui s’intéresse beaucoup aux questions tactiques.
En équipe nationale, comme on a tous été formés à travailler autour d’une approche défensive, j’ai appris à travailler mon analyse, ma lecture du jeu. C’est arrivé rapidement dans ma vie. Je trouve que c’est important, et le match de dimanche dernier en est la preuve : une équipe comme nous, avec largement moins de qualités que l’équipe de France, a réussi à faire un résultat. On avait un vrai plan de jeu, on l’a respecté et dans ce cas-là, tu peux faire quelque chose, même contre les plus grands. Alors oui, de mon côté, je m’y intéresse, notamment au packing, qui est le nombre de joueurs que tu peux éliminer par une passe. J’aime bien être là-dedans.


Dans ce rôle-là, un joueur comme Eric Dier évolue, lui aussi, parfois en défense, parfois au milieu. Tu prends exemple sur lui ?
Je dis souvent que c’est l’un de mes joueurs préférés, et pas mal de personnes ne comprennent pas d’ailleurs. (Rires) Tout simplement car même s’il évolue en équipe d’Angleterre ou à Tottenham, Dier n’est pas un joueur qu’on remarque. Les joueurs les plus importants d’une équipe ne sont pas forcément ceux que l’on voit le plus. Au haut niveau, on a aussi des mecs comme Busquets, Kroos, mais aussi beaucoup d’autres, des joueurs qui ne se font pas remarquer par un passement de jambes ou un sombrero.


Tu es quelqu’un qui avale pas mal de matchs du coup ?
Oui, j’aime bien regarder des matchs d’un peu tous les championnats. Il y a tellement d’approches différentes que ça permet d’apprendre énormément sur le foot en général. En Ligue des champions, une fois la phase de poules passée, on voit que la différence se fait principalement à ce niveau-là. Au Luxembourg, on a un sélectionneur qui est très fort là-dessus et c’est aussi pour ça qu’on progresse.

Philippe Hinschberger t’a reparlé tactiquement de ton match contre la France ?
On se s’est pas revu beaucoup depuis mon retour à Metz, mais il m’a félicité, oui. Après, il m’a aussi fait comprendre qu’il fallait garder les pieds sur terre et se remettre rapidement au boulot. C’est aussi une bonne approche même s’il faut qu’on savoure ce qu’on vient de faire. Lui, il était surtout dans la préparation de ce match contre le PSG.

« Je dis souvent qu'Eric Dier est l’un de mes joueurs préférés et pas mal de personnes ne comprennent pas d’ailleurs. »

Là, tu vas retrouver Kylian Mbappé contre qui tu as joué à Toulouse. Qu’est-ce qu’il a de différent ?
Je sais pas... J’ai l’impression que même contre un bloc aussi défensif que le nôtre, il arrive à trouver des solutions. On l’a vu sur toutes les actions françaises quand il était sur le terrain, et sa sortie nous a soulagés, vraiment. À un moment donné, il reçoit un ballon de la gauche, il remet en première intention sur Griezmann qui lui remet derrière... C’est ça, Mbappé : un joueur qui voit plus vite, plus loin que les autres. C’est dur à anticiper, à contrer, c’est vraiment le joueur plus, car même avec une grande vitesse, il garde une grosse lucidité.

Tu avais peur de l’affronter ?
Non ! Quand tu es sur le terrain, tu ne peux pas être bluffé par un adversaire. J’ai beaucoup de respect pour ce genre de joueurs, mais il ne me fait pas peur.

Quand on n’a pas l’habitude de jouer contre des joueurs comme ça, il n’y a pas de risque d’être dans la peau d’un spectateur ?
C’est surtout une question pour certains de mes coéquipiers de sélection. Il y a de nombreux gros joueurs en Ligue 1, mais les gars qui ont moins l’habitude ont justement bien réagi là-dessus. C’est ce que je leur ai dit après le match, je les respecte vraiment pour ça, car on est toujours curieux de voir ce qu’on peut donner face à de grands joueurs.



Propos recueillis par Maxime Brigand
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