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Père Marc : « J'ai dit au pape de prier pour Sunderland »

Il est l'une des dernières lueurs d'espoir pour certains fans désespérés du Sunderland AFC, embourbé depuis bientôt deux ans en League One, la troisième division anglaise. Révélé par la série Sunderland 'til I die, où il donne des messes pour le club du nord-est de l'Angleterre, Marc Lyden-Smith, alias Father Marc, le curé de la paroisse de Sunderland, évoque le rapport qu'entretiennent les habitants de sa ville avec leur équipe de football, mais aussi sa propre passion pour les Black Cats. Une passion qu'il n'a jamais reniée, pas même au Vatican. Et surtout pas à Newcastle, chez le voisin honni.

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Avez-vous la sensation de ne pas être un prêtre comme les autres ?
(Rires.) Je ne sais pas. J’ai surtout la chance d’être un curé et un fan de football dans une ville où le foot et la religion occupent une place importante. Prêcher sur le football n’est peut-être pas très commun, mais la série montre à tous à quel point ce sport et la foi comptent dans la vie des citoyens de Sunderland. En tant que responsable religieux d’une ville très attachée à son équipe de foot, je me dois de prier pour le club et ses fans chaque semaine.

Quand vous est venue l'idée de célébrer des messes en l’honneur des Black Cats ?
Je suis devenu prêtre en 2010, et pour ma première affectation, j’étais à Newcastle, dans le centre-ville. J’y suis resté quatre ans, ce qui était assez délicat en tant que supporter de Sunderland, mais ensuite l’évêque, dans sa grande sagesse, m’a confié la paroisse de Sunderland en 2014.
« Je ne sais pas si c’est le cas en France, mais en Angleterre, en particulier en Premier League, la plupart des équipes de football ont une personne - parfois protestante, parfois catholique, parfois musulmane - avec qui les joueurs, les membres du staff ou les salariés peuvent échanger en toute confiance ou prier. »
C'est là que j'ai commencé à le faire. Je me suis tout de suite senti chez moi, beaucoup plus que quand je vivais dans la gueule de l'ennemi en plein centre de Newcastle. Mais les deux villes ont des habitants formidables et des supporters géniaux, et j’ai toujours trouvé la rivalité entre les deux clubs assez bon enfant, en particulier quand j’exerçais au beau milieu des fans de Newcastle. Chaque semaine, j’avais droit à des blagues et des petites taquineries, mais c’était toujours très amical. Quand j'étais là-bas, je passais déjà une journée par semaine à Sunderland : en 2012, j’ai été nommé aumônier du club. Je ne sais pas si c’est le cas en France, mais en Angleterre, en particulier en Premier League, la plupart des équipes de football ont une personne - parfois protestante, parfois catholique, parfois musulmane - avec qui les joueurs, les membres du staff ou les salariés peuvent échanger en toute confiance ou prier. On peut être amené à célébrer les mariages ou les baptêmes de certains membres de leur famille. C’est une position idéale pour faire la connaissance des gens du club, que ce soit les joueurs ou les travailleurs de l’ombre.



Comment vous êtes-vous retrouvé aumônier ? Vous avez candidaté ?
Oui, le club a fait un appel à candidatures. C’est quelque chose d’assez récent, mais les aumôniers se sont multipliés dans les clubs ces vingt dernières années. Le turn-over dans les clubs est aujourd’hui tel que l’aumônier, pour peu qu’il soit là depuis dix ans, peut vite être la plus ancienne personne au sein du club. C'est du bénévolat, mais tous les grands clubs, comme Manchester City ou Manchester United en ont un aujourd’hui, certains plus sollicités que d’autres. Pour ma part, pas mal de gens du club viennent me voir. Il m’arrive ainsi de marier des footballeurs, de baptiser leurs enfants ou de célébrer des funérailles dans leurs familles.

À quand remonte votre passion pour Sunderland ?
Je viens de Jarrow, à une dizaine de kilomètres de Sunderland. J’ai toujours vécu près de Sunderland et ai toujours été un supporter des Black Cats. Gamin, j’allais à l’ancien stade, à Roker Park (démoli en 1998, N.D.L.R.).

Quelles étaient vos idoles ?
Je ne l’ai jamais vu jouer, mais Jimmy Montgomery, le gardien de but (recordman d'apparitions sous le maillot de Sunderland avec 627 matchs entre 1960 et 1977, N.D.L.R.), est l’un de mes paroissiens et vient régulièrement à l’église. J’adore écouter ses histoires. Sinon, je me souviens que Niall Quinn et Kevin Phillips (fabuleux duo d'attaque du club entre 1997 et 2002, N.D.L.R.) étaient fantastiques à voir jouer ensemble.

Vous jouiez au foot, à l'époque ?
J’ai joué plus jeune en scolaires, mais je n’étais pas si bon que ça. Mais je suis également aumônier de l’université de Sunderland, où nous avons beaucoup d’étudiants étrangers. Toutes les deux semaines, je joue avec eux, c’est assez sympa. En général, je joue milieu de terrain.


Quels sont vos plus grands souvenirs de supporter ?
Je me souviens du jour où nous avons disputé la finale des play-offs d’accession à la Premier League, contre Charlton (1998). Nous avions perdu aux tirs au but après avoir marqué quatre fois pendant le match (4-4, 6-7 aux tab)... C’était très douloureux, d’autant que je n’étais qu’un écolier. C’était la toute première fois de ma vie que j’allais à Londres. Je me souviens de mon excitation, et de la frustration de marquer quatre buts sans être promu. Mais dans le bus du retour, il y avait une grande fierté, un vrai sens de la communauté. C’est ce jour-là que j’ai réalisé que je faisais partie de quelque chose de vraiment spécial. Ce sentiment m’a marqué à vie.

À tel point que vous avez offert un maillot du club au pape François en 2013.
C’était la première fois que je le rencontrais - je l’ai rencontré trois fois -, et pour l’occasion je lui ai offert un maillot de Sunderland. Le pape François est un vrai mordu de football, il était autrefois abonné à San Lorenzo. Il n’a a priori pas de télévision, mais il se renseigne sur le sujet et connaît le classement de la Premier League, du championnat espagnol, italien et, bien sûr, du championnat argentin. C’était donc sympa de parler foot brièvement avec lui. C’est assurément un fan de foot : quand nous discutions, je ne me rappelle pas exactement les mots qu’il a employés, mais il savait que Sunderland n’allait pas très fort à ce moment-là de la saison (Sunderland comptait alors un petit point après huit journées de championnat, N.D.L.R.). Je lui ai dit qu’il fallait prier pour nous, il a souri et acquiescé, et lors du match suivant, nous avons battu Newcastle (2-1), nos grands rivaux ! C’était un super résultat, grâce au pape ! Si un jour, il vient en Angleterre, je l'inviterai évidemment au stade.

Vous allez encore au stade aujourd’hui ?
En tant qu’aumônier, j’ai droit à des billets pour les rencontres à domicile. J’assiste donc à tous les matchs au Stadium of Light, pour les vivre avec les salariés du club.
« La prière est au centre de la vie d’un prêtre, je dois l’adresser à toutes les personnes de ma paroisse, et les footballeurs n’échappent pas à la règle. Ils ont certes plus d’argent que la plupart d’entre nous, mais ils ont les mêmes soucis et inquiétudes que n’importe qui. »
J’en profite pour emmener une ou deux personnes défavorisées avec moi, pour leur changer les idées.

Ça vous arrive de prier au stade ?
Bien sûr. Où que je sois, je prie avant le début de chaque match. Je prie pour que chaque joueur fasse étalage de son talent, pour les gens qui se rendent au stade, mais aussi pour que les visiteurs et leurs fans, qui doivent parfois parcourir plusieurs centaines de kilomètres pour rallier Sunderland, voyagent en toute sécurité et se sentent les bienvenus ici. La prière est pour moi un rituel avant les matchs. Mais je prie également pendant les matchs : pour que la meilleure équipe gagne, pour que les joueurs ne se blessent pas... La prière est au centre de la vie d’un prêtre, je dois l’adresser à toutes les personnes de ma paroisse, et les footballeurs n’échappent pas à la règle. Ils ont certes plus d’argent que la plupart d’entre nous, mais ils ne sont pas différents : ils ont les mêmes soucis et inquiétudes que n’importe qui.

Le fait de prier pour le club de foot a-t-il eu un impact sur la fréquentation de vos messes ?
Sunderland est historiquement une ville très catholique. Chaque dimanche, environ 700 personnes en moyenne assistent à la messe. Tous viennent avec leurs craintes, leurs joies, leurs espoirs et des personnes pour qui prier, et le football est une préoccupation pour la majorité des habitants. Donc je dirais que la fréquentation a augmenté ces dernières années, mais que la ville a toujours été très religieuse.



Ces messes sont-elles perçues par certains fans comme un moyen d'augmenter les chances de Sunderland de gagner des matchs ?
(Rires.) Je dirais que les gens viennent d’abord à la messe pour y chercher du réconfort, mais aussi de la force et de l’espoir pour affronter tous leurs tracas et difficultés du quotidien. Et puisque le football est très important dans cette ville, certains viennent aussi à la messe avec l’équipe en tête, et l’amènent peut-être devant Dieu quand ils sont à l'église.

Lors de la finale d’accession au Championship, la saison dernière (perdue face à Charlton), vous avez rédigé une prière, publiée dans le Sunderland Echo. D'où vous vient l’inspiration ?
Des gens, en les écoutant. Quand vous priez pour les joueurs et que vous connaissez certains d’entre eux, vous faites en sorte que vos prières reflètent ce qu’ils ressentent, mais aussi les espoirs et attentes des gens de votre paroisse. Donc vous écoutez les gens que vous servez, puis vous écoutez Dieu, et vous écrivez quelque chose.

Vous avez notamment imploré le Seigneur en ces mots : « Délivre-nous de la League One » . C’est si important que ça, pour Sunderland ?
Nos supporters sont parmi les meilleurs, si ce n’est les meilleurs du pays. Ils méritent d’être en Premier League, de viser des victoires en coupe. Ce sont des fans de Premier League, des fans de Ligue des champions, qui méritent le meilleur. Et quand l’équipe va bien, c’est toute la ville qui va bien, en matière d’économie, d’emploi, d’autant que le club de football est l’un des principaux employeurs locaux. Être promus, être les meilleurs, serait bon non seulement pour le moral, mais aussi pour l’identité et l’unité de la ville.

L'épidémie de coronavirus pourrait toutefois malheureusement conduire la Fédération anglaise de football à prononcer une saison blanche en League One.
Ce serait évidemment très triste pour les équipes comme Sunderland, qui avaient de très bonnes chances de finir dans le haut de tableau et pouvaient espérer les play-offs. Mais je pense que la plupart des gens comprennent qu’il s’agit d’une situation absolument unique, une étape de notre vie que les enfants étudieront à l’école dans les années à venir. Toutes nos prières et toute l’attention de nos travailleurs de santé sont aujourd’hui concentrées sur les malades. Les gens sont bien plus préoccupés par le fait de sortir de cette crise sanitaire, et de le faire tous ensemble et en vie. Il y a un grand sens de la communauté à Sunderland : tous les jeudis soir à travers l’Angleterre, tout le monde sort dans la rue pour applaudir et remercier nos médecins, infirmiers et infirmières, et des milliers de personnes le font ici. Alors, si ce scénario en League One se produit, ce sera une immense déception, mais tout le monde comprend que c’est une situation unique et qu’il faut rester chez soi.

Vous avez eu des nouvelles des gens du club durant le confinement ?
Oui, beaucoup de joueurs et de membres du staff m’ont écrit pour prendre de mes nouvelles, et nous sommes régulièrement en contact pour s’assurer que chacun se porte bien.
« Dimanche dernier, deux mille personnes ont aussi suivi ma messe en streaming. »
Il y a un vrai élan de fraternité entre nous. Le gouvernement a malheureusement ordonné la fermeture de tous les lieux publics, dont les églises, ce qui est triste, mais tout à fait compréhensible. Je poste donc des vidéos sur la page Facebook de la paroisse, où elles font quelques centaines de vues. Dimanche dernier, deux mille personnes ont aussi suivi ma messe en streaming. Les gens ont besoin de cette connexion avec l’église, en particulier en cette période trouble. Quelle que soit leur représentation de Dieu, ils veulent cette connexion avec lui. Au-delà de la douleur et la peine, le coronavirus a certainement permis à chacun de recentrer ses priorités, de mesurer ce qui compte vraiment, dans la vie : la famille et la communauté. Nous sortirons de cette période avec les cœurs beaucoup plus ouverts.

Propos recueillis par Simon Butel
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