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Pepijn Lijnders, éminence rouge

Arrivé à Liverpool il y a trois ans, Pepijn Lijnders est progressivement devenu le cerveau indispensable à Jürgen Klopp. Portrait d’un précoce.

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Une journée d’été à Santa Clara, Californie. Au-dessus des têtes, il y a ce soleil agressif, mais il y a surtout ce bruit qui emmerde Pepijn Lijnders : des hélices d’avion. Alors, il augmente le volume. Il faut le voir s’agiter au milieu du Levi’s Stadium de la ville, le voir hurler, recadrer et déplacer de quelques centimètres ses pions pour que tout soit parfait. Quelques semaines plus tôt, certains des hommes qui lui font face étaient en France pour disputer le championnat d’Europe, d’autres étaient là, aux États-Unis, pour s’arracher le gain d’une Copa América Centenario sans saveur. Mais ça, Lijnders en a un peu rien à faire. Sa cible, ce sont avant tout eux : les jeunes. Il s’expliquera d’ailleurs quelques heures plus tard, face caméra, à la chaîne officielle du Liverpool FC : « Mon rôle, c’est avant tout d’intégrer ces joueurs à l’ensemble collectif qu’est le groupe professionnel. On est dans une période clé pour la saison qui commencera dans quelques semaines. Le plus important, c’est que chaque individu qui compose ce groupe soit capable de prendre des décisions individuelles en fonction des références et idées du collectif. »


Pepijn Lijnders est comme ça. Il était comme ça il y a quinze ans, au moment de se lancer dans le coaching chez lui, aux Pays-Bas. Il était comme ça au PSV, au FC Porto et il est comme ça à Liverpool, que ce soit lors de cet été 2016 ou n’importe quand depuis qu’il est arrivé à Melwood en août 2014. Il est différent, il cite du Einstein - « La logique te mènera de A à Z... l’imagination te mènera plus loin. » - mais il est surtout celui pour qui Jürgen Klopp a un jour eu ces mots : « Je ne peux imaginer ma vie à Liverpool sans lui. » Rien que ça.

L’inspiration Coerver


Pepijn Lijnders, c’est aussi un mélange d’absurde et de révérences autour d’une question : comment un mec de trente-quatre ans, qui a déjà passé seize ans dans ses notes, a-t-il pu devenir à ce point une référence alors qu’il n’est encore qu’à la lisière d’une carrière d’entraîneur qui s’annonce déjà intense ? Pour y répondre, il faut plonger, mais surtout se replonger dans la vie d’un mec qui, avant d’enseigner le foot, a joué au foot. Sa carrière aura duré quelques années, rien de plus. La faute à des ligaments croisés détruits et incapables de revenir à un état convenable. Pepijn Lijnders est né à Venray, aux Pays-Bas, dans la province du Limbourg. À cet instant, découragé, il aurait pu tout envoyer en l’air comme le chanteur de Kyo, mais il a préféré prendre un carnet et la route, soit une suite plutôt logique quand on aime au moins autant le foot que le plaisir qu’on peut procurer avec.


La chance de Pepijn, c’est qu’on lui a laissé de la place pour s’exprimer : à dix-huit ans, il s’est retrouvé responsable de la formation dans un club amateur aux Pays-Bas, à vingt, il a débarqué au PSV. Mieux, Lijnders a fabriqué sa bulle. Il a lu, a étudié, a mangé des heures d’archives pour comprendre l’évolution du jeu et a surtout découvert son inspiration : Wiel Coerver, révolutionnaire, vainqueur de la Coupe de l’UEFA et du championnat national avec le Feyenoord en 1974, et sobrement surnommé l' « Albert Einstein du football » . Coerver est surtout reconnu parce qu’il a accepté de prendre le football à sa manière à l’heure où le totaalvoetbal de Rinus Michels devenait religion. Pour Michels, l’individu est l’élément d’un tout. Pour Coerver, la nuance est la suivante : plus le joueur en tant qu’individu est bon, plus l’équipe le sera à son tour. Pepijn Lijnders va le reprendre pour lui et, entre ses mains, on bosse avant tout individuellement avant de dessiner un style collectif.

Le cœur, la tête et les couilles


C’est d’ailleurs probablement au PSV que Lijnders a le plus appris. Il fait alors bosser les jeunes sur leur technique, les réflexes tactiques, encadre des joueurs âgés de six à seize ans, et restera cinq ans, travaillant par exemple avec un certain Memphis Depay. Sa philosophie n’aura mis que quelques années à se dessiner, soit juste assez pour taper dans l’œil du FC Porto. Ses principes : une intensité énorme au travail et la mise en place permanente de séquences en un contre un, en deux contre deux, pour voir la façon dont va réagir l’individu. Car si Pepjin Lijnders a un objectif, c’est celui de développer le QI de ses joueurs et leur mental. Il aura d’ailleurs un jour cette phrase : « Vous jouez 20% d’un match avec votre cœur, 20% avec vos pieds, 60% avec votre tête. » Au Portugal, l’ascension de Lijnders sera simple : U19-réserve-équipe première. C’est à ce moment qu’il commence à documenter son travail, à expliquer ses méthodes, à multiplier les conférences, mais aussi à se démarquer à une période où deux écoles existent dans les centres de formation européens.


D’un côté, il y a les défenseurs d’un style commun à toutes les équipes de jeunes pour faciliter l’intégration future à l’équipe première. De l’autre, ceux de l’expression individuelle pour le collectif. C’est le camp de Pepjin Lijnders qui expliquera à plusieurs reprises sa volonté de « ne pas détruire ce qu’il reste d’instinct » chez un jeune footballeur. Dans ces présentations, Lijnders citera d’ailleurs souvent le cas d’Arjen Robben : « Pour moi, Robben est l’exemple parfait du joueur qui parvient à se fabriquer lui-même des espaces. C’est une histoire de timing, mais aussi d’intelligence car à chaque ballon reçu, Robben sait ce qu’il va faire pour bonifier ses coéquipiers et utiliser au mieux l’espace créé. »

« Je suis loyal »


Voilà pourquoi Liverpool est venu le chercher à l’été 2014 au moment de la réorganisation de l’académie des Reds. Aussi parce que Pepjin Lijnders parle cinq langues et qu’il est simplement obsédé par le foot. Il a eu ses succès et Rodgers l’a finalement fait grimper avec l’équipe première avant que Klopp ne le conserve derrière. La raison : « Pep se greffe parfaitement au style que l’on veut mettre en place, mais aussi à la façon dont nous voyons la vie. » Lijnders est également Liverpool-compatible dans l’identité. De l’avis de tous, l’approche souvent attractive des Reds depuis l’arrivée de Jürgen Klopp est avant tout de la responsabilité du technicien néerlandais, dont le poste est assez vague : « development coach » .


Il y a quelques mois, les Go Ahead Eagles (Eredivisie) sont venus le chercher pour devenir numéro un. Le cerveau a refusé, préférant attendre tout en sachant que son avenir passerait bien par la lumière d’un banc. « Je suis loyal et je ne peux pas quitter Jürgen après seulement une saison complète ensemble. On a une mission, une ambition et je dois accompagner la nouvelle génération avant de partir. » Peut-être aussi qu’il sait que le contrat de Klopp s’arrêtera dans quelques années et que si Liverpool rêve de voir Gerrard débarquer sur le banc de l’équipe première, les Reds tiennent certainement déjà leur futur entraîneur. Un mec qui n’a pas peur du volume, donc.

Par Maxime Brigand
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