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Pedro Chirivella : « Quand j'ai parlé de Nantes à Klopp, il m'a dit de foncer »

Recrue du FC Nantes à l’été 2020, Pedro Chirivella, élu meilleur joueur du mois d'octobre par les supporters des Canaris, est l'un des acteurs principaux du bon début de saison de son club. Avant de se déplacer samedi sur la pelouse du Paris Saint-Germain (17h), le milieu de terrain espagnol de 24 ans évoque son parcours. Où il est question de paëlla, de padel avec Jürgen Klopp et d'une promesse : l'avenir appartient à Ludovic Blas.


Bonjour Pedro ! Tu as connu tes premières minutes chez les pros sous le maillot de Liverpool, le 17 septembre 2015 contre les Girondins de Bordeaux, au Matmut Atlantique (1-1). Que retiens-tu de cette grande première ?
C’était en Ligue Europa, Brendan Rodgers faisait des changements réguliers pour donner du temps de jeu à un maximum de joueurs. Au bout de vingt minutes, Kolo Touré se blesse, et je le remplace. J’avais déjà obtenu quelques convocations dans le groupe professionnel, mais le coach m’a fait jouer cette fois-ci, et je lui en serai éternellement reconnaissant. Rodgers avait confiance en moi, il parle un espagnol parfait, et j’aime sa manière de concevoir le football. Pour ce qui est de la France, je n’y étais jamais allé avant ce match. Bordeaux m’avait fait bonne impression, c’était une équipe solide. Je me souviens que jouer avec des gars aussi doués que Coutinho ou Roberto Firmino m’a vraiment aidé à rentrer dans le match.



Samedi, tu vas affronter le PSG au Parc des Princes. Quelle importance accordes-tu à ce match ?
Sincèrement, les points que nous prenons contre le Paris Saint-Germain ont la même valeur que face à une autre équipe. Ma famille et mes amis parlent de ce match comme si c’était le grand rendez-vous, mais je peux même parler au nom de mes autres coéquipiers : on prépare ce match de la même manière que n'importe quel autre match. Nous avons étudié ce que le PSG pouvait proposer et nous verrons si cela va nous permettre d’en retirer un résultat positif.

L’an passé à Paris, vous étiez parvenus à l’emporter (1-2). Ce match peut-il servir de modèle ?
Je signe tout de suite pour avoir le même résultat au coup de sifflet final ! Peu importe si nous avons le ballon ou si nous devons procéder en contre, je souhaite simplement que nous marquions plus de buts qu’eux. Et il faut être honnête : quand tu joues au Parc des Princes, tu as de très fortes chances d’être dominé dans le jeu. Dès lors, mieux vaut être préparé pour beaucoup défendre.



Tu as dû profiter de la trêve internationale pour observer l’Espagne. Quand tu regardes les matchs de la sélection nationale, qu’est-ce que tu te dis ?
Mon rêve ultime de footballeur, c’est de jouer pour la sélection nationale. Si je peux l’accomplir un jour, ce serait merveilleux. Cela dit, j’en suis encore loin aujourd’hui et je dois travailler très dur pour avoir cette opportunité. Dernièrement, l’Espagne a gagné énormément de crédit grâce à ses performances. Lors du Final Four de la Ligue des nations, affronter les champions d’Europe et les champions du monde, cela démontre tout le bon travail accompli par Luis Enrique avec des joueurs très jeunes.

Tu as joué en U17 avec l’Espagne. Comment expliques-tu que ta génération, à l’exception d’Adama Traoré, ne soit pas encore arrivée chez les A ?
Le football évolue à une vitesse folle. Si tu es international en U17, cela ne te garantit pas du tout d’être appelé pour la sélection A un jour. Et à côté de ça, il y a des exceptions. Regardez, Gavi, il a été appelé en sélection à 17 ans et joue à un niveau démentiel ! En Espagne, Luis Enrique a été pris pour un fou quand il l'a sélectionné. Quatre matchs plus tard, il n’y a même plus de débat ! Gavi est devenu un titulaire en puissance dans la sélection espagnole. Luis Enrique se fiche de l’âge ou du statut, il regarde avant tout les performances.

« J'ai été capitaine des équipes jeunes de Valence pendant dix ans. C’est un leadership que j’ai toujours accepté, car j’aime encourager mes coéquipiers par les mots. À Nantes, j’ai dû patienter avant de le faire, car je devais bien maîtriser le français. »

Avant Liverpool, tu as fait tes classes dans le centre de formation de La Paterna à Valence où tu es issu de la même génération que Carlos Soler et Toni Lato, aujourd’hui membres de l’équipe première. Quels souvenirs gardes-tu de tes années de formation là-bas ?
Je suis entré à 5 ans à La Paterna, Carlos et Toni sont arrivés un an après. Ce sont toujours deux amis proches, nous nous appelons régulièrement. Je suis vraiment très heureux pour eux de les voir au club. Carlos va bientôt atteindre les 200 matchs professionnels avec son club formateur, c’est une vraie fierté de le voir jouer là-bas. Quand j’y étais, j’avais une énorme envie de représenter le club de la ville où je suis né. On était entre amis, à jouer au foot dans le meilleur club de la région, et dès que le match se terminait, je pouvais rentrer à la maison pour profiter de ma famille. C’était le bon temps, ça me manque. Aujourd’hui encore, dès que j’ai quelques jours de temps libre, je reviens à Valence.

Tu as été le capitaine de cette génération 1997, à quoi cela était-il dû ?
Depuis ma première année à Valence, j’étais avec des joueurs de la génération 1996. Ce n’est qu’à partir de la deuxième année que j’ai intégré la promotion 1997. Dès lors, j’imagine que l’entraîneur a considéré que j’étais plus expérimenté et il m’a donné le brassard. Finalement, j'ai été capitaine des équipes jeunes de Valence pendant dix ans. C’est un leadership que j’ai toujours accepté car j’aime encourager mes coéquipiers par les mots. À Nantes, j’ai dû patienter avant de le faire car je devais bien maîtriser le français. Je me suis forcé à parler, à apprendre les mots du quotidien quand je dois faire mes courses au supermarché. C’est un effort que j’ai cultivé depuis mes premiers mois à Liverpool où il fallait aussi que je maîtrise une nouvelle langue.

Tu étais perçu comme un très grand espoir du FC Valence. Qu’est-ce qui t’a poussé à partir à 16 ans sans jouer un seul match professionnel avec ton club formateur ?
Valence changeait de président avec l’arrivée d’Amadeo Salvo, la situation était un peu étrange. J’arrivais dans une sorte d’impasse au niveau personnel. J’étais prêt à rester encore quelques années à Valence parce que tout se passait bien, mais le projet de Liverpool m’a convaincu. Je les sentais très désireux de me recruter. Dans le même temps, Valence ne me proposait pas d’intégrer l’équipe réserve, alors que j’avais l’assurance d’intégrer l’équipe B de Liverpool à court terme. Quand tu es jeune footballeur en devenir, tu souhaites avant tout t’assurer un avenir professionnel. En Angleterre, tu ne peux signer qu’à partir de 17 ans, donc j’ai démarré ma vie là-bas entre le football et le lycée, puis j’ai signé mon contrat professionnel un an plus tard.

Comment as-tu vécu le fait de changer de pays ?
C’était dur ! Je ne sais toujours pas trop comment j’ai fait pour m’adapter parce que je ne connaissais personne. Heureusement, mes parents étaient là durant ma première année pour m’aider dans mes journées. L’autre chose qui m’avait incité à signer pour Liverpool, c’est que je savais que Sergi Canós (aujourd’hui à Brentford, NDLR) allait aussi s’engager. Nous étions déjà coéquipiers en Espagne U17. Chaque dimanche, nos deux familles se réunissaient et nous en profitions pour préparer une paëlla faite maison pour reconnecter avec nos origines. C’était notre péché mignon.

« Klopp n’avait jamais entendu parler de padel. Quand il nous a vus jouer, il s’est mis à nous poser plein de questions, il était très intéressé. Trois mois plus tard, il y avait un terrain de padel flambant neuf à Melwood où Klopp jouait tous les jours ! »

Lors de l'exercice 2015-2016 à Liverpool, Jürgen Klopp a remplacé Rodgers en cours de saison. Quel était ton rapport avec Klopp ?
Je me souviens qu’il était arrivé dans une semaine de trêve internationale. Du coup, nous n’étions qu’un petit groupe pour démarrer sa préparation physique. Dès le premier jour, il a mis une intensité de dingue dans les entraînements. Tout le monde souffrait, on était carbonisés dans le vestiaire à la fin de la séance parce qu’elles étaient plus longues et plus intenses. Cela a duré pendant deux ou trois semaines et puis ça allait de mieux en mieux. Dans le privé, Klopp est quelqu’un de très accessible. En mars, je me souviens que nous étions allés faire une préparation physique à Tenerife pendant une autre trêve internationale. Avec Alberto Moreno, José Enrique et un kiné espagnol, on s’est fait une session de padel. Klopp n’avait jamais entendu parler de padel auparavant. Quand il nous a vus jouer, il s’est mis à nous poser plein de questions, il était très intéressé. Trois mois plus tard, il y avait un terrain de padel flambant neuf à Melwood où Klopp jouait tous les jours ! (Rires.) Il est vraiment tombé amoureux de ce sport.

Qu’est-ce qui t’a le plus marqué lors de tes années chez les Reds ?
Jouer à Anfield, c’est indescriptible. Finalement, je n’ai pas eu l’opportunité d’y jouer beaucoup, mais j’ai quand même vécu des matchs fous. Le 5-5 contre Arsenal en Coupe d’Angleterre avec la victoire aux tirs au but, la victoire contre Everton au tour suivant... Je raconterai tout cela à mes enfants, c’est certain.

Dans un entretien pour As, tu expliquais que ton objectif à l'été 2020 était de rentrer en Espagne, mais la pandémie et le confinement t’ont empêché de signer en Liga. Qu’est-ce qui t’a convaincu de signer à Nantes ?
Liverpool me proposait de prolonger mon contrat, mais mes deux dernières années avaient été compliquées sportivement parlant. J’étais bon quand je jouais, mais je ne jouais pas assez à mon goût et je n’avais plus envie d’être prêté (Go Ahead Eagles, Willem II et Extremadura entre 2017 et 2019, NDLR). Je souhaitais du changement. Lorsque Nantes est venu, Christian Gourcuff m’a parlé. Il m’a accordé beaucoup de confiance. Quand j’ai parlé de cette possibilité à Klopp, il m’a dit de foncer, que la Ligue 1 avait un fort potentiel d’avenir. Ces mots sont restés dans ma tête, j’ai fait ce choix-là et aujourd’hui, je ne le regrette absolument pas.



Au cours de la saison 2020-2021, tu as quand même connu quatre entraîneurs : Christian Gourcuff, Patrick Collot, Raymond Domenech et Antoine Kombouaré. Tu n’as vraiment pas un petit peu regretté ton choix au cours de cette période ?
J’ai eu beaucoup de doutes, mais je n’ai jamais regretté. Quand tu ne gagnes pas pendant 17 matchs de championnat consécutifs entre novembre et février, c’est logique de se poser des questions. Ce n’est pas une fin en soi, car il reste encore des matchs à disputer, mais c’est la dynamique d’une équipe candidate à la relégation. Nous avions démarré la Ligue 1 de manière normale, mais nous avons connu une période creuse jusqu’à notre victoire à Angers.

« Domenech possède une grande connaissance du football, mais nous n’étions sans doute pas dans la dynamique adéquate pour suivre sa méthode. »

Raymond Domenech n’aura passé que huit matchs à la tête du club, sans gagner un seul match. Qu’est-ce que tu as pensé de sa méthode ?
En fait, je le vois comme un entraîneur capable de réaliser de bonnes choses sur du plus long terme. Il possède une grande connaissance du football, mais nous n’étions sans doute pas dans la dynamique adéquate pour suivre sa méthode. Domenech n’a peut-être pas ce profil de l’entraîneur pompier capable de gérer la situation d’un club à la dérive. Kombouaré, c’est le contraire de Domenech. Si quelque chose ne lui convient pas, il est prêt à te le dire de manière frontale et avec une grande clarté. Son honnêteté et sa franchise avec tout le monde nous permettent d’être tous dans le même bateau. C’était exactement le coach dont nous avions besoin dans cette période difficile. Il a réussi à nous faire revenir dans le droit chemin.

L’an passé, le barrage aller-retour contre Toulouse s’est joué grâce à la règle du but à l’extérieur (2-1, 0-1). Malgré la défaite à domicile au match retour et les débordements qui ont suivi, comment as-tu vécu ce maintien ?
Sincèrement, nous avons fêté notre maintien dans le vestiaire car l’objectif était atteint, mais nous n’avons pas tardé plus que cela à rentrer chez nous. Nous étions fatigués par cette saison éprouvante sur le plan émotionnel et nous avions envie de vacances. À titre personnel, je devais me faire opérer le lendemain après ma blessure à la main lors du match aller à Toulouse. C’était inimaginable de laisser tomber l’équipe pour le match le plus important de notre saison, donc j’ai serré les dents pour jouer avec cette blessure. Nous avions eu écho de l’invasion de certains supporters dans le stade après la rencontre, mais nous étions déjà en route vers nos maisons respectives.

La dernière fois que Nantes a remporté le championnat de France, c’était en 2000-2001. Tu avais quatre ans. Est-ce que tu connaissais le club avant de t’y engager ?
Oui, c’est un club reconnu à l’échelle nationale avec des joueurs emblématiques, huit titres de champion de France et une demi-finale de Ligue des champions. Je m’intéresse pas mal à l’histoire du foot, donc je savais où je mettais les pieds. J’avais déjà repéré leur école de formation d'où sont sortis Claude Makélélé, Didier Deschamps, Christian Karembeu... Ce sont de sacrées références à mon poste.

« J’ai joué avec Coutinho, Firmino, Salah ou Mané, je sais ce dont ils sont capables. Et quand je vois ce que fait Ludovic Blas à l’entraînement ou en match, il n’a rien à leur envier en matière de talent. Il est incroyable, spectaculaire, et son avenir s’annonce prometteur. »

Tu as choisi le numéro 5, il y a une raison particulière à cela ?
Mon idole du championnat espagnol depuis que je suis tout petit, c’était Zinédine Zidane. Un jour, mon père m’a dit : « Regarde-le bien, c’est un joueur différent des autres, tu vas en tomber amoureux. » Il avait raison. Au Real Madrid, il avait ce numéro dans le dos. C’est un footballeur qui m’a profondément marqué. Durant ma période de formation à Valence, je prenais toujours le 5.

Quel est le joueur qui t’impressionne le plus dans l’effectif ?
Je m’entends particulièrement bien avec Fabio et Girotto, les deux Brésiliens du groupe. Mais en talent pur, je retiens avant tout Ludovic Blas. J’ai joué avec Coutinho, Firmino, Salah, Mané, je sais ce dont ils sont capables. Et quand je vois ce que fait Ludo à l’entraînement ou en match, il n’a rien à leur envier en matière de talent. Il est incroyable, spectaculaire, et son avenir s’annonce prometteur. Nous sommes souvent alignés ensemble au milieu, nous voyons le football de la même manière, et c’est un plaisir d’évoluer à ses côtés.



Même si tu n’as que 24 ans, penses-tu revenir jouer en Liga au cours de ta carrière ?
Je ne sais pas combien de temps je resterai à Nantes. J’y suis vraiment très heureux. Mais ce serait mentir de te dire que je ne veux pas jouer en Espagne un jour. Jouer en équipe première du FC Valence, ce serait une belle opportunité. Je ne sais pas si cela serait concrètement possible, mais j’y pense. Propos recueillis par Antoine Donnarieix