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Paris, y-a-t-il un pilote dans l'avion ?

La question mérite de se poser tant l'avion parisien, pourtant lourdement sponsorisé par Fly Emirates, semble naviguer à l'aveugle. Qui dirige ? Qui parle ? Pourquoi un tel foutoir médiatique alors que le club est champion de France et entre les mains de mecs ultra-puissants et, a priori, compétents. Mystère.

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« Si tu proposes 40 millions d'euros, je dirai non, si tu proposes 80 millions d'euros, 500 millions d'euros ou même un milliard, je dirai non. Thiago Silva n'est pas en vente même pour tout l'argent du monde. » À ce jour, c'est la seule folie verbale du vrai patron du PSG, le cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani. L'ancien prince devenu à 33 ans émir du Qatar le 25 juin dernier (soit le plus jeune souverain d'une monarchie du Golfe et le plus jeune chef d'État du monde arabe) a parlé. En pleine accession au pouvoir, Al-Thani a tenu à mettre les choses au point sur « son » jouet. Et quand les mecs qui pèsent plusieurs milliards parlent, ceux de quelques millions écoutent. CQFD. Pourquoi cette sortie ? Parce que la presse catalane et le FC Barcelone se montrent très insistants - trop sans doute - sur l'arrivée éventuelle de Thiago Silva chez les Blaugrana. Et ça, du côté de Doha, on n'a pas du tout aimé. Pourtant, cette phrase d'Al-Thani a eu trop peu de résonance dans le monde. Pourquoi ? Parce que personne ne sait vraiment qui est le vrai patron au sein du club parisien. Qui parle, et au nom de qui ?

Le mercato fait par les autres

En moins d'un mois, les champions de France ont perdu Carlo Ancelotti (leur caution technique et sportive) et Leonardo (leur carnet d'adresses). À chaque fois, les hommes sont partis pour des raisons humaines. Marre de bosser avec Doha. Trop business. Pas assez d'affect. Aujourd'hui, le club semble être drivé par Nasser Al-Khelaïfi et, à un degré moindre, Jean-Claude Blanc, son directeur général délégué. Sauf que certains trouvent ce duo trop silencieux. Pourtant, à y regarder de plus près, Nasser Al-Khelaïfi a, vraisemblablement, pris le club en main. Laurent Blanc ? C'est lui. C'est son choix et il l'assume. Les rumeurs de départ de Thiago Silva et Zlatan Ibrahimović ? Balayées d'un revers de la main lors de l'intronisation du coach. Alors pourquoi tout ce bordel ? Parce qu'aujourd'hui, on parle énormément à la place du PSG. Que ce soit ce canard suédois qui avance qu'Ibra a pris sa décision en balançant une phrase lourde de sens, tout en ne citant aucune source : « S'il était sceptique avant, il est sûr à 100% maintenant. Raiola a déclaré aux médias qu'Ibra restera au PSG, mais c'est juste pour épater la galerie. Il y a le chaos au PSG et Zlatan en est conscient. » Qui croire quand on se souvient de la dernière parole officielle du clan Zlatan via Mino Raiola qui assurait tout le contraire : « Je l'ai dit, je le répète : Zlatan reste au PSG. » Qui croire ? Et pourquoi tant de déclarations ? Récemment, le président du Napoli Aurelio De Laurentiis en est arrivé à faire lui-même le mercato francilien en affirmant qu' « Ibrahimović ne jouera pas avec Cavani, il est déjà promis ailleurs » . Là, on a touché le fond en matière de communication bordélique.

Nasser fait le point

C'est donc comme ça, le PSG appartient à tout le monde et chacun peut balancer ses petites folies verbales et rumeurs en se faisant plaisir. Ainsi, dernières rumeurs en date, il se murmure que le Z ne répondrait même pas aux appels de Laurent Blanc et que Thiago Silva aurait dit à Dani Alves qui aurait dit à un mec de Marca qu'il aimerait jouer au Barça. Bref, des clous. Entre les réseaux sociaux et le silence du club, l'imagination collective est débordante. Alors deux solutions, soit les dirigeants parisiens, sûrs de leur force, n'en ont rien à foutre des qu'en-dira-t-on et laissent parler. Soit, complètement dépassés par les choses, les types sont dans la réaction permanente face au bordel qui se présente à eux. Bref, dans les deux cas, c'est silence radio. En réalité, pas tant que ça...


Le manche de l'avion

Pour comprendre comment fonctionne le club actuellement, il suffit de se pencher sur les déclarations de Nasser lors du départ de Leonardo, le mec est plutôt franc du collier : « Rien ne peut nous freiner. Nous continuerons à construire notre équipe et notre club pour devenir un grand compétiteur européen dans les années à venir. Aujourd'hui, nous travaillons à recruter de nouveaux grands joueurs pour étoffer notre effectif de champions. Elle se situe là, ma priorité immédiate. » En résumé, le départ du directeur sportif, on s'en fout. D'autant que le patron enfonce le clou dans la foulée : « Le projet ne s'arrête pas à une personne, explique Al-Khelaïfi dans les colonnes de L'Équipe. Le PSG, aujourd'hui, compte plus de deux cents salariés, en incluant les joueurs. Le club grandit très vite et rien ni personne n'empêchera cette croissance de se poursuivre » . Autrement dit, Nasser est devenu le patron. En un an, il a pris la place laissée libre par Leonardo au fur et à mesure que la saison avançait. Difficile de savoir quelle gueule aura l'organigramme du club dans deux mois. Deux mois, c'est tellement long au PSG... En attendant, peut-être que l'arrivée d'Edinson Cavani et d'autres mecs braqués à coups d'euros calmeront un peu la plèbe. Qu'on se le dise, le PSG ne dort jamais vraiment. Reste à savoir vers quel côté le pilote va incliner le manche de l'avion : rêve ou cauchemar. À Paris, les deux sont souvent étroitement liés. Encore plus qu'ailleurs.

Par Mathieu Faure
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