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Paris doit savoir grandir

Éliminés en début de semaine de la Ligue des champions, les Parisiens doivent passer à autre chose. Mine de rien, dans les quinze jours qui viennent, le PSG peut aller chercher deux titres. Tout sauf une banalité pour un club qui n’a réussi qu’une seule fois dans son histoire à conserver un titre. C’était une Coupe de France en 1983.

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Les grandes équipes se jugent aussi par leur capacité à rebondir. Parce que oui, le PSG en est là. Rebondir. Depuis le but de Demba Ba à Stamford Bridge, on prête aux Parisiens un vague à l'âme persistant. Certains parlant même de déprime collective. Pourtant, il n’y rien d’anormal ni de honteux à se faire éliminer en quart de finale de Ligue des champions par José Mourinho. Par contre, ça l’est de s’apitoyer sur son sort et de prétendre que la fin de saison n’a plus aucune saveur. Surtout quand on sait d’où l’on (re)vient. Il y a 5 ans, Amara Diané sauvait le PSG de la Ligue 2. Chelsea, lui, était déjà en finale de Ligue des champions. Les Blues vont peut-être même y retourner cette saison après s’être fait lourder dès le premier tour, l’an dernier. Savoir rebondir, c’est un art nécessaire quand on veut tutoyer les grands de ce monde. Paris est là pour apprendre. Qu’il le fasse. Et ça commence par l’acquisition d'un titre de champion de France promis, mais encore virtuel. Tenant du titre, le PSG est à quelques points d’un doublé historique. Le club francilien n’a encore jamais réalisé de back-to-back dans son histoire. Mieux, les Parisiens ont également le loisir de disputer une finale de Coupe de la Ligue au Stade de France la semaine prochaine. En l’espace de quinze jours, les joueurs de Laurent Blanc peuvent donc garnir leur armoire à trophées de deux titres. Tout sauf une fin de saison sans saveur. C’est même une formidable opportunité de passer à autre chose.

Ne pas bouder son plaisir

Mine de rien, comment bouder deux trophées, dont un titre de champion, quand on possède une armoire à trophées loin d’être la plus fournie du pays ? Conserver le titre de champion est peut-être un minimum, mais il faut le faire. Blanc peut terminer la saison avec trois trophées, ce que personne n’a réussi à faire sous l’ère du Qatar, qui, pour l’instant, n’a que l’Hexagoal et le Trophée des champions sous la main. C’est peu pour le plus grand argentier de la place de Paris. Finalement, le problème de ce PSG-là, c’est de s’être vu trop beau, trop tôt. Les suiveurs du club sont également tombés dans le panneau, puisque la caisse de résonance médiatique a fait du PSG un prétendant au titre en Ligue des champions, allant même, parfois, jusqu'à faire du trio Motta-Matuidi-Verratti le meilleur milieu de terrain d’Europe. La déception de Chelsea a permis de (re)mettre les choses à plat. Marco Verratti, par exemple, est encore trop léger pour les grosses affiches européennes. Il apprend. Comme tout le monde. Deux ans de vécu commun en Ligue des champions, c’est peu. Ils vont devoir s’en remettre et bosser. C’est un peu le message envoyé par Thiago Silva, vendredi, via les différents médias du club.

Le titre au Parc


« Je veux dire juste une chose : pardon pour la Champions League. Nous allons continuer à nous battre tous ensemble pour faire de cette équipe du Paris Saint-Germain la meilleure équipe au monde. Il faut encore travailler beaucoup pour décrocher enfin la Champions League. Elle va arriver parce que nous travaillons beaucoup et, quand on travaille beaucoup, les choses finissent par arriver. Alors, nous allons continuer de travailler tous ensemble pour faire de cette équipe la meilleure équipe du monde. » Le discours est démagogique, mais il a le mérite d’être là. Avant de retrouver les soirées européennes en septembre prochain, il faut quand même aller chercher ce quatrième titre de champion. Pour ce faire, il faut d'abord rendre visite à Lyon, un autre déçu européen de la semaine. D’autant que l’OL réussit plutôt bien aux Parisiens ces derniers temps (le PSG reste sur trois victoires en championnat sans avoir encaissé de but : 1-0, 1-0, 4-0). Dans trois matchs, a priori, les Parisiens auront bouclé leur saison. Entre Gerland, la finale de Coupe de la Ligue – toujours contre Lyon – et la réception d’Évian Thonon Gaillard le mercredi 23 avril (jour où le titre devrait probablement être fêté), on en saura définitivement plus sur la capacité du club à relever la tête. Retrouver l’envie de jouer, de sourire, de gagner. Mais toujours sans Zlatan Ibrahimović, blessé et touché par un deuil familial en cette fin de semaine. Mine de rien, sans son numéro 10, le club francilien n’est plus tout à fait le même. Cela dit, il faut terminer le travail que le géant suédois a admirablement commencé avec ses 25 buts et 11 passes décisives en championnat. Laurent Blanc a parfaitement résumé la situation : « Nous serons jugés avant tout sur nos résultats. » En gros, pas le temps pour les regrets. Ce n’est pas de Blanc, c’est de Lunatic.

Par Mathieu Faure
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