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Paris colle une leçon au Real

Impérial de maîtrise technique et tactique, le PSG a collé une leçon au Real Madrid (3-0). Di María, auteur d'un doublé, et Gueye, d'une passe décisive et de tellement plus, ont été énormes. Zidane peut hausser les épaules : il n'y a pas eu photo.

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PSG 3-0 Real Madrid

Buts : Di María (14e, 33e) et Meunier (90e) pour Paris

« Plus de pression ? C’est possible ? » Cet après-midi, Thomas Tuchel avait exprimé ce qu'il retenait depuis un moment : oui, avant son premier match de C1 millésime 2020, il avait le feu aux fesses. Il brûlait d'impatience, trépignait de rage, et probable que Paris l'a senti. Impériaux face à un Real plus pâle que Maison-Blanche, les Parisiens ont offert une leçon de football quand on s'y attendait le moins, et repartent du Parc avec trois points mérités et des certitudes plein les poches. Il faut dire que quand Di María est à ce niveau...

Tuchel prend le dessus


Défense à trois ? Défense à quatre ? « C’est l’animation qui compte » , avait balancé nonchalamment Claude Makélélé depuis le bord de la pelouse 45 minutes avant le grand gong, façon interview post France-Brésil 2006. Première conclusion : les stars se sont déplacées pour assister au festin, malgré les absents, malgré les états de forme de chacun, malgré le fait que l’affiche, la plus alléchante du groupe A, ne soit « qu’un » premier match de poule, où la sueur qui perle est encore imbibée de l’alcool des Bahamas. Un type qui goutte, tiens : Presnel Kimpembe, titulaire au coup d’envoi face à Benzema, Hazard et Bale, alors qu’il ne l’a plus été depuis mai dernier, il y a quatre mois, il y a des siècles à l’échelle géologique sur laquelle évolue le PSG.


Les premières prises de balle ne sont pas pour lui, heureusement : Paris évolue haut, presse tout autant, et d’entrée, Kroos enlève une volée de but à un Gueye qui, au fil des minutes, s’affirme comme le leader indispensable à ce PSG-là. On veut dire : celui qui a l’ambition de gagner des matchs en les contrôlant. Car au grand jeu des tacticiens, entre le crâne chauve et celui qui s’y dirige, c’est le second qui semble avoir pris le dessus. Carvajal et Mendy, notamment, sont régulièrement pris par les combinaisons sur les ailes de Bernat et Di María (gauche), et Meunier (pas vraiment dans son assiette) et Sarabia (qui l’est, lui, à droite).

Pomper l'air de Kroos


Et pendant ce temps-là, Tuchel pompe. Transcendé comme s’il effectuait un massage cardiaque à un fantôme, le coach allemand hurle en réalité aux siens qu’il faut calmer le jeu. Justement : à la suite d’une longue phase de possession, Di María ouvre le score en profitant d’une mauvaise couverture de Courtois sur son premier poteau, et met le Parc dans un état second (1-0, 13e). Preuve que ça fonctionne, le second pion est construit sur le même système, mais de l’autre côté : Sarabia, Gueye, Di María, ça va trop vite, le PSG mène 2-0 à la mi-temps sans avoir frissonné.


Ou si, trois fois : deux frappes de Hazard et Bale non cadrées (16e, 45e), et surtout un but refusé du second, pour une main capturée par le vidéo-arbitrage (35e). « On a un plan » , avait glissé Tuchel cette semaine. Alors il faut comprendre lequel : au cœur du jeu, Gueye saucissonne Kroos qui ne touche pas un ballon, tandis que le positionnement en 6 de Marquinhos permet à Verratti de se projeter au pressing jusqu’à Varane et Militão. Sans Modrić à la relance, Zizou est pris à la gorge, et Paris déroule sa leçon.

Maison-Blanche et blanche copie


Dans l’euphorie, on oublierait presque qu’un type fête un record : Benzema, « l’un des joueurs les plus sous-cotés du monde » selon Tuchel, dispute un triste 113e match de Ligue des champions, désormais une unité devant Thierry Henry. Isolé, jamais trouvé, le capitaine du Real erre à l’image de son équipe, pourtant victorieuse de ses douze dernières entrées en matière en C1 depuis une cagade à Gerland, en 2006. Mais en face, il y a une équipe invaincue depuis 2004 à domicile en phase de groupes de Ligue des champions, et surtout meilleure attaque à ce stade de la compétition depuis deux ans.

Di María, dantesque, se permet de croquer le triplé à l’heure de jeu, Meunier s'y attelle dans le temps additionnel (3-0, 90e), et pendant ce temps, la Maison-Blanche brûle, indigne de son standing. Benzema peut bien planter un nouveau pion annulé pour hors-jeu et frôler le montant de Navas, ni les entrées de Vinícius, de Vázquez ou de Jović y changeront quelque chose : le Real avait marqué lors de ses 28 derniers matchs de Ligue des champions sous Zinédine Zidane, et y a échoué ce soir. Quelqu'un a parlé de pression ?





PSG (4-3-3) : Navas - Bernat, Kimpembe, T. Silva, Meunier - Verratti, Marquinhos (Herrera, 70e), Gueye - Di María, Icardi (Choupo-Moting, 60e), Sarabia (Diallo, 89e). Entraîneur : Thomas Tuchel.

Real Madrid (4-3-3) : Courtois - Carvajal, Militao, Varane, F. Mendy - Kroos, Casemiro, James (Jović, 70e) - Rodríguez - Bale (Vinícius Júnior), Benzema, Hazard (Vázquez, 70e). Entraîneur : Zinédine Zidane.


  • Résultats et classement de la Ligue des champions

    Par Théo Denmat, au Parc des Princes
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