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Palerme ou le summum de la lose

Cet été, Maurizio Zamparini, le président de Palerme, avait annoncé qu’il voulait retrouver l’Europe en fin de saison. À la mi-février, son club est bon dernier de Serie A et pratique un jeu dégueulasse. Situation irréversible ?

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18 points en 24 journées. Une moyenne de 0,75 point par match. Personne n’a fait pire en Serie A. Même pas Sienne, l’autre dernier du classement, qui affiche effectivement 18 points au compteur, mais qui, en réalité, a pris 24 points sur le terrain (-6 points de pénalité). Cette lose, c’est Palerme. Le club sicilien est au fond du trou, et ce trou est de plus en plus profond. Les chiffres ont de quoi faire frémir les supporters rosaneri. Palerme n’a pas gagné le moindre match en 2013, et sa dernière victoire remonte au 24 novembre dernier, lors du derby sicilien. Depuis, le bilan est de quatre nuls et sept défaites. Le club palermitain est également le seul à ne s’être jamais imposé à l’extérieur cette saison, en douze déplacements. Bref. Tout porte à penser que l’équipe du sulfureux Zamparini va se retrouver en Serie B la saison prochaine si personne ne réagit très vite. Dans cette optique, les quatre prochaines journées risquent d’être décisives. Palerme va y affronter le Chievo (13e), le Genoa (17e), le Torino (12e) et Sienne (19e). Quatre barrages. Quatre matchs à disputer le couteau entre les dents. Mais pas la peur au ventre.

Trois coachs en six mois

Pour se sortir de cette mouise, Maurizio Zamparini, le plus taré des présidents italiens, a décidé de virer son deuxième entraîneur de la saison. Après Giuseppe Sannino, viré dès le mois de septembre, c’est Gian Piero Gasperini qui a fait les frais des mauvais résultats du club. L’ancien technicien du Genoa a été remercié le 4 février dernier et remplacé par Alberto Malesani. Pour son premier match à la tête du club sicilien, le vieux briscard a tout de suite compris la gravité de la situation. Au stadio Renzo Barbera, forteresse autrefois imprenable, Palerme a bien failli s’incliner contre Pescara, un autre relégable. L’un des nouveaux arrivants, Fabbrini, a sauvé les meubles à quelques minutes du terme (1-1), évitant une défaite qui aurait été encore plus catastrophique, autant dans les têtes qu’au classement. Le constat est amer pour Malesani : cette équipe est atteinte psychologiquement, et c’est bien là son vrai problème. Car son effectif n’a rien de dégueulasse, avec des joueurs comme Mantovani, Muñoz, Donati, Iličić, Miccoli, Dybala, Abel Hernandez et les nouveaux renforts, Dossena, Aronica, Sorrentino et Fabbrini. Bref, pas de quoi aller jouer le Scudetto, mais largement suffisant pour se poser tranquillement en milieu de tableau.

Mais alors, que fout Palerme à la dernière place du classement ? Une succession de détails qui font que tout est allé dans le mauvais sens. Miccoli, capitaine et leader de l’équipe, n’est plus aussi décisif que par le passé. Ses cinq buts inscrits cette saison sont à des années-lumière de ses totaux des années précédentes (19 en 2010, 16 en 2012). Or, avant, lorsque Miccoli avait un petit coup de mou, il y en avait toujours un pour prendre la relève, de Pastore à Iličić, en passant par Abel Hernandez ou Pinilla. Cette année, si le Pibe de Nardo ne transcende pas l’équipe, personne ne le fait à sa place. Il y a bien le jeune Argentin Dybala, qui semble plein de promesses. Mais l’attaquant est encore trop peu décisif pour devenir un véritable point de référence. S’ajoute à cela le fait que Palerme a souvent encaissé des buts en fin de rencontre. De fait, neuf buts ont été encaissés après la 85e minute, dont sept ayant une influence directe sur le résultat final. On l’aura compris : la confiance a fui depuis longtemps la Sicile.

Les clefs pour Miccoli


Voilà donc les deux chantiers de Malesani. Redonner la confiance à cette équipe. Puis le jeu. A priori, l’un suivra l’autre. Pas de beau jeu sans confiance. Pour son deuxième match à la tête du club rosanero, aujourd’hui, à Vérone, le coach a les idées claires. « Je vais essayer quelque chose de nouveau. Dimanche dernier, le schéma tactique ne m’a pas déplu. Je veux compter sur Miccoli. Il nous transcendera, il a voulu jouer avec la réserve pour récupérer, et désormais, il est prêt. Nous voulons gagner, il faut y croire dans la tête. En tout cas, la volonté de faire un grand match est bien là » , a-t-il affirmé. Son plan est donc là : donner les clefs au leader. D’accord. Vraiment suffisant pour faire remonter une équipe qui n’a plus gagné depuis près de trois mois ? Cela peut être une piste. Mais il faudra évidemment trouver autre chose. Car Miccoli ne peut pas être la seule solution. Malesani va devoir assembler le puzzle que ni Sannino ni Gasperini ne sont parvenus à résoudre.

Le problème, c’est que cette équipe de Palerme est atteinte du même syndrome que la Sampdoria il y a deux ans : une incapacité à lutter pour le maintien. L’équipe génoise avait été construite pour lutter pour l’Europe, et elle s’est retrouvée empêtrée dans les profondeurs du classement. Pas préparée à cela, elle avait sombré et s’était retrouvée en Serie B sans même le voir venir. C’est un peu la même chose qui est en train d’arriver à Palerme. Avec, en prime, ce problème du président omniprésent et omnipotent qui veut tout contrôler et qui, clairement, n’y arrive pas. Les tifosi ne s’y sont d’ailleurs pas trompés. La semaine dernière, au terme du match nul 1-1 contre Pescara, les chants de contestation étaient, pour la majeure partie, destinés à Zamparini. Le patron sicilien n’a pas encore trouvé le moyen de s’auto-licencier. Mais si son équipe retombe à l’étage inférieur, après neuf années en Serie A, il faudra prendre ses responsabilités. On n’y est pas encore. Mais attention. Entre lose et enfer, il n’y a parfois qu’un pas.

Eric Maggiori
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