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Pablo Hernández : « Défendre les idées de Bielsa à la vie, à la mort »

Gestion du rythme, passes verticales, coups francs chirurgicaux : Pablo Hernández a été le chef d’orchestre de l’équipe de Marcelo Bielsa. Il a été élu dans le onze type du championnat et, pour la deuxième année consécutive, joueur de l’année de Leeds United. Le comique Micky P. Kerr l’explique autrement : «  Si Marcelo Bielsa est Dieu, alors Pablo Hernández est Jésus Christ.  »

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Tu es reparti en Espagne deux jours après la défaite en demi-finales des play-offs, contre Derby County. Aujourd'hui, comment te sens-tu ?
Le club est descendu pour des questions économiques, il y a 15 ans, et depuis il est passé par des moments très durs. De toutes ces années, je crois que celle-ci a été la plus belle, et le club, le public, tout le monde s’est rendu compte qu’on était maintenant proche de la Premier League. Pour nous, les joueurs, être sous la direction de Marcelo Bielsa a été quelque chose de très fort, on est juste tristes de ne pas avoir pu finir d’une meilleure manière.


Tu as 34 ans, tu as joué avec le Valence de Quique Sánchez Flores, celui d’Unai Emery, le Getafe de Laudrup, et même avec la sélection espagnole de Vicente del Bosque. Jouer pour Marcelo Bielsa, c’est vraiment différent de ce que tu as connu ?
Oui, la différence est énorme. Je le connaissais de réputation, pour son passage à Bilbao, mais ça a été une chance exceptionnelle pour moi et pour tous les autres joueurs. Il m’a permis de réaliser ma meilleure saison comme footballeur. Je ne m’étais jamais senti aussi à l’aise sur un terrain. J’ai marqué 12 buts et fait 12 passes décisives, ce sont les meilleures stats de ma carrière. Le lien qui s’est créé avec mes coéquipiers, avec Marcelo, avec les supporters, c’est quelque chose de magnifique. On était ultra motivés de pouvoir travailler avec lui, et on a défendu ses idées à la vie, à la mort. Ça a été la clé de cette saison : sa philosophie nous a convaincus et dès les premiers jours, on a essayé de faire exactement tout ce qu’il nous demandait. L’équipe a beaucoup travaillé, et cela se voyait sur le terrain. À chaque match, on a montré que les joueurs étaient tous derrière les idées de Marcelo.

« Avant même le coup d’envoi, on savait exactement par cœur comment on devait jouer ! »
Comment vous a-t-il convaincu ?
On dit souvent que le plus important, c’est la pré-saison. C’est le moment où on travaille et où on souffre le plus, et cette année, ça a été particulièrement vrai. Avant, on jouait avec un football totalement différent, et Marcelo voulait profiter de cette période pour nous transmettre ses idées, pour que l’équipe ait une identité de jeu dès les premiers matchs. Ça a été beaucoup de sacrifices.

Mais qu’est-ce qui fait la différence, concrètement ?
Les méthodes d’entraînement, la quantité d’heures que lui et son staff dédient à étudier chaque match, les nôtres autant que ceux des adversaires. On prépare les matchs vraiment différemment : pendant la semaine, on travaille les possibles schémas de l’adversaire et, avant même le coup d’envoi, on savait exactement par cœur comment on devait jouer, en fonction de la composition ou de la disposition tactique de l’autre équipe. Si eux changeaient de schéma de jeu, on pouvait s’adapter directement. Les coachs n’avaient même pas besoin de nous le dire, on l’avait travaillé toute la semaine, c’était automatisé. C’est une des clés de notre saison : on savait par cœur et à l’avance ce qu’on devait faire.

L’automatisation des mouvements est assez contradictoire avec l’idée, qu’il défend, de donner de la liberté aux joueurs...
C’est un des entraîneurs que j’ai connus qui donnent le plus de liberté aux joueurs. Il l’explique comme ça : on a tous des devoirs pour l’équipe, surtout défensifs – le pressing, l’aide en défense. Mais si on les respecte, cela va nous permettre d’avoir le ballon dans la partie adverse, où on avait beaucoup de liberté, il nous mettait en confiance pour jouer les 1 contre 1, trouver des passes décisives.

Comme cela s’est déjà passé avec d’autres de ses équipes, notamment à Marseille, vous avez fait un excellent début de saison avant de faiblir dans les derniers matchs. On parle souvent de la fatigue physique et mentale que le style de jeu de Marcelo Bielsa engendre chez les joueurs. Tu y vois une explication ?
Je ne pense pas que la fatigue soit en cause. La fatigue mentale, ça arrive quand tu ne gagnes pas, quand tout te semble négatif. Physiquement, l’équipe n’a jamais cessé de courir, nos stats étaient exactement les mêmes en fin de saison qu’au début. Parfois, on peut simplement connaître de mauvaises séries, où rien ne marche, et malheureusement ça nous est arrivé dans les derniers matchs... Contre Aston Villa, par exemple, on a fait un grand match, physiquement et footballistiquement... On est l’équipe qui s’est créé le plus d’occasions de buts, beaucoup plus que tous nos adversaires. On a manqué d’efficacité, mais je crois qu’une équipe qui engendre autant d’occasions a beaucoup de mérite. C’est difficile à accepter, mais on ne s’est jamais plaints, on n’a jamais rien dit par exemple des blessures, alors que beaucoup d’entre nous avons dû jouer de nombreuses minutes. Mais ce n’est pas une excuse.

« On a manqué d’efficacité, mais je crois qu’une équipe qui engendre autant d’occasions a beaucoup de mérite. »
Quand on les interroge sur le moment le plus important de la saison, la plupart des supporters de Leeds parlent de l’histoire des ordures, quand Marcelo Bielsa vous a fait ramasser pendant trois heures les déchets autour du centre d’entraînement pour que vous mesuriez les efforts consentis par les supporters pour aller au stade. On peut y voir un respect du public, ou une habile démagogie...
Marcelo a toujours montré au cours de sa carrière qu’il ne s’intéresse pas qu’au football, mais aussi aux questions humaines. Il nous a fait mesurer nos responsabilités. Il ne s’agit pas seulement de gagner trois points par match. Nous devons laisser notre âme sur le terrain, pour les supporters qui font beaucoup de sacrifice pour venir nous voir jouer à travers le pays, pour les gamins et pour les vieux, pour ceux qui suivent l’équipe depuis des années et espèrent la revoir en Premier League. Moi, je sais d’où je viens. Je viens d’une famille modeste. Mes parents ont travaillé dur, ils avaient deux ou trois boulots pour ramener à manger à la maison, pour m’acheter des crampons. Quand j’ai eu ma première paire, je savais que je devais y faire très attention, parce qu’il n’y avait pas d’argent pour en acheter d’autres. Mais ramasser les ordures, ça a été un exercice très important, surtout pour les plus jeunes joueurs, pour qu’ils se rendent compte de ce que Marcelo voulait transmettre.

Le lendemain de la défaite, vous vous êtes tous retrouvés au camp d’entraînement. Que vous êtes-vous dit ?
Plus qu’une causerie entraîneur - joueurs, cela a été une discussion humaine, personnelle. On s’est dit que c’était ça, le football. On était tous très touchés, très affectés, mais aussi très fiers de nous, de la grande saison que nous avons faite. On a fait face dans l’adversité, malgré les nombreuses blessures, les départs de joueurs en janvier qui n’ont pas été compensés. C’est un mélange de sentiments contraires : on se disait : «  Putain, ça nous a échappé  » et de l’autre, il y avait la fierté de ce qu’on a fait et de notre travail. Propos recueillis par Pierre Boisson, à Leeds