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  1. // Football et site d'informations satiriques

On peut rire de tout, mais pas avec les footballeurs

Certains l’appellent « l’effet Streisand » : démentir une information qui passe immédiatement de confidentielle à buzz, aux dépens de celui qui la dément. Durant le mois de février, avec les fausses infos satiriques sur la neknomination de Govou ou la beuverie des joueurs rennais, le foot français a malheureusement découvert Barbra. Malheureusement, car il a pris ses infos au premier degré.

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Le 9 février dernier, le site satirique Desinfos du Foot, plutôt anonyme jusque-là, prêtait à Sylvain Armand cette explication suite à la défaite à Ajaccio : « On a déconné ! On est arrivés un jour trop tôt en Corse. On a commandé du vin pour la soirée et on a continué à boire le samedi jusqu’à 13h. Pendant le match, on était ivres. Au nom de l’équipe, je m’excuse auprès des supporters et des personnes qui ont effectué des paris en ligne et qui avaient misé sur notre équipe. » Malgré le titre plutôt explicite du site, l’info bidon est reprise par la grande machine à laver des réseaux sociaux avec comme conséquence des lettres d’insultes de supporters, à destination du Stade Rennais. Le club breton sort alors du bois pour démentir le canular et protéger un Sylvain « affecté » . Quelques jours plus tard, 90Minutes.fr - site satirique aussi hors-radar - annonce le licenciement de Sidney Govou de Chasselay (CFA). Les ultras du club (???) n’auraient pas apprécié sa participation au cyber-réel jeu inexplicablement en vogue, la neknomination: « Nominé par Yann M’Vila, il n’a pas rechigné et s’est livré au jeu. (…) Il décida de réserver le Palais de la Bière, à Lyon, pour 24 heures de cul-sec. » Le premier internaute à réagir sur le site – « Le contrat de Govou est un CDD. On ne peut pas licencier un CDD, qu’un CDI  » - laisse deviner que le premier degré a encore de beaux jours devant lui. Et que la blague va vite sortir du cadre de la satire. Banco. Après un premier démenti sur Twitter, le Sid se met en danseuse, deux jours plus tard, et contacte l’AFP : « Outre que cette information est totalement erronée, les accusations parues dans l’article sont si diffamantes que j’ai transmis le dossier à mon avocat. (…) Il y a des articles qui peuvent blesser à défaut d’être drôles et c’est inacceptable. »

Voilà. Après Christine Boutin qui reprend pour argent comptant une vanne du Gorafi, le monde du foot s’est pris les pieds dans le tapis de la satire. « Quand t’es quelqu’un de public, t’es tellement un privilégié que tu peux accepter cette broutille. Franchement, s’attaquer à des sites satiriques, c’est perdre son temps. Parce qu’une info chasse l’autre quotidiennement sur le net. C’est un mélange de tellement de choses que tu pourrais y passer ta vie » , juge Fabrice Eboué, qui, à l’initiative du Téfécé, avait participé à un faux transfert humoristique, en campant le rôle de l’agent de Thomas Ntop - Thomas N’Gijol - lors du dernier jour du mercato hivernal. Au Stade Rennais, Jérôme Poupard, responsable de la communication du club, défend la chapelle football : « Je ne suis personnellement pas favorable à la réaction sur ce genre d’histoire. Ça peut donner du crédit à quelque chose qui n’en a pas. Mais, même si Sylvain n’était pas triste à se rouler parterre, ouais il était un peu touché, parce que sa famille a été touchée, et parce que c’est pas un ivrogne, loin de là. On a bien compris que c’était de la satire mais on a compris aussi que cette blague –cque j’ai pas trouvée drôle, Sylvain non plus - commençait à être reprise comme info. Certains supporters prennent tout au premier degré. Les réseaux sociaux sont de plus en plus une source d’information pour les médias traditionnels. Il a donc fallu dire stop, que ça avait dépassé les bornes. Mais franchement, on sait se marrer dans le foot. Sylvain le premier. »

« Le manque d’humour, c’est pas lié au foot, mais à la société » Fabrice Eboué

Pierre Bouby, milieu de terrain de Nîmes, est de ceux qui veulent se marrer. La phrase de profil de son compte Twitter laisse peu de place au doute : « Mes tweets ne sont pas là pour enlever l’étiquette du débile collée sur le front des footballeurs. » Il a été à moitié étonné des réactions autour des « dossiers » Armand et Govou : « La critique, faut savoir l’accepter. Je me dis que je fais un beau métier, je vais pas me casser le cul à faire attention à ce que Pierre, Paul ou Jacques pense. À partir du moment où je rigole dans le vestiaire et que je prends plaisir sur un terrain, bon ben, ça me va très bien. » Puis il recadre : « Que le foot ait besoin d’humour, je suis assez d’accord. Qu’on dise que les footeux n’ont pas d’humour, non. Regarde pour Mourinho. Ce qu’il dit sur Eto’o, on comprend tous que c’est une vanne, que c’est pas méchant. C’est drôle en plus. Mais ça a pris une dimension qui fait que ça devient n’importe quoi. » Le milieu nîmois a connu le n’importe quoi. À ses débuts sur le réseau à 140 caractères, Bouby avait tiré une balle sur l’expert-boulanger Jean-François Copé, qualifié de « tête de bite » . Court et efficace. Le tweet avait fait les choux gras des journaux le lendemain et une partie de l’UMP s’était indignée. « Ouais, ce tweet, c’est pas le plus drôle que j’ai écrit ! C’était maladroit et j’ai manqué de respect, même si c’est une personnalité politique que je n’apprécie pas. Je suis allé voir mes dirigeants, j’ai fait mon mea culpa. »

Eh oui. Quand ton ministre en charge de la fraude fiscale fraude, il faut bien aller chercher l’exemplarité ailleurs. Le footballeur en est aujourd’hui son refuge. « Le problème, c’est qu’on a aussi une image vis-à-vis de notre employeur, de notre club, des supporters, on peut représenter pas mal de choses dans une région… » confirme Bouby. Fabrice Eboué élargit le bazar : « Le manque d’humour, c’est pas lié au foot, mais à la société tout court, où on veut désormais que rien ne dépasse. Quand tu cadres tout, tu perds de la personnalité. Maintenant, on te met des amendes en NBA pour le trash talking. Moi, j’adorais plus jeune voir Charles Barkley envoyer du trash talk dans les oreilles de ses adversaires. Pour connaître quelques footeux, ils n’ont pas plus ou moins d’humour que les autres. T’as juste des enjeux économiques qui font peur à tout le monde. Et comme l’économique régit tout, est tout-puissant, on se crispe face à l’humour, alors que le meilleur moyen d’affronter ça, c’est le recul, l’autodérision. » Sylvain Armand et Sidney Govou auraient ainsi pu s’en sortir par une pirouette. Le défenseur rennais était plutôt réputé pour ses talents face à un barbecue, Beckham pourra en témoigner. L’ancien Lyonnais, lui, aurait pu démentir cette neknomination puisqu'il est question de vodka alors que tout le monde sait que son surnom est « Whisky Coca » . Mais ça, c’est une autre histoire. Fabrice Eboué de conclure : « Même dans l’humour, t’as des mecs pas drôles. Alors imagine quand c’est pas ton métier. »

Par Ronan Boscher
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