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On était au (vrai) retour du Red Star à Bauer

La semaine passée, ils n’avaient vu qu’un entraînement grandeur nature, la faute aux joueurs du Gazélec Ajaccio qui ne sont pas présentés pour l’ouverture du championnat de National. Ce vendredi soir, les supporters du Red Star ont enfin pu refaire vivre le stade Bauer lors de la réception de Toulon (1-1). Un match nul sans relief sur la pelouse, de haute-volée dans les tribunes et, toujours, sur fond de tension avec la présidence sur l’identité du club de Saint Ouen.

À moins d’un quart d’heure du coup d’envoi, les supporters des Vert et Blanc s’amoncellent dans la queue pour pénétrer l’enceinte mythique de Bauer. Le bar d’en face, l’Olympic, fait évidemment le plein. On s’y réunit avant chaque rencontre de National. Et c’est important de le préciser : de National, puisqu’avec sa dernière place en Ligue 2 la saison passée, le Red Star a gagné le droit de retrouver son stade chéri, mais non-homologué pour l’antichambre de l’élite. Alors, comme souvent ces dernières saisons, les supporters sont partagés entre la déception sportive d’une descente et le bonheur ultime de retrouver leur antre. Mais avant de s’y engouffrer, Yohan attend devant, avec un maillot un peu particulier sur le dos. Parce que le combat perpétuel pour conserver l’identité du club audonien fait pleinement partie de sa culture.

« 80 balles pour le maillot d’un club de D3, c’est une honte »

Cette tunique, sobre au possible et qui arbore de simples bandes verte et blanche est en fait la création des Red Star Fans, le principal groupe de supporters de l'étoile rouge. « Il y a plusieurs raisons qui expliquent le lancement de cette tunique, explique Yohan. Déjà, le club vous vend le maillot d’un club de troisième division à 80 balles, c’est une honte. Ensuite, ils ne respectent en rien les origines du club. Cette espèce de fluo au stabilo, c’est dégueulasse » , s’indigne-t-il.



En entrant dans la tribune Première Est, celle du kop, on voit fleurir un peu partout ces tuniques maison. Même plus que les tuniques officielles. « À 25 euros, ils respectent la tradition populaire du club, eux, et les couleurs d’origine, en plus de ne pas être marqués de sponsors » , poursuit le supporter. Quelques chants sans équivoque résonnent « Et tout le monde déteste le nouveau maillot » , entend-on notamment. Du côté de la boutique officielle, un vendeur assure que les plus hostiles représentent en fait une minorité et que les plaintes ne sont pas si nombreuses que ça.

Un chant en l’honneur de Bauer toutes les deux minutes

Pour les non-initiés, l’environnement du stade étonne toujours. La vétusté s’observe à chaque regard, tant sur la toiture qui surplombe la tribune principale que les friches à l’abandon qui lui font face. À tel point que le stade Bauer va être détruit prochainement pour faire place à une nouvelle enceinte, au même endroit, à compter de 2023. Objectivement, le stade doit — au moins — subir un sévère lifting. Et pourtant, toutes les deux minutes, un chant est lancé en son honneur. « Il n’y a que Bauer » , « Et le red star, c’est à Bauer » ou encore « Le red star c’est seulement à Bauer, c’est le gardien de notre histoire, il est gravé dans nos cœurs » , se succèdent. Autant dire que la délocalisation à Beauvais l’an dernier n’est toujours pas digérée.



Désormais, « l’identité du Red Star ne tient plus qu’en Bauer et ceux qui y viennent » , lâche Gwenael. « Ici, on défend le football à l’ancienne, le même qu’à Fulham avec Craven Cottage. Un moment donné, ils voulaient reconstruire un nouveau stade sur les docks. Heureusement, l’idée a été abandonnée, mais elle serait allée dans le sens de tous les nouveaux stades en France : l’urbanisme actuel fait qu’on dégage les enceintes de foot des villes, pour les mettre en périphérie » , développe celui qui venait ici avec son père dès ses douze ans. Surtout, il apprécie la liberté qui existe encore dans ses travées : « Les gens boivent, fument, ils font ce qu’ils veulent. On n’est pas surveillés par de la technologie à outrance » , s’égosille Gwenael dans une ambiance déjà très chaude alors que les acteurs n’ont même pas encore pu faire vivre le cuir. « Je préfère que le Red Star soit en National et qu’on joue à Bauer, c’est tout. Et puis de toute façon, quand je les prends sur Football Manager et que je les amène en Ligue des Champions, on joue à Bauer ! Je ne vois pas où est le problème » , conclut-il en se marrant.

« L'argent n'a pas ni couleur, ni odeur »

Si l’énorme ambiance peut nous faire croire à un match de gala, le spectacle qui se joue sur la pelouse nous ramène vite à la réalité. Des pertes de balles, peu d’occasions et un score nul et vierge à la pause. Tandis qu'un flot ininterrompu d'ombres vertes et blanches quittent la Première Est pour se désaltérer ou fumer à l'extérieur, Daniel, supporter depuis 1964 s'assoit sur un des durs rangs gris au sommet des travées et embrasse un instant Bauer du regard. « Pour moi, le club est une histoire de famille : mon frère y a joué, mon père a fait partie de l'équipe dirigeante, j'y ai évolué en jeunes, confie-t-il. Le Red Star, c'est Bauer, bien sûr, et il faut que le club y reste - et d'ailleurs, le projet de reconstruction est plutôt pas mal. Mais regardez ce que le stade est devenu... La pelouse est pas terrible, donc le jeu et le niveau de l'équipe s'en ressentent. »



Dans cette optique, ce n'est pas avec réticence qu'il accueille les nouveaux sponsors, VICE et Uber, ainsi que la nouvelle présidence, soucieuse de structurer et de pérenniser le club dans le monde professionnel. « J'ai vu cette équipe en Ligue 1, à la grande époque, quand on avait de belles infrastructures et des méthodes efficaces, poursuit-il. Mais la mairie communiste n'a rien compris et le club n'a pas réussi à s'adapter à l'évolution du football. Il faut donc savoir ce que l'on veut : les nouveaux sponsors apportent de l'argent et pourraient permettre au club, à terme, de se stabiliser en Ligue 2. Je comprends bien sûr ce qui pose problème en termes de valeurs mais l'argent est devenu capital dans l'ère moderne. Et l'argent n'a ni couleur, ni odeur...  »

La préservation de l'identité originelle

De fait, la situation du Red Star est contenue dans cette double problématique : prendre le parti de se développer, de se structurer, et de s'adapter à la dure loi du foot-business, au risque de sacrifier une partie de l'âme du club, ou bien conserver ses valeurs historiques à tout prix, quitte à rester en National et à ne plus jamais côtoyer les hautes divisions. D'autres, bien sûr, ont choisi la deuxième option et Gwenael doit s'époumoner pour défendre sa position quand Bauer explose après l'ouverture du score de Chahiri à la 52e minute. « Le problème, c'est que les idées des supporters et les idées de la direction ne sont pas les mêmes, expose-t-il. Côté VICE, on vent l'idée de la banlieue branchée, multiculturelle, moderne : c'est un plan de comm' intelligent mais on sait que ça reste un plan de comm' et au fond, il dénature un peu l'identité traditionnelle du club. C'est pour ça que je n'achète pas le maillot car on est dans le même délire que les maillots thaïlandais avec PNL. C'est pareil pour Uber, qui défend une image particulière du travail, tout spécialement auprès des jeunes, et ça va complètement à l'encontre des valeurs originelles.  »



Dans les travées de la Première, c'est en souvenir de cette histoire et en l'honneur de ces valeurs que chante avec enthousiasme la majorité des supporters. Et l'égalisation toulonnaise, quelques instants plus tard, ne gâchera pas la fête. Au contraire, Bauer pousse sans relâche les joueurs sur le terrain. Mais rien n'y fait, Toulon résiste. A la fin du match, les ultras chantent encore de longues minutes après le coup de sifflet final, comme pour témoigner de leur joie de retrouver leur équipe dans leur enceinte fétiche. A l'extérieur de la tribune, un père et son fils, touristes anglais, sont déjà sur le chemin du retour. Eux n'ont jamais entendu parler de VICE, ni de Uber, mais connaissent les valeurs sociales et populaires du club : c'est pour cette raison qu'ils sont venus assister à la rencontre. Antoine, jeune fan du PSG, a également été séduit par l'atmosphère, l'ambiance et les valeurs. Il pense déjà à revenir. Il y a à Bauer cet esprit planant de résilience que rien ne semble pouvoir éteindre. Tout comme les valeurs du club, si chères au cœur des supporters qu'elles paraissent inaltérables. L'étoile rouge brillera encore.

Par Valentin Lutz et Arthur Stroebele, à Saint-Ouen Tous propos recueillis par VL et AS.
Photographies par AS.
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