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On était à la CAN Epinetzo

Alors que la 32e édition de la Coupe d'Afrique des nations débute en Égypte le 21 juin, la CAN Epinetzo bat son plein. Organisée par deux quartiers d’Évry, cette CAN maison montre que le foot africain peut lui aussi se brancher sur courant alternatif.

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Avec une moyenne d’âge inférieure à 30 ans, Évry est une des villes les plus jeunes de France. Ancien bastion de Manuel Valls, la préfecture de l’Essonne est en effervescence chaque week-end depuis le 10 mai et les débuts de la CAN Epinetzo. Ce nom est la contraction d'Épinettes et Aunettes, les deux quartiers d’Évry où est née cette Coupe d'Afrique des nations. Pour y participer, chaque joueur doit avoir grandi ou habité dans l’un des deux, et être originaire du pays dont il porte le maillot. « On a toujours grandi ensemble. Ceux qui vivent aux Aunettes vont étudier au collège aux Épinettes, du coup on se connaît tous » , confirme Anis, joueur de la sélection tunisienne. Autogérée par une grande bande de potes, cette compétition maison a pris une ampleur considérable au fil des rencontres. Devant plus de 1000 personnes lors de certains matchs, dix sélections s’affrontent jusqu’à fin juin pour devenir le champion d’Afrique de la CAN Epinetzo.

Quand Yeurmey et Charo remplacent Total


Sur le boulevard François Mitterrand qui sépare les Épinettes des Aunettes, PP et Moody parlent encore de la CAN. Pas celle qui débutera le 21 juin prochain aux pieds des pyramides de Gizeh, mais celle que les deux compères organisent chaque week-end au stade Jean-Louis Moulin, à quelques encablures de la gare d’Évry-Courcouronnes. « On organise chaque année un tournoi, à chaque fois avec un thème différent. On a fait un tournoi inter-quartiers, un tournoi générations et cette année on a eu l’idée de faire la CAN » , raconte "PP les bons tuyaux", en référence à ses origines haïtiennes et ses dons de pronostiqueur. Naturellement souriant et volubile, c’est lui qui gère désormais les relations presse du tournoi. « Avec tout ce buzz autour de la compétition, on a reçu énormément de mails et de coups de fil des médias. Ça a nécessité une vraie organisation. Maintenant, chacun a un rôle bien défini pour que ça ne parte pas dans tous les sens » , explique-t-il non sans fierté.


S'ils doivent désormais communiquer les dates des matchs à la mairie, cette dernière a tenté de s’emparer de l’événement quelques semaines plus tôt : « Ils nous ont appelés avant le match entre l’Algérie et la Côte d’Ivoire, mais on a refusé leur aide. On a commencé sans eux, on finira sans eux » , martèle Moody. Devant le barber shop qu’il a monté, à quelques minutes du stade Jean-Louis Moulin, celui qui a joué en Roumanie participe activement à cette CAN Epinetzo. Capitaine de la sélection malienne, le jeune entrepreneur n’est pas le seul du quartier à sponsoriser la compétition. Yeurmey, marque créée par le rappeur Badem, est le sponsor officiel de la compétition. Niska est également de la partie depuis le début, sa marque Charo s’affichant le long des mains courantes et sur les maillots de certaines sélections. Comme pour les grandes compétitions, un hymne officiel a été composé, par Arzok et Zelo, deux autres rappeurs d’Évry. Côté organisation, cette CAN fonctionne quasiment en autogestion, la totalité des dépenses de la compétition étant faites auprès d’amis du quartier. Un sacré pied de nez à la véritable Coupe d'Afrique des nations, essentiellement financée et sponsorisée par Total.

Préparateurs physiques et VAR maison


Avec les soutiens de Drogba, Brahimi, Pogba, Benzema, Mahrez ou Benatia, la compétition a vite secoué la toile, et ses réseaux sociaux où la compétition est retransmise en direct. Après le premier match, la petite vingtaine de curieux a rapidement été rejointe par une quantité impressionnante de supporters. « Je ne vis pas à Évry, mais j’y travaille. C’est la première fois que je viens voir un match. Je suis venu supporter l’Algérie et soutenir cette belle compétition créée par les jeunes » , explique Bachir, sexagénaire drapé de la tête aux pieds aux couleurs des Fennecs. Ce samedi 25 mai, dans les gradins et autour du terrain, les supporters rivalisent d’originalité pour se faire entendre et soutenir leur équipe. Comme à l’accoutumée, les fans algériens se font entendre. « Plus la compétition avance, plus il y a de concurrence entre les supporters. Au dernier match, le Maroc est venu avec des tam-tams, ils ont fait une entrée spectaculaire. Donc là, les supporters algériens essayent de surenchérir » , confie PP les bons tuyaux, quelques minutes avant la rencontre de poule entre l’Algérie et le Mali. À chaque but, une masse grouillante de supporters se précipite sur la pelouse synthétique du stade Jean-Louis Moulin afin d’exulter aux côtés des joueurs. « Après le premier but de la compétition, il y a eu un gros envahissement de terrain. Puis ça a continué à chaque match, mais avec une discipline naturelle. Les spectateurs reviennent à leur place au bout de deux minutes » , confiait Moody quelques jours plus tôt.


Si l’ambiance autour du terrain est bon enfant, elle l’est aussi sur la pelouse. Répartis en deux groupes, Sénégal, Mali, Algérie, Côte d’Ivoire, Maroc, Tunisie, Guinée, Congo, Dom Tom et le reste du monde s’affrontent sur des demi-terrains dont les limites sont formées par les supporters agglutinés autour. Le buzz de la CAN Epinetzo a également été une source de motivation supplémentaire pour les joueurs. Après les premières rencontres, chaque sélection a organisé des tests, des entraînements et des matchs amicaux. « En général, il y a un entraîneur par équipe, et on utilise les réseaux sociaux pour définir les dates d’entraînements » , confie Anis devant le match Algérie-Mali. « Des préparateurs physiques sont montés de Toulouse gratuitement pour nous préparer une séance spécifique » , ajoute-t-il. Sur la pelouse, la compétitivité des joueurs et l’envie de gagner refont rapidement surface. Lors du match Algérie-Mali, alors que les Fennecs menaient 5-4, un imbroglio est venu contrarier la fin de la rencontre. Après une faute de main dans la surface algérienne, les joueurs maliens ont réclamé un penalty, obligeant l’arbitre à visionner une vidéo prise par un spectateur posté derrière les cages.



Face au succès inattendu de cette compétition de quartier, Créteil, Mantes-la-Jolie, Argenteuil ou Aulnay-sous-Bois ont également lancé leur propre Coupe d’Afrique des nations. « D’après ce que j’ai compris, chaque ville qui organise sa CAN dit que ça fait des années qu’ils le font et qu’on les a copiés. Mais c’est faux, on a juste tous copié la vraie CAN » , concède PP, quelques minutes après la défaite de la Guinée contre le reste du monde. Si la CAN Epinetzo a donné naissance à des initiatives identiques, c’est bien celle d'Évry qui fait le plus de bruit. Après des phases de poules endiablées, ce sont les quarts de finale qui vont prendre le relais, avant une finale prévue le 22 juin, un jour après le match d’ouverture au Caire, entre l’Égypte et le Zimbabwe. « Pour la finale, il y aura normalement un concert et un barbecue. On essaye de voir avec la mairie pour le lieu de la finale, car en matière de sécurité, ça sera très compliqué de le faire ici » , révèle PP, de plus en plus sollicité. Si l’heure du bilan n’est pas encore venue, l’engouement suscité par cette première édition donne déjà des idées. « Qui sait, pourquoi pas retransmettre la prochaine édition sur une petite chaîne de télévision » , confie le jeune attaché de presse du tournoi. D'autant que les deux minutes prises pour célébrer un but peuvent servir à foutre une publicité.



Par Maxime Renaudet et Claude-Alain Renaud, à Évry Tous propos recueillis par MR et CAR.
Crédits photos : Adrees Yasser
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