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Le dernier salut de Dunkerque à Sir Alex

Un mois après sa disparition, le 1er août dernier des suites d’une crise cardiaque à seulement 66 ans, l’ombre d’Alex Dupont plane toujours à Dunkerque. Ce samedi, pour la réception de Clermont et sous les yeux de sa maman, Denise, 89 ans, c’est tout un club qui a tourné le regard vers les étoiles sur fond de sonorités carnavalesques. L’occasion, aussi, pour ses proches de dérouler à nouveau des anecdotes à la pelle. Comme en ce jour des années 1990 où le Sir se retrouve en garde à vue, alors que Dunkerque reçoit en Ligue 2. Inimitable Dupont.

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C’est là où tout a commencé. Et là où tout s’est terminé. Dans ce bon vieux Tribut, stade revigoré depuis les travaux de réhabilitation. Là où le chapitre de la deuxième division s’est refermé le 21 mai 1996 contre Mulhouse avec Alex Dupont dépité sur le banc dunkerquois. Là où il s’est rouvert, après 24 années en dehors du monde pro, ce samedi, devant Clermont (1-1). « S’il était encore là, il serait venu, c’est évident » , soupire Soizic, l’une des deux filles du Sir, accompagnée de sa sœur, Gwenaëlle. « Mon père vivait football, pose cette dernière. Nous n’avons pas eu d’autre choix que d’accrocher et, un samedi sur deux, nous étions à Tribut. Mais quand il perdait un match le samedi soir, il n’y avait pas de passage au coin VIP ou au bar, il fallait rentrer direct à la maison. » « Et le dimanche, il faisait la gueule toute la journée, reprend de volée Soizic. Avec le temps, il a appris à relativiser tout ça. C’est très dur pour nous d’être là aujourd’hui. » Un mois après la brutale disparition de leur père, le regard reste embué. « Il était terrorisé par la maladie et la mort. Au moins, il n’a pas eu à se poser de question. Il n’aurait pas supporté d’être malade. Mais c’est arrivé beaucoup trop tôt... »


Les larmes perlent aussi sur les joues de la centaine de proches et d’anciens joueurs venus garnir l’antre dunkerquois et la pelouse de Tribut. Le portrait XXL du Sir trône au beau milieu d’un stade devenu orphelin d’un de ses gamins de Jean Bart. « Sa place est ici, insiste Didier Dupuis, plus de 30 ans de bringue, d’engueulades et de franche camaraderie avec le Sir. Il n’a pas eu ses meilleurs résultats ici, mais c’est un pur Dunkerquois du milieu des dockers, de la pêche, du carnaval. »

« Les dirigeants dunkerquois nous ont ouvert toutes les portes, mais c’était trop fort pour moi pour que j’aille au stade. » Philippe Bialski, cousin d'Alex Dupont

Denise, 89 ans, mère d’Alex et toujours au stade


Philippe Bialski, le cousin d’Alex et ami d’une vie, est resté à la maison. « Je ne pouvais pas, lâche-t-il avant d’éclater en pleurs. Les dirigeants dunkerquois nous ont ouvert toutes les portes, et la Ligue a joué le jeu, mais c’était trop fort pour moi pour que j’aille au stade. Je ne m’en remets toujours pas. » La maman de l’ex-technicien bourlingueur (Dunkerque, Sedan, Gueugnon, Brest, Ajaccio, etc.), elle, est dans les loges. À 89 ans, Denise, celle chez qui le fiston amenait ses joueurs pour dévorer le poisson du vendredi, observe le banc dunkerquois à l’unisson durant l’hommage. « Elle n’aurait pas pu manquer ça, poursuit Gwenaëlle. Même si mon père était à la retraite, elle continuait à regarder le foot et est toujours abonnée à beIN Sports. »


Le ballon est une question de transmission chez les Dupont. Mais pas que. Il est surtout vecteur d’humanité. Didier Dupuis l’a compris fissa en débarquant sur les bords de la mer du Nord en 1988. « J’avais eu un poste en tant que journaliste à Dunkerque. Je n’y connaissais personne et je prends une licence à l’USLD, dans la troisième équipe. L’entraîneur est alors Alex Dupont. » Dès le premier entraînement, le Sir ne triche pas, comme d’habitude. « Il m’a demandé où j’allais dormir le soir. Je lui ai dit que je rentrais à Lille. Et là, il m’a dit : "Viens, on va boire un coup chez Borel" (un bistrot de Dunkerque, N.D.L.R.). Ensuite, il m’a amené chez lui et m’a filé la chambre d’amis. Ça a duré jusqu’à ce que je trouve un appartement. Je ne sonnais même pas à la porte, je pouvais rentrer comme ça. J’me suis dit que ce mec était sur une autre planète, et notre amitié s’est nouée comme ça. » Clairement, « c’était porte ouverte à la maison, abonde Soizic. Je ne compte plus le nombre de fois où il a dit à notre mère de refaire des pâtes parce qu’untel ou untel arrivait. »




Sa cousine Dominique, elle aussi dans les gradins et avec le T-shirt « Merci Alex » sur les épaules, confirme cet aspect « représentatif de Dunkerque » qu’avait l’entraîneur aux répliques dignes d’Audiard. Généreux, simple, sans faux-semblant. Et avec un sacré caractère, ça va souvent de pair. « À mon arrivée au service des sports du journal, les intérêts n’étaient plus les mêmes, distille Didier Dupuis. Quand j’étais critique envers son équipe, ça n’allait plus. (Rires.) » Au point d’interdire à son pote l’accès au vestiaire durant deux mois, « alors que l’on était foncièrement amis » .

« Il a fait croire à un journaliste que j’étais son frère »


Ce qui n’a pas empêché Didier de le suivre dans toutes ses aventures et de plonger dans les facéties du Sir. Dont celle-ci, deux jours avant la finale de Coupe de la Ligue avec Gueugnon contre le Paris Saint-Germain : Alex Dupont « en avait marre de voir les journalistes lui poser les mêmes questions à chaque fois » et finit par emmener son pote dans le burlesque. « Avec ma famille, Alex nous avait invités à passer la semaine qui précédait la finale. À un moment, un journaliste de Gueugnon vient le voir à l’entraînement. Je suis au bord du terrain et il lui fait croire que j’étais son frère. Le mec l’a cru, il est venu m’interviewer et j’me suis retrouvé avec ma tronche dans le canard et mon portrait de frère d’Alex Dupont (Rires.). » Autre session flash-back, quelques années plus tôt, à Dunkerque. « Le club recevait en D2. À l’époque, on était en pleine campagne municipale, et Alex, un vrai gars de gauche, avait tracté en ville. Il était très impliqué dans la politique et avait notamment soutenu la campagne de Michel Delebarre, l’ancien maire de Dunkerque. Sauf qu’il s’agissait de tracts diffamatoires. La police était venue le chercher chez lui et il s’est retrouvé en garde à vue. En arrivant à Tribut, il n’était pas sur le banc. C’était surréaliste. »



« J’ai rêvé qu’on gagne ce match contre Clermont pour Alex et les Dunkerquois. Ça n’a pas été le cas. » Fabien Mercadal, coach de l'USLD

« Tu m’fais la compo ? »


Ou encore durant les années 1990 où Didier Dupuis reçoit comme proposition d’établir la compo de Dunkerque. « C’était la fin de saison, il n’y avait plus d’enjeux et Alex m’a dit : "Tu m'fais la compo pour le match de demain et je l’aligne." J’ai fait deux, trois ajustements qu’il n’aurait pas osé faire et il a aligné les joueurs que je lui avais donnés. Il était dingue. (Rires.) » Et un peu pince sur les bords, malgré la grande générosité que tout le monde lui prête sans sourciller. « Combien de fois il nous a invités à trois, quatre au bar et en arrivant il nous disait : "Ah merde, j’ai pas de sous sur moi." Au Qatar, il lui est arrivé de faire le plein d’essence pour rien, un truc comme 9,80 euros et il attendait sa monnaie après avoir donné 10 euros. Je le taquinais souvent sur ça. »


Une vie ne suffirait pas à gribouiller plusieurs tomes des incroyables histoires d’Alex Dupont. Impossible de faire un pas dans Tribut sans tomber sur une boîte à souvenirs de celui qui s’est éteint à la Turbie, près de Monaco. Les notes de l’hymne à Cô Pinard, illustre figure du carnaval, se sont pourtant envolées une ultime fois dans les airs et ces paroles qu’il chantait à tue-tête dans ses habits de corsaire disaient tout du ressenti. « À c’t’heure, nous voilà tous en pleurs... » Même Fabien Mercadal, le technicien de l’USLD, empreint d’une affection toute particulière envers « un entraîneur et un homme dont on ne peut que s’inspirer. J’ai rêvé qu’on gagne ce match contre Clermont pour Alex et les Dunkerquois. Ça n’a pas été le cas. Mais ce que je peux dire sur lui, en l’ayant connu par procuration, c’est que je n’ai jamais entendu quelqu’un dire du mal sur sa personne. Ça m’a marqué. Quand je terminerai ma carrière, je serais heureux que l’on parle comme ça de moi, vraiment. »



Par Florent Caffery, à Dunkerque Tous propos recueillis par FC.
Photos : Manon Cruz.
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