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On a vécu la dernière de l'Algérie

En s'inclinant d'un cheveu face aux grands favoris allemands, l'Algérie a enflammé ses supporters en même temps que les rues de Paris. Entre fierté et déception, de la place de l'Étoile à Barbès, retour sur une soirée historique, à jamais gravée pour les Fennecs.

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Ce lundi soir, Paris met les warnings. Remontant l'avenue en direction de la place de l'Étoile, le chauffeur d'un semi-remorque vient de donner le top départ des festivités, d'un coup de klaxon retentissant. Qu'importe la défaite face à l'Allemagne, c'est la meilleure équipe d'Algérie de tous les temps que l'on honore sur la plus belle avenue du monde. Un gamin un peu fou déboule en courant : « On a marqué un but, ça mérite d'être fêté sur les Champs-Élysées ! » Venu profiter avec ses amis, Saïd est lui aussi fier de son pays d'origine. Souriant, il porte fièrement le drapeau au croissant de lune sur ses épaules, non sans problèmes : « Je me baladais tranquille et les flics sont venus me voir en me disant d'enlever mon drapeau ! Sérieux, je suis dégoûté... Un ministre a demandé à ce qu'aucun drapeau étranger ne soit montré ici. C'est ça, la liberté d'expression ? Je suis juste heureux et ils viennent me casser les couilles... Mais faut pas rentrer dans leur jeu : ils ont rien dans le crâne, ces types, juste une matraque à la main et c'est tout ! » Qu'importe Christian Estrosi, les Algériens sont bien décidés à s'ambiancer.

« Jamais je n'aurai cru à la prolongation »


Les Champs-Élysées l'ont sans doute échappé belle : la fête, à défaut d'être honorable, aurait pu être exceptionnelle. Massés comme des sardines devant les échoppes mal éclairées de Barbès, les supporters des Fennecs ont longtemps cru à l'exploit avant de déchanter. « Mon pronostic ? 1-0 pour l'Algérie. Ils jouent très bien par rapport aux autres années » , murmure Mehdi au coup d'envoi, presque surpris de son audace. « J'y crois. Des joueurs comme Foued Kadir, Nadir Belhadj, Karim Ziani et Ryad Boudebouz n'ont même pas été sélectionnés. Les places coûtent cher désormais, c'est plus comme avant où il suffisait de jouer dans un club moisi pour être appelé » renchérit Samir, qui peine à apercevoir la télévision. Il faut dire qu'ils sont plus d'une centaine, regroupés comme un seul homme à l'extérieur du restaurant. Partout dans les rues, la moindre télé en état de marche est prise d'assaut par une foule enfumée et avide d'exploits. Ils sont tous là : Algériens, Marocains, Tunisiens et autres supporters d'un soir. « L'Algérie représente dignement le Maghreb et le monde arabe, ils font plaisir à voir » se dédouane tranquillement Samir le Tunisien. « Moi, je suis marocain, je suis là pour l'ambiance. J'aimerais qu'ils gagnent ce soir pour que la France les torche » confirme Mehdi en roulant un gros joint.


Bonne enfant et festive, l'ambiance est à mille lieux des clichés largement véhiculés ces derniers jours. La seule nuisance, si elle existe, est avant tout sonore. Remontés comme des pendules, un groupe d'acharnés encourage les Fennecs, visiblement portés par l'incroyable ferveur populaire. Les premières occasions ratées de l'Algérie donnent ainsi lieu à des scènes de désespoir intense. On frappe les murs de rage, on claque des mains en jurant, les têtes se figent dans un élan de crispation. Entre-temps, les moins bien placés grimpent sur tout ce qui bouge pour tenter d'apercevoir une bribe d'action. « Vous inquiétez pas, les matchs c'est impossible à regarder à Barbès. Personnellement, moi je n'essaie même pas de voir, je stresse trop » rigole Abdel, le vendeur de rue, qui fait un carton parmi les supporters. À trois euros l'écharpe et cinq balles le drapeau, les affaires s'avèrent rentables. «  Mais attendez ce soir, si on se qualifie, tout va partir » , se régale-t-il d'avance.


Pour trouver trace d'une ambiance plus tamisée, il faut se diriger vers le Triangle d'or, un bar PMU tenu par Nabil, sosie officieux de Jean Reno. À l'intérieur, quelques supporters concentrés regardent l'arbitre siffler la fin du temps réglementaire. « Jamais je n'aurais cru qu'on arriverait à la prolongation, je pensais qu'on perdrait directement. Aux pénaltys, M'Bohli est tellement bon qu'on a nos chances, se réjouit le gérant. Maintenant, je suis confiant, on est leur bête noire, deux matchs contre eux, deux victoires ! Jamais deux sans trois ! » Ses espoirs sont rapidement douchés par une inspiration de Schürrle, qui ouvre le score dans un silence de mort. Pas de quoi décourager Karim, qui voit déjà plus loin : « Si on égalise, on gagne le match ! Mais il faudra que la fête se passe dans le calme, les médias nous cassent déjà assez de sucre sur le dos. Il faut pas que les petits cons rendent tout cela politique, ce sont des pièges que l'on nous tend. » Sa diatribe est interrompue par une contre-attaque mal négociée. « Mais donne ton ballon, merde ! C'est ça notre problème, à nous Algériens, on aime trop les grigris. »

« Le Bon dieu a évité France-Algérie »


Sur les Champs, l'atmosphère se crispe aussi. Venu pour célébrer la qualification franco-algérienne au café George V, Sofia prend ses affaires aussi vite qu'elle perd son sourire. « Là, je pars. L'Allemagne vient encore de marquer et on n'a aucune chance de revenir à mon avis. Je n'ai pas envie d'être là à la fin du match. Je ne veux pas faire partie de ses personnes qui vont venir casser des voitures... L'Algérie va encore donner une mauvaise image d'elle si on perd, à cause de cons qui profitent de cette situation. » Son instinct la trompera doublement. Aucun débordement majeur ne sera déploré pendant la nuit. Surtout, les Fennecs se rebellent et quittent la compétition la tête haute, grâce à un ultime but de Djabou. Au café PMU, c'est l'explosion. Comme si la Coupe du monde n'était pas perdue. « C'est magnifique, inoubliable » jouit Habib, les larmes aux yeux, en enlaçant son voisin compatissant. « C'était un très très très beau match, l'un des meilleurs de la compétition. Même si on a perdu, impossible de leur en vouloir, on a joué un très gros football. » Malgré la défaite, Madjer et Belloumi ont trouvé leurs héritiers.



Il est une heure du matin. Armés de fumigènes ou de leurs cordes vocales, les supporters se dispersent dans un subtil mélange de tristesse et de fierté. Sur les Champs-Élysées, Sofiane dresse le bilan : « Voilà, c'est fini. C'était un beau match, ils ont tout donné, ils nous ont fait honneur. On n'a pas fait comme les Portugais qui en ont pris quatre dans la gueule. Quand on y pense, on a fait mieux que toutes les autres équipes africaines. Je n'ai qu'une chose à dire : merci l'Algérie ! » Posté au Triangle d'Or, toujours sous le coup de l'émotion, le vieil Habib prend le relais avant de s'éclipser : « Le bon Dieu a évité France-Algérie. Maintenant, on est pour les Bleus. Vous pouvez nous remercier, on les a bien fatigués.  »



Par Christophe Gleizes et Antoine Donnarieix
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