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On a papoté avec le rappeur bulgare qui chante à la gloire de Kylian Mbappé

Depuis le début de la semaine, un titre à la gloire de Kylian Mbappé et interprété par un rappeur de Sofia met les médias français en émoi. Un hymne dont seuls les membres de la communauté bulgare – environ 30 000 personnes d'après les chiffres les plus fiables – peuvent comprendre les paroles. Mais au-delà de l'aspect amusant de la chose, discuter avec l'auteur du hit permet de comprendre ce qu'est devenu le PSG en 2018, ainsi que les rapports qu'entretiennent de nombreux jeunes d'Europe de l'Est avec la partie occidentale du Vieux Continent.

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Après s'être posés en bas de leur barre d'immeuble, Fyre (le rappeur) et Vitezz (le beatmaker et réalisateur du clip) lancent Facetime pour discuter de la fameuse chanson. Le temps est doux dans la capitale bulgare en ce début d'octobre, alors Fyre a tombé le T-shirt manches courtes/col V qui dévoile une partie de ses tatouages. Assis à ses côtés, Vitezz a gardé sa veste de survêtement, et c'est lui qui tient le téléphone pour bien cadrer les visages. Normal, pour un homme habitué à tenir la caméra pendant les tournages des clips de son pote.

Vidéo



Salut Fyre, salut Vitezz. Les Français ont découvert votre chanson sur Kylian Mbappé, mais avant ça, ils ne vous connaissaient pas. Faisons un rapide tour de présentation !
Fyre : On est des jeunes artistes de Bulgarie, et on est en train de découvrir le succès et la hype. En ce moment, pour nous, c'est un peu le sommet de la vague, et on arrive pour conquérir le monde ! (Rires.)
Vitezz : On vient de Sofia. On habite dans le sud de la ville, pas loin du parc NDK, et on a tous les deux 22 ans.

Ça fait combien de temps que vous rappez ?
Fyre : Depuis environ quatre ans. J'ai commencé à rapper en sortant du lycée.
Vitezz : Moi, je produisais plutôt de la house music. On s'est rencontrés au lycée, et on est vite devenus meilleurs amis. On a plusieurs centres d'intérêt communs, on a le même sens de l'humour. Quand il a commencé à faire du rap, je me suis mis à produire de la house, et quelques années plus tard, on a commencé à faire de la musique ensemble.
Fyre : Il faisait ses sons dans son coin, et je lui disais : « Il faut que tu me fasses un beat trap ! » Il me répondait qu'il ne savait pas comment faire, mais j'insistais. « Allez, allez, tu peux le faire. » Et un jour il m'a envoyé un beat, j'ai enregistré dessus, et on a commencé à faire de la musique ensemble.


Bon, et cette chanson sur Kylian Mbappé, ça vous est venu comment ?
« Sur la scène rap, c'est très à la mode en ce moment d'utiliser le nom d'un footballeur pour intituler une chanson et parler de lui dedans. »
Fyre : En fait, on regardait la Ligue des champions et on était tous les deux fans de Kylian. Il n'était pas très populaire, ici, en Bulgarie. Et sur la scène rap, c'est très à la mode en ce moment d'utiliser le nom d'un footballeur pour intituler une chanson et parler de lui dedans. On s'est dit que ça serait une bonne idée de faire une chanson qui s'appellerait Kylian Mbappé, et de lier notre succès au sien. C'est un bel exemple pour notre génération. Regarde, c'est encore un teenager et il est déjà une superstar. Je pense qu'il est un modèle pour les jeunes.

La chanson est sortie après la Coupe du monde. Joli timing.
Fyre : Oui. On regardait la finale de la Coupe du monde, on se parlait au téléphone, et j'ai dit à Vitezz : « Il faut faire la chanson maintenant ! » Et je chantais : « Kylian Mbappé, Kylian Mbappé » . (Rires.) Il a marqué un but, et on s'est dit qu'on était obligés de le faire. On a enregistré le lendemain, et on a tourné la vidéo dans la semaine. On devait aller au boulot le matin, mais on a quand même monté et édité la vidéo dans la nuit. On a dû dormir deux heures. Le lendemain, on ressemblait à des drogués à cause du manque de sommeil !
Vitezz : Moi, j'avais un vol pour la Grèce le lendemain. Bon, finalement, on a quand même réussi à monter le clip et à le mettre en ligne.
Fyre : C'est une bonne illustration de notre mode de vie depuis qu'on fait de la musique. On se débrouille, et on travaille dur. C'est pour ça, je pense, qu'on a le même caractère, avec Kylian. Son succès, il le doit à son travail, à ses sacrifices. Il se bat pour atteindre la perfection, il a faim.
Vitezz : Et il reste humble.

Dans le clip, vous avez des maillots du PSG. Pourtant, quand on se balade dans les rues de Sofia, on en voit très peu, voire aucun, même dans les magasins.
Fyre : C'est vrai, le PSG n'est pas très populaire ici. Mais on peut dire fièrement que depuis cette chanson, il y a de plus en plus de fans du PSG et de Kylian. Dans la jeune génération, il y a beaucoup de fans de Kylian maintenant. Les maillots, on a dû les commander sur internet. On a aussi notre marque, 02 Wear. Et on a créé un logo qui représente une des statues les plus connues de Sofia (la statue de Sainte-Sofia, N.D.L.R.), mais en s'inspirant du blason du PSG, tu vois ?
« Comme la plupart de ces rappeurs viennent de Paris, ils parlent du PSG dans leurs chansons. Il y a aussi beaucoup de références dans leurs clips, des maillots, des choses comme ça. On était adolescents, on écoutait ces rappeurs, on les voyait avec les maillots du club... »
Vitezz : On a un passif, avec le PSG. Quand on était en cours, on étudiait le français en LV2. Et on a commencé à écouter du rap français, beaucoup de rap français.
Fyre : Ça a commencé avec Gradur, il était très populaire à l'époque. Puis Lacrim, Kaaris, Booba... Depuis, on a aussi découvert des artistes plus locaux, comme Hornet la Frappe, et plein d'autres. Ils sont plus jeunes, mais ils font leur trou.
Vitezz : Et comme la plupart de ces rappeurs viennent de Paris, ils parlent du PSG dans leurs chansons. Il y a aussi beaucoup de références dans leurs clips, des maillots, des choses comme ça. On était adolescents, on écoutait ces rappeurs, on les voyait avec les maillots du club...
Fyre : Personne ne fait ça en Bulgarie. Et on essaye d'être des pionniers, donc on s'est dit que ce serait une bonne occasion de faire pareil. Ici, les jeunes écoutent beaucoup de rap français, allemand, anglais... Sauf que maintenant, même dans des clips allemands ou anglais tu peux apercevoir des survêtements du PSG. C'est devenu extrêmement populaire, c'est plus qu'un simple club de football.


Vous êtes déjà allés au Parc des Princes ?
Fyre : Non, mais on était à Lyon et à Annemasse il y a pas longtemps.
Vitezz : Ma mère et mon petit frère vivent là-bas, près de la frontière avec la Suisse. On en a profité pour faire un titre avec un artiste du coin, Calvin Kid.
Fyre : On l'a trouvé sur Instagram et on l'a contacté en lui envoyant la chanson Kylian Mbappé. Il n'est pas très connu, mais ça nous a permis de faire une chanson avec un artiste français.

Dans le refrain de Kylian Mbappé, tu dis dans un français parfait : « Wesh Wesh ! » C'est une expression typique de la jeunesse française, comment tu as appris ce mot-là ?
« Depuis ces deux chansons, il y a plein de jeunes ici en Bulgarie qui s'interpellent en se disant "Wesh wesh !" quand ils se croisent. »
Fyre : (Rires.) C'est marrant, parce que la première fois que j'ai entendu ce mot, c'était chez un artiste allemand. Il s'appelle Mortel, il y a pas mal d'influence française dans sa musique, et il parle français. Le première fois que j'ai entendu « Wesh » , je me suis dit : « Mais qu'est-ce qu'il est en train de dire ? » Donc je suis allé sur Google et je me suis rendu compte qu'en fait, j'entendais ce terme très souvent dans le rap français ! D'ailleurs, notre chanson avec le rappeur d'Annemasse s'appelle Wesh wesh fréro. Et depuis ces deux chansons, il y a plein de jeunes ici en Bulgarie qui s'interpellent en se disant « Wesh wesh ! » quand ils se croisent. On a importé ce mot ici.
Vitezz : Ce qui est drôle aussi, c'est qu'ici, « ouesh » signifie « complètement ivre » . On dit « Tu es ouesh » ( « ти си леш » en version originale, N.D.L.R.), le mot sonne pareil. Donc au début, les gens confondaient le mot bulgare avec le mot français.

Et vous jouez au football ?
Fyre : Quand on était plus jeunes, oui. Maintenant, je fais des sports de combat. Du muay-thaï. Je fais de la compétition, j'ai déjà gagné deux médailles.
Vitezz : J'ai joué plus longtemps que lui, j'ai fait du club pendant quelques années. Mon grand-père était footballeur, donc j'ai un petit background.

À part Kyky, il y a d'autres joueurs ou d'autres équipes que vous aimez ?
Vitezz : Oui, surtout en Bulgarie. L'histoire est drôle, parce que les deux plus gros clubs de Bulgarie sont le CSKA Sofia et le Levski Sofia. Lui est fan du CSKA, et moi du Levski.
Fyre : Et on était tous les deux ultras, on n'était pas des fans normaux !

Vitezz : On était des hooligans, donc on était ennemis.
Fyre : J'étais dans un groupe de hools, dans une firm.
Vitezz : Et pourtant, on est devenus meilleurs amis.


Pendant la Coupe du monde, vous étiez derrière l'équipe de France ?
Fyre : Oui. Pourtant, la majorité des gens en Bulgarie soutenaient la Croatie. Même les présentateurs télé s'étaient habillés avec des maillots de la Croatie le jour de la finale.
Vitezz : C'était incroyable...
Fyre : Ils disaient que les Croates étaient nos frères slaves, et donc qu'il fallait être pour eux. Mais tu sais, je ne vois pas les choses comme ça. Tous les deux, on n'a pas beaucoup de liens avec ce pays. On en a beaucoup plus avec la France qu'avec la Croatie. Je suis déjà allé en Croatie, et les gens n'étaient pas aussi amicaux qu'en France. Donc je ne peux pas considérer quelqu'un comme mon frère si je n'ai pas de relations avec lui. J'aime la France, j'aime les joueurs, on écoute votre musique, on aime la culture. Et on le dit fièrement.
« Malheureusement, la plupart des Bulgares sont un peu racistes. Ils ne vont pas soutenir les équipes comme la France, ou l'Allemagne. »
Vitezz : Malheureusement, la plupart des Bulgares sont un peu racistes. Ils ne vont pas soutenir les équipes comme la France, ou l'Allemagne.
Fyre : Ça m'a choqué quand un grand journal bulgare a titré « L'Afrique célèbre sa victoire en Coupe du monde. »
Vitezz : Oui, un des plus gros quotidiens. C'était en une, « L'Afrique a gagné la Coupe du monde. » Ridicule.
Fyre : Nous sommes un pays de l'Union européenne, et les Bulgares rient en lisant ça... Mais si tu vas en France ou en Allemagne, tu verras comment vivent les gens. Tu verras qu'ils sont sympathiques et accueillants. Tu vas découvrir des nouvelles cultures et voir les choses de façon différente. Ici, il faut expliquer ça aux gens en se disputant parfois avec eux parce qu'ils ne comprennent pas que ces joueurs sont nés en France.
Vitezz : Le racisme est très courant dans les Balkans.

La chanson est sortie en août, alors pourquoi les Français ne la découvrent que maintenant ?
Fyre : Quand on a publié le clip, on a contacté quelques groupes de fans du PSG pour qu'ils le relaient. Certains l'ont fait, comme Paris No Limit qui a partagé la chanson sur Instagram. Ensuite, il y a eu quelques articles qui ont attiré l'attention sur nous. Mais lundi, il y a un blogger pro-PSG très connu qui s'appelle Pauleta qui a mis notre clip dans son vlog. Une heure plus tard, j'ai reçu 200 textos ! On a gagné des centaines de milliers de vues sur Youtube, c'était complètement fou. Il a fait les choses très correctement, il m'a demandé s'il pouvait utiliser ma chanson, donc shout out à lui !

L'instru sonne comme de l'afrotrap, un genre musical qui mêle rap et sonorités africaines. C'est très populaire en ce moment en France et les footballeurs adorent, c'était voulu ?
« On écoute beaucoup de MHD. Et comme on veut être des pionniers et que personne n'avait encore fait d'afrotrap en Bulgarie, on s'est lancés. »
Vitezz : Oui, quand tu l'écoutes pour la première fois, ça sonne comme de l'afrotrap. Mais ça sonne aussi comme de la musique balkanique. Le rythme, les instruments...
Fyre : On écoute beaucoup de MHD. Et comme on veut être des pionniers et que personne n'avait encore fait d'afrotrap en Bulgarie, on s'est lancés. On aime apporter des nouvelles choses. Beaucoup de jeunes connaissent MHD, Niska, ces gens qui font de l'afrotrap.
Vitezz : Et tout le monde nous disait : « Je n'arrive pas à croire que ce soit une chanson bulgare ! »
Fyre : On a mélangé ça avec des paroles un peu plus agressives, des street lyrics, et ça a plu aux gens.

Propos recueillis par Alexandre Doskov
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