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On a essayé d’aller à la fan zone pour France-Corée du Sud

Satané Miguel. Sur le papier, la promesse d’une fan zone en plein cœur de Paris, aux Halles, était ambitieuse : des animations pour promouvoir le foot féminin, le match sur écran géant ou encore un tournoi de baby-foot. Mais la tempête de vent qui s’est abattue vendredi soir sur Paris en a décidé autrement. Du coup, on s’est rabattus.

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La fiasco zone. Aux abords de l’emplacement dédié au village pour la Coupe du monde 2019, pas un maillot des Bleues, pas un drapeau français, pas même une once de maquillage tricolore. Pire, les barrières métalliques qui servent de portes d’entrée restent closes, un peu plus d’une heure avant le coup d’envoi de France-Corée du Sud. En fin d’après-midi, la maire de Paris Anne Hidalgo avait annoncé la fermeture de la fan zone « jusqu’à nouvel ordre » en raison des vents violents. Renseignements pris auprès de l’organisation, une réunion se tiendra pour prendre une décision définitive à 20 heures : un maigre espoir pour les rares supporters se tenant devant les lieux. L’ouverture ou non de la fan zone n’émeut pas grand monde.


Tout à coup, miracle, un drapeau français porté en cape recouvre le maillot deux étoiles d’un supporter. Ce sera le seul. « Je suis là depuis quatorze heures, pour voir l’ambiance monter » , explique Kingsley, bercé au foot féminin grâce à son club de cœur l’Olympique lyonnais. La tuile pour lui, sachant que la seule activité qui draine un peu de monde (une cinquantaine de personnes) est un city stade éphémère installé sous le forum des Halles. Et même si les joueurs profitent de l’installation, la plupart n’ont même pas prévu de regarder le match ce soir. « On vient juste faire un foot avec des potes, après on repart » , lâche Harrison à la sortie du terrain, chasuble jaune sur le dos et gouttes de sueur sur le front.

« Regardez autour de vous, il ne se passe rien ! »


20 heures. Le vent s’intensifie, une fine bruine tombe et le couperet attendu tombe : bras en croix, la sécurité du village de supporters confirme que la fan zone ne rouvrira pas ce soir. Et si les Français – ou a minima ceux aux alentours des Halles – ne se passionnent pas pour ce premier match de Coupe du monde, les quelques fans étrangers, eux, ne cachent pas leur déception. « Deux mots pour décrire cette soirée, résume Shannon, la déception et le sexisme » . Venue en vacances à Paris avec son mari Joey, l’Américaine fana de soccer avait encore en tête les images de liesse sur les Champs-Élysées l’été dernier au moment du titre de ces messieurs. Autant dire que c’est le jour et la nuit. « Regardez autour de vous, il ne se passe rien ! Tout ça parce que ce sont des femmes » , balance Shannon, avant que le couple ne rentre à l’hôtel regarder le match sur un ordinateur portable.



Refoulées. Helen et Haleen n’entreront pas non plus. Mais à défaut, les deux sœurs décrochent sans conteste la palme des supportrices les plus déguisées. Écharpe des Matildas, le surnom de la sélection féminine australienne, autour du cou (c’est dire s’il ne fallait pas grand-chose pour ce titre honorifique), elles avaient prévu de commencer leur périple français par une grosse ambiance pour ce France-Corée du Sud. À chaque Coupe du monde féminine, Helen, qui vit aux États-Unis, et Haleen, restée vivre en Australie, se retrouvent et suivent tous les matchs de leur pays. Direction Valenciennes, Montpellier pour le choc face aux Brésiliennes, et Grenoble, enfin. « On est très déçues du manque d’engouement » , avoue Helen. Mais les sœurs ne désespèrent pas de voir les mentalités changer : « Chaque Coupe du monde est un pas en avant pour l’acceptation des femmes dans le foot. » En attendant de voir une marée humaine déferler dans les rues de Paris, les Australiennes ne sont même plus motivées pour voir le match d’ouverture dans un bar. Pour nous, ce sera direction le Thirsty Mad Cat, à une centaine de mètres de là, rue Montmartre.

« Une tête de bâtard, on a Weeendie Renard ! »


En ce vendredi soir, l’allée qui serpente au cœur des 1e et 2e arrondissements est inhabituellement calme. Les circonstances l’obligent, en ce 7 juin, les nombreux bars qui la constellent restent désespérément clairsemés. Au Thirsty Mad Cat, haut lieu parisien de la culture sportive, l’affluence n’est rien en comparaison de ce qu’elle a pu être à l’occasion des rencontres de l’équipe de France l’été dernier. Une cinquantaine de personnes seulement s’y est rassemblée, dont un bon nombre n’est même pas présent, en premier lieu, du fait du football. Ainsi Yoann, Thibaut et Emmanuelle ne se sont retrouvés que pour l’anniversaire de Loraine, parée pour l’occasion d’un diadème argenté. Aucun d’eux n’hésite cependant quand l’un des barmans propose d’apposer sur leur visage un maquillage tricolore : « On n’était pas forcément là pour le match, mais maintenant qu’on y est, autant en profiter et vivre le truc à fond » , lâche la reine de la soirée.


Et de fait, la tension monte d’un cran quand résonne la Marseillaise, entonnée à tue-tête par un noyau compact d’une dizaine d’hommes. Ceux-ci sont bien là pour le match, font vibrer leur voix quand Eugénie Le Sommer ouvre le score et s’embrasent définitivement après le doublé de Wendie Renard. Sur l’air du tube de l’été dernier, « une frappe de bâtard, on a Benjamin Pavard  » , trois amis, Renaud Gasselin, Maxime Gouin et Steve Mo, lancent en son honneur ce qui pourrait devenir celui de cette année : « Une tête de bâtard, on a Weeeendie Renard » . « On s’était un peu concerté avant le match, affirme Maxime, caleçon-deux-étoiles-porte-bonheur sous le pantalon. Ça rime, tout le monde connaît la chanson, donc on s’est dit que ça pouvait prendre. » Son pote Renaud, fan du PSG, ajoute : « Wendie Renard, elle est reconnaissable. Tu lui mets un maillot rouge de Liverpool et on a Virgil van Dijk » .


« Comment ça il y avait une fan zone ? »


À la mi-temps, le public présent retourne à ses occupations. Le match, déjà plié, ne parvient pas à rameuter les distraits. Tous semblent désormais se désintéresser franchement de cette équipe de France. Tous sauf une. Louise, supportrice de l’OL féminine en voyage à Paris, encourage seule les joueuses française et égrène leur nom avec une facilité déconcertante. La dernière réalisation de la France relance à nouveau l’ambiance, toujours stimulée par la dizaine d’irréductibles. « L’équipe de France joue bien, lance Louise à la volée. Forcément, ça suscite de l’intérêt, et l’ambiance est plutôt bonne. Je pense qu’on peut revoir un engouement comme l’année dernière.  » Les corps bougent enfin, et les chants se succèdent, tandis que Denilson, patron du bar vêtu d’un maillot bleu-blanc-rouge, verse une rivière d’alcool sur son comptoir et l’embrase sans hésiter. « J’étais sceptique quant à l’affluence pour ce soir et j’ai finalement été plutôt surpris, avoue-t-il. Je pense qu’en fonction des résultats de l’équipe, l’ambiance peut encore clairement grimper. »


Pourtant, dès les premières minutes de l'après-match, l’ambiance retombe aussi vite qu’elle était montée, épousant à nouveau la trajectoire de montagnes russes qu’elle n’a fait que suivre, au gré des buts, durant l’intégralité de la rencontre. L’atmosphère, à nouveau végétative, n’est pas réchauffée par la pourtant toute proche fiasco-zone. « Comment ça il y avait une fan zone ? » , s'étonne Louise. « On n’était pas du tout au courant » , confirme Yoann. De fait, aux abords de la fan zone, il n’y a âme qui vive. Si les bourrasques agitent toujours furieusement les bâches et les quelques étendards disposés ici et là, les grilles de métal restent inexorablement immobiles. La boucle est bouclée, le désert est resté désert. Un passant erre lentement sous la canopée des Halles. Nous l’interrogeons sur le résultat de la partie. la réponse, surprenante, mais prévisible, fuse : « Absolument aucune idée. »



Par Arthur Stroebele et Valentin Lutz Propos recueillis par AS et VL.
Photographies de AS.
Vidéo de Steve Mo.
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