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On a croisé GuillaumeTC

Mais quelle gueule peut bien avoir celui qui passe sa vie à mêler celles des autres ? Star de Twitter où il mélange les visages de footballeurs, politiques, artistes et acteurs de l'actualité, GuillaumeTC est d'abord un type sain. La preuve, il donne rendez-vous autour d'un chirashi saumon.

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Il avait prévenu : « J’ai la coupe de cheveux de Barthez et des lunettes. » Voilà qui tombe bien : si GuillaumeTC est aujourd’hui célèbre, c’est à son œil et à sa main qu’il le doit. Le premier fouille, scrute, repère, la seconde exécute. Si l’on devait en rajouter sur son physique, probablement que la comparaison la plus exacte à son propos impliquerait Bernard Werber, dont il a déjà été écrit qu’il partageait quelques traits de visage. Pas que : l’un est connu pour sa trilogie des Fourmis, l’autre abat chaque jour un travail de même envergure pour trouver les idées qui alimenteront son fil Twitter, où il est devenu célèbre pour poster – « chaque jour, j’y tiens » – des montages photo devenus, au fil du temps, les « #CroisonsLes » . Suivis par 105 000 personnes, ils sont régis par un principe digne d’une cour d’école : mêler les visages de deux personnalités pour en créer une troisième.



Ce jour-là, quelques heures avant de donner rendez-vous dans un restaurant japonais du 11e arrondissement de Paris, sa production de la journée métissait la tête de Marine Le Pen et la face de Steve Bannon, la première ayant réfuté le matin même sur France Info l’implication du second sur sa campagne européenne. La politique est l’une de ses deux marottes ; l’autre, c’est le football. Une belle ironie, puisqu'il n’y connaît rien. « Je n’ai pas "d’équipe", glisse-t-il dans un sourire. Je suis l’équipe de France de foot autant que celle de rugby, et je connais la règle du hors-jeu, quoi. Mais le football, ça parle à tout le monde, c’est universel, plus facilement repris. Et puis l’avantage, c’est que t’as des gueules. Aulas et Ribéry, je les ai fait à toutes les sauces. » Son hybridation la plus connue, celle de Deschamps et François Damiens, publiée un jour de France-Belgique en demi-finale de Coupe du monde, cumule 13 000 retweets. Pas mal pour un profane.

Obsédant, isolant, kiffant

On attendait un jeunot. Il a 44 ans, est doublement papa. Il porte des lunettes rectangulaires et a le regard doux, le genre de type que l’on imagine, dans une autre vie, s’exerçant au Qi Gong drapé d’un kimono à l’aube dans un parc new-yorkais. Chez Guillaume Titus-Carmel, de son vrai nom, tout respire le zen, jusqu’à la voix. Il commande un thé vert, parle lentement. Joli déguisement : l’homme dissout en réalité aussi bien ses émotions que les traits des célébrités qu’il croque. Les Croisons-Les sont un symbole des pensées volages qui virevoltent dans l’esprit de ce créatif, aujourd’hui employé d’une agence de communication branchée. « Je suis tout le temps en train de scroller sur mon téléphone, tout le temps connecté, explique-t-il. Ça saoule les potes aux dîners, ça gonfle ma femme. » Son quotidien professionnel, chronophage, ne lui laisse que la nuit pour bosser ses montages, simple passion bénévole. Alors Guillaume bosse « quand tout le monde est couché » , à la recherche de la bonne comparaison, de l’idée ingénieuse « au-delà du simple jeu de mots » dans lequel il n’assure être tombé que rarement, par exemple à l’occasion d’un irrésistible Edwy-PNL. Au rythme d’une production par jour, pour 20min à 2h de travail par pièce, le loisir est quasiment devenu un obsédant fardeau, demandant une veille et une application à s’arracher les cheveux. Voilà peut-être pourquoi il n’en a plus.


Puisqu’on en parle, sa première œuvre, datée du 6 décembre, parle justement capillaire. Un soir, assis dans son canapé, il zappe sur Des Paroles et des Actes, l’émission politique de France 2 à l’époque présentée par David Pujadas. Sur demande publique de Guy Birenbaum, il transpose la cascade de cheveux bruns d’une spectatrice sur la caboche déplumée de l’économiste François Lenglet, son premier buzz : 14 retweets. « Aujourd’hui, 14 retweets, c’est un bide, se marre-t-il. Mais ça arrive. Je me fous la pression tous les jours parce que je sais qu’il y a une attente. Je n’ai pas envie de décevoir, mais je sais qu’on en est tous là sur Twitter. Ceux qui partagent leurs dessins, leurs photos, qui font des vannes, tous. J’ai la sensation d’être redevable, de devoir répondre à une attente. » Quand il part en vacances, Guillaume poste un message pour dire qu’il sera inactif. Étrange. Il évoque en filigrane la peur de l’oubli, celle que son public passe à autre chose. Pour l’une de ses premières illustrations, publiée sur Eurosport, il s’était fait insulter dans les commentaires et s’en souvient encore, de celle-là comme de chacune des autres. Il enchaîne : « Je pensais qu’au bout de trois mois ça me saoulerait, moi et les autres. Ça fait six ans. »

De New-York aux Assedic de Soissons

Drôle de destin : il l’assure, petit, il ne touchait pas une bille en arts plastiques. Sa mère, pourtant, est une Américaine polyglotte (sept langues) traductrice de poésie japonaise, et son père artiste-peintre. Ils vivent en Picardie dans un ancien couvent aménagé en atelier pour exposer les toiles du paternel. Une vie « regular au possible » jusqu’à ce jour de ses 20 ans où il décide « d’arrêter de se voiler la face » et plaque sa fac d’histoire pour suivre sa mère deux semaines aux États-Unis. C’est le coup de foudre. Il y restera sept ans, bondissant de coloc en coloc, une dizaine au total, se passionnant pour les Mets (baseball), les Jets (football américain) et les Nets (basket). Il y découvre la liberté, les ambiances familiales de stade et les « punks à chien qui parlent aux costards-cravates » , alors que la Coupe du monde 1998 n’existe qu’à travers les écrans de télévision des bistrots français du quartier qu’il fréquente.


Et puis un jour, le 11 septembre 2001, penché à sa fenêtre, il voit un avion rentrer dans une tour du World Trade Center. Un choc. De la fumée noire, partout. « À partir de là, dit-il, l’ambiance a changé. On me disait "sans nous tu parlerais allemand", on arrêtait des hindous dans la rue, c’était bizarre. Il y avait des drapeaux partout aux fenêtres. Si tu n’avais pas le tien, tu étais vu comme un potentiel ennemi. » Le 1er décembre, à 27 ans, il envoie ses quelques affaires par bateau jusqu’en France et saute dans un avion pour Roissy. À l’ouverture de la carlingue, il pleut. Il fait froid. Sa mère l’attend au volant d’une R11 GTL. Elle le conduit s’inscrire aux Assedic de Soissons. « J’ai dû retourner vivre chez mes parents, c’était terrible. C’était l’hiver. Je me suis dit que je devais me barrer au plus vite. » Et puis un job, une femme, les enfants, et voilà le bateau ancré depuis dix-sept ans.




Son smartphone convulse. Il tripote sa coque représentant l’une de ses productions, une fusion d’Ed Sheeran et de Jacques Chirac, et confesse : « Twitter, c’est comme une grosse colocation, c’est là que je me sens le mieux, à la maison. Il y a des cons, des drôles, des violents. Moi, je fais la petite blague du jour. » Au début, lorsqu'il souhaitait « bonne nuit » aux milliers de followers qu’il ne connaissait pas, sa femme le « prenait pour un taré » . Puis comme les autres, collègues et amis, elle a appris a apprivoiser cette masse d’autant plus difforme qu’elle amalgame les footeux, les fans de The Voice, les politiques qui le félicitent en privé, les artistes, les journalistes, les lambda. Dans sa bio, il est précisé qu’il « ne répond pas aux trolls » , et disserte sur l’évolution du réseau, progressivement passé d’une plate-forme conversationnelle à « un truc de business foireux » où il est régulièrement plagié. Il dit : « Je n’ai pas envie d’aller au clash. C’est con, mais je suis papa, je n’ai pas envie de me retrouver avec un type en bas de chez moi ou une tête de cheval mort dans mon lit. » Il n’a rien du Parrain, si ce n’est que sa coke à lui, le montage, le garde éveillé tout aussi tardivement.

Évrama Yade

Le foot est venu lentement à lui, au rythme de l’horloge, si bien que désormais, sur son site de vente de T-shirts en ligne, c’est le modèle présentant l’association Griezmann-Platini qui marche le mieux. Un jour, Neymar lui a repris son mix avec David Luiz sans le créditer : il l’a encore en travers de la gorge. Il explique prendre son pied à « bien intégrer les cicatrices de Ribéry sur un autre visage » et qu’à chaque fois qu’il fait un Benzema, « ça marche de ouf, parce que c’est hyper clivant » . Bref, il passe désormais ses soirées de Ligue des champions branché sur la chaîne L’Équipe, où il écoute les commentaires de Yoann Riou plus qu’il n'observe ses gesticulations, et c’est tout. Pas le temps d’en faire beaucoup plus, paraît-il. Quand il a un peu de temps libre, dans le métro, il ne lit plus. Il écoute le Rachel Maddow Show, un podcast décryptant la politique américaine dont il est passionné. Ses plus beaux coups restent d’ailleurs ceux-là : les deux Unes de Libération, la première mêlant Thatcher et Fillon et datée du 22 novembre 2016, l'autre Donald Trump et Kim Jong-Un, le 10 août 2017. Une consécration, voire un aboutissement ? « Un jour, un type m’a appelé le Plantu 2.0, mais c’est beaucoup trop flatteur, dit-il. Me concernant, ce que je fais n’est pas du tout viable financièrement. J’ai sorti un bouquin, fait quelques piges pour les Enfants de la Télé, Unibet et RMC Sport, mais j’ai deux enfants et un loyer à payer, faut pas déconner. Non, un jour, quand ça ne m’amusera plus, j’arrêterai. » Une seule chose à faire pour que ça arrive le plus tard possible : croiser les doigts.



Par Théo Denmat
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