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Olivier Rouyer : « Je ne voulais pas emmerder mes parents avec mon homosexualité »

Olivier Rouyer reste le seul joueur professionnel français à avoir fait son coming out. L’ancien ailier de l’équipe de France, 17 sélections, 2 buts, nous ouvre son cœur.

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En 2008, vous faites votre coming out.
Un moment fort, important de ma vie, c’était le moment, il fallait le dire.

Une fierté ?
Je ne l’ai pas vécu comme ça. C’était normal, naturel. Il était temps de le dire à tout le monde. Je vivais ma vie d’homme gay donc il n’y avait pas de souci. Il était temps d’en parler et je me demande d’ailleurs pourquoi je ne l’ai pas fait avant.

Pourquoi ?
C’est un concours de circonstances. Peut-être que j’étais arrivé à un moment de ma vie où tout était cool. Les astres m’ont peut-être dit le faire. C’était ce jour-là, point.

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Quand avez-vous assumé votre homosexualité ?
Très vite, à 20 piges. Après c’est vrai qu’on était en 1975. Ça fait quarante ans, la mentalité n’est pas la même aujourd’hui. Je le vivais bien. Je me cachais quand même un peu. C’était compliqué à vivre ouvertement. Je le vivais sans le dire mais je le vivais.

Qu’est-ce qui fait qu’à 20 ans dans les années 70, un footballeur a le cran, le courage, l’inconscience de le vivre pleinement ?
Parce que tu es amoureux de quelqu’un. Parce que tu te dis « c’est bon, j’ai assez triché » . Enfin j’ai triché encore un peu par la suite.

Vous n’avez jamais eu peur ?
De quoi ?

Du regard des autres.
Ah ça... J’ai dû me friter une ou deux fois mais ce n’est pas grave.

Vous n’avez jamais craint que cela ne compromette votre carrière ?
Si et c’est pour ça qu’on triche. Pourtant je n’étais jamais avec une femme, ni marié.
« Ce qui m’a étonné, c’est qu’aucun footeux n’est venu me voir pour me dire : "je suis homo comme toi mais je me cache". Certains ont peur, d’autres sont tendus... »
C’est comme ça. Je ne faisais de mal à personne bordel ! J’essayais d’assumer ma vie, faire mon boulot du mieux possible. Il y avait peut-être une dose d’inconscience mais il était naturel pour moi, même sans le dire, que je vive ma vie. Ce qui m’a étonné, c’est qu’aucun footeux n’est venu me voir pour me dire : « je suis homo comme toi mais je me cache » . Certains ont peur, d’autres sont tendus... Je l’avais décidé, c’était naturel : j’aime les garçons, c’est comme ça.

Comment votre ami Michel Platini a réagi ?
Le plus naturellement du monde et même quand je l’ai dit à certains autour de moi, ils étaient morts de rire. Ils m’ont répondu : « on le savait » .

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Mais le milieu du foot...
Toutes les questions que vous me posez, je n’y pensais pas à l’époque.

Et avec le recul ?
Peut-être que j’étais un fou, mais un fou heureux. J’ai aimé un garçon avec lequel je suis sorti longtemps. Ce n’était pas facile, il y avait des contraintes. Je me dis quand même que si j’avais été joueur aujourd’hui, gay, en équipe de France, comment aurais-je été regardé si mon compagnon était dans les tribunes avec les compagnes des autres ? Ce serait génial en termes d’ouverture d’esprit et de compréhension. Ce qui me met toujours en colère, c’est qu’au niveau de la Fédération et de la Ligue, on ne fait rien. C’est tellement important. Je serais prêt à m’investir. Aujourd’hui, si un jeune va voir son coach pour lui dire : « je voudrais vous dire quelque chose, je suis amoureux d’untel » , il va lui répondre, s’il n’y connait rien : « t’es malade » avec de grands yeux. Beaucoup de joueurs ont dû passer - j’en suis sûr - à côté de leur carrière parce qu’ils étaient gays, incapables de le dire et de le vivre.

Et durant votre adolescence ?
Je ne l’ai pas dit. C’était quand même dur mais ça n’a jamais été un interdit ou quelque chose de pas naturel.

Malgré la société ?
Rien à secouer. J’essaie de revenir quarante-cinq ans en arrière, mais non, c’était comme ça.

Quand avez-vous su que vous aimiez les garçons ?
À 14-15 ans. Mais ce n’était pas aimer les garçons, c’était « je voudrais être copain avec toi » . Ça n’avait rien de sexuel, ce n’était pas une attirance physique.

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Quand l’avez-vous dit à vos parents ?
Je ne l’ai jamais dit à mes parents.


Pourquoi ?
Je n’en sais rien. Je l’ai imposé sans l’imposer et ça s’est très bien passé comme ça. Je n’ai pas eu besoin de leur dire, j’ai compris qu’ils l’avaient compris et puis j’ai continué comme ça. J’ai eu des remarques sympas de leur part comme : « n’oublie pas de prendre des préservatifs » . J’avais 21 ans, c’était bien.

Ils étaient ouverts d’esprit pour l’époque.
J’ai eu des parents magnifiques, issus de la campagne, ouvriers, peut-être pas tolérants, je n’en sais rien mais ils nous ont élevé d’une manière formidable. Ils me voyaient heureux donc ils étaient heureux. Mais peut-être que je n’ai pas voulu être perturbateur. Je n’avais pas envie de les emmerder avec ça et ils ne m’ont jamais posé de questions.

Vous leur avez déjà présenté votre compagnon ?
Oui, sans leur dire qu’il l’était. Mon ami de l’époque allait chercher ma mère tous les jours et l’amenait dans mon bar à Nancy et ça passait, pas besoin de discuter.

Vous ne vous embrassiez pas devant eux ?
« Je n’embrasse pas devant les gens. Peut-être parce que je ne suis pas provocateur. Devant mes amis oui mais pas dans la rue. »
Non et je n’embrasse pas devant les gens. Peut-être parce que je ne suis pas provocateur. Devant mes amis oui mais pas dans la rue. Ce n’est pas dans mes convictions. Le baiser, c’est un peu plus intime, c’est peut-être de la pudeur.

Votre première histoire d’amour ?
En 81, j’avais 26 ans, c’était à Strasbourg. On s'est rencontré dans une boite hétéro.

Êtes-vous déjà tombé amoureux d’un coéquipier ?
Jamais. Je me suis toujours dit inconsciemment ou pas que vie professionnelle et privée ne devaient jamais se mélanger. J’ai toujours séparé les deux. Le seul moment où j’ai eu un peu de doute c’était quand je suis devenu entraîneur. J’ai lu un bouquin d’un coach qui racontait son histoire d’amour avec son sprinter, ça lui a amené quelques petits soucis. J’ai toujours croisé les doigts pour que quelque chose comme ça ne m’arrive pas, ça doit être dur à gérer.

Tout à l’heure, vous disiez ne pas vous afficher devant vos parents. Vous respectiez le fait qu’ils puissent ne pas être suffisamment ouvert d’esprit pour l’accepter ?
Peut-être.

Dans une ancienne interview, vous disiez : « si j’avais dix ans de moins, j’aurais adopté » . Est-ce vraiment trop tard ?
Oui, j’ai 63 ans. Quand il aura 20 piges, j’en aurais 83. Il faut voir grandir ses enfants, tu ne peux pas te balader avec une canne, tu veux courir avec lui.

Propos recueillis par Flavien Bories
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