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Oldelaf : « Je m'entraînais trois fois par semaine avec l'équipe universitaire »

Oldelaf cartonne en ce moment avec son nouvel album, Dimanche. Alors qu’il est actuellement en tournée dans toute la France, celui qui sera au Zénith de Paris le 29 novembre prochain reçoit avant un concert au Radiant, à Lyon. Rencontre rythmée avec un homme qui préfère jouer au foot que le regarder.

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Bon déjà, pour commencer, es-tu un vrai fan de foot ?
Je suis un fan de foot, mais en tant que joueur. Je joue au foot depuis tout petit. Enfant, je rêvais même plus de devenir footballeur que musicien. Malheureusement, j’étais le plus nul de la cour, le mec qu’on prend en dernier. Des moments hyper humiliants ! Par contre, je n’ai jamais lâché le morceau. J’adorais tellement ça. Loin devant tous les autres sports, c’est celui qui me donne le plus de sensations. Depuis que j’ai 17 ans, donc ça fait 20 piges, je joue tous les dimanches, avec des potes. À force, j’ai fini par progresser. D’ailleurs, j’avais fini par intégrer l’équipe universitaire, à la fin des années 1990. Là, j’en faisais vraiment beaucoup, j’étais à 3 entraînements par semaine avec l’équipe universitaire, plus le foot du dimanche avec les potes.

Ah ouais, donc t’en as vraiment fait beaucoup quand même ?
Ah oui, vraiment ! Encore maintenant, je ne peux pas dire non à un foot. J’ai raté plein de fêtes de famille ou de baptêmes à cause de mon foot du dimanche, d’ailleurs. C’est quelque chose de super important pour moi. Ça me permet de me détendre de la même manière que certains font du jogging. Sauf que moi, le jogging, ça me fait atrocement chier, j’aime bien le petit enjeu du football.

Et tu joues avec tes musiciens ?
Ouais, on essaie de jouer le maximum, dès qu’il fait beau, qu’il y a un ballon qui traîne… Mais sérieusement, tu me dis qu’il y a un foot cet après-midi, même si on a concert le soir, je suis prêt à ne pas faire les balances et arriver à l’arrache pour faire un match de foot.

Ah ouais, à ce point-là ?
Ouais ! Tu peux demander aux gars, je ne refuse jamais de foot. D’ailleurs, jamais un match à la télé ne m’aurait fait rater un match en vrai, avec mes potes, sauf une finale de Coupe de monde. Le problème, c’est quand il y a un beau match, il faut les trouver, les gars qui veulent bien venir jouer (rires).

Et du coup, c’est vraiment un sport que tu n’aimes que pratiquer ? Tu n’as pas la fibre supporter ?
Non, pas du tout. C’est un truc que je ne comprends pas, d’ailleurs. Mais comme je n’ai jamais été fan d’un groupe de musique.

Tu n’as donc jamais été transcendé devant un match ?
Si, quand même. Je reconnais que j’ai été un peu chauvin avec l’équipe de France. Notamment en 1984. Et en 1982, aussi, ce qui reste d’ailleurs comme mon premier souvenir de foot. J’ai encore ce France-Allemagne en tête ! Après, je me suis toujours régalé en regardant des matchs, car seul le jeu m’intéresse. Mais que ce soit le PSG, l’OM, ou n’importe quoi, je m’en fous, en fait. Bon bien sûr, il y a des équipes que je regarde plus, car je sais que ça va être beau, comme le Barça d’il y a deux/ trois saisons ou le Manchester fin 1990, début des années 2000.

Et tu n’avais même pas un joueur de cœur ?
Si, beaucoup plus. Même si je ne vais pas être très original, mais tout ce qu’a pu faire Zidane, c’est énorme. Enfin, avant le coup de boule…

Ah, ça a été une fracture pour toi, ce coup de tête ?
Oui, carrément ! Il y a en plein qui disent que c’est cool, c’est fantasque, tout ce que tu veux, pour moi c’est juste débile ! Faire ça à dix minutes de la fin, après une carrière et une Coupe du monde comme il a fait, c’est vraiment dommage ! Bon, il avait peut-être trop de pression, hein. Avec tout un pays derrière lui et tout ! Mais il savait très bien qu’il allait se faire emmerder, surtout que tout le monde sait que Materazzi est un gros con !

Tu n’as jamais vraiment suivi une équipe, donc ?
J’ai suivi des équipes, mais en fonction du plaisir qu’elles m’apportaient. Après, parfois, à l’intérieur d’un match, j’ai pris parti pour telle ou telle équipe, car j’estimais qu’elle méritait de gagner le match. C’est tout. Des fois, je me suis pris d’affection pour une équipe dans une compétition, mais comme des fois ça t’arrive de te prendre d’affection pour un joueur à Rolland Garros, mais c’est pas du tout une relation fusionnelle, comme peuvent l’avoir certains supporters qui vont supporter leur club quoi qu’il arrive, qui vont se taper des déplacements, ça pour moi c’est de la science-fiction.

L'équipe de France arrive quand même à réveiller en toi la ferveur du supporter ?
Après l’équipe de France, ouais c’est différent. Enfin, surtout l’équipe de France d’avant, car celle de maintenant ne fait tellement pas rêver, même s’ils se sont bien réveillés avec le match contre l’Ukraine. Moi, je me rappelle 1998, où pour moi, les mecs étaient des personnages de film, classieux à la Ocean’s Eleven. Ils avaient tous un talent extraordinaire ! Individuellement, ils étaient peut-être moins bons que ceux d’aujourd’hui, mais ça prouve que le foot n’est pas un sport individuel, justement. Regarde la Grèce a été championne d’Europe en 2004 ! T’as le Danemark en 1992, aussi, les mecs viennent de nulle part et ils éclatent tout le monde, c’est incroyable ! Aujourd’hui, en équipe de France qui joue avec qui ? Alors si, ok, le dernier match ils ont joué ensemble et ils se sont battus comme des morts de faim. Avec l’équipe de 1998, il y a une anecdote qui m’a marqué, c’est Karembeu qui fête ses 40 ans sur une île je ne sais où, et t’avais 15 joueurs de 1998 qui étaient là. Les mecs, c’est des copains, quoi. Pour moi, ça résume l’état d’esprit de l’époque. Alors ouais, les mecs n’étaient pas forcément les meilleurs, mais ça fonctionnait. Le symbole, pour moi, c’est Deschamps qui n’était pas le plus beau à voir jouer, mais c’était le meilleur meneur d’hommes qu’on ait eu dans une équipe. Et aujourd’hui, je trouve encore que ça se sent quand ils se retrouvent sur les plateaux, notamment quand ils se retrouvent en face de Liza qui est devenu consultant, tu sens que c’est encore Deschamps le capitaine, tu vois. Quand ils sont au resto, c’est Deschamps qui choisit le vin, je pense.

Ta plus belle émotion liée au foot, c’est quoi ?

Le soir de 1998, j’ai vécu le truc de fou, on gagne une Coupe du monde, en France, 3-0, contre le Brésil, avec deux buts de la star, les conditions étaient extraordinaires. Du coup, on va faire la fête sur les Champs avec des potes, chose que je ne fais jamais, étant un peu agoraphobe, et ce soir-là, malheureusement, il y a une voiture folle qui a foncé dans la foule, il y a eu trois morts, et ça s’est passé devant mes yeux. Donc si tu veux, c’est une émotion super partagée. C’était vraiment un moment étrange. Au début, pour être sûr de se retrouver avec mes potes, on s’était donné rendez-vous devant le Macdo des Champs, c’était une bonne idée, il n’y avait qu’un million de personnes devant, on marchait dans la foule, il y a un mec qui a essayé de me voler mon portefeuille, je lui ai cassé le doigt, donc tu vois, c’était super bizarre. J’avais l’impression de vivre une espèce de guerre civile, alors que je venais de vivre l’une des plus grandes joies de ma vie ! Normalement, un France-Brésil comme ça, ça rembourse tous les Sochaux-Le Havre que tu t’es tapé sur France 2, commenté par Dominique Le Glou (rires) un samedi après-midi. C’est tellement énorme que tu te dis : « Je veux bien me faire un Guingamp – Rennes en plus, même, si vous voulez, tellement ça rembourse tout.  » Je me rappelle beaucoup de France – Brésil 1986, aussi, j’étais en âge de bien apprécier le truc, j’étais avec tous mes cousins, je pense que ça reste d’ailleurs le souvenir le plus fort !

Est-ce que tu es un homme de stade, quand même ?
Bah pas vraiment, car comme je te dis, je suis un peu agoraphobe, et donc l’ambiance des stades me fait peur. Par contre, c’est un spectacle que je trouve très impressionnant, assez beau. Voir tout un peuple, toute une ville derrière son équipe, c’est magnifique. Après, je trouve que ça développe des choses, chez certaines personnes, qui font assez peur. D’ailleurs, le fanatisme, dans tous les domaines, est quelque chose que je trouve effrayant.

Est-ce que certains matchs de foot peuvent-être gênants, pour la programmation d’un concert ?
Oui ! D’ailleurs, le fait que la France se qualifie pour la Coupe du monde, ça nous a un peu emmerdé (rires). Alors, attends, c’était vraiment cool qu’ils se qualifient, surtout avec ce superbe match retour qu’ils ont fait. Mais direct derrière, nous en tant que musiciens, on s’est dit « merde ça va tomber en plein pendant les festivals » . D’ailleurs, tous les festivals sont obligés de s’adapter aux matchs de l’équipe de France pendant une compétition comme celle-là ! Le foot a une telle importance, que si tu te dis « on s’en fout » , on change rien, bah tu réduis ton public par deux.

À ce point-là ?
Ouais, bien sûr. Tiens, j’ai une anecdote, le soir où l’équipe de France se qualifie, contre l’Ukraine, on jouait dans le Nord et il y avait plein de mecs qui étaient venus là en se disant de toute façon c’est mort, on est éliminés ! À la fin du concert, au moment de remonter sur scène pour les rappels, notre régisseur nous apprend que la France est qualifiée. On l’apprend aux gens dans la salle, et là je te jure, on voyait des mecs qui étaient là « mais non, c’est pas possible  » , tu voyais que les gars étaient dégoûtés d’avoir raté ce match ! Aujourd’hui, nous, quand on organise un concert, on regarde en fonction du calendrier footballistique. Si tu veux faire un concert vers mai, faut faire gaffe à la finale de Ligue des champions, à la finale de Coupe de France. Et quand c’est une Coupe du monde, il y a une telle ferveur que tout est décuplé.

Pour finir, la tristitude dans le foot, ce serait quoi ?
C’est si tu devais apprendre notre langue à Franck Ribéry.

Vidéo


Propos recueillis par Gaspard Manet
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