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Nice-OM : cauchemar en tribunes

En balançant une bouteille sur Dimitri Payet à la 77e minute de Nice-OM ce dimanche, puis en entrant sur la pelouse pour en découdre, des supporters niçois ont gâché la fête qui devait clôturer cette troisième journée de Ligue 1 version 2021-2022. Et fait beaucoup de mal à des milliers d’autres fans, partout en France, qui vont subir indirectement ou directement les conséquences de leurs actes dans les semaines à venir.

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Si une leçon devait émerger du chaos permanent perçu lors de Nice-OM, ce serait celle-ci : balancer une bouteille sur un joueur de football est un mauvais rapport qualité-prix. Pour ces quelques secondes d’exaltation, de jouissance déplacée où l’intéressé, très souvent, s’autocongratule d’avoir touché sa cible, les quelques minutes qui suivent sont rarement du même acabit. La plupart du temps, soit la sécurité se charge de retrouver le lanceur amateur en question pour un débrief salé, soit ce qui s’apparente alors à une goutte d’eau fait déborder le vase de l’indécence et des excès en tous genres. Au menu ce dimanche soir à Nice : invasion du terrain, bagarres entre joueurs, staffs et même avec certains supporters, insultes, et surtout un match de foot arrêté à treize minutes de son terme. Le football n’a jamais été un sport de Bisounours, personne ne découvre que la violence et la bêtise prennent parfois le dessus sur le plaisir. Mais après des années d’arrêtés préfectoraux liberticides où, encore aujourd’hui, porter un maillot du PSG à Brest pose problème et est même interdit le jour d’un match, après une saison de Ligue 1 privée de ses ambiances les plus chaudes par la pandémie de Covid-19, le bonheur d’un ou d’une fan de foot d’assister aux rencontres de son équipe n’a pas besoin d’une énième entrave qui émane de ses propres rangs.

Le grand fiasco


Il faut néanmoins tout de suite apporter une précision de taille : comme souvent, ce sont les agissements d’une minorité qui vont faire du tort à une majorité bruyante et heureuse de retrouver les enceintes du championnat de France. À Lens, à Saint-Étienne, à Lyon, à Strasbourg et ailleurs ou presque depuis le début de saison, le retour des fans dans les stades a participé à redonner de l’allant à une Ligue 1 en perte de vitesse et qui a plus que jamais besoin d’humains pour rendre son produit attrayant.

Après avoir dit cela, le Nice-Marseille de ce dimanche soir restera malgré tout un fiasco à tous les étages. Une affiche du dimanche soir, une vitrine, qui part en sucette de la sorte, cela fait évidemment plus de mal que de bien à la Ligue 1. Quand pas moins de trois joueurs olympiens rentrent au vestiaire blessés au cou ou dans le dos, provocations ou pas, oui, c’est un problème. Quand Jean-Pierre Rivère, le président niçois, ne condamne pas l’attitude de ses supporters et préfère avancer « que ce n'était pas un problème de football, mais d'ordre public et de responsabilités » et va même jusqu'à mettre en cause le service de sécurité de l'OM, c’en est un autre. En deux déplacements, après celui de Montpellier où Valentin Rongier avait reçu un projectile en pleine poire, c’est la deuxième fois que l’OM voit ses joueurs agressés physiquement. Dans l’Hérault, le directeur de la sécurité du club s’était adressé aux concernés et avait immédiatement critiqué des gestes « inadmissibles » . Dommage que l’exemple donné ce jour-là par Pierre-Marie Grappin n’ait pas servi ce dimanche soir.

Les préfets ont le sourire


Au cœur de cette soirée qui a longtemps semblé interminable, la réaction de Pablo Longoria de quitter coûte que coûte l’enceinte niçoise s’est avérée salutaire. Mais lorsqu'il explique que c'est « la Ligue (qui) avait décidé de reprendre le match » et non pas Benoît Bastien, l’arbitre de la rencontre, les maux paraissent profonds. Cette volonté de reprendre la partie est également un coup de canif dans le dos des éducateurs du monde amateur qui, chaque week-end sur les pelouses ou les stabilisés de l’Hexagone, se battent au quotidien pour éviter que des agressions aient lieu sans avoir une armée de CRS ou de stewards à leur disposition.


Reprendre un tel match après ça, c’est cautionner n’importe quel débordement avec un hochement de tête qui exprime un « Oh, c’est bon ça va aller » . En attendant, Nice a donc provisoirement gagné le match sur tapis vert, mais le visage de Christophe Galtier n’exprimait rien de bien positif. Ce match face à l’OM, il était en passe de le remporter avec ses armes, avec son jeu, avec ses joueurs. Avec une partie de ses supporters, aussi, une majorité même. Finalement, dans quelques semaines, il pourrait voir ces trois points s’envoler. Ou même pire, voir son club être pénalisé. En 2017, après Bastia-Lyon, le club corse avait perdu le match sur tapis vert et avait dû disputer deux rencontres à huis clos. Tant mieux pour les préfets qui n’ont aucun attachement au football populaire et qui vont pouvoir apporter de l’eau à leur moulin. Tant pis pour les autres qui n'ont plus que leurs yeux pour contempler un énième CSC qui donne mal à la tête.

Mon supporter, ma bataille !


Par Andrea Chazy
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