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Nguyen Quang Hai, folie vietnamienne à la sauce béarnaise

Au pays d’Hô Chi Minh, il est un symbole et une idole. Véritable star du football vietnamien, Nguyen Quang Hai a enfin reçu l’autorisation de quitter le championnat local pour exporter son talent en Europe. Plus précisément en Ligue 2, au Pau FC qui, depuis, est accompagné par le fol engouement d’une impressionnante communauté de fans.

En France, la nouvelle est presque passée inaperçue. Le 29 juin dernier, alors que la farandole des rumeurs mercato bruissait autour de l’éventuel départ de Frenkie de Jong pour Manchester United ou celui, tout aussi hypothétique, de Raphinha vers Chelsea, le Pau FC a officialisé la signature d’un nouveau milieu offensif. Pas de quoi, a priori, soulever les foules, ni enflammer la toile. Et pourtant... À plus de 10 000 kilomètres de là, au Vietnam, l’annonce de ce transfert a suscité un vif émoi chez les adorateurs du ballon rond et fait la Une des médias sportifs. Il faut dire qu’au pays du phở et des bò bún, Nguyễn Quang Hải - parce que c’est de lui qu’il s’agit -, ce n’est pas n’importe qui. « C’est LA star, assure Philippe Troussier, ancien sélectionneur des U19 vietnamiens et fin connaisseur du football asiatique. C’est un joueur beau à voir, très doué techniquement et extrêmement précis sur coups de pied arrêtés. » À tel point qu’il promène le surnom ô combien flatteur et forcément évocateur de « Messi vietnamien » .


« Depuis les tribunes, on n’a pas l’habitude de voir ce genre de joueurs. Il sait faire jouer les autres et méritait depuis quelques années d’évoluer à un niveau supérieur. » Philippe Troussier

« C’est une belle et bonne comparaison, affirme l’ancien entraîneur de l’OM. Déjà parce que c’est un joueur de petite taille, gaucher, qui a de réelles capacités de dribbles et qui, en plus, est un super passeur. Depuis les tribunes, on n’a pas l’habitude de voir ce genre de joueurs. Il sait faire jouer les autres et méritait depuis quelques années d’évoluer à un niveau supérieur. » Depuis 2015, le prodige était en effet sous contrat avec le Hanoï T&T FC, qui ne l’a libéré qu’à la mi-avril. « Là-bas, les contrats n’ont pas la même signification que dans nos clubs européens, poursuit Troussier. Les joueurs sont plus ou moins sous le contrôle du club à vie. Cela faisait 3-4 ans que Quang Hải végétait. C’est bien qu’il soit parti, parce que sinon il se serait enterré tout doucement. » Un temps annoncé proche de Metz ou de Nîmes, la figure de proue des Guerriers de l’étoile d’or s’est donc finalement engagée avec la formation paloise, elle aussi en Ligue 2. Loin de sa terre natale, certes. Mais ses innombrables admirateurs n’ont vraisemblablement pas l’intention de le quitter des yeux.

Wenger, le précurseur


Au Vietnam, le football est une religion. « C’est le sport le plus populaire, pose Khanh, expatrié en France depuis des années, consultant Ligue 1 pour la télévision d’État et directeur adjoint des boutiques du Paris Saint-Germain. En 2018, quand la sélection des U23 est arrivée en finale de la Coupe d’Asie, nous étions 45 millions devant la télévision (sur une population de 95 millions à l’époque, NDLR) ! » « Certaines entreprises forçaient même leurs employés à ne pas travailler les jours de matchs » , se remémore Phan, habitant de Hô Chi Minh-Ville et PDG de Club House films (qui produit des contenus publicitaires ou des films). Pourtant, le pays n’était pas du tout destiné à se passionner pour le foot. De longues années durant, le blocus américain, conséquence directe de la victoire des communistes lors de la guerre du Vietnam (1955-1975), a empêché la population locale de s’intéresser aux sports occidentaux. À sa levée, c’est grâce à Arsène Wenger que le pays fait connaissance avec le sport roi. Sous son impulsion, Arsenal signe un partenariat avec le club de Hoàng Anh Gia Lai et ouvre une académie qui a fait émerger de nombreux joueurs évoluant en V-League (la première division vietnamienne).



« Nguyen est un panneau publicitaire humain. Tout le monde veut l’avoir, c’est un de ceux qui sont le plus bankable. » Phan, chef d'entreprise à Hô Chi Minh-Ville

Quang Hải est quant à lui originaire de Hanoï et y évoluait jusqu’alors dans le meilleur club du pays. Mais sa notoriété ne vient pas de là. « La fibre patriotique est très forte. Le football de club intéresse moins » , continue Khanh. Si le néo-Béarnais est une icône, c’est parce qu’il est la pièce maîtresse de l’équipe nationale. Sa renommée est telle que « beaucoup d’enfants portent son nom » , confie Linh, 20 ans, habitante de Hanoï et stagiaire dans le domaine des médias. Pour Phan, « Nguyễn est un panneau publicitaire humain. Tout le monde veut l’avoir, c’est un de ceux qui sont le plus bankable. Mais en plus, c’est un bon gamin. Par exemple, à la fin des matchs, son premier réflexe est de demander où se situe sa mère, et c’est un travailleur acharné. » Symbole de cette génération « dorée » vouée à pacifier le pays et tourner la page des conflits passés, le jeune homme de 25 ans a tout pour plaire. Tellement que l’aéroport de la capitale était bondé pour son départ vers la France, et l'atmosphère totalement différente, là où tout un pays espère qu’il pourra réussir.

« C’est complètement ahurissant ce qu’il s’est passé. Des personnes vivant à Hanoï ont même pris un abonnement au stade ! » Antoine Perpignaa, responsable communication et marketing du Pau FC

De 21 000 à 230 000 abonnés en 36 heures


Aussitôt la signature de Nguyễn Quang Hải officialisée, le Pau FC et ses salariés ont fait face à une gigantesque vague d’engouement et de sollicitations, en particulier sur les réseaux sociaux. En l’espace d’un jour et demi, la page Facebook du club est passée de 21 000 à... plus de 230 000 abonnés (plus de 365 000 selon le dernier recensement). « On a eu un peu peur de se faire dépasser pendant les 24 premières heures, souffle Antoine Perpignaa, responsable communication et marketing du PFC. C’est complètement ahurissant ce qu’il s’est passé. Des fans clubs ont été créés un peu partout, sans autorisation d’ailleurs. Des personnes vivant à Hanoï ont même pris un abonnement au stade ! » « Au Vietnam, maintenant, on saura situer Pau sur la carte, sourit Philippe Troussier. Je pense que c’est un bon package pour les Palois : ils ont récupéré un très bon joueur international et qui engendrera un impact important sur le plan médiatique. » Il se murmure d’ailleurs que des entreprises sont déjà entrées en contact avec les dirigeants béarnais, dans la perspective de partenariats futurs. « On ne ferme aucune porte, avoue prudemment Antoine Perpignaa. Notre but reste d’augmenter le budget du club, donc s’il y a une opportunité, pourquoi pas. Mais notre volonté, ça reste de continuer à travailler dans la stabilité. » Avant d’ajouter : « Il y a de fortes attentes autour de Quang Hải, mais on doit garder les pieds sur terre. Notre objectif, c’est le maintien en Ligue 2. Nous ne sommes pas dans le championnat du Vietnam, et ce ne sont pas ces fans qui rempliront notre stade tous les quinze jours. »




Côté palois, on insiste en effet sur un point : l’international vietnamien est là pour apporter une réelle plus-value sportive, pas pour amuser la galerie ni servir d’ « objet marketing » . Et si le joueur a choisi d’atterrir non loin des Pyrénées alors qu’il avait d’autres pistes, ce n’est probablement pas un hasard. « Nous sommes un club familial, à taille humaine, affirme Antoine Perpignaa. En plus, la communauté vietnamienne est limitée ici. Je pense donc qu’il pourra vraiment s’épanouir sans être trop sollicité, et c’est sans doute ce qui a guidé son choix. » L’équipe chargée de la communication n’a pour l’instant pas donné suite aux nombreuses demandes émanant de médias est-asiatiques, afin de laisser à Quang Hải le temps de s’intégrer dans son nouvel effectif. Un traducteur l’accompagne au quotidien, mais il compte bientôt apprendre le français. Selon Philippe Troussier, tout l’enjeu sera de lui laisser suffisamment de temps pour s’adapter. « Dans un premier temps, Quang Hải va faire face à des problèmes de langue, d’ajustements sur le plan culturel, prévient-il. Ce ne sera pas simple du tout. Je connais très bien Didier Tholot, que j’ai côtoyé quand j’étais entraîneur à l’INF Vichy. C’est quelqu’un de très humain, qui saura créer l’environnement pour que le joueur se sente bien. » Le natif du district de Đông Anh a pris soin d’envoyer des premiers signaux positifs : au sortir d’un stage d’une semaine à Saint-Paul-lès-Dax, il a débloqué son compteur en amical contre une sélection des Landes (5-0).

Didier Tholot, l'entraîneur du Pau FC

Trafic de faux maillots


Dans quelle mesure, désormais, les adorateurs de Nguyễn Quang Hải vont-ils se passionner pour les matchs du Pau FC ? Khanh, qui travaille pour VTV Onsport, le diffuseur du championnat de France, répond en partie à cette question : « On ne mettra pas de dispositif spécial en place pour les matchs de Quang Hải. Il est très difficile pour les journalistes d'obtenir des visas français, et les problèmes logistiques sont évidents. » « En plus, aller en France coûte cher pour nous, embraye Linh. Mais je pense que les expatriés iront parfois le soutenir au stade. En tout cas, nous avons hâte de le voir jouer ! » Cet engouement se ressent déjà. D’une manière étonnante. Le faible niveau de vie dans le pays (environ 230$/mois) a fait exploser le marché noir de produits dérivés. Dont des contrefaçons de maillot palois, qui pullulent sur Internet. « Si on m’avait dit, il y a six mois, qu’on verrait apparaître de faux maillots de notre club... C’est fou, en rigole Antoine Perpignaa. Pourtant, nous avons changé d’équipementier, et notre tenue officielle n’est même pas encore sortie ! » Une autre facette de la nouvelle et inattendue notoriété qui touche le Pau FC.

Par Raphaël Brosse et Emmanuel Hoarau Tous propos recueillis par RB et EH.
Photo de tête : © Pau FC
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