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« Ne pas suivre le foot revient à s’éviter des souffrances »

« L’énième groupe pop romain » . C’est avec ces quelques mots que I Cani (Les Chiens en vf) se sont présentés à la face du monde un jour de 2010. Un succès viral, les compliments de Roberto Saviano ( « Leurs chansons sont parmi les meilleurs récits sur notre pays… Anthropologie électronique » ) et deux albums plus tard, le groupe s’est imposé dans le paysage musical italien. Fin analyste de la jeunesse italienne qu’il passe au peigne fin dans ses textes, le chanteur du groupe, Niccolò Contessa, prend le temps de parler ballon rond et Francesco Totti entre deux concerts.

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C’est l’interview d’un Romain qui n’aime pas le foot…
Oui, il existe des Italiens et des Romains qui n’aiment pas le foot. Ne pas s’y intéresser est, en quelque sorte, une perte. Par exemple, le foot est un excellent sujet de discussion quand on se retrouve pour une raison ou pour une autre avec un inconnu : c’est quelque chose qui intéresse beaucoup d’Italiens, mais ce n’est pas un sujet délicat comme la politique. Après, les deux équipes romaines gagnent très rarement le championnat, donc ne pas suivre le foot revient aussi à s’éviter des souffrances. Une phrase que les supporters romanistes répètent souvent est : « Jamais une joie. »

Parler de foot à Rome, ce n’est pas un sujet aussi délicat que la politique ?
En fait, l’esprit romain ne prend pas les choses très au sérieux. Dans les deux cas, que l’on parle de politique ou de sport, on risque au maximum quelques vannes. À Rome, ceux qui se prennent trop au sérieux ont perdu. C’est automatique.

Dans tes chansons, tu décris la jeunesse de Rome sans parler de foot. Tu parles de l’autre jeunesse romaine ?
Je ne parle jamais de foot dans mes chansons, car c’est un thème qui ne me touche pas beaucoup et qui ne fait pas beaucoup partie de ma vie. Mais je ne dirais pas que les jeunes dont je parle sont « l’autre jeunesse » de Rome : le foot à Rome et en Italie plaît à tout le monde : les riches, les pauvres, les cultivés, les ignorants, les garçons, les filles. C’est une des rares choses qui unit ce pays.

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Tu as forcément des potes qui matent le foot. Ça t’arrive de regarder des matchs avec eux ?
Ma copine est une grande supportrice de la Roma, donc il m’arrive souvent de regarder des matchs avec elle. En général, j’arrive à regarder avec un certain intérêt les 10, 15 premières minutes, puis je commence à m’ennuyer. En théorie, ça devrait être le contraire : le mec suit passionnément le foot, sa copine essaye pour lui faire plaisir, mais elle s’ennuie. Je ne suis jamais allé au stade ! Je ne suis pas un vrai Italien. En Italie aussi, les filles qui s’intéressent au foot sont un phénomène relativement limité, mais j’ai l’impression qu’il y en a de plus en plus, qui vont au stade… Je trouve ça positif que le foot ne soit plus un phénomène exclusivement masculin.

Comment tu nous expliquerais la différence entre un Laziale et un Romanista ?
C’est une question délicate. Disons que selon le stéréotype, les supporters de la Lazio viennent des quartiers les plus aisés et des villages autour de la ville, et sont considérés comme un peu plus snobs et plus fiers, aussi parce que leur équipe a été fondée 27 ans avant la Roma. Les supporters de la Roma, au contraire, sont plus regroupés dans des quartiers plus populaires, et sont plus « exubérants » . Ce stéréotype est vrai, mais seulement en partie. Depuis quelques années, j’habite dans le Testaccio, un quartier assez central à forte tradition populaire, et c’est un des quartiers les plus romanistes de la ville. Quand la Roma joue, j’arrive à comprendre le résultat sans regarder le match, juste en écoutant les cris qui sortent des immeubles. Un cri de joie, ça veut dire but de la Roma ; un cri de douleur, ça veut dire but contre la Roma.

Un personnage comme Totti, ça t’inspire quoi ?
Ça m’inspire une certaine sympathie : Totti incarne à la perfection le Romain populaire, naïf, un peu ignorant. Ses fameuses gaffes, son « Je ne parle pas anglais » à un journaliste qui lui dit « Carpe diem » ou son plus récent « Je respecte l’homophobie » pour dire qu’il respectait l’homosexualité… Il est un peu tyrannique, mais au fond il est bon, « bon comme le pain » , comme on dit à Rome. Ça ne m’étonne pas qu’il soit devenu le symbole de Rome : il est parfait pour ça. De Rossi n’est pas encore arrivé à ce niveau d’admiration.

On dit souvent que les Romains se moquent de leur équipe nationale.
C’est assez vrai, mais ce n’est pas qu’à Rome, c’est comme ça dans toute l’Italie. Je crois que 99% de mes amis supporters préfèreraient sans aucun doute que leur équipe gagne le Scudetto, plutôt que l’Italie gagne la Coupe du monde.

Dans « i pariolini di 18 anni » (une chanson qui parle des habitants de 18 ans des Parioli, l’un des quartiers les plus bourgeois de Rome, ndr), tu dis : « Ils sont les derniers romantiques. » Les ultras disent la même chose d’eux-mêmes. Qui a raison ?
Aucun des deux. J’entendais ma phrase comme une provocation, vu que le concept de romantisme m’a toujours laissé un peu perplexe. Mais ceux dont je parle dans la chanson ne sont pas très loin de la mentalité des ultras, donc on peut dire qu’ils ont raison tous les deux.

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Il y a des personnages dans le football, comme Baggio, qui sont hyper romantiques, qui suscitent une mythologie dingue. Ils te laissent indifférents ?

Je ne sais pas grand-chose sur Baggio, même si le fait qu’il soit devenu bouddhiste a attisé ma curiosité. Le seul personnage footballistique qui m’a un peu intéressé, c’est Zeman. Un intégriste du « beau jeu » , sans se préoccuper des résultats. Malheureusement, sa dernière aventure à la Roma a peu duré, mais il y en a pour dire que les excellents résultats de cette année dépendent plus du travail de Zeman l’an passé que de l’actuelle direction technique de Garcia. La moitié de ma famille vient de Foggia, une petite ville du Sud où Zeman était une sorte de héros au début des années 90 pour être resté plusieurs saisons en Serie A et avoir presque réussi à qualifier l’équipe en UEFA. Et puis il y a ces aphorismes qui sont exceptionnels même si l’on ne s’intéresse pas au foot. Ses matchs sont toujours marrants, ses équipes marquent 3, 4 buts et en subissent autant. Bref, on ne s’ennuie jamais avec lui.

Alessandro Piperno, écrivain romain et laziale, avait dit un jour à So Foot : « Le foot te donne en pilule ce que la vie te donne avec le temps. »
Je suis en partie d’accord : tous les sports, en général, sont un résumé métaphorique de la vie, mais dans le football l’action est plus diluée : on traverse ce terrain énorme, on construit l’action, on essaie de pénétrer la défense, on marque rarement, etc. C’est très différent d’un sport comme le basket de la NBA, où l’action est continue et où l’on marque des centaines de points. Mais je comprends que la fascination du football réside justement dans cela : le foot assume une signification libératoire qui existe dans très peu de sports.

Propos recueillis par Lucas Duvernet-Coppola

Écouter : - Il sorprendente album d’esordio de I Cani (2011)
- Glamour (2013)

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