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« Avec le profil de nos joueurs, on devait créer le bordel »

Il y a 20 ans, le FC Nantes prenait la tête de la Ligue 1 à la trêve. Un semestre plus tard, il remportait un championnat où tous les gros se sont plantés, où Lyon a démarré trop tard, où les attractions s’appelaient le LOSC de Vahid et le Sedan de Pius N’Diéfi, où le meilleur joueur du FCN et du championnat - Éric Carrière - nageait dans un maillot trop grand. Le club nantais ne le savait pas encore, mais il s’agissait là de son chant du cygne, avant de passer les années suivantes à se saboter. Retour en témoignages et en trois chapitres sur la saison du dernier titre nantais à ce jour, avec 10 protagonistes de l’épopée. Au menu de ce chapitre 2 : tensions Carrière-Landreau, Sylvain Armand by night et leçons tactiques.

Modififié

CASTING


Sylvain ARMAND (SA), latéral gauche, transfuge de l’ASSE, néo-pro et noctambule
Frédéric DA ROCHA (FDR), attaquant-ailier droit, ascendant guerrier
Raynald DENOUEIX (RD), un régal d’entraîneur
Georges EO (GE), entraîneur-adjoint, Johnny addict
Nicolas GILLET (NG), défenseur tireur de coups francs
Mickaël LANDREAU (ML), « votre gardien et capitaine! »
Nicolas LASPALLES (NL), latéral droit, recruté du PSG.
Eric LEPORT (EL), directeur général du FC Nantes
Nicolas SAVINAUD (NS), définition de la polyvalence
Stéphane ZIANI (SZ), meneur de jeu excentré gauche, prêté par Bordeaux

Si vous n'avez pas encore lu la première partie, elle est disponible ici.

9. Légendes de causeries



NL: Avant-match Rennes-Nantes (4 mars 2001, N.D.L.R.), à l’hôtel, pendant la causerie. On est tous assis et le coach nous fait : « Bon, on approche de la fin de saison, on est premiers, vous voulez jouer le titre ? » Il prend les mecs un par un. « Nico, on joue le titre ? » « Oui. » « Micka, on joue le titre ? » « Oui. » « Ok, c'est parti. » On gagne un super match à Rennes. Un truc de fou.

SA: Je n’ai absolument aucun souvenir de cette causerie. Il a fumé, Laspalles, ou quoi?

NS: Pareil. Mais s’il l’a fait, c’est peut-être pour voir la réaction de tout le monde. Ce groupe n’avait jamais eu la pression d’être chassé.

RD: Aucun souvenir non plus, mais je suis minable niveau mémoire. Dernièrement, Micka m’a appelé pour organiser un match contre Calais et je lui disais parfois « Qui? » quand il m’énonçait les noms de certains joueurs.

NG: Je ne me souviens pas de cette causerie. En revanche, le coach parlait de nos points. « Ce soir, mathématiquement, on ne peut plus descendre » , puis « Ce soir, on est sûr d’être européens » , puis « Là, c’est sûr pour la Ligue des champions. Maintenant, on va jouer le titre » . Ça nous fait marrer parce que, dans nos têtes, on pense au titre depuis un bail. Denoueix est comme ça : très pragmatique, rien de spéculatif, que du concret.

FDR: Je me souviens surtout qu’après 2-3 journées, il finit toujours sa causerie par un montage actualisé de tous nos buts. On voit exactement la concrétisation des combinaisons bossées la semaine. Le but contre Sedan, à la maison, tout en une touche de balle... extraordinaire. Finir par cette compil’, en matière de motivation, ne me donne qu’une envie : entrer sur le terrain et planter.

NG: Mais le coach sait bien qu’on parle du titre entre nous. Il nous sait ultra-compétiteurs.

Raynald Denoueix et Jean-Marc Ayrault


10. « Même aux cartes, t'es au summum de la compétition »



SZ: Par exemple, à l’entraînement, Mathieu envoie des tacles. Viorel, s’il ne marque pas, devient moitié con, avec les coudes, les pieds. Nestor envoie, Micka veut toujours gagner, Da Roch’ est tout le temps à fond. Ça ne rigole pas.

NG: Avec Nestor et Viorel, en entraînement ou en match, il vaut mieux être prêt dans un duel. T’es jeune et tu vois les deux plus expérimentés au CV international se donner à fond comme ça ? Tu ne peux pas rester en retrait. Ils ont élevé notre degré d’exigence, de régularité devant, derrière. Ils sont venus pour un tournoi en salle, à Nantes, il y a quelques années. En face, ils pensaient jouer tranquille. Ils se sont fait détruire.

NS: Viorel s’entraîne même s’il a mal et que le coach lui dit stop. On voit comment les défenseurs adverses le regardent. Coups de coude, tacles, à tous se prendre la tête avec lui. En voyant ça, obligé, tu te dis : « Bon, on va quand même courir pour lui, et il en mettra des buts, pas de problèmes. »

FDR: À son arrivée, Viorel me fait : « Oh, c’est quoi cette équipe de nains, là ? » Bon, il n'est pas grand non plus, mais tanké, le mec. Au bout de quelques matchs, il me fait : « Ok, là, je viens de voir ce que c’était que le football. » Il a joué des coupes du monde avec Hagi et il te sort ça ? Ça te rend hyper fier. Dans le vestiaire, on voit aussi Nestor toujours prêt avant tout le monde, les vissés aux pieds, à faire un nombre incalculable d’allers-retours. T’as parfois envie de lui dire : « Oh, Nestor, rassieds-toi un peu là ! » Mais il s’échauffe comme ça.

Nestor Fabbri et Pius N'Diefi


NS: Ça fait deux gaillards et gagneurs d’une mauvaise foi impossible.

FDR: Je me suis souvent servi d’eux pour dire aux plus jeunes, trop à la coule : « Regardez Nestor et Viorel là, vous croyez qu’ils sont en train de chipoter pour avoir un massage ? Non. » D’façon, ce groupe-là a la grinta en lui. Fin juin 2019, on fait un tournoi de futsal à Nantes en hommage à Henri Michel. Éric Carrière : « On est là pour Henri, ok, mais aussi pour gagner, pas pour s’amuser. » On s’est toujours tiré la bourre. Je n’ai jamais connu un autre groupe comme ça.

NS: Au tarot, pareil. Entre Eric, Micka, Nestor et Da Roch’, c’est pas « On a peu de temps libre, on joue aux cartes entre potes ? » Non, t’es au summum de la compétition. (Rires.) Au début, je fais parfois le nombre, mais avec Eric qui compte toutes les cartes, les atouts, tout, je me fais parfois engueuler quand j’oublie. Je me suis amélioré ensuite.



ML: Au FC Nantes, on a été éduqués comme ça, à bosser comme des fous, à jouer, et à chambrer. Mais honnêtement, humainement, on ne laissait personne de côté. Quand on allait en sélection, les autres nous voyaient tout le temps se chambrer. Combien de fois j’entendais « Ah, votre humour nantais, là ! » avec un peu d’agacement et un peu d’envie aussi.

SZ: En fait, ce groupe a déjà goûté à la peur de la relégation, à l’Europe, a déjà gagné DES coupes de France. Ils sont jeunes, mais, émotionnellement, déjà matures et armés pour plein de situations. Ils ont une endurance mentale, acquise les années précédentes, à compartimenter le positif des coupes et le négatif des championnats. C’est très Denoueix, ça, comme façon de penser.

NG: On est déjà dans une certaine forme de performance. N’importe quelle équipe ne peut pas remporter deux fois de suite la coupe. Et puis avec un Micka dans les buts, l’expérience et le niveau de performance de Nestor derrière, de Viorel devant, la maîtrise d’Eric au milieu, sur la saison 2000-2001, t’as une colonne vertébrale très solide.



11. « À son arrivée, personne n'aurait misé une pièce sur Eric en pro. Sauf Raynald »



NG: Eric était atypique dans le milieu, un des premiers à avoir un staff externe au club. Ce n’est pas courant du tout à l’époque. Si tu ne connais pas du tout Eric, quand tu le vois, tu pourrais deviner la carrière qu’il a faite ? Pas sûr. Tu te rends compte du niveau qu’il a atteint ?

NL: Il termine meilleur joueur de L1 sur la saison du titre, quand même.

SA: Le fonctionnement d’Eric me surprend parce qu’on bosse très bien, parfois trop même, avec le staff en place. Mais il progresse. Je n’ai jamais vu quelqu’un de son gabarit tenir autant sur ses cannes dans les contacts. Il sait protéger son ballon et n’arrête pas de cavaler. Un phénomène, alors qu’il est tout fin. Mais au début, notre staff a dû se dire : « Il ne nous fait pas confiance, en fait ? »

RD: Je me suis réuni avec Eric et son staff. Je le vois très bien entouré. Tant que sur le terrain, en quantité comme en qualité, il marche bien, ça ne me pose aucun problème. Eric a beau nager dans son maillot, pour répéter les courses à haute intensité, il est dans les meilleurs.

NG: Dans l’équipe, beaucoup sont issus du centre et ont toujours connu, depuis l’adolescence, le doc comme le préparateur physique. Eric sort du conventionnel avec son staff, son protocole supplémentaire. Comme on est un groupe très très proche du doc, avec une histoire commune, ça peut crisper, le fonctionnement d’Eric peut créer une image de décalage. À l’époque, les clubs sont peu ouverts sur l’extérieur, et Eric a ouvert cette porte. S’il s’entend bien avec tout le monde, il a son caractère. Et face à un autre leader du vestiaire, comme Micka par exemple, tu vois de temps en temps des désaccords.

SA: Ça se tend par moment ouais, mais sans jamais aller au fight. Ce sont juste, peut-être, les deux plus gros ego du vestiaire.

NG: Mais rien qui empêche de bien fonctionner ensemble.



ML: En fait, il est dans un schéma de développement personnel, pour devenir le meilleur joueur. Et il pense que je trouve qu’il prend trop d’importance au club par rapport à moi. Or, pour moi, c’est notre meilleur joueur. Mais je suis capitaine, leader du club, donc garant de la protection du collectif et du fonctionnement du club. Même s’il est compétent, à aucun moment son staff ne peut mettre en défaut notre collectif, et encore moins notre staff médical. Partout où je suis passé, et encore plus à Nantes, je me suis donné à fond. Mon rôle de capitaine, je le voyais comme ça : on est tous dans le même bateau, et l’extérieur n’y touche pas. On a nos ego, nos caractères, donc c’est parfois très chaud entre Eric et moi, mais toujours respectueux.

RD: Je n’ai jamais vu de guerre ouverte ou de difficultés entre les deux. Ils sont, pour moi, juste des joueurs indispensables.

ML: On a aplani tout ça bien plus tard, à Clairefontaine, quand on passe notre BE2. C’est le soir, on discute entre tous les stagiaires, et tout part d’une phrase qui surprend Eric. « Mais putain, t’étais notre meilleur jouer, on avait besoin de toi ! » « Je t’aurais jamais cru capable de dire ça ! » « Mais j’ai jamais pensé autre chose, Eric, je protégeais juste le collectif. » Et on discute longuement. Les stagiaires à côté hallucinent, ne peuvent plus en placer une. On est sur une autre planète. Et on boit quelques bières. Comme quoi, ça aide, une soirée bien arrosée. C’est un moment important pour Eric et moi. Aujourd’hui, on passe beaucoup de temps ensemble sur les plateaux télé, on parle la même langue. On se connaît par cœur. Avec l’âge et la maturité, tu comprends les positions de chacun : il n’était pas dans une démarche négative, à ne pas en faire profiter les autres, mais parfois ça exposait la vie d’un groupe, du staff, donc de mon côté, pro-tec-tion.

FDR: Certains de l’équipe, dont moi, sont allés voir son préparateur physique, de temps en temps. Eric ressent lui juste le besoin d’y aller tout le temps. Parce que physiquement, c’est vraiment pas un costaud, et qu’à l’époque, le doc Bryand – médecin ET préparateur physique - n’individualise peut-être pas autant qu’Eric le souhaite.

Raynald Denoueix et le doc Bryand


NS: Da Roch’ et moi avons vécu l’arrivée d’Eric au club. On jouait avec la D3-D4, on habitait au centre de formation. Eric, plus vieux que nous, habitait déjà en appart, donc déjà un peu en décalage. Personne n’aurait mis une pièce sur lui en pro à son arrivée. Seul le coach Denoueix s’est battu, avec insistance, pour le recruter de Muret et l’intégrer aux pros ensuite. Puis Eric a optimisé ses qualités intrinsèques, est devenu un meilleur joueur, pas le contraire. Collectivement, on a tous retiré les bénéfices de son fonctionnement. Son éclosion a coïncidé avec nos coupes de France et notre titre de champion. Je le laisserai juger, il sait faire, mais la saison 2000-2001 est sans doute la meilleure de sa carrière. Il nous a fait jouer. Sur tous les buts, il est toujours à la dernière ou l’avant-dernière passe. Par un dribble, un pas ou une passe, il élimine pour nous.

RD: D’ailleurs, dès le mois d’avril 2001, Eric vient à mon bureau. « Coach, je vais être honnête, j’ai pris une décision, je vais signer à Lyon. »

NL: Ah ouais ? Eh ben ça n’a pas du tout influé sur sa fin de saison. Qu’est-ce qu’il a été fort, putain...

NG: Nantes et Lyon ont quand même mis du temps à s’accorder parce qu’il a fait un match avec nous la saison suivante.

FDR: Tu sens bien, vu son niveau, qu’il va partir. On m’a sollicité aussi, juste après le match à Bordeaux. Mon agent appelle : « Fred, même si tu ne penses qu’à Nantes, je suis obligé de te dire l’offre que j’ai reçue. » La Real Sociedad, mal classée en championnat, m’offre un pont d’or, vraiment. Ils te font réfléchir ces cons-là, je suis en fin de contrat en juin. Mais je dis : « Non, pas maintenant, je joue le titre avec Nantes, mon club, je ne peux pas partir. »

EL: En fin de saison, l’agent de Da Rocha nous parle de l’intérêt de Liverpool aussi. Mais bon, tu ne sais jamais si c’est du lard ou du cochon.

FDR: C’est vrai. Là aussi, tu réfléchis. Liverpool, quoi ! Houllier m’appelle au début du printemps, mais je n’ai pas un bon feeling. Peut-être aussi qu’il me teste, par ce coup de fil. Je n’en sais rien. Mon agent discute pas mal aussi avec Luis Fernandez au PSG. Finalement, je prolonge à Nantes et je ne regrette pas du tout. Merde, je vais jouer la Ligue des champions - Liverpool et le PSG non - avec mon club formateur. Je ne peux pas partir.



12. « Voir Pascal Delhommeau danser sur une table, les cheveux touchant le plafond, c'est extraordinaire »



RD: Peut-être à tort, je ne m’intéresse qu’au jeu, aux matchs, aux entraînements, aux efforts pour et avec le copain. Je ne vérifie pas à quelle heure ils sont au lit. Je l’ai fait une seule fois, en formation. Mais avec les pros, je ne fais pas mon Guy Roux.

ML: Le coach ne connaît pas un tiers de notre vie festive. Je suis sûr qu’en Autriche, il se disait : « Ouais, ils ont fait une soirée, quoi, et c’est tout. » Il avait une forme de naïveté, sur ces trucs-là, phénoménale. Notre génération a ses endroits. Il y avait le Coude-à-coude par exemple, vers le quartier Graslin. On sortait très régulièrement ensemble, à 10-15. Et on n’a jamais causé de problèmes, on les fuyait. Ça ne nous empêchait pas de nous amuser. Je me souviens, pas loin du Molière, on arrête un mini-bus, on rentre tous dedans et hop on demande « Direction quartier Bouffay ! » On a fait des soirées de fou au Coq en pâte, les tablées en cercle, pour que tout le monde puisse se voir. Chacun était obligé de faire une danse, sur la table. Et voir le grand Pascal Delhommeau danser, sur une table, à toucher le plafond avec sa tête, c’est extraordinaire. Tout était prétexte à fêter, de toute façon, et pas que cette année-là. Je me rappelle la quille (la fin du service militaire, N.D.L.R.) de Nico Savinaud. Mémorable. On a décrassage le lendemain et Nico est tellement « à fond » qu’il demande à Denoueix de venir jouer avec lui au tennis-ballon. Mais honnêtement, on restait calmes les jeudis, vendredis, les semaines de coupes, parce que c’était préparation de match. Et puis le doc, qui nous connaissait par cœur, savait me dire : « Bon, Micka, attention, si vous déconnez ce jour-là, par rapport à ce qu’on est en train de faire dans la prépa, là, tu me les fais tous rentrer. » Et tout le monde rentrait, pas de négociation, même si les gars me disaient : « Putain Micka, tu fais chier ! » C’était mon rôle, aussi.

SA: Il y en a toujours un pour inviter celui d’un autre groupe. Personne n’est obligé, mais tu te retrouves finalement avec pas mal de monde, à majorité jeune. Les anciens comme Fabbri, Moldovan, Ziani auraient pu nous empêcher de faire nos conneries, mais ils se mêlent même à nous parfois.

NS: Pour la plupart, on n’est pas mariés, on n’a pas d’enfants, mais quasi tous casés, des jeunes couples. Et nos copines s’entendent bien entre elles.

NG: On s’est presque tous connus avant d’être pros. Et peu d’entre elles s’intéressent au foot. Perso, j’avais bien galéré avec ma copine. Elle ne voulait pas être avec un footeux. (Sourire.) Mais ce qu’on a ressenti humainement entre joueurs, nos copines l’ont, je crois, ressenti entre elles aussi. Elles se voient au stade comme des copines dans un bar, pas pour se montrer. Elles s’entendent très bien avec le personnel du club, les dirigeants des pros, des jeunes, notre quotidien, quoi. Ce côté famille ne date pas de cette saison-là particulièrement d’ailleurs.

NS: Il n’y a pas de clan dans l’effectif, mais, forcément, t’as des affinités avec certains plus que d’autres. Sylvain, Mathieu, Hassan s’entendent très très bien.

NG: Les trois s’amusent à chambrer Viorel, qui joue le papa pour les calmer. Mais ils chambrent encore plus fort.

NL: Armand, l’un des plus jeunes, commence à découvrir la fête. Il aime bien ça. C’est le seul célibataire de la bande, je crois.



13. Sylvain Armand versus la nuit



NS: Sylvain a des capacités nocturnes intéressantes, oui. (Sourire.)

ML: On remettait des trophées fictifs aux plus solides en soirée. Sylvain et Yves (Deroff, N.D.L.R.) montaient toujours sur le podium. Une doublette de très haut niveau. Et des machines le lendemain à l’entraînement. Rien à dire, extraordinaire.

SA: Ahah, c’est vrai. Je vis au jour le jour, dans une nouvelle ville, avec mon jeune âge. Le matin, je me lève, hop entraînement. Pour moi, c’est un jeu, sans pression. Je me dégourdis, je vois les potes, je suis content. En rentrant de l’entraînement, hop, on s’arrête tout le temps à La Belle Équipe, en bas de la Jonelière. Parfois, sur des jeux à l’entraînement, on se dit : « Le perdant paie un coup à la Belle Équipe ! » Le coach, tout le monde nous entend. Et si t’es 5 à parier, finalement, chacun paie son coup. Donc ça fait 5 tournées. (Rires.) C’est convivial, bien fait. Aujourd’hui, si tu perds un jeu à l’entraînement, tu fais livrer des pizzas ou des sushis à l’entraînement. Bon... Le midi, je vais en ville manger un bout avec Yves, souvent au Virgile, le restaurant de Marcel (Desailly, N.D.L.R.) qu’il m’a fait découvrir. Ça n’existe plus aujourd’hui. L’après-midi, petite sieste quand même. Yves vient souvent le soir me chercher pour aller dîner. On mange un peu partout, au Carnivore, beaucoup au Coq en pâte. Encore aujourd’hui, quand je viens à Nantes, c’est « On va au Coq en pâte voir Dom (le patron, N.D.L.R.) ? » T’as l’impression de connaître tout le monde, c’est énorme. Après, on ne va pas se mentir, ça nous arrive parfois de traîner et d'aller boire un ou des coups. Les gens savent toujours où et à quelle heure nous trouver. On peut aller au Quai West, une boîte qui n’existe plus aujourd’hui, au Castel juste à côté. Mais c’est surtout le Havana Café, dans le quartier Bouffay.

ML: Yves, c’était toujours un compagnon de soirée. De toute façon, pour toute la population, Yves est un compagnon de soirée. Encore aujourd’hui, il va toujours, toujours réussir à sympathiser avec quelqu’un. Il est super gentil, un mec exceptionnel.

Charles Devineau et le meilleur des compagnons de soirée


FDR: Ça ne m’a pas surpris d’apprendre que Sylvain organisait les barbecues au PSG et y invitait Beckham. Certains joueurs ne doivent pas être bridés, ont besoin de vivre en dehors, pour exister sur le terrain. Sylvain, je lui ai déjà dit : « Essaie au moins une fois d’être sérieux dans ton quotidien, tu vas voir. »

SA: C’est sur ma deuxième saison nantaise, ça.

FDR: Il l’a fait une semaine : il a été nul, un truc pas possible. « Bon, ben reprends tes sorties, alors, hein. »

SA: C’est con, mais ce n’est que sur un barbecue, manger un bout en ville, boire un verre le soir, que tu apprends vraiment à connaître les gars. Comme dans un mariage. Ça te fait chier d’y aller, tu connais personne et finalement, après 1 ou 2 coups t’es content, t’apprends à connaître des gens. Pareil pour le foot.

SZ: Sur 2000-2001, Sylvain a l’exigence d’un amateur, dans le bon sens du terme : camaraderie, bonne bouffe, fête avec les copains. Il est drôle et insouciant. Sylvain, c’est un cowboy.

ML: Combien de fois je récupère son casier à la lingerie du club, pour lui apporter au Westotel – il a bien dû y rester trois mois – et ramener Sylvain à la Jonelière... Il s’habillait dans ma voiture, pour être à l’heure à l’entraînement. C’était pas le plus assidu au tennis-ballon, quoi. (Rires.)

SA: Ils me font marrer les mecs, à me balancer. Je sors jamais tout seul, hein ! Je suis très souvent avec Yves, Mathieu, puis Hassan, mais les autres n'attendent tous qu’une chose : venir faire la fête avec nous. Ben ouais, eux aussi aiment bien venir boire des coups. Le soir, il y a toujours un collègue pour m’emmener ou me ramener. Et je trouve ça plutôt pas mal. Aujourd’hui, ce serait impossible de sortir comme ça, avec les téléphones portables, les réseaux sociaux...

ML: À toutes les soirées, Sylvain finissait derrière le bar, à servir avec les barmans. Incroyable.

FDR: Ok, il nous fait marrer, mais il s’est surtout bien intégré à l’équipe par rapport à ses prestations sur le terrain. S’il n’avait pas assuré, on lui aurait sans doute tous dit : « Écoute mon garçon, vas-y tout seul dehors hein, si t’as envie. »

Pour un petit jaune


14. Les Invincibles de fin de saison



RD: On rame dur jusqu’à la fin. Lyon nous colle jusqu’au bout. Mais on gagne nos 8 derniers matchs, sur des scores étriqués.

FDR: Notre vécu en coupes nous a bien servi. On est solides avec ces courtes victoires, pas toutes belles, mais victoires quand même. Les Lyonnais font une fin de saison de dingue, mais doivent être comme des fous à ne jamais nous voir trébucher.

NG: Contre Bastia, à la Beaujoire, on gagne, mais on doit perdre tous les jours.

SA: Nestor se fait expulser, Bastia rate un péno, a un but refusé pour hors-jeu. S’il y a la VAR, y a but et tu perds ce match. Là, t’as un peu la chance du champion. Des bons signaux, en tout cas.

EL: Des tribunes, quand on voit Pierre-Yves André rater le péno, on se dit : « Pourvu que personne ne sache qu’il a signé avec nous pour la saison prochaine, sinon grosse polémique... » Ça s’était fait discrètement quelques semaines plus tôt, dans un petit resto de Nantes. S’il y avait eu les réseaux sociaux... Mais attention : Pierre-Yves n’a pas fait exprès de rater ce péno. Pas son genre. On n'en a jamais reparlé avec lui, même à son arrivée au club.

Mickaël Landreau vs Pierre-Yves André


15. « On n'est pas à poil, tout va bien ! »



NG: Depuis, Le coq sportif est bien revenu dans le coup, mais cette année-là, les maillots sont mal taillés, une coupe droite horrible. Après, c’est ton maillot, donc tu l’aimes.

SA: En faisant le ménage récemment, j’en ai reporté un. On a tous pris un peu depuis qu’on a arrêté - enfin surtout Da Roch’ - et je nage encore dedans. Après, perso, j’étais néo-pro, déjà content d’être là et de jouer avec ce qu’on me donnait.

FDR: Mes gamins m’ont vu le remettre dernièrement. Limite, ils ne croyaient pas que j’avais joué avec. En plus d’être 10 fois trop grands, ces maillots sont aussi super lourds.

SZ: Encore plus sous la pluie. On coupe souvent les manches pour les petits gabarits comme moi. On va même une fois me chercher le plus petit des modèles en boutique. On a dû découper le sponsor d’un autre maillot pour le recoudre dessus, parce que c’était pas le bon format. Du cousu main ! Mais bon, beaucoup auraient aimé porter ce maillot, même trop grand et trop lourd. On n’est pas à poil, quoi ! Tout va bien.

Chauve-souris


16. « Le coach détestait un truc : poser les noms sur le paperboard. Ça figeait déjà les choses »



RD: On parle de tactique ou d’organisation ? Ce n’est pas pareil. La tactique, selon moi, c’est l’intelligence de jeu. Sur le terrain, un joueur prend les infos, les trie, décide et réalise ensuite techniquement avec son habileté, son physique et bien-être mental. Avant la technique, d’abord tu penses. Ceux disant que la technique fait la différence ? Que dalle. Individuellement, tu as le ballon dans les pieds 5% du match. Pas besoin de technique exceptionnelle pour laisser passer un ballon pour ton copain derrière toi. La première qualité d’un footballeur, c’est l’intelligence. Pirlo dit qu’il a joué toute sa vie « avec sa tête avant la technique » , à un poste où beaucoup découpent à la hache. Dans le FC Nantes 2000 on a des petits modèles, intelligents, Da Roch’, Ziani, Carrière. Tu dois juste donner des repères par des exercices, pour créer de l’espace. Il y a celui inventé par José Arribas, qu’on a rendu obligatoire par la suite, des jeunes jusqu’aux pros : 3 équipes de 6, et pas de buts, donc pas de sens de jeu. C’est malin : sans but à attaquer ou défendre, sans aspect de profondeur, les joueurs doivent bien s’imaginer l’action, mouliner dans la tête. Les moins malins jouent à l’envers. T’as de la technique là-dedans, évidemment, mais il y a la tête surtout.

GE: Ça me fait penser à Nestor. Quand il arrive d’Argentine, à 28-29 ans, international, le Mondial 1990, à sa dégaine on se dit : « Il a les pieds carrés ou quoi ? C’est une charrette ou pas ? » Et tu le vois à l’entraînement, puis en match... Oh putain... Pas besoin de se déplacer 50 mètres pour couper. Il a déjà tout anticipé.

RD: Même si tu fais 90kg, faut se lever tôt pour piquer le ballon dans les pieds de Carrière. Il ne peut pas faire jouer ses centimètres et ses kilos, donc il a développé ses cm3 de cerveau, pour être intelligent tactiquement. J’en ai vu débarquer au Barça, au milieu d'Iniesta, Xavi, Messi, à se dire : « Mais qu’est-ce que je fous là-dedans, moi ? » , comme un agent de police au milieu d’un carrefour bouché. Ils étaient perdus, ne savaient pas.

GE: Le casse-tête de Raynald, c’est toujours « comment associer les joueurs ensemble ? » Il a trouvé son équilibre général au bout de quelques entraînements et matchs.

RD: 4-4-2, 4-3-3, 4-5-1, 3-5-2 ? Je n’ai aucune idée préconçue de l’organisation de l’équipe en 2000-2001. Mais l’intelligence tactique de mes joueurs ? Ça, oui. Je connais la plupart depuis la formation. Ziani, je le vois à 10 ans, en lever de rideau de l’équipe de Coco et Arribas, à Saupin, à jouer avec son copain Anthony Martins, surnommé Francescoli. Putain de putain... dans les déplacements, les passes de 30 mètres, Anthony en 9, Ziani en 10... la vache ! De l’intelligence pure. Mais un joueur ne se fabrique pas comme un meuble. Non, putain de brun ! Je n’ai pas rendu intelligents Carrière, Da Roch’, Ouédec, Pedros, Landreau, Monterrubio, Ziani. À 14-15 ans, un joueur a déjà 80% de l’essentiel dans sa tête, en accumulant les matchs. Je leur ai juste appris à associer toutes ces intelligences, à jouer collectivement. L’expression « un attaquant doit être égoïste » est une connerie monumentale. Un attaquant doit jouer juste. En angle fermé, s’il tire, mais rate, alors qu’il a un copain seul dans l’axe, tu lui pardonnes parce qu’il doit être égoïste ? Ce serait une qualité dans un sport à 11 contre 11 ? Surtout pas.

Petit vélo


SZ: Raynald et Coco détestaient un truc : poser les noms sur le paperboard. Parce que, déjà, ça fige les choses. Et nous, c’est tout l’inverse.

RD: Je dois m’organiser pour qu’on puisse attaquer - donc s’animer - et défendre de la meilleure des manières, pour que ça convienne au maximum, à ma profondeur de banc aussi, en cas de blessures. On entend souvent : « L’important, c’est l’animation, pas l’organisation. » Sauf que, dans l’ordre, tes joueurs s’organisent. Ce qui permet l’animation. Un consultant-télé l’an dernier, sur un match de Ligue des champions, disait d’une équipe : « Quand ils ont le ballon, ils sont en 4-3-3. Et ils défendent en 4-4-2. » Ouais, un attaquant redescendait à la perte du ballon, deux lignes de 4 et prise de la largeur. Je me dis : « Bien vu, mon gars » , pas évident à voir. Et là, il me tue, en ajoutant : « Ça prouve bien que l’organisation ne compte pas. » Ah purée...

NL: On s’est quasiment toujours organisés en 4-4-2. On a dû jouer à 3 ou 5 derrière deux fois, à Toulouse - le coach voulait qu’on retrouve de la sérénité défensive, on fait match nul - et plus tard dans la saison contre Monaco, à la maison. Je joue dans l’axe avec Nestor et Nico Gillet. Da Roch’ est à droite, Armand à gauche.

NG: Je passe titulaire en défense centrale au Parc, avec Nestor. Au début de saison, c’est plutôt Savinaud-Fabbri derrière, Laspalles à droite, Mario Silva à gauche, puis Sylvain après la défaite contre Bordeaux. Au milieu, t’as Salomon et Mathieu dans l’axe, Ziani à gauche et Eric à droite. On commence avec Monterrubio et Da Roch’ devant. Quand Moldovan, arrivé en fin de mercato, a 90 minutes dans les jambes, Da Roch’ passe couloir droit, Eric dans l’axe avec Mathieu, Olive ou Marama, voire Hassan devant, avec Moldo. Olembé peut jouer latéral gauche, ou au milieu avec Berson ou Carrière ou Nico Savinaud.

SZ: Trop haut ou trop bas, Da Roch n’est pas très à l’aise. Donc le coach le met dans un truc intermédiaire. Eric manque de puissance sur les côtés, préfère l’axe, sans être vraiment 6. Je suis à gauche, pour l’équilibre de l’équipe, mais j’ai la liberté de rentrer dans l’axe, pour laisser le latéral gauche prendre l’espace libre. Le coach veut une cohérence dans les mouvements, des compensations.

SA: Sur le papier en début de saison, notre équipe n’est pas forcément flamboyante, mais dans le jeu, c’est un régal au quotidien.

FDR: On va aussi jusqu’en huitièmes de finale de Coupe UEFA, éliminés par le FC Porto. Donc on joue beaucoup de matchs. Le coach doit faire tourner. Et on a un très bon groupe pour ça.

SA: Contre Porto justement, j’ai rencontré le joueur qui m’a le plus foutu la merde dans ma carrière : Capucho, avec ses chaussettes baissées là, pas rapide, mais élégant, très fin techniquement, des coups de rein. Je prends le bouillon à l’aller (défaite 3-1 à Porto, N.D.L.R.) et j’ai du mal à m’en remettre. Le staff essaie de me rassurer, mais je ne dors pas pendant deux jours. Au retour, je marque, une semelle en douceur du droit, hop, 2-1, mais Capucho m’a remis la misère.

RD: J’aime beaucoup fonctionner par paire de joueurs. J’ai fait pratiquer aux équipes du centre, à la réserve, la D4, à s’organiser, plein d’exercices où ça commence toujours par combiner à deux.

NL: Ça dézone et compense tellement... Ma doublette à moi, la majorité du temps, c’est avec Da Roch’. À gauche, c’est souvent Ziani-Armand.

SA: Personnellement, je n’ai jamais joué à gauche avec un joueur aussi fort que Zian’. Pourtant, on s’insulte de « connard » , on se lance des « Ferme ta gueule » tout le temps en plein match, tellement il me réclame le ballon, et vite. Parfois, il me saoule tellement que je ne lui donne pas. On peut s’embrouiller à la mi-temps, mais on nous laisse faire. Parce qu’une fois le match terminé, on se met quelques baffes et on se prend dans les bras. J’ai pris un pied monstre avec lui. On se téléphone encore souvent. Steph’ était hyper chiant, exigeant, mais toujours disponible. Il connaît le ballon et c’est un compétiteur. Il a forgé mon caractère pour progresser plus rapidement. Aujourd’hui, un jeune joueur ferait tout de suite la gueule dans une situation comme ça.

SZ: On en rigole encore, de nos engueulades, mais je me suis éclaté avec lui. On s’adore. Même s’il est plutôt défenseur central à la base, ce poste de latéral gauche lui va nickel, niveau puissance et vitesse. Et puis super patte gauche, Sylvain.

RD: Créer de l’espace est notre but général. Sauf connerie adverse, où t’as 2-3 petites secondes à la récup’ pour combiner, de base, tu n’as pas d’espaces. Avec le profil de nos joueurs, on doit créer le bordel. Da Roch’ ou Monterrubio, si tu leur dis : « Collez la ligne de touche » , ils sont morts. Leur position doit être indécelable, constamment entre la profondeur et le décrochage, s’excentrer ou rentrer. Leur ADN ? Se balader. Et on doit créer des fausses pistes, sinon les adversaires comprennent vite, hein. Il faut créer de l’espace pour le prendre, un principe de jeu cher à Coco.



SZ: Avoir un bordel organisé, ouais, selon les espaces que tu veux attaquer, défendre, la profondeur que tu veux mettre ou pas. Défendre haut, bas, à la médiane ? Notre 4-4-2 dépend des adversaires d’une part. Si le coach a repéré que l’adversaire se livre beaucoup à un endroit en particulier, on essaie, défensivement, de les attirer là, pour leur tomber dessus et ensuite repartir vite, quand c’est possible. Et d’autre part, t’as pas deux piquets devant, comme dans un 4-4-2 classique. Marama tourne plus autour de Moldovan, alors que Monterrubio joue plus axe gauche.

SA: Mais Denoueix se focalise avant tout sur notre façon de jouer. Avec lui, notre organisation de départ bouge rarement. Il veut qu’on ait notre propre identité de jeu. Ça m’a d’autant plus marqué que les coachs que j’ai eus par la suite se fiaient beaucoup plus à l’organisation de l’adversaire. « Ils jouent à 5 ? Ok, on va jouer à 5. »

SZ: Même si on n’a pas beaucoup de grands, on bosse beaucoup des stratégies sur coups de pied arrêtés (CPA). Georges et Raynald nous martèlent l’extrême importance des seconds ballons. Le tennis-ballon nous aide bien à les deviner. Ça devient presque naturel, en fait.

GE: On bosse toujours les CPA sur une séance spécifique, la veille du match, pendant une heure. Les mecs n'aiment pas trop, mais y vont à fond, à se mettre des coups de casque. Ça fait peur au staff, parfois. Mes principales consignes ? Tout le monde doit arriver lancé, des courses de diversion, un rôle pour chaque mec. Fabbri en marque un paquet, pas tout le temps de la tête. Il a le pif pour être bien placé.

RD: Comme disait Coco, l’intelligence, ça ne se fabrique pas, ça ne se donne pas, ça s’achète.

Retrouvez l'intégralité de notre série sur le titre de champion du FC Nantes 2000-2001 :
Partie 1/3
Partie 2/3
Partie 3/3



Merci à IconSport pour les photos !

« Dès le stage, on sent qu'il se passe un truc »
Propos recueillis par Ronan BOSCHER