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Et maintenant, on passe à la suite ?

Ce qu’on sait : la Coupe du monde 2019 a été un succès populaire, a été largement suivie à la télévision et dans les stades et aura servi de vitrine formidable au football féminin. Ce qu’on ne sait pas, résumé en une question : qu’en restera-t-il demain ? Car si une petite enveloppe financière va être filée aux différents clubs français, la France est aujourd’hui à un tournant. Il sera clé de bien le négocier.

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Crâne humide et yeux éclatés par un mois de lutte, Carli Lloyd, héroïne d’une Coupe du monde 2015 dont elle avait terminé meilleure joueuse et meilleure buteuse, mais transformée en joker de luxe en France cet été, a la tête qui tourne. Dans tous les sens, histoire de capturer chaque instant, chaque sourire qui lui fait face, chaque son. Un micro tente sa chance, Lloyd lui répond timidement : « Cette victoire va nous rendre encore plus fortes. On va continuer à se battre. » Rarement le verbe n’aura autant été lâché dans l’air au moment de célébrer un sacre en Coupe du monde, ici le quatrième de l’histoire des États-Unis. Dans les couloirs du Groupama Stadium et sur la pelouse, on aura ainsi vu Tobin Heath se pointer pour évoquer « le combat » : « Aujourd’hui, c’était beaucoup plus qu’un simple match de foot pour nous. J’espère que ça va aider à faire changer les mentalités dans le monde du sport. »


Puis est arrivée Megan Rapinoe, évidemment, porte-voix de ce gang de femmes et de bien plus que ça, puisqu'on parle ici de la meilleure joueuse du Mondial qui vient de fermer ses portes, de l’une de ses meilleures buteuses et
« J’ai vu Infantino, on a fait des blagues, on a souri, il m’a regardé. Je sais qu’il sait qu’on va devoir avoir une sérieuse conversation très bientôt. » Megan Rapinoe, porte-voix
de la joueuse du match d’une finale qu’elle aura contribué à débloquer en inscrivant un penalty à l’heure de jeu. Extraits : « Nous avons réussi à faire exactement ce qu’on voulait faire. On a battu le pays hôte, l’Angleterre, la Suède, les Pays-Bas... Et surtout, on a dit ce qu’on voulait dire, toutes. Ma voix est peut-être plus forte que les autres, mais nous sommes toutes ensembles. On est juste un groupe de femmes, fortes et déterminées, qui veulent changer leur monde. (...) Sur le podium, j’ai vu Infantino, on a fait des blagues, on a souri, il m’a regardé. Je sais qu’il sait qu’on va devoir avoir une sérieuse conversation très bientôt. » Une autre compétition commence.


« Qu’on nous donne les armes »


Car c’est aussi – et peut-être surtout – pour ça que Rapinoe est venue en France : « Cette équipe a la volonté de changer le monde autour d'elle. » À Lyon, dimanche, on a compris que le message commençait à s’imprimer dans les têtes quand, au moment des célébrations, un slogan a giclé des tribunes du Groupama Stadium : « Equal Pay, Equal Pay, Equal Pay... » Ce à quoi la capitaine américaine a répondu après la rencontre. « Je pense que ça prouve que désormais, tout le monde est prêt pour avoir cette conversation autour de l’égalité salariale, détaillait "Pinoe", déjà engagée avec 27 de ses coéquipières dans une action en justice contre sa propre Fédération (USSF). Tout le monde en a marre, il faut passer à la suite et imaginer quelle serait la suite. Cette Coupe du monde a été un show incroyable, on ne peut pas faire plus pour mieux jouer, il faut passer à l’étape supérieure : comment soutenir les fédérations féminines ? Que peut faire la FIFA pour aider le football féminin ? C’est maintenant. » Et partout : aux États-Unis, en Italie, en France, au Zimbabwe, en Thaïlande, au Chili, en Argentine... « Ce dont on a besoin ? D’argent, d’argent, d’argent, envoyait déjà la veille de la finale Megan Rapinoe. Il ne faut pas jeter l’argent par les fenêtres, mais cibler des domaines essentiels comme les infrastructures, des formations pour les femmes qui souhaitent devenir coach... Il nous faut aussi un modèle commercial qui s’aligne sur nos performances, avec les droits télé, les sponsors... Les performances sont là, le jeu est là, donc directement, le niveau suivra. » Voilà le fameux virage à bien négocier.


Face à Rapinoe et les stars américaines, certains propos reviennent pleine bille, notamment ceux tenus par Laurent Nicollin, le président de Montpellier, le 15 juin dernier dans L’Équipe, alors que les Bleues rêvaient encore et que la sauce commençait à prendre dans le pays. « En lisant la presse, en ce moment, on a l’impression que tout est beau, que tout est rose et que le football féminin en France vit dans le meilleur des mondes.
« Je veux bien qu’on soit pour l'égalité, mais, quelque part, quand on voit les rentrées financières, les sponsors et les droits télé pour les garçons, les filles ne font pas le même métier. Je ne peux pas les payer comme mes garçons, je n’en ai pas les moyens. On a besoin d’aide, qu’on nous donne les armes. » Laurent Nicollin, président de Montpellier
Eh ben moi, je peux vous dire qu’on est à un tournant important pour les clubs français et que s’il n’est pas bien pris, cela provoquera un énorme coup de frein.
 » Pourquoi ? Parce que « l’OL est l’arbre qui cache la forêt » et parce que le football féminin reste encore à ce jour une niche : « Plus on en parlera, plus il y aura de public et de sponsors. Il reste un boulot à faire si l’on ne veut pas que le championnat s’affaiblisse, et si on souhaite que les tribunes se remplissent. (...) Je suis inquiet. (...) Je veux bien qu’on soit pour l'égalité, mais, quelque part, quand on voit les rentrées financières, les sponsors et les droits télé pour les garçons, les filles ne font pas le même métier. Je ne peux pas les payer comme mes garçons, je n’en ai pas les moyens. On a besoin d’aide, qu’on nous donne les armes. » La promesse a déjà été faite, dans les dernières heures du Mondial, notamment par la voix de Brigitte Henriques, vice-président de la FFF, venue rassurer son monde sous une tonnelle de la place Bellecour de Lyon vendredi dernier et relayer la promesse d’un investissement d’un milliard d’euros destinés au foot féminin faite par la FIFA et son boss, Gianni Infantino.


Le foot, profession la plus inégalitaire du monde ?


C’est tout ? Non, évidemment car il faut plus, beaucoup plus, notamment au niveau national, à l’heure où le salaire moyen en D1 féminine est de 3500€ (contre 100 000€ mensuels bruts en Ligue 1) et où seulement 1300 joueuses sont professionnelles aujourd’hui dans le monde. Durant la compétition, le Guardian parlait purement et simplement de la profession la plus « inégalitaire » de la planète, ce qui s’explique simplement par la taille du steak qu’il faut se partager (ce qui permet d’arrêter aussi tout de suite la comparaison foot masculin-foot féminin) : aujourd’hui, un club ne peut offrir un salaire élevé à ses joueuses s’il est incapable d'engendrer un nombre de revenus (sponsoring, droits TV, billetterie...) assez conséquent. Pour info, il est rare de voir plus de 800 spectateurs à un match de D1 féminine, ce qui est forcément problématique. Pourtant, Brigitte Henriques veut y croire et affirme que cette Coupe du monde 2019 marquera « une rupture et un tournant » : « En 2011, j’étais allée en Allemagne pour le Mondial avec Noël Le Graët. J’avais aussi cette envie pour la France : des joueuses reconnues dans leur pays, qui signent des autographes, des stades pleins, une attention médiatique... C’est arrivé cette année et je pense que le football féminin ne sera plus vu de la même manière. »


À la rentrée, on assistera déjà à un petit séisme, car Arkema, sponsor du Mondial 2019, a décidé de donner son nom à la D1 féminine. Ce naming permettra aux clubs de toucher quelque 80 000 euros par saison, ce qui affectera forcément les salaires des joueuses, alors que la FFF a annoncé la mise en place d’une cartographie qui devrait permettre, à partir de 2020, à n’importe quelle fille désirant jouer au foot de trouver un club à moins de quinze kilomètres de chez elle. « Pour la DTN, c’est la priorité, répète Henriques. Il faut qu’une joueuse puisse rapidement trouver un club et pour ça, des moyens vont être injectés pour aider en matière d’encadrement, renforcer les infrastructures, travailler sur la formation... » Emmanuel Macron, lui, parle déjà d’une « révolution » et s’expliquait il y a quelques jours : « Pour le sport féminin, les choses ne seront plus jamais pareilles. J’avais dit aux joueuses que cette Coupe du monde allait tout changer. Il faut se mettre en situation d’aider nos clubs. On va aider la Fédération et les Ligues pour faire face à cela. On doit créer les capacités pour accueillir les enfants. (...) On va aller vers une forme de rééquilibrage. Nous devons aider la viabilité des équipes de foot professionnelles féminines en France. »


« Quand on force les choses, ça ne marche pas »


Pour la plupart des actrices et des acteurs du football féminin, bénéficier d’une revalorisation de leur pratique est une revendication indispensable pour continuer de progresser. « On a un bon championnat, mais toutes les équipes ne sont malheureusement pas encore professionnelles et on nous dit encore souvent qu’il est à deux vitesses, reconnaissait après le quart contre les États-Unis Eugénie Le Sommer.
« En 2011, j’étais allée en Allemagne pour le Mondial avec Noël Le Graët. J’avais aussi cette envie pour la France : des joueuses reconnues dans leur pays, qui signent des autographes, des stades pleins, une attention médiatique... C’est arrivé cette année et je pense que le football féminin ne sera plus vu de la même manière. » Brigitte Henriques, vice-présidente de la FFF
Maintenant, il faut se donner les moyens de se professionnaliser, c’est la seule façon d’être au haut niveau. » Un mouvement qui est déjà observable dans l’Hexagone : 18 clubs de D1 et D2 féminines sur 37 sont rattachés à un club professionnel masculin, et seules trois formations de Ligue 1 ne comptent pas de section féminines (Angers, Nîmes et Rennes). « J’espère vraiment que d’autres présidents vont suivre et je suis assez optimiste là-dessus, souffle Thierry Braillard, ancien secrétaire d’État chargé des Sports, et qui a vu l’OL investir le terrain féminin. Je vois des projets prendre forme à Bordeaux, avec les repreneurs américains qui ont investi en sachant qu’une section féminine de qualité ne pouvait qu’être positive, il y Nantes qui monte en puissance, Marseille va arriver. » Du côté de la Fédération française, on s’est posé la question d’obliger les clubs pros à rattacher à leur structure une branche féminine. Mais pour Brigitte Henriques, « quand on force les choses, ça ne marche pas, il faut qu’il y ait une vraie volonté » .


En effet, le seul risque serait de faire gonfler artificiellement une bulle, alors que le football féminin doit grandir étape par étape et surtout faire les choses à sa manière. Celui-ci a séduit aussi parce qu’il a ses propres qualités, et se pose comme une alternative au foot masculin. Ce que questionne Cécile Locatelli, ancienne capitaine de l’OL et sélectionneuse des U16 tricolores : « Est-ce que le public attend que ce soit comme les garçons ? Je connais beaucoup de gens qui m’ont dit qu’ils avaient trouvé un truc chez les filles qu’ils ne trouvaient plus chez les garçons. Est-ce qu’on veut voir le même foot, que les filles gagnent autant ? Je ne sais pas si on va réussir à garder l’esprit parce qu’une fois qu’on est dans la machine à laver... Qu’on gagne bien notre vie, oui, mais pour le reste... » Le reste viendra de lui-même, grâce aux aventures et aux émotions partagées. Ainsi, les Anglais étaient plus nombreux devant leur poste pour la demi-finale contre les États-Unis (11,7M) que lors de la finale de la Ligue des champions entre Liverpool et Tottenham (11,3M). De l’autre côté de l’Amérique, les Argentines étaient jusqu’ici d’illustres inconnues dans leur pays et ont été accueillies en héroïnes à leur retour après leur élimination en phase de groupes. Autant de petites victoires qui présagent au bout du compte une issue favorable à ce combat, même si en France, des preuves seront attendues à l’heure où le budget du ministère des Sports ne cesse de baisser. La baston ne fait que continuer.



Par Maxime Brigand et Mathieu Rollinger, à Lyon Tous propos recueillis par MB et MR, sauf mention.
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