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Mondial 2014 : y aller ou pas ?

Alors qu'on commence à se dire que le scénario d'une Coupe du monde sans les Bleus ne tient pas de la SF, affirmons-le : oui, dix fois, la France doit être du voyage au Brésil !

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France-Bulgarie 93 again ?

Constatez-le autour de vous : il y a une véritable jubilation de moins en moins inavouable à voir les Bleus se vautrer en qualifs et de ne pas aller au Brésil. D’abord parce que la France n’aime toujours pas sa sélection nationale. Normal, au vu des résultats, du jeu proposé et de l’attitude pas toujours concernée des joueurs, Benzema cristallisant à lui tout seul, de par son inefficacité et son antipathie, l’ire assez légitime des supporters. Et puis, il y a aussi la recherche du grand frisson un peu malsain de vivre une élimination « en vrai » , cash, live and direct. Comme en novembre 93, lors du France-Bulgarie de sinistre mémoire. Cet épisode infâmant est au cœur de pas mal de réflexions sur le thème « y aller ou pas ? » Alors, rappelons d’abord que ce genre de fiasco est toujours très pénible à vivre. Qu’outre la déception vive ressentie de suite après un état de sidération pas désagréable ( « y a pas mort d’homme » ), ces fiascos réveillent vite tous les bas instincts : règlements de comptes personnels, boucs émissaires désignés, démagogie politicienne (si, si). Le clash pathétique « Houllier vs Ginola » ou les bisbilles révélées entre joueurs de l’OM et ceux du PSG qui ont suivi ce France-Bulgarie 93 ont alourdi le marasme ambiant d’un pays à l’époque frappé de plein fouet par la récession. Or, c’est le cas aujourd’hui, au vu de notre situation économico-sociale délabrée… En un mot comme en mille : si on peut se passer d’un drame national, grand ou petit (ce n’est que du foot), c’est mieux.

Restons sur la cata France-Bulgarie 93. Une croyance tenace tend à faire croire qu’elle permit aux Bleus de gagner la Coupe du monde 98. Faux ! Si les vainqueurs de 98 ont reconnu que l’échec de 93 avaient bien sûr frappé leurs consciences ( « plus jamais ça !  » ) au point de leur apporter une motivation supplémentaire, beaucoup d’entre eux (comme Didier Deschamps, qui s’y connaît) ont quand même regretté l’absence des Bleus aux USA 94 et reconnu que cela avait été quand même préjudiciable à l’équipe de France au niveau du vécu international. Et puis, entre 93 et 98, il y a eu un Euro 96 et un Tournoi de France 97 qui a permis à Jacquet de bien préparer ses troupes pour le triomphe final. Entre 93 et 98, il y eut aussi le miracle Zidane et la grande légion française partie s’aguerrir en Italie pour y disputer en Serie A le meilleur championnat du monde. Pour en finir avec la comparaison 1993-2013, ajoutons aussi qu’au moment de France-Bulgarie, les Bleus étaient bons (voire très bons) : leur élimination tenait plus de la stupide arrogance (un seul petit point à prendre au Parc en deux matchs, Israël puis Bulgarie) que d’une médiocrité sportive avérée. C’est d’ailleurs le cœur des Bleus 93 qui pilotera ceux de 98 (Blanc, Deschamps, Desailly, Liza, Petit). Malgré cette crise de l’élimination, il n’y eut donc pas besoin de convoquer des états généraux du football français : la qualité était là et les individualités aussi (JPP, Cantona, Ginola, Lama : quand même !). Or, la situation actuelle n’est pas la même…

L’illusion de l’échec rédempteur

Le problème des Bleus de Deschamps, c’est qu’ils sont moyens. Pas nuls. Juste moyens. C’est ça le plus insupportable. Le fameux « peut mieux faire » qui crispera toujours des générations de parents d’élèves. Il faut savoir accepter cet état de fait. Qui plus est, tomber sur l’Espagne nous avait promis depuis le tirage d’il y a trois ans une place de barragiste quasi inévitable. Alors pourquoi feindre aujourd’hui la surprise ? Reste que le niveau moyen des Bleus inquiète avant ces barrages avec un classement FIFA pas très favorable. Mais tout bouge dans tous les autres groupes, on verra bien. Voilà pourquoi il faut bien négocier les deux derniers rendez-vous contre la Biélorussie et la Finlande : une équipe type, un schéma tactique simple et yallah ! Et si ça ne passe pas ? C’est qu’on n’a pas le niveau. Soyons réaliste : on n’a pas une grande génération, point barre. On n’a pas de Zidane ou Platini, pas de leader de jeu, pas de capitaine charismatique. Comme Blanc hier, Deschamps martèle à juste titre qu’il ne va pas inventer ces joueurs « hors normes » qu’on trouve dans d’autres grandes sélections. Reste le jeu pratiqué en France (en L1, d’abord, et qui rejaillit forcément en sélection nationale), puis la qualité de notre formation et le niveau de nos coachs : pour beaucoup, une élimination au Mondial serait propice à provoquer un électrochoc salutaire au foot français. Pas faux. Sauf que la remise en cause générale a déjà débuté, notamment au niveau de la formation : des types comme Houllier ou Sagnol ont planché ou planchent encore sur la modernisation d’un foot hexagonal objectivement en retard.

Une élimination au Mondial provoquerait certainement la démission d’un Le Graët, le boss de la FFF. So What ? Et après ? On a qui en réserve à posséder une vision, un projet ? On regarde vers l’Espagne, vers l’Allemagne, vers l’Italie. Mais ce sont des vrais pays de foot, des vrais pays de sport tout simplement. Ces trois nations très titrées n’ont pas vraiment eu à révolutionner leur foot, mais à l’adapter aux exigences du foot moderne, nuance. Avant Löw, l’Allemagne avait déjà un palmarès énorme, pareil pour l’Italie d’avant Prandelli. L’Espagne a juste réparé l’anomalie d’un pays muet en sélection, alors que ses clubs ont toujours figuré parmi les meilleurs du monde (en 2013, le Real reste le plus grand club du monde et le Barça est un modèle depuis au moins la Dream Team de Cruyff). Les Pays-Bas s’en sortent toujours par leur identité de jeu ambitieuse, mais tant qu’ils peuvent compter sur des bonnes générations. Eux aussi ont raté les Mondiaux 1982, 1986 et 2002. Un creux générationnel menace même les Oranje de l’après Sneijder-Robben-Van Persie. La France ne fraye pas dans les mêmes eaux que ces quatre grands européens : elle végète un peu comme l’Angleterre qui, objectivement, serait dans une situation beaucoup plus préoccupante (absente à l’Euro 2008, faudrait pas l’oublier !). L’Angleterre ne peut piocher que parmi les 35 % de joueurs anglais qui jouent en Premier League : le feu couve aussi à London !

Tenir son rang


Alors ? Alors il faut y aller, bien sûr. Pour les sempiternelles raisons toujours évidentes… Pour préparer au mieux « notre » Euro 2016. Ben, oui !... Pour que nos jeunes pousses goûtent dès maintenant au haut niveau international. Varane, Pogba, Matuidi, Digne, Grenier valent bien que les Bleus soient au Brésil, non ? Et y aller pour quoi faire ? Pour bien y figurer, tout bêtement, pour tenir son rang. Les poules du premier tour offrent toujours l’opportunité d’aller au moins en 8es. Pas glorieux ? Oui, mais c’est comme ça et c’est déjà pas mal. Les Bleus sont allés en quarts à l’Euro 2012 : c’était leur place. Pas terrible, mais ils ont tenu leur rang. Les conséquences négatives d’une non-qualification seraient désastreuses. Il ne faut pas croire que les échecs bien sévères accouchent toujours comme par miracle d’une situation meilleure. Un état dépressif peut s’abattre sur le foot français, l’appétence des joueurs pour la sélection pouvant même en pâtir : après le France-Bulgarie 93, Blanc avait officiellement lâché l’équipe de France (Jacquet l’avait convaincu de revenir in extremis). On verrait ainsi des futurs binationaux de grande qualité délaisser l’équipe de France pour le pays de leurs parents. À ce propos : la France n’a-t-elle pas raté Belhanda, un bon meneur de jeu pas assez courtisé et qui a opté pour le Maroc à une époque où les Bleus ne gazaient pas non plus ? OK, cet opportunisme est déplaisant, mais qui se plaint en Italie de l’apport précieux du « Brésilien » Tiago Motta en Squadra Azzurra ? Autre exemple d’opportunisme avéré mais bénéfique : Deco, tricard en Seleção, il a opté pour le Portugal…

Question finances, une non-qualification serait bien sûr un mauvais coup pour les Bleus au niveau droits TV, sponsors, etc. Et puis il y a les conséquences périphériques. Une Coupe du monde aide à soigner son indice UEFA et FIFA, ça aide toujours pour les barrages et pour fixer le montant des droits TV, y compris en amical. « Tenir son rang » en Coupe du monde, ça veut dire figurer parmi les meilleurs ou pas loin de telle sorte à impressionner les futurs adversaires. L’Euro 2008 manqué et les mauvaises perfs aux derniers Mondiaux ont fragilisé l’image de l’Angleterre, pourtant grande nation de foot : tomber sur les Anglais ne terrorise plus ses adversaires comme avant… Figurer dans les grandes compètes permet aussi de faire du lobbying dans les plus hautes instances : les succès tricolores en 1998-2000, puis la finale de 2006 ont fait le succès de Platoche à la présidence de l’UEFA. Succès pas si insignifiant : Platini, c’était objectivement mieux pour le foot que son concurrent Johansson, très vieil adepte du statu quo ultra libéral… Voilà. Souhaiter une élimination des Bleus (comme les vieux cons souhaitent souvent une « bonne guerre » aux jeunes cons) n’arrangera pas les affaires du football français. Ne soyons pas maso. La France va mal, elle doute et les Bleus sont à coup sûr un symptôme de ce malaise social, voire identitaire. Mais faire de ces sportifs moyens la cause de tous nos maux, les boucs émissaires de tout ce qui ne va pas chez nous, comme on peut l’observer parfois au point de vouloir les voir défaillir, ce serait signe que le marasme national est alors beaucoup plus profond. Donc plus inquiétant.

PS : la Coupe du monde 2022 n’aura pas lieu au Qatar

Par Chérif Ghemmour
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